lundi 26 décembre 2011

Crushed once more

It's like I was living the " last " things of the condemned man. I'm begging for a last month of fees, just an other year under a roof, just one more dawn to see the splendor of galaxies.

It's a faustian deal, leave me alone for a year, enjoying these things like a stowaway. Ok I admit I've been a crook, disembark me at the next stopover, have mercy, give me just one night, gazing at the stars.

I used to dream of a true deep, passion and my love life has been a long serial of misachievements, misun derstandings, miscarriages, mis- everything.

I was dreaming of a career, some sort of continous story also, and my work life has been nothing but a serial of quiproquos I tried hard to atenuate during their agony.

These  days, I know batteries are low, the end is near. I enjoy having a good bed, it might not last. But my batteries are low. Energy; all kinds of energies, from the noblest aspirations to the cheapest lusts, have vanished, melt, dried.

I can't stand anymore of your words, your faces, of the way your desperately move your tongues to produce stupid sentences, your eyes that reflect nothing but greed and angst, none of them. Nothing that is human is a me alienum, but little is of interest. And I don't have the recomfort of these who stay on their ass on top of a  stone along the river, worshipping a tree.

Quand je dis " Je t'aime", ce n'est pas à toi que je le dis, mais à ce qui aurait pu, ce qui aurait dû être. Quand je m'adresse au monde, ce n'est pas à vous que je parle mais à quelque chose dont vous ne semblez décidément pas pouvoir imaginer la possibilité même de l'existence.

Since I heard this sentence, I always felt " As I lay dying " as including the whole experience of my life, trying to stop falling blocks.

So it's the end, my friend. Please, leave me alone. Just leave me one day alone to put my things in order and you will be able to add my body to the count of your victims, to pile it up the wall.

Du papier qui brille, qu'on froisse et qui fait de la lumière, je ne sais rien faire. Je vis dans la terreur des crépuscules sans fin, plaquée aux recoins des murs en espérant que la Bête qui passe ne m'entendra pas respirer.

samedi 10 décembre 2011

Ex voto Caroline Duris Metatechno

Pour remercier la toute adorable Caroline Duris Metatechno de m'avoir fait retrouver ce morceau :




je signale une de ses compos qui berce mes soirées en ce moment. Pis c'est tout.

mercredi 30 novembre 2011

La vie dans la femme, par elle, avec elle et en elle.

" Il n'y a pas plus de Chinois que de chez noir. "

Elle a tout d'une grande, celle là :)

D'ailleurs, j'ai eu les honneurs de la presse, puisque mon maître à penser me cite.

jeudi 24 novembre 2011

As we lay dying : cartésianisme et holistique vus à travers la camera oscura des primitifs flamands

Je m'autorise (une fois de plus, quelle audace, mon amie) de cette  émission de France Culture sur Daniel Arasse pour étendre un peu le sujet (comme vous y allez) avec quelque chose qui n'a rien à voir (vous me rassurez).

Et pourtant si, un peu, nous l'allons montrer tout à l'heure. La réflexion part de la Vierge à l'osier ci-dessous, attribuée à Campin.


 

La première chose qui m'a frappée dans ce tableau, c'est que le manteau de Marie n'est pas bleu. Il y a bien des manches d'un bleu tellement marial qui dépassent en dessous, qu'on pourrait prendre cela comme une provocation, en admettant que l'absence de bleu est délibérée.

Voilà donc la question. Personnellement, et en dépit de la volonté bien connue d'ancrer la scène dans le cadre d'un intérieur familial, de la vie quotidienne etc., je trouve l'ensemble un peu iconoclaste.

Je me suis avisée que le fait de remplacer une auréole par un pare-feu d'osier, cette matière si facilement inflammable, permet de libérer une masse de cheveux assez vulgaire (on dit bien " Lorsqu'elle nous accueillit, elle était encore en cheveux ") autour d'une face bien quotidienne, allons jusqu'à " débonnaire".

Le geste d'allaitement est on ne peut plus explicite, et l'enfant Jésus, bien loin d'être joufflu, n'arbore même pas l'air inspiré qui préfigure son onction, il a plutôt cette expression de malice étrange, et cette position des mains. Je suis trop ignorant pour décoder celle de la gauche, mais celle de la droite sur le genou me paraît " leste".

Passons sur le calice, que fait-il là, ce qui sert à boire, et qu'on peut opposer à la corolle des lys (qui figurent pourtant sur l'autre, cf. infra). Quant au livre, on peut s'interroger sur l'aspect " BD " de cette Bible. On y distingue plus des images que du texte (Il y a sur une vierge en gloire de Campin un St Augustin qui a un autre exemplaire de cet ouvrage...)

Évidemment, il faut, ici encore, plus de connaissances que je n'en ai pour comparer cette Vierge à celle de l'Annonciation ci-dessous, plus " orthodoxe " si on considère les lys, mais quid du manteau (le bleu sert de couverture, et le rouge est-il " pire " que le blanc ?) et de la Bible si tant est qu'un des deux livres en soit une (ou alors une Bible en deux tomes). 
Je sais qu'on est avant la Réformation, mais n'y avait-il pas déjà quelque allusion à quelque courant souterrain ? 
Quid de la bougie, ôtée du dessus de la cheminée pour être utilisé en bougeoir sur la table ? Quid encore de l'absence notable du petit village traditionnel et de son paysage servant de fonds à la fenêtre ?

Je sais aussi que ce tableau est essentiellement une " histoire de perspective", et encore une fois d'autres en parleront mieux que moi, je ne vais pas passer ma vie sur la complexité du symbolisme avant Jan Van Eyck, non plus.



Il y aurait bien sûr également à découvrir d'après ce qu'on sait des datations, s'il y a eu évolution constante dans un même sens sur un même direction, ou bien changements de sens dans une même direction, ou bien des sauts sans axe constant, concernant ces points.

Alors, me dira-t-on (laveur), c'est très simple : c'est parce que la lumière du Sauveur éclipse toutes les autres, même celle du soleil.
Elle est tellement puissante que les vêtements deviennent blancs (comme lors de la transfiguration). Ces détails, différents de l'iconographie traditionnelle, correspondraient à la vision de sainte Brigitte de Suède lorsqu'elle visita la grotte de la Nativité à Bethléem en 1372.

Certes, et on peut voir une sorte de halo dans le dégradé du blanc au mauve. Il n'impacte pas le reste des objets, mais on peut admettre qu'il y a tout de même une part de convention, laquelle dispense d'un réel effet d'illumination. Dans la nativité de Campin à laquelle je pense, le manteau de Joseph reste rouge. La lumière disparaît également dans Vierge à l'Enfant ci-dessous. Certes si tous les manteaux des tableaux où apparaît le Christ étaient blancs...


Plus de chaleur non plus apparemment. La Marie de Campin est d'une frilosité incroyable. Elle passe sa vie à se chauffer près du feu, et elle finit par y mettre la main, dans un geste qui rappelle celui de l'adresse à Gabriel.

La perspective du plat me laisse assez dubitatif. Mais le plus étonnant, c'est la lumière des drapés. On dirait les ombres portées par ce que seraient les armatures d'une verrière.

On peut les voir aussi, mais là c'est carrément fantasque, comme les reflets d'une eau en mouvement, vus à travers un verre coloré. En tout cas on ne peut nier que quelque part ils prolongent la perspective du carrelage, ce qui les " aplatit". Les motifs de la couverture sur laquelle repose l'enfant pourraient eux aussi provenir d'ombres portées.

Bref, ce que je voulais dire, c'est que l'obsession du détail est pour moi révélatrice également d'une attitude mentale qui consiste à laisser ouverte la possibilité qu'une nouvelle, et meilleure interprétation d'un seul détail remette en question l'interprétation de tous les autres détails d'un seul coup. C'est admettre que l'ensemble d'un tableau fonctionne comme un tout, en système, que le peintre fonctionne en système avec l'ensemble de l'oeuvre peint, avec le spectateur, et avec le monde.

Cette vision holistique, elle n'a de cesse d'avoir tout compris, parce que tant que tout n'est pas compris, tout peut être remis en question par  un détail. Car comme dans une version latine, un parti pris peut faire perdurer le contresens jusqu'à donner à l'ensemble une signification complètement fausse.

J'oppose à cette vision l'esprit cartésianiste, qui estime que lorsqu'il a compris 90 % d'un tableau c'est largement suffisant pour pérorer dessus sans vergogne, et que si on attend d'avoir tout compris, si on réfléchit trop, on ne fait jamais rien, on " n'avance pas ", le péché capital du clergé de l'économie moderne, les consultants et autres experts, ignares qui n'ont à la bouche que des mots comme "opérationnel", "stratégie", ou "excellence", qui s'autorisent de cela pour décréter qu'une action ne doit pas prendre plus d'une minute ou un texte plus d'une ligne, et qui achèvent le corps agonisant de notre civilisation en finissant la tâche des premiers bourreaux de la division du travail.

dimanche 20 novembre 2011

I'm living, I'm expanding

The feeling I was refering to in the end one of my previous posts could be illustrated (but once more, it points much more towards an inner sensation than towards a picture) by the image of a balloon expanding inside an other, and bigger balloon.

This sensation of pushing a " coat " (as in " cell coat") that would be rather elastic is obviously associated with the in utero part of our life. It has been described in terms of " need of existence" by my friend Semillade here.

If we follow Semillade, the very basement of our humanity is intellectual life, itself founded by a biological structure (conform to some morphologial rules in order to avoid lethal etc.) and, here is the point, culture. And the point is that access to self-conscience would be conditionned by some kind of " permissive " mecanism coming from other individuals you are surrounded with during your education.

Thus the inner balloon ( what you consider as being your self ), may expand, pulled from the outside by the depression of the dark night that lies between this and the inner side of your cranial box, and inflated from the inside by the increasing amount of information your social begin is able to cross during its education.

In fact, education never ceases. Interaction, as exercise of intersubjectivity, is litterally, what keeps you alive. Without neglecting the importance of biological substrat as a condition to support life (and how to make such a mistake), Semillade joins Jean-Paul Sartre, Merleau-Ponty and other philosophers in thinking that I exist only in, through, via others.
I know I can speak thanks to their replies, I know I exist only in their mirroring my self.

dimanche 13 novembre 2011

Philippe Soupault et la réalité

J'ai lu quelque part dans sa biographie par Béatrice Mousli, un passage où Philippe Soupault décrit l'impression qu'il a que la réalité se déroule devant lui comme un film sur lequel il n'a aucune prise.

C'est, sinon une explication, ou une justification, au moins une antécédence.

C'est en outre un sentiment qui est certainement partagé, à divers degrés, par la plupart d'entre nous.  Je ne peux m'empêcher de penser que c'est lié à une sorte de dualité qui nous habite et que nous habitons. Nous sommes de deux façons. Nous coexistons intimement sous deux modes.
Et c'est peut être aussi une des limites rencontrées par les tentatives pour penser l'ontologie basée sur un je, qui plus est qui serait opposable au "monde".
Ne serions-nous pas plutôt un "nous" qui est relié au monde, des je qui sont reliés notamment, mais fondamentalement, par son ontogenèse même.

Entre la matière d'où notre corps est issu, et l'individualité biologique que nous formons dans cet espace, individualité définie par les barrières matérielles et sensorielles (peau, unité de pensée et de comportement), il y a une intersection (au sens de la théorie des ensembles) mais cette intersection est pleine de liens, le cordon n'est pas coupé : comportements archaïques, grégaires...

Entre le groupe qui nous a formé et éduqué en tant qu'être social, et l'individu communiquant qui habite la sphère ainsi créée et devenue "privée", il y a une intersection, mais c'est un isthme, où sur les dépôts alluvionnaires de notre enfance, entre les îlots de notre passé reconstruit dans la mémoire, circulent les courants du présent.

Cette impression de regarder la réalité comme un film est donc doublement justifiée : d'une part notre être fondamental, animal, biologique, regarde tapi dans sa caverne rouge et sombre, depuis cette grotte utérine où il s'est tissé de fibres, le merveilleux écran de cinéma où vit son être social.

Et d'autre part son être social, si superficiel, si fragile et artificiel sur son écran de convention apprises, sans véritable origine ni repère, construction floue dont chaque fil ne tient que parce qu'il est tissé à un autre, cet être lui aussi sent bien qu'il y a devant lui une matière dont il est fait, dont il est issu, et pourtant qu'il ne peut plus appréhender qu'à travers les filtres successifs que son système cognitif et sa culture ont interposé entre lui et le monde, pour le permettre de le penser, mais lui interdisant par là désormais de le sentir.

jeudi 3 novembre 2011

A l'ombre des fraisiers

J'aime ce passage :

... Diderot fait l’éloge des « habits vieux » dans lesquels il trouve « une multitude infinie de petits accidents intéressants » et donne l’exemple de ce jeune homme à qui l’on a fait un portrait de son père et qui s’exclame :
Vous n’avez rien fait qui vaille, ni vous, ni le peintre. Je vous avais demandé mon père de tous les jours, et vous ne m’avez envoyé que mon père des dimanches. »

Une notre de Laurent Versini nous apprend que ce jeune homme n’est autre que Diderot lui-même.

L’un des fondements de la critique artistique de Diderot tient dans cette attention à ce que le voile d’aucune conception ne s’impose devant la réalité lorsqu’on entreprend de la représenter : C’est la raison pour laquelle il s’attaque aux poses académiques, qui “guindent” les représentations :

Si vous perdez le sentiment de la différence de l’homme qui se présente en compagnie, et de l’homme intéressé qui agit, de l’homme qui est seul, et de l’homme qu’on regarde, jetez vos pinceaux dans le feu. Vous académiserez, vous redresserez, vous guinderez toutes vos figures.

et ailleurs :

La figure sera sublime, non pas quand j’y remarquerai l’exactitude des proportions, mais quand j’y verrai tout au contraire un système de difformités bien liées et bien nécessaires.

Soucieux de respecter la particularité de chaque corps humain, Diderot s’élève donc contre ce qui en diffère la présence et ce qui en altère l’intégrité et la singularité. On peut dire que la réflexion de Diderot est grevée d’un souci de la présence de l’homme : l’intelligence de Diderot consiste à ménager, au sein d’une pensée en mouvement, un espace d’existence pour l’homme. L’interrogation esthétique est sous-tendue par une conception de l’homme à moitié établie, à moitié en train de se construire ; dans le vaste geste d’écriture et de pensée par lequel Diderot tente de fonder son esthétique picturale, il cherche à dégager les conditions de possibilité d’émergence, au sein de la toile, de la présence. J’insiste sur le caractère dynamique de ce souci de présence : je ne dis pas que Diderot construit un espace pour l’homme, mais qu’il s’efforce de penser de telle sorte que cet espace puisse exister.

Il semble qu’on puisse définir ainsi l’homme pour qui est maintenu ouvert cet espace d’existence : être de finitude qui s’accomplit dans l’espace social au gré des circonstances les plus diverses. Le souci de la présence humaine va de pair avec celui du hasard de son accomplissement. Par ce mouvement d’élaboration continue d’un principe mimétique, Diderot permet de penser l’égale dignité des destins humains, qui sont autant de déclinaisons honorables de cet être particulier. Serait-il abusif de faire une lecture politique de ses recherches esthétiques, et y voir une tentative de subversion des représentations de l’Ancien Régime ? je l’ignore ; toutefois, on ne peut manquer de voir que cette écriture est travaillée par une pensée de l’homme qui est bien plus qu’un idéal abstrait. Cette pensée prend progressivement forme, au fil de l’interrogation sur les moyens et les techniques de la peinture, par un questionnement de l’apparence de cet homme et des représentations qu’on doit et qu’on peut en faire. Le geste intellectuel de Diderot n’est pas seulement esthétique, il est aussi moral et éthique : il pose de manière sous-jacente la question de l’image de l’homme qui préside à la conception d’une société.

C'est tiré d'un billet de ce blog. déjà le passage sur les habits vieux, ça m'interpelle au niveau du vécu de mon blog sur le wabi/sabi. Et puis cette vision dynamique de l'homme en train de se construire, ça me va. Même si comme vous le savez, je ne suis pas trop braguette, dragées, baguette ;)

vendredi 28 octobre 2011

La doxa de Rastier

Lisez Fabula, un site de recherche en littérature. 
On y trouve récemment une noticelle concernant le dernier ouvrage d'un certain François Rastier. Je ne me permettrai de critiquer ni les termes ni le contenu, je ne retiens pour le moment que cette idée du sens émergent d'une relation dynamique " entre " les mots, et non pas " dans " les mots.
Ceci me rappelle Formesens, le blog de mon ami Semillade. Et lorsque François Rastier semble y ajouter des notions de pratique sociale, cela me rappelle le socle idéologique de mes amis de l'Atelier de Minuit.



François Rastier, La mesure et le grain. Sémantique de corpus, Paris : Honoré Champion, coll. « Lettres numériques », 2011, 280 p., EAN 9782745322302.


La doxa

Pour résoudre les problèmes qui se posent à l’analyse de discours, F. Rastier propose de remplacer le terme d’idéologie par « le terme de doxa, en entendant par là l’ensemble des normes sémantiques transgénériques et transdiscursives » (p. 106).
Selon lui, l’intérêt de ce changement terminologique est de redéfinir la doxa en termes linguistiques :
Dans la perspective différentielle, elle se constitue par des oppositions sémantiques ; elle n’est pas « dans les mots » mais « entre les mots », dans leurs relations. Comme ces relations ne sont pas statiques mais dynamiques, il faut caractériser les structures doxales (endoxales et paradoxales) : entre les lexies se placent des seuils évaluatifs, et des parcours génératifs et interprétatifs se déploient dans les zones qu’ils délimitent. (p. 108)
Pour cela, il s’attache à décrire les instances de normativité textuelles, en particulier les genres. Grâce à cette description,
les « conditions de production » trouvent un autre statut d’intelligibilité, car tout texte oral ou écrit appartient à la strate sémiotique d’une pratique sociale : prescrivant les régimes génétique, mimétique et herméneutique du texte, le genre relie le texte à un discours (politique, juridique, religieux, etc.). (p. 56)

samedi 22 octobre 2011

Il rêvait d’avoir ses couleurs

La débâcle est un bien beau moment, et je ne suis pas mécontente d'y assister.

J'adore ces petits ruisseaux qui se forment, découvrant des herbes encore trempées dans la mort brune de l'hiver.

Leurs minuscules murmures répondent aux premiers gazouillis des oiseaux en quête d'un lieu de nidation, c'est beau, et l'on sait que bientôt on entendra le frottement lourd des plaques de neige qui se détachent des toits.

Entre autres signes de la migration de civilisation, ce trait touchant et de plus en plus commun chez les analphabètes (sic) qui savent encore tracer quelques signes sur le web, cette tendance, pour faire chic, ou de peur de manquer, je ne saurais dire, à ajouter un accent circonflexe sur les voyelles là où il n'y en a nul besoin.

Par exemple :

- " il n’y a plus assez de stock pour nourrir tous le monde, je parle des occidentaux, donc les conflits à venir seront grâves... "

- " Lave linge qui fait des tâches!!!. bonjour, "

Et autres impératifs du verbe faire graphiés : " faîtes" ...

Mise à jour, je viens de trouver celle-là :


Et allez donc ...



C'est peut-être un détail pour vous... On ne m'empêchera pas de douter qu'on puisse construire une pensée complexe sans maîtriser les formes simples. On ne fait pas de l'ébénisterie avec un seul rabot ni de palais avec des parpaings.

Je signale d'ailleurs publiquement que je compte soutenir et relayer l'initiative de l'Atelier de Minuit qui consiste à proposer à des sites comme Youphil d'ajouter à leurs rubriques celle d'aide humanitaire culturelle.

Et à ceux qui voient une contradiction entre le contenu de ce billet et la promotion que je fais de la poésie de Dehors, laquelle prend parfois quelques libertés avec etc., eh bien oui, j'assume. Je l'aime telle quelle, dans son jus, cette expression.

jeudi 20 octobre 2011

De mon amie Dehors : Neige d'hiver

Avec sa permission, je publie ici un poème de mon amie Dehors, pour vous faire goûter cette façon que j'aime tant. Elle l'a écrit en pensant au Meilleur des Mondes.


Neige d'Hiver

Parchemin, cheminé, maison au coin du feu, la braise chauffe les bienheureux.
Dehors neige et couverture de l’hiver, oiseaux peureux, le chat noir sur mes genoux ronronne et je pense sans cesse à ce nouvel amoureux. Il croyait qu’il m’aimait mais qui suis-je finalement à ses yeux. Juste une chienne ou une vie à vivre à deux. Dire « je t’aime », n’oserais je pas ici. S’il me voit il part et s’insurge de mon ennui et de ma mélancolie.
Suis- je si coriace avec la bienséance de mes pensées. Suis-je à ma place lorsque j’ai peur d’aimer.
Allant marcher sur ce chemin glacé comme le cœur de l’hiver, je me promenais avec une joie un peu amère. Les flocons virevoltent et reviennent à moi des pensées douces.
AU coin du feu sous la couverture, et mon tourment à maintes reprises s’enlise.
Je me demande seulement si je pourrais, comme avant être aimée. J’étais toujours, auparavant avec ces fous et cette folie illusoire. Et doucement je voudrais une âme sœur qui sache lire mes peurs. Ainsi la belle vie m’emmène aux confins du bonheur.


Allez, vous êtes vernies, je vous en mets un second, écrit en pensant à l'Insoutenable Légèreté de l'Etre.


Le Roi des Coeurs



Le long du chemin, de ce long chemin parsemé de fleurs bleues
Parsemée de coquelicots et d’églantines sauvages
Auxquelles les épines rentraient dans la chair,
Goutte de sang, coula sur mon doigt.
Le long de ce long chemin, j’espérais au bout y voir un cheval blanc,
Une prairie de printemps, évanescente et pas encore amère…


Je m’imagine au bout du chemin, qui mène quelque part, qui mene nulle part,
Il passe par le pont des amoureux, ou la rivière coule, oublie moult lupanars


L’amoureux, il est délicat comme une rosée de printemps
Ou a l’aube le jardin n’était couverte que de gelée blanche.
L’amoureux, il s’enivre de poèmes, de litanies et de chants
Qui partageront le monde en un conte parsème de rêves et d’amours convainquant


Il s’avère cristallin, ce verre, ou maintenant je repose mes lèvres et retrouve le parfum
De désirs qui palpitent et d’esprits angevins qui habitent tout prés de lui, l’amoureux
Alors je l’invite, à l’apéritif, au déjeuner, au vin blanc et à la liqueur


De faire de la poésie avec l’algorithme de ses sentiments, de son doux cœur

mercredi 5 octobre 2011

Multivers

Vous vous souvenez sans doute que j'avais dans ce billet émis la possibilité que plusieurs réalités coexistent.

Bien sûr je ne suis pas la seule, mais il semble que les scientifiques s'y mettent aussi, à preuve cette émission de France Culture :


" Un paysage de production des lois", " La mesure est une sous-classe de l'interaction ", " Comme si le travail d'ourdissage du réel se révélait... " quel bonheur d'entendre 3 hommes intelligents discuter, c'est si bon, c'est si rare.

Le plus étonnant, c'est qu'ils citent des prédécesseurs : Anaximandre, Lucrèce... !

Comme je le disais, on pense là un ensemble plus grand que Dieu, puisque Dieu n'a été pensé jusqu'ici que comme ordonnateur d'un seul univers.

On peut oser dire que ces physiciens réintègrent dans leur pratique un ressenti que nous frôlons tous depuis longtemps, et qu'ils exaucent par là le voeu de Merleau-Ponty appelant ce changement de doctrine (Cf. Le visible et l'invisible, TEL Gallimard , page 35 réflexion et interrogation).

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire tenir ci-dessous quelques lignes d'un passage qui précède (p. 31)  :

" Quand il s'agit du visible, une masse de faits vient l'appuyer : par delà la divergence des témoignages, il est souvent facile de rétablir l'unité et la concordance du monde. Au contraire, sitôt dépassé le cercle des opinions instituées, qui sont indivises entre nous comme la Madeleine ou le Palais du Justice, beaucoup moins pensées que monuments de notre paysage historique, dès qu'on accède au vrai, c'est à dire à l'invisible, il semble plutôt que les hommes habitent chacun leur ilôt, sans qu'il y ait de l'un à l'autre transition, et l'on s'étonnerait plutôt qu'ils s'accordent quelquefois sur quoi que ce soit. Car enfin, chacun d'eux a commencé par être un fragile amas de gelée vivante, et c'est déjà beaucoup qu'ils aient pris le même chemin d'ontogénèse, c'est encore beaucoup plus que tous, du fond  de leur réduit, ils se soient laissé happer par le même fonctionnement social et le même langage ; mais que, quand il s'agit d'en user à leur gré et de dire ce que personne ne voit, ils en viennent à des propositions compatibles, ni le type de l'espèce, ni celui de la société ne le garantit.
Quand on pense à la masse des contingences qui peuvent altérer l'un et l'autre, rien n'est plus improbable que l'extrapolation qui traite comme un monde aussi, sans fissures et sans incompossibles, l'univers de la  vérité. "

Fin de citation. Quel contraste avec l'élitisme puant de Descartes annonçant que si une vérité existait, il était plus vraisemblable qu'elle ne fut trouvée que par quelques uns (dont lui-même au premier chef, bien entendu) plutôt que partagée par tous. Berk.

31 octobre : j'apprends que mes amis de Semillade se sont fendus d'un billet pour dire leur pensée sur ce que j'ai écrit ici.

dimanche 2 octobre 2011

L'insoutenable largeur du monde

Hier à la supérette du coin, le gérant fort sympathique me raconte les difficultés qu'il vit avec les retours de ses invendus au rayon Presse.
De ses invendus
Oui, certes
Les journaux, il les lui faut rendre
Oui mais seulement quand on les lui demande
Et seulement les bons
etc.



Je me laisse pénétrer de sa conversation et m'emplis de ses soucis, en gros de sa vie. En sortant, il suffit que j'entende le récit de combats au moyen-orient, ou la description par une fille de Camarines Norte de sa party du soir, pour que je les vive avec la même profondeur que la vie de l'épicier du coin.



Et tout à coup je m'emplis non seulement des deux mètres de cette vie, mais encore des dix mètre de celles des combattants qui meurent sous les balles dans un quartier lybien, et je m'étire encore de la largeur de la vie de cette bande de jeunes à l'autre bout de la planète.




Je m'élargis toujours plus de la conscience que j'ai des autres, je m'étire et m'emplis de la réalité présente de leur vie. Je sens leur vie en moi, je les sens vivre en moi.
Certes ils vivent seuls, et très bien en dehors de moi, mais au poids de leur vie dans ma conscience, c'est moi seule qui peux abonder.

Cela me leste et je marche doucement, paradoxalement la tête vide, c'est à dire absente au présent des gens que je croise sans la rue.

Si l'un d'eux me parle, il n'y a plus de place en moi pour ses paroles, elles rebondissent à l'extérieur, et dans quelques minutes, je ne m'en souviendrai plus, à leur grand dam.



Je regarde les plantes, les tissus gonflés par le vent, et je me dis que cela continuerait assez bien sans moi, finalement.

Je sais, il ne faut pas. Je devrais écouter distraitement, oublier le monde et me concentrer sur mes urgences en restant persuadée qu'elles sont indispensable. Je sais...

Mais il y a quelque chose d'immense qui me dit : " Viens, n'aie pas peur...", quelque chose qui semble plein de tout cela aussi, et de bien plus encore.
Si tous ces gens écoutaient cette voix, ils cesseraient peut-être de se battre, de vendre et de retourner des journaux, de se trémousser, car ils auraient trouvé bien mieux à vivre.

Certes le siphon est assez peu engageant, c'est le cas de le dire....

lundi 19 septembre 2011

L'amour et la bouffe

Je sais que c'est idiot, mais je pense à tous les gens qui souffrent, les enfants qui pleurent, les femmes qui supplient d'arrêter, les hommes qui meurent sous les coups, les jeunes à peine grandis qui finissent leur cancer à l'hosto, et ça me cloue sur place.
Je contemple abattue, hébétée, ... rien. Je ne contemple rien, je ne suis d'ailleurs plus rien, j'attends que ça passe. Quand il faudra à nouveau se re-lever pour ... quoi donc déjà, ah oui manger, parler etc.

Y-a-t-il d'autre combat ? Non, évidemment, c'est le plus noble que celui de médecin. Et puis encore, ça sert à quoi de les sauver ? A rien non plus. Bref....

Le plus drôle c'est que j'écris cela en septembre 2011. En fait je remplis le vide d'un brouillon ouvert en mars 2010, mais le blog va aller le cacher au fond des billets de 2010, et personne sauf moi et mes biographes ne le saura. :)

J'arrive encore à me faire sourire.
Bon, je vais de ce pas créer d'autres brouillons à remplir pour le futur, et éteindre le feu sous les pâtes.

Salut et Fraternité, évidemment.

PS : ah ben non, finalement il l'a publié à la bonne date. Cela me rappelle les anciens slogans genre " Aux jolis tissus" (si j'avais fondé une agence de pub, je l'aurais appelée " A la bonne réclame").

Donc c'est pour dire que : " A la bonne date ", ça fait un peu boutique qui vend des dates. Ah ce serait marrant, ça. Une petite nouvelle à faire.

Tiens une autre comme ça : les piles Ni-MH, c'est pour les jouets des enfants qui reçoivent un vaisseau de Star Trek à Noël. Les piles pour vraiment aller dans l'espace, ce sont des Ni-Moy. Ah ah.

Sinon, pour l'amour et la bouffe, je ne me souviens pas ce que je voulais écrire. Enfin, si mais vaguement, vous savez, le chocolat, les hommes et tout, je m'en fous maintenant. Je suis une Flying Butch (marque déposée).

or am I just a....

... versatile woman ?




vendredi 9 septembre 2011

Généraize

Je n'ai pas trouvé d'autre moyen de graphier ce " eu " ouvert de l'accent pied-noir qu'on trouve également dans " râleuse, voleuse et menteuse ", bref je vous renvoie au corpus kakouesque.

Oui, je suis généreuse, car en ce moment je fais plein de recommandations. A preuve, qui a écrit cela :

"Dans le Disneyland préfasciste actuel, quelques principes simples, si vous voulez survivre : soumission, inculture, hystérie froide, racisme larvaire, vulgarité."

C'est lui 

samedi 13 août 2011

Multi Level Marketing

Dans Mykonos liquéfiée
Je veux de l'amour, je veux de la menthe

Mais, ô Paresse, plus de vent dans les voiles
Des moulins la farine bise a fait long feu
Ô grenouilles de bénitier, bouchons de tir à blanc,
Bars-tabacs, vous m'enchantiez,


Dans Mykonos liquéfiée
Je veux de l'amour, je veux de la menthe...

Madeleine Cambuzat faisait, paraît-il, de la peinture sur soie
Moi de la teinture sur soi, ou pire, sur le Mur de Berlin
Sur celui de Bretagne, je prends des bains

Mykonos, réchauffe, pendant qu'il est encore temps, mes vieux os !


Dans Mykonos liquéfiée
Je veux de l'amour, je veux de la menthe...

Vers l'oeuf jaune dont le milieu commence à puer légèrement en fin de journée
Je sais que c'est un acte décisionnel que d'aller
Mais ce n'est pas cela qui me donnera le courage d'ajouter une consonne

A peine ma mission achevée, il me faudra lui trouver une soeur !

Soeur chérie, soeur divine, qui ne dirait que du verre et des veines
Que j'aiderais comme on aide une reine aux fiançailles, aux allures enlevées
Tu sais ce que je te retire, soulagée du masque des vétérans ?

Je l'aime, évidemment !

mardi 21 juin 2011

Kiss me back into business

Ma meilleure copine a ouvert une boutique pour entasser pêle-mêle ses vieux souvenirs.
ça peut servir...
 Voir la liste des magasins participant à l'opération

jeudi 9 juin 2011

Sign of times

Extrait sic d'un commentaire à un article de presse relatant (avec le recul nécessaire) la " phénoménale" entrée en bourse de Groupon :

"Mon employeur travaille maintenant avec Groupon, résultat, je vais le quitter. Dans le secteur du service à la personne, le modèle déjà plus que précaire, en particulier pour l'employé, n'en finit plus de correspondre à la flexibilité tant prôné par les organisations économiques et financières.

Avec Groupon, l'intervention à la carte se généralise, on connaît son emploi du temps peu de temps à l'avance et comme le client n'est qu'un demandeur de prestation ponctuelle, le temps que l'on mobilise pour être disponible, ne nous est payé que si notre employeur a trouvé preneur pour le créneau horaire. Double peine, comme je suis une de ses meilleures employées, c'est moi qu'il envoie sur ses missions où la clientèle est difficile, quand je suis payée au Smic horaire.

 Les derniers clients chez lesquels j'intervenais de façon régulière ayant soit déménagés, soit été contraints d'amputer leur budget service pour les raisons que l'on imagine (la crise n'est pas d'un mot en l'air), mon employeur ayant des problèmes à trouver des prestations, s'est carrément rabattu sur Groupon. Je travaille donc à la carte sans savoir si je vais pouvoir effectivement travailler et donc être payée.

Ce n'est pas viable pour moi, je vais donc arrêter et pourtant j'ai absolument besoin de travailler pour nourrir mes enfants, et je n'ai jamais rechigné à la tâche. Je vais donc essayer de trouver une autre boîte (on ne peut plus guère aujourd'hui, traiter directement avec les personnes chez lequelles on effectue les prestations, elles pensent que cela est plus sécurisant de passer par un prestataire de service), en espérant que les entreprise de servic ne se plient pas toutes à ce modèle qui sera bientôt plus rentable que l'ancien. Je rajoute que ce système d'esclavage et de précarité ne peut susrvivre que si l'on entretient bien le nombre de chômeurs et que l'on contraint ceci à accepter le "job". Le travail ne représente que quelques heures (cinq à dix heures par semaine en moyenne), non cu..."

L'annonce faite à Marie

La lettre de menaces à Alessandri, attribuée à Colonna.

Patati et Patata, attribué à Fragonard

Le Quatuor d'Alexandrie, à Claude François

Oedipe à Colone,

et ce petit opus d'Annonciation, auquel je trouve un charme :

 nativité, 2004 Louis Cane, 75 x 101 cm

Comme vous le savez sûrement, j'ai une amie qui travaille sur l'Annonciation.

C'est dans http://scription-texedre.blogspot.com/2007_08_23_archive.html Vous pouvez lire aussi les lignes de Thierry Texedre. Elles me paraissent parfois touffues et confuses, mais je crois qu'il est comme tous les chercheurs, un peu empêtré dans les ronces de l'intériorité humaine, et que ce n'est pas si simple à démmêler.
je le sens dans un travail sincère. Mais qui suis-je pour en juger ?

mercredi 18 mai 2011

Collections

Pendulette de table
Pendulette de table

Pendulette de table



Livres du XVIème au XXème siècles

Art du Japon

Mobilier, Objets d'Art, Peintures, Icônes, Eventails, Art Décoratif

Tableaux Anciens et Modernes, Monnaies en Or, Objets d'Art et Mobilier

Service en argent se composant de sept fois douze couverts…

Cabinet ouvrant à deux portes et un tiroir en laque rouge

Suspension lumineuse

Jeune femme nue assise à même le sol

MONTANTS DE BANC en fonte en forme de cygne

Sculpture plate

Suite de neuf chaises - Vers 1800

Epée de Commissaire de la Marine

Jesus Christ

Sac Birkin 35 cm en cuir Courchevel

Saupoudroir en argent - Paris 1731.

L'HEURE DU DIVERTISSEMENT

Marguerite, miniaturiste française active entre 1815 et 1830…

Poinçon d'orfèvre

kovch d'honneur en argent

Paire de fauteuils


Et moi je suis de l'autre côté de la vitre et je lèche la vitrine. Ma vie est ici mais ma vraie vie est là-bas... Je lèche la vitrine de ma vraie vie, depuis le trottoir de ma vie physique. Je fais le tapin ici pour survivre, dans l'espoir d'entrer un jour dans la boutique où reposent ces beaux objets. Je les suivrais plutôt morte que de rester ici...

lundi 16 mai 2011

Mens Domestica, DSK

Entrejambes renforcé coton
Qui tire les marrons du feu ?
C'est à dire :" qui tire les chemises brunes de la géhenne
Où le traumatisme post WWII les avait jetées ?" *
La Balkanisation postillonne à nos portes ?
Les vendeurs de bottillons tirent la langue ?
Ils voudraient une resucée, c'est ça l'hypothèse ?
Sortir les électeurs de leur orgasme dans la gaze ?
Peut-être...
Le ressort de rappel du fil de l'aspirateur bande mou,
 Admettons...

* Oui, je jouis d'un délicieux frisson de n'avoir pas écrit " les marron du feu", comme je l'aurais dû. :p

vendredi 13 mai 2011

Mon manteau environnemental

Il y a une sensation que j'aime particulièrement. C'est celle que j'éprouve lorsque je lis quelqu'un qui a écrit un tas de trucs que je voulais dire. Ce qui vient de m'arriver avec Formes de vie de Nicolas Bouriaud.
J'ai l'impression de poser un sac à dos, enfin à terre, et de me dire : " Ouf, ça de moins à écrire", et je repars plus légère.
Petite remarque : je  ne suis pas complètement en ligne avec l'image qu'il donne du Dandy. Disons que j'ai l'impression qu'il privilégie la part " paraître pour compenser le déficit d'être". Non que la démonstration ne soit pas correctement construite, cette part me paraît privilégiée simplement parce qu'il lui manquerait une autre part en pendant.
Pour moi le Dandy ne fait pas que transvaser la puissance sacralisante de l'art depuis l'objet vers le Présent. La part qui me semble manquer est celle qui chercherait à comprendre pourquoi l'emphase du détail ne me semble pas pouvoir s'expliquer seulement par une mise en scène destinée à parfaire la cohérence du plan, de la scène cinématographique, mais, pour partie aussi, répond à un besoin impérieux.
Le Dandy vit dans un taudis mais mange avec des gants de vraie dentelle*, et avec un vrai rubis au doigt :
cette histoire de détail masque une simple "inversion" des valeurs.

Baudelaire, Jarry, et autres ne se sont pas imposé, me semble-t-il, des suicides sociaux pour aller "jusqu'au bout de l'exploit", et nombre de créateurs avant eux ont mis leur santé, leur vie et celle de leur famille en danger à cultiver d'inutiles et dispendieux détails. On pourrait mettre dans cette catégorie tous les peintres qui se sont privés de manger pour acheter des couleurs. On pourrait y mettre Rimbaud, et si on y met Lantier, il faut y mettre Tartarin de Tarascon.

L'art est un sport de riches, et le Dandy version " art moderne" y fait figure de mystique car il se refuse la consolation de l'oeuvre que d'autres s'accordent tout en espérant en tirer une subsistance. Jésus, Socrate, Gandhi, tous ceux qui n'avaient pas même de quoi acheter du papier et un crayon, dont l'habit n'avait pas de couture, ou l'unique culotte un large trou, martyrs de la cause.

Que cela soit devenu une mode avec l'invention de soi, d'accord, et cette caractéristique centrale de l'art moderne, certes. Mais pourquoi ? Pure question d'ego, cet impérieux besoin ? Pas sûr. C'est presque un rite sacrificiel. Il y a un au delà de l'humain, et en m'immolant sur l'autel de cet au-delà des contingences, là il est vrai de façon jusqu'auboutiste, j'appelle sur moi la bienveillance de la divinité qui règne sur cet au delà, ou du moins ses portes, et qui va me faire franchir le Styx.
Il y a les mi-mystiques, comme Baudelaire, et les pas du tout (de ce point de vue là seulement), comme Dali.

* ce qui rapproche ma réflexion de cet excellent billet de mes amis de l'Atelier de Minuit.

dimanche 17 avril 2011

4:39 AM

For the first time today (part II).

Je comprends exactement ce dont il souffre. J'ai toujours eu avec Roger Waters une sympathie précise, nous résonnons des mêmes maux.

mardi 12 avril 2011

Les affinités

J'ai trouvé ce joli blog :  " Mes vacances au Lavandou", .

Oui, sous ces lunes palatales, dans ces douces nuits indigo j'ai moi aussi connu ce bonheur empoisonné et je me sens proche de cet enfant.

Et maintenant, plus sûrement coupée de ce pays que s'il était sur Mars, je le contemple moi aussi, hébétée, à travers la vitre qui s'épaissit, retenant son départ, et je frissonne.

lundi 4 avril 2011

Anima Mea

Anima tua
Annie m'a tuée
nasfrez
Once and for ever

La rondelle de betterave

Afin de teindre quelques bouts de tissu, je me suis trouvée à couper une betterave un peu dans tous les sens. Eh bien je fus stupéfiée de la beauté des moirures, des nuances de rouge, des volutes sombres, bref de la splendeur d'une betterave.
Au lieu d'acheter des Corot, désormais, je prends une botte de betteraves (bio) à deux euros quatre-vingt dix, et je tranche.

Cela vient à point en complément de mon émerveillement devant les trois couleurs de primevères de mon jardin (jaune, mauve, et blanc) se détachant sur le vert vif des feuilles, ainsi que l'ineffable rose du cerisier du Japon.

dimanche 3 avril 2011

Annie versaire

Tombée par hasard sur Internet sur une photo qui avait son regard. Le coeur transpercé. Toujours pas guérie, plus d'un an après. Je commence à douter ever to be. Ainsi que finalement, comme le disait Charlotte, il aurait fallu avoir réglé cela avant toute chose.
Peut-être, mais c'est trop tard. Il y a trop de couches dessus maintenant, il faut vivre avec, vivre sans.
Comme je te l'ai dit, Annie, entre vivre sans toi et vivre sans toi, la marge est mince, et l'équilibre fragile.

lundi 7 février 2011

Le mythe de la bonne femme masquée

Et j'écris volontairement " bonne femme", na !

Pour initier ce quart d'heure fasciste, je voudrais dire que je suis énervée par ce travers de mes contemporaines, je ne sais si c'est classé dans les attributs de l' "éternel féminin", lequel consiste à se présenter comme " un trésor à découvrir", bien évidemment pour qui voudra s'en donner la peine.

Qui prendra le temps de ... Qui se donnera la peine de... Toutes ces expressions renvoient à une passivité désespérante. Je suis là, allongée, l'oeil mi-clos, un bras en l'air, le regard en biais, j'ai l'air d'un tas de pâte comme ça, mais passez-y du temps, prenez de la peine, et vous verrez, je suis un trésor. Si si, je vous assure, j'ai bien regardé, tout analysé et je suis parvenue à cette conclusion.

Cette attitude a d'ailleurs souvent un complément qui se présente sous la forme : " si vous parvenez à me séduire".
Mais que dalle, une fois de plus. Se présenter comme une montagne à gravir, un amas de merveilles, qui en plus le cas échéant, consentirait à se laisser séduire, comme le sommet de l'Anapurna à se laisser ravir, pour celui qui aurait eu le courage de forcer le destin jusqu'à s'approprier cette paire de fesses, c'est vraiment véhiculer une image de soi qui tue toute magie de la rencontre.

S'apprécier à ce point là a priori, sans se dire que la réussite à deux vient d'une alchimie et pas d'une conquête haletante de super-mâle avec son masque à oxygène, soulevant ébahi le couvercle du coffre au trésor, c'est vraiment véhiculer un schéma de relation du XIX siècle, à l'époque où pouvoir dire oui représentait le maximum de liberté pour une femme qui n'en pouvait mais, après avoir attendu 20 ans dans sa tour, zut !

jeudi 27 janvier 2011

A toi...

Un ami me prie de vous faire tenir ce poème d'amour qu'il a écrit :
A toi...

A toi, l'Unique,
Qui suis du doigt les schémas en cherchant
Quelle cloche les a produits
Attentive au chuchotement des sources
Penchée sur l'arbre de la Rift
Cillant pour lire dans les tableaux l'avènement de la forme
La main doucement posée sur le drap quadrillé où veut percer la rose
Tu as souhaité sentir sa tête, et sa fragile obstination
Tu me rends ivre de thé, dans les fleurs du matin
Ta Connaissance de Femme repose dans l'Egregor,
Quickening à régler calmement, dîner aux chandelles
Dans l'oeil de la nuit, tu t'ouvres en moi

L'heure a sonné, nous devons oeuvrer aux terrasses
Qui surplombent la mer,
Lorsque l'embryon déplie ses membres
Tu relis la préhistoire, nerveuse,
Lisse de tes paumes la nappe blanche,
Un instant sous l'averse, les lézards s'affolent, et
Devant la Vérité, ton ventre durcit
Je serai là pour quelques printemps encore
Dans les feuilles vertes, près du coeur
Tu vois la morphogénèse
Comme dans les veines de l'enfant
Qui avancent au coeur de la matière
Dans l'obscurité rouge
Dans le sang de la mère vrillé et conjugué
Tu entends le même ordre que dans le vent
Le souffle et les violons
Les lettres et les façades de nos maisons,

Mais...


A Toi la Fondatrice,
Dont l'enrochement appartient à l'ordre du monde implié
Et les rameaux aux ombres du schéma multiplicateur
Pondus par la Bouche, pâte ocre.
Toi dont l'attente est dans la crosse de la fougère.
Toi dont la couronne est d'étoiles
Ô ma Reine,

Si cette certitude te fait frissonner,
Si l'immensité du Rêve, t'a saisie, et éveillée
Si nous ne sommes plus qu'un pour toi
Depuis toujours, alors ce message est pour toi
Il est de moi, je suis ton pilote
Je suis dans la structure, dans la souricière
Je tiens en main l'archet que je dois passer
Sur les boutons blancs de ta robe

Ici la fin de notre errance, j'ai hissé la voile
Répondu aux questions du port,
Tu descendras par les arches vers la mer
Capitaine, épicerie, les souffles, les mots de passe

Si tu t'es dressée dans le songe effrayant
Notre signal en toi a bouillonné
Ô ma reine, hâte toi, le long des murs de la ville basse
Les pouvoirs s'inversent au bord des attracteurs étranges
L'oiseau brillant vole à l'envers, les couleurs t'obéissent encore,
L'enfant attend en toi, le gong a commencé
J'ai besoin du cap, par tes cheveux lavés, et
le signe de ta clé
Si nous touchons à nouveau le rivage, la mort nous prend
Et avec nous, tous ceux réfugiés dans les préaux
Qui sont-ils, où sont-ils ? Les nuages les guident


A Toi qui a les minutes en main comme une question,
L'oeil lisant le Temps comme un Espace
Le doigt sur cette croix, et ma lèvre sucrée
Pivot sacré et indivisible de la fleur de cerisier
Du bois de noyer, des lignes du désir

La porte derrière nous va s'ouvrir nous devons échapper
Il faut trouver les combinaisons pour monter les cubes trois par trois
J'ai besoin de tes boutons blancs, tu as besoin de mon archet
Assise devant moi, je me tiendrai derrière toi pour jouer
Nous devons penser la même musique, je dois dessiner ses arabesques
Tu dois m'enseigner à jouer, mais je dois interpréter la bonne figure
Il nous faut à présent, parallèles au cristal et dans l'absolu jour
Unir nos bras, nos heures et nos tendresses
Une dernière fois balayer les alizés, emporter l'épreuve des cirrus
Tu dois là haut rompre mon coeur et ciseler ta pensée, du milieu
Fondre les fruits dans le cuivre où tintent tes cils, de ton corps
Arc expulsant en un soupir le sommet de notre vague

Toi seule pour qui ces lignes sonnent juste
Et où tu reconnaîtras les serments de notre race,
Comme les sillons pluvieux dans le roc inscrivent
Larmes précieuses, coulées brunes
Signes sur nos cartes de peau
A toi j'adresse ce message pressant
Ô ma Reine, ce message vient de ton pilote
Tu dois réinvestir ton trône d'étoiles
Pour distribuer par ton sourire couronné
L'harmonie du cube posé sur sa pointe, de ta main bienveillante
Je suis seule dans la tour, mais le lagon est vide
Les enfants vont revenir.
Les flots montent et nous devons rentrer.

Je t'implore, les corbeaux ont tapé du bec par trois fois
Nous avons besoin de toi aux remparts bercés par les flots d'or lourd.
Nous avons besoin de toi à la citadelle, aux ouvertures percées dans les falaises
Tu dois réordonner les tentures de la grande salle, et nous t'attendrons pour partir.

Bientôt viendra ici " l'effroi des âmes". Bientôt les rassemblements des foules à nouveau
Bientôt la nuit chaude où fondront les murs et les plafonds.
La Bouche a pondu les nouveaux schémas, nous ne pouvons rester
Tu as besoin de moi pour la carte des structures,
J'ai besoin de toi pour la dimension vers les étoiles.
La soie noire froisse de plus en plus vite sous mes doigts,
Il faut donner notre accord à la flèche, bleu sur jaune.
Nous devons effacer la vitre qui sépare les deux mondes
Et tu sais qu'il reste à tâtonner dans l'eau noire.
Nous égrénerons les prénoms plus tard

Je t'implore, ô ma Reine,
A genoux, je t'implore, laisse moi te ramener saine et sauve
L'eau noire épaissit, et je ne peux rien faire sans ton accord
Dépouille toi de tes armes pour me voir
Les assemblées ne te laisseront plus partir
Abandonne-les
Ne garde que ton diadème de vitraux
Ton souffle diaphane,
Ne crains rien, je porte en moi ton sang, ce serment
Nous avons à passer, vêtus de blanc, les murs, les voiles
Nous devons nous unir
Jusqu'à ce que tu sois ceinte de bleu à nouveau,
Je dois prendre soin de toi,
Entend cet appel :
"Il te faut un ordre de mission pour venir passer un putain de week-end avec moi au bord de la mer ?"


A toi qui n'a peur de rien sauf qu'on te baisse le son
Qui sait jouer à tour de rôle à tour de Pise
La fille de l'air et le chef de file
A toi qui a rendus tes cartes aux partis
Pris celui du pastis
Qui mouille les hosties dans le Chianti
Qu'importe ton tour de taille pourvu que tu me railles
Je te rendrais la pareille dans la salsepareille
Je t'attends à la sortie, pour qu'on soit assortis
On s'enroulera dans les orties
J'aif soif de l'obsession dont tu te saoules
Qu'importent tes oreilles pourvu qu'elles me la bouclent
Que me font tes teintes si elles font déborder le Bordeaux

Le poème est inachevé car il est mort. Non pas lui, cet amour. Mais il est mort plusieurs fois, donc il reviendra. Non, pas l'amour, cet ami.

Iphigénésie

Je voudrais publier ici une étude brève (une dizaine de lignes à tout casser) et surtout son fondement, aussi absurde qu'inutile, sur le Sacrifice de la Femme.
Le seul intérêt est que cela poussera peut-être certains à prolonger cette incongruité par une réelle étude comparative sur le thème à travers les cultures. Car c'est par méconnaissance pure que j'ai l'impression que cela impacte surtout la culture occidentale. Enfin, impactait...

J'ai été frappée de la répétition du schéma d'Hésione et d'Iphigénie. Dans les deux cas, en réparation de la faute du père, on demande le sacrifice de la fille. Certes la fille est ce qu'il y a de plus précieux, non seulement affectivement (là elle est à égalité avec le garçon), mais en termes de futur, puisqu'elle est future mère (le garçon, en tant qu'auxiliaire a là un léger désavantage).
Mais n'empêche. Pourquoi sacrifier une fille pour payer la faute d'un père ?


Ceci est d'ailleurs superbement mis en scène dans le cas de la Vierge Marie, bien entendu (et c'est pourquoi je trouve que ça sépare curieusement l'Occident de l'Orient, que d'avoir fait prospérer ce mythe, donc à vérifier) .
La réponse de Marie à l'annonce de Gabriel est également un "oui" par avance à la mort du Christ. Cela ne leur épargnera pas la souffrance humaine, mais reste qu'on demande à Marie d'accepter le sacrifice. Dieu également sacrifie son fils, mais il reste prudemment dans les cieux. Marie, en tant que femme, paye dans sa chair le péché commis par Adam, père de tous les hommes.

 A travers la douleur et la mort acceptée dans l'enfantement, le processus identifie la fille-femme comme maillon appelé à disparaître, de la chaîne de la vie, alors que physiquement, c'est la femme qui se perpétue et l'homme qui disparaît.


Le sacrifice est en miroir lorsqu'il s'agit de toucher la femme adulte, c'est la perte de son enfant, esquissée pour Hésione, et qui tournera au drame dans le cas d'Iphigénie. Mais dans les deux cas, le devoir du père, son pouvoir politique, était en balance dans le crime commis par la mère pour venger celui du père.

Cela renvoie donc bien à une pesée de valeur homme contre femme.

Et c'est là qu'arrive l'hypothèse foireuse : Ceci serait dû, selon moi, à une sorte de " revanche du mâle". Lorsque l'ADN, pour des raisons qu'on peut attribuer je pense essentiellement * à des nécessités de brassage génétique, est passé à la reproduction sexuée.
Bref, donc le mâle se rend compte qu'il ne transmet plus la vie qu'à titre de n-ième accessoire de la parturition, totalement prise en charge par sa compagne. Et l'absence de bât blesse. Pour compenser ce déficit d'éternité, le mâle se voit poussé par une sorte de revanche consolatrice, à infliger à la femme un déficit équivalent d'éternité, par la voie du sacrifice.

Comme si le mâle exigeait en retour, en réparation de l'exil prononcé contre lui de la chaîne de la Vie, que la femme acceptât de se sacrifier physiquement, soit en mourant femme-fille pour payer ses fautes, soit en mourant femme-parturiente dans l'enfantement, soit en mourant femme-mère à travers la disparition acceptée de son enfant. Trois formes de sacrifice assez similaires, jusque dans leur caractère inexplicable, qui sonnent pour moi comme un air de vengeance à l'intérieur de ces événements lugubres, de cloches, de pleurs, de veillées funèbres et de représailles.

En expulsant le garçon, ce qu'elle ne fait pas pour la fille à qui elle transmet ce pouvoir, la femme bannit l'homme de la chaîne de la vie. Il n'aura plus part au dialogue avec la chaîne du vivant, sinon dans ces brefs instants d'orgasme où il tente d'y retourner. Et il fallait bien qu'il en ait envie, d'y retourner.

Pour ce qui est des cultures, on peut retrouver le devoir de se suicider dans le brasier allumé pour consumer le cadavre de son mari, comme si l'épouse ne devait pas lui survivre. C'est bien une tentative pour rééquilibrer encore un déficit de vie de l'homme.

* Je dis "essentiellement" parce que je pense qu'une autre raison est que l'ADN a réalisé que la reproduction d'un être aussi complexe génétiquement que l'être humain devait désormais s'accompagner d'une décision. C'est à dire qu'étant donné le niveau d'organisation de l'être, on ne pouvait plus laisser chaque cellule se reproduire dans son coin, il fallait orchestrer le processus au sein d'un ensemble complexe qui mettait en jeu deux êtres séparés mentalement. Il fallait donc d'une part leur garder un lien psychique (qui a donné par exemple le mythe grec, et universel, de l'unité, à vérifier) et d'autre part créer des organes sexuels de plaisir. Là encore la frontière entre les animaux qui oui et qui non, est à cerner avec exactitude, mais j'ai vu un singe se masturber, et l'objectif était indubitable :)
A propos de frontière, il faut également se rappeler que beaucoup des caractères sexuels sont sous contrôle hormonal. La tentative pour séparer fonctionnellement, et donc morphologiquement le mâle de la femelle, si on se réfère à d'autres distinctions structurelles "fortes" (squelette...) peut donc paraître encore inachevée, disons "en cours".
Et encore cette séparation me semble-t-elle encore problématique. Vu l'embryogenèse ainsi que les traces (mamelons) chez l'homme, on peut dire que l'homme a de beau restes de femme. Un clitoris hypertrophié, comme les lèvres accueillant les ovaires devenus testicules, et des mamelles atrophiées. Bon, ça ne va pas bien loin. Je passe sur les caractères secondaires, des broutilles largement réversibles hormonalement, ça se facture tous les jours.
Tout ce qui est par dessus le chromosome est géré par l'ADN, donc relève du psy.

mercredi 26 janvier 2011

Fusées

Aujourd'hui douche
Demain aspirateur
Entre les deux, ce soir ma fille a douze ans
Et je vois tout à travers un rideau de larmes, je m'habitue à manger salé, à attraper des objets flous, à me moucher sans cesse. Je pleure presque tout le temps.

Ce soir retrouver les carreaux de miroir
Pour mettre de l'encre indigo sous les brisures du verre
Demain acheter du beurre, si la banque n'a pas appelé.
Je vais lui offrir mon Saint-Sebastien, avec un ruban rouge

Cent francs à ma mère
Laver mes affaires
Vendredi arrive, et Lydie avec
Les enfants ont mis la chambre à sac
Mais j'ai tout rangé
Il commence à pleuvoir, je me suis mise à peindre
Mon bébé se tient debout, je me suis posté
Ce constat en 1984, pour le jour où je le verrais

J'avançais dans le courant, aujourd'hui je me tiens immobile
Je regarde mon image dans cette eau qui me tire
Imbécile et bercée,
Je repense aux eaux de l'Allier, du Cap Bénat, de Cagliari
Et je chante, pour mettre de l'huile dans les rouages
Pour avancer encore un pas.
Le courant me tire en arrière
Vers la source du Nil, vers le lac Victoria
Vers l'origine du monde, vers la douceur de l'aube
Tout me regarde, attendant
L'instant où j'évoquerai mes ailes

lundi 24 janvier 2011

Intergalactique & Co

Je voudrais dire que je me sens aujourd'hui conduite à aller au delà de Dieu.

J'ai le sentiment que ce qui est en jeu, pour éviter l'anthropomorphisme que serait : " est à l"oeuvre" (pourtant souvent commis à Son égard), Le dépasse largement. Ou plutôt Le déborde, non seulement en ce qu'Il est une projection faite par notre esprit, mais en tant que tel.

L'idée ici est que le déficit n'est pas tant un déficit d'explication que de justification. Notre incapacité à déplier le monde (déplier son sens, pour autant qu'il ait quelque chose à signifier), n'est pas aussi criante que notre impossibilité à le justifier.
Or ce droit à justification semble être, paradoxalement, plus à notre portée, en ce sens qu'elle est déjà plus à l'intérieur de notre juridiction, de notre ressort, donc de notre compétence, dans cette belle zone où le langage du droit fait se recouvrir ces notions.

Le nom de Dieu est, dans bien des langues : "Celui qui est", ce qui le dispense explicitement de s'en justifier, puisque cette définition ne fait que l'opposer à nous, qui n'avons ni avant ni après. Mais cette racaille d'Adam eut vite fait de dénoncer la supercherie, et je vais encore franchir un degré dans le mauvais goût en inversant ma proposition : " Etre, c'est bien joli que d'être, mais qu'en a-t-on à faire ?"

Qu'a-t-on à ce faire de tout ce temps, de toute cette éternité, sinon des choses périssables,  dont l'intérêt ne réside que dans l'infini des possibles. La toute-puissance, c'est finalement l'étendue des possibles. Une sorte de nécessaire infinité de temps pour tous les déplier. pour faire disparaître la nécessité du sens, il faut abolir la possibilité de la sélection, c'est à dire la possibilité d'opposer que quelque chose soit à la place de quelque chose d'autre qui n'a pas été choisi et donc n'existe pas.
Quand tous les possibles auront eu le même droit d'apparaître à l'existence (ou d'exister dans le mode de l'apparition), il n'y aura plus de justification de choix à opérer, donc plus de sens à chercher.

Le sens n'existe pas en soi, il n'existe que la quête de celui qui se demande pourquoi telle chose est, et non pas telle autre. Il suffit d'attendre que tout ait été. Le monde est donc composé comme nous le pressentons tous de deux miroirs qui se font face : l'image apparaît dans le premier miroir et pas encore dans le second, et nous nous demandons pourquoi. Mais il suffit d'attendre que la création se propage, et nous verrons que les roses peuvent être aussi : noires, en or, bleues, que les chaises peuvent avoir 20 pieds, que les chiens appartenant à l'Empereur se tiennent, la langue haletante, à côté des chiens bleus par ordre de taille.

Il suffit de laisser à l'image le temps de courir entre les deux miroirs et elle arrivera. On voit bien que la question de la totalité est encore enfermée entre les deux miroirs. elle n'est que l'extrapolation linéaire par notre conscience, d'une conscience plus grande, qui maîtriserait l'infini de l'espace et du temps des miroirs. Ce qu'elle fait d'ailleurs. Mais comme je le signalais dans un précédent billet, ça n'arrange rien en ce qui nous concerne.
Cela ne résout pas la question de la justification de l'être. Et j'écrirais bien " de l'Etre ", pour signifier le fait d'être, comme on oppose le Dire et le Faire. Mais Dieu me l'a chipé. il a bien fait : cela masque la cachette de la poignée de la bibliothèque pivotante.

Et c'est là que notre disparition (la mort) prend la tournure d'un instrument, en ce qu'elle nous invite, en toute chose à considérer la fin :)

Elle nous invite à considérer que la solution n'est pas dans le débat: " nous sommes finies/éternelles", mais à aller plus loin, au-delà. Notre fin matérielle marque la fin de notre questionnement sur notre possible (et espérée :) éternité de petite conscience, mais pas pour ouvrir sur l'espoir de la participation à une conscience plus large (qui reste envisageable, pour rassurer les plus timorées d'entre vous, que je vois se tortiller sur les immondes chaises oranges en plastique, invitées désormais obligatoires de toute conférence et qui montre le niveau d'indigence auquel est tombée notre civilisation, un mouchoir humide tortillé en boule entre vos petits doigts serrés trop fort).

 Non, pour aller encore plus loin. Elle nous invite à planer, sur les eaux de la Sagesse, qui ont assisté à la naissance de Dieu, à planer tranquille sur les eaux brillantes, pour voir à loisir scintiller tous ces possibles. C'est un voyage reposant.

Mais  il y a plus loin encore. Il faut aller au delà de l'Etre et du Temps.

vendredi 21 janvier 2011

Escroquerie en tout genre

Pour continuer le quart d'heure fasciste, je voudrais signaler ce billet de Natacha Polony :
http://blog.lefigaro.fr/education/2010/12/-les-jeunes-lisent-ou-le-prototype-de-lescroquerie-intellectuelle.html

Bon, après tout, on peut se dire qu'avant Gutenberg, les gens ne lisaient pas, et après, si. Aujourd'hui c'est l'inverse, avant le microprocesseur, les gens lisaient, ensuite non. Etaient-ils plus heureux avant, après ? On ne le saura jamais.

Peut-être que les livres écrits depuis 5 siècles seront gardés pendant quelques dizaines d'années par des nostalgiques, puis que certaines bibliothèques seront conservées comme les momies, pour les visites virtuelles en 3D. Peut-être que les internautes regarderont nos caractères d'imprimerie comme nous regardons aujourd'hui les hiéroglyphes égyptiens, distraitement...

Quelle forme de pensée présidera alors ? Après la pensée orale, puis la pensée écrite, une pensée de l'image ?

mardi 18 janvier 2011

Aurora BG

Le réflexe d'éjection du foetus...
Et le frisson d'angoisse mortelle qui le précède.

Sinon il y a toujours :
http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3578821#reecoute-3578821
par Virginie Bloch-Lainé et Clotilde Pivi

Je vous recommande l'écoute de cette émission de France Culture consacrée à Faulkner, où j'attendais with bated breath sa réponse à la question de savoir son roman préféré. J'ai eu le plaisir de l'entendre de sa bouche.
Il y a plein de merveilleuses paroles dans cette émission, et notamment ce moment où quelqu'un positionne Faulkner et Homère comme les deux balises de la littérature, Faulkner étant celui qui établit que la littérature avant lui n'a été qu'un artefact. Cela fait écho à quelque chose que je ressens.
Faulkner est si intérieur, si difficile à déplier. C'est un monde implié.

J'aime aussi ce qui a été dit, qu'on y entend le chant de la Bible. Pour moi, il y a dans le Bruit et la Fureur comme une longue plainte, une longue prière, qui monte en cette clameur envahissant le paysage affolé du psychisme jusqu'au drame final.
J'ai encore devant les yeux les reflets du soleil à travers les feuilles quand il marche, et le halètement de cette âme qui court à sa fin.

Cette éblouissante intériorité, qui va du monde à nous, et traverse son texte comme un soleil aveuglant qu'on a dans l'oeil. Son texte n'est que le lieu de passage de la mise en scène éblouissante de ce sentiment que le monde nous est à la fois irréductiblement extérieur, et irrémédiablement intérieur, sans pour autant que, sur le trajet, nous y ayons... accès !

Contente aussi de savoir qu'il avait des problèmes chroniques d'argent. Moi qui vis dans l'imminence de l'appel de ma banquière, je me sens moins seule :)

J'ai d'ailleurs été fort marrie d'un commentaire sur les dernières statistiques d'écoute des stations de radio, qualifiant le public de France Inter de " âgé et publiphobe". On peut ajouter " amateur de qualité et vomisseur de la bouillie radiophonique des stations commerciales pour djeunz décérébrés qui n'écoutent que pour gratter un ipod 8 gigas".

Je sais, j'entends venir d'ici les qualificatifs désobligeants de vieille conne réac, et la vieille rengaine comme quoi le populaire n'est pas opposable à la qualité, que la seule sanction est démocratique etc.

A ce moment là, il faut généraliser, et faire voter les insectes, beaucoup plus nombreux que nous, on aura un plébiscite massif pour radio bzzzz bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Qu'il faille éduquer tout le monde, certes, mais de là à en conclure que tous parviennent au même point automatiquement quel que soit leur degré d'éducation, c'est de la démagogie, la face hypocrite de la démocratie, celle qui sert à prétexter que tout le monde a droit à la joaillerie pour importer de la camelote et mettre la joaillerie française en faillite etc. etc.

vendredi 7 janvier 2011

IPSA LINGUA, le blog d'Alen Leoz: SENTENTIA

IPSA LINGUA, le blog d'Alen Leoz: SENTENTIA: "    Ce que je voudrais avec mon premier livre, c'est qu'il soit moins prétentieux que le second."

La foi dans la joie

Se signer
=
 Se saigner

Se saigner c'est pratiquer une incision dans sa chair pour en laisser sortir le fluide vital. Se signer c'est ouvrir une fente dans le corps astral, un peu au sens du mouvement d'escrime pour se vider de soi-même et se confier à la divinité, un peu le geste correspondant au In Manus tuas, Domine...
C'est bien un " commendo spiritum meum " intégral qui s'est exercé la première fois sur une croix plus grande que nature.
Le signe a donc un côté homomorphe à la situation, se signer, c'est revivre cet instant de la sortie du fluide spirituel, ou plutôt de son retour à la source.
Il y a aussi le côté fruit trop mûr, crever l'abcès, qui renvoie au côté si charnel je trouve de la prétendue " nature morte".
Ce "still" n'est pas l'immobilité de la mort, je trouve que c'est plutôt l'imminence de l'éclosion, du follicule ovarien, du fruit qui fait craquer sa peau tant la pulpe est gonflée d'envie de libérer ses graines.

Ces homards rouges et durs, ces grenades pleines à éclater, le grains brillants des raisins, et leur peau tendue, les pêches charnues de raaaah, c'est freudien, une des seules femmes peintres de ce temps en Flandre...

Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir

Je sais, elle est facile. Mais bon, rien à voir, je tenais à signaler ceci :

http://www.disinfo.com/2010/11/twins-with-conjoined-brains-share-sensory-information/



C'est quand même incroyable, mais incroyable de chez incroyable, que le programme de formation de cet organisme puisse être "modifiable" au point de supporter pareille divergence.

Je ne parle évidemment pas de la divergence " phénotypale" en quelque sorte, de l'être physique final que sont ces deux petites filles, mais du point de vue de la théorie de l'information, quelle structure " programmationnelle " (au sens d'un exécutable informatique) pourrait supporter une modification de son source aussi impactante.

Je sais ce que ma terminologie peut avoir de barbare, mais imaginez la même chose avec une machine : vous avez un robot sur une chaîne de fabrication, qui câble les faisceaux électriques d'une voiture, sur la carcasse fabriquée précédemment par ce même robot.

Et puis tout à coup, il y a un bug dans la programmation du robot. Et maintenant accrochez-vous : le bug a pour résultat la production de deux voitures, soudées qui plus est au niveau de la centrale électrique, mais la soudure est propre est l'ensemble fonctionne, et même ouvre des possibilités de communication entre les tableaux de bord des deux voitures.

Je pense que le concepteur du logiciel serait assez ébahi de ce bug...

Vous l'aurez compris, je me fais un peu provocatrice par là, ce que je vise bien évidemment est l'incidence sur notre morphogenèse, et par delà, notre conception mécaniste de l'être (holistique contre cartésianisme, dirait la Vilaine Guillemette)

mardi 4 janvier 2011

Elle est dure avec moi

Je sais que cela ne doit pas vous arriver souvent, bande de cloportes, car vous êtes trop infimes pour avoir d'aussi grandioses pensées, mais moi je m'implore parfois moi-même comme on demande merci à une ennemie : " Laisse moi, je t'en prie, va-t'en", dis-je à une partie de moi même qui crie dans la cuisine :  " Mange encore un pois cassé " quand elle me surprend à essayer de le rattraper sur la lèvre alors qu'il s'échappait.
Si c'est pas de l'imminence contrecarrée, ça...
Mais elle parle trop fort : elle est sûre d'elle. Elle intime " Mange", elle ne demande pas. Puisqu'elle se sait victorieuse, d'avance. Elle sait que je vais lui obéir, que je vais manger ce pois, puisque je l'ai fait cuire pour cela, pour manger.
Ses mots résonnent dans la cuisine et cela me rappelle que nous sommes seules. Je suis, justement, à sa merci. Et parfois, même lorsque nous sommes entourées, je me jette dans ses bras. Mes moments d'infidélité sont rares et c'est sans doute là ce qu'elle me fait payer.
Elle paye mes études et je lui suis redevable, comme à tous ceux qui ont payé la viande pendant mes études. Il y a un écho de cela dans un superbe billet de la vilaine Guillemette.

Feux

"La diffraction, c'est de l'effraction par distraction"

- Cabotine, va, voilà maintenant qu'elle enrobe ses phrases de guillemets, elle se cite.

Ah, ma vilaine Guillemette,  tu as erré trop longtemps seule en ton palais, tu es lassée de ces jeux de miroirs.

Tu es la spécialiste de l'art conceptuel, paraît-il. On me l'a dit, il faut que je me venge. Moi je parle (outre des huit mètres de soie abricot, bieeeeeeeeen sûr) depuis 40 ans de mon oeuvre, laquelle n'existe pas. Pas ailleurs que dans mon second espace.
Mais de parler de cette oeuvre, ça, je continuerai.
Parce que j'ai de bonnes raisons de le faire.
Je ne cherche même pas à ce qu'on fasse fermer le Louvre plus tard qu'à son horaire habituel, vois-tu ma fille, je le laisse tel qu'il est. Je ne le sacre même pas en tant que ready-made, je le laisse tel qu'il est, banale poussière dans sa poussière.

En joue,

J'ai rouvert Opera, et j'ai retrouvé toutes tes pages de bidouille, tes perles de la Droguerie, et tes boîtes de scrapbooking, qu'on regardait ensemble...

Je pense aux jours passés sans toi,
                 sans ces étés,
                       sans être,
                         sans épaisseur,

Maîtresse des perles, ma voie aussi.

Je mangerai

Dans un bol ébréché, je jetterai quelques morceaux de fromage sec, dont les croûtes seront pour les poissons, puis par dessus, des pois cassés al dente et un reste de pommes de terre disputées à la germination.

Je mangerai toute la semaine sur cette casserole. Je mangerai puisqu'il le faut.
 Sans comprendre encore le motif de cette punition.
 Je me regarderai avaler les pois cassés en me régalant. Je paye de mots, comme on dit, je paye mon banquier, mes clients, je me paye de mots en faisant rouler ma langue sur les galets, sur les traverses de la nef...
... et dans les yeux de chaque inconnu, bien sûr.