mercredi 29 août 2012

Self responding

Pour la continuité de l'histoire, je signale qu'on m'a posé la réponse à la question sans réponse que j'avais intitulée sous forme d'un  " quoi ", (enfin disons plutôt un " quid"), dans le billet " Parmi toutes les autres...".

La réponse était : " Et cela, ça nous appartient", au sens de : " il nous appartient de donner cette réponse, de faire ce choix".
J'ai répondu alors que précisément, plus rien ne m'appartenait, et c'était le sens du billet précédent.

J'avais un ami qui avait cette incroyable capacité de démonter une voiture jusque dans ses plus petites pièces possibles, d'étaler le tout soigneusement sur le sol préalablement bâché d'un garage, et de remonter entièrement la voiture une fois les pièces nettoyées.

Toutes mes pièces sont là. Je les contemple, elles sont bien là, il ne manque rien. J'ai plutôt tendance à en faire un inventaire exhaustif, et même à admirer plutôt bien comment leurs molécules s'intègrent au sein de la dynamique générale de la matière dans l'univers.

Mais l'ensemble ne bouge plus, ne se déplace plus, et je suis aussi peu capable d'avancer que la voiture.

Tout cela ne fait plus un être.

Aussi peu que l'ensemble de l'univers en fait un. Ou autant. Et j'oscille entre ces deux perspectives, que mon plan de conscience est capable d'évoquer.

Mais capable à la façon dont le serait l'habitant d'un château qui serait capable d'ouvrir l'oeilleton d'une porte, ou de coller son oeil à une petite meurtrière. Capable à la façon dont un soldat serait capable de coller son oeil à un petit trou aménagé vers l'extérieur.

C'est à dire juste assez pour percevoir ce qui est beaucoup plus grand que lui, et pour se prendre de la part de cette chose un rayon paralysant qui le fait retomber pantelant sur son siège pour plusieurs heures.

Je ne peux pas contempler l'extérieur, mais je sais que l'intérieur n'est qu'une cage de protection illusoire dont il me faudra sortir tôt ou tard.

J'ai donc tendance à retourner coller mon oeil, ce qui a pour effet de me ramener immobile à mon siège.

Je crois que j'ai été trop loin. Je songe à Icare et à quelques autres mythes...

mardi 28 août 2012

Dies Irae

Et j'affronte ce jour avec plus de colère que de peur.

Comme vous le savez, je suis venue habiter chez moi.
Tout un printemps, il m'a été donné de contempler mon jardin
J'ai eu, aussi, un bel été.
Ma vie a été un jour de fureur.

Aujourd'hui je marche vers Jérusalem,
Portée par un âne.
Et je vois l'orage au dessus de Tolède

Malgré cette terrible lumière,
Elle m'a toujours accompagnée,
J'affronte ce jour avec plus de colère que de peur.

Bientôt peut-être je n'aurai plus les moyens de publier ici
Alors vous aussi, il faut vous habituer,
Prendre doucement le dos du livre, et le refermer
Doucement.
Les feux du couchant ont aussi leurs charmes
Il faut s'habituer à la lumière qui décline
A l'absence prochaine
Après tout, ce n'est que retourner à ce que nous étions.
Séparés.

lundi 27 août 2012

Parmi toutes les autres, une qui soit mienne



Sous la douche des serments, des emportements
Sous les flèches des reproches, de tes airs narquois
Comme un sarment, les yeux au ciel, je me tords
Mes larmes piquent plus, peu importe, que ces cris
C'est toujours de me savoir à ta merci qui me serre
Je vois la douleur, les yeux froids, elle attend
Pour emporter sa proie,
Le rêve des Erinyes est en moi

Recroquevillée sous la douche des reproches,
Je me tortille pour changer de position
Et parfois je m'octroie
Ce que d'autres appellent un crime
Un châtiment, une faute, que sais-je
Et moi
Une récompense.

Ce qui tient entre ses serres :
Tout ce que  je ne suis pas
Tout ce que je suis
Ce qui aurait pu être, et ne sera pas

Je me hâte sous l'orage des reproches
Atteindre le porche avant de tomber
Il scintille au delà des pavés
Et sombre avant que je puisse arriver

Je n'ai rien fait, qui sache ouvrir mes mains
Une porte, une caresse, une saison
Une oliveraie en Toscane
Parmi les autres...

Parmi toutes les autres,
Une journée où je serais arrivée la première
Où j'aurais vu s'ouvrir les fleurs
Une porte, un jardin

Négligeant les doux murmurants du péristyle
J'aurais volé sur les marches
Et d'immenses tentures vert olive
Observé la course des ombres

Entendu les commerçants chuchoter
Le prix de l'huile et de la chaleur

 Nue
Sous la douche de mes échecs
Entourant de mes bras ma douleur
Je lui cherche des limites
Je dessine des réconforts sur la plaine

Souveraine de mon Amber
Aux frontières de mes complaisances,
Mon land art de l'insupportable
Des bornes.

Qui soient miennes, il ne manquait plus que ça
D'avoir connu les douceurs
Les inimitables tranquillités du silence
Des livres, les heures
Les lueurs

Une, parmi les autres, qui soit mienne
Je donne mes dents, ma tête,
Mes raisonnements, je frotte ma poitrine
Mes nuits, je tourne en rond

Non, tu n'es pas mon bassin,
Ni en moi, ni en toi
Il faudrait cracher des serments,
Prêter des jurements, jurer que sais-je encore

Pas moins étrangère, j'ouvre pourtant ta bouche
Parmi toutes les autres...
Ah ! C'est une alliance, un contrat, quelque chose enfin
Qui ne s'enfuit pas,
Aux plaines, qui constitue, inscrit

Mais non ! Qu'importe ! C'est juste
Remettre en face des choses closes
Des poches où macèrent les sucs
De vie, gluants, grouillants

Vivante ! Ie. non abstraite encore du bruit
Crépitements de cortex, matière blanche
Et moelleuse, dis-moi où siège ta pensée

Parmi toutes les autres, une qui soit mienne encore
Quand mes fibres seront raides et sèches
Ô salsifis ! Toi aussi, tu pourrais parler
Rends moi l'espoir !

Mais non, en vain je le somme
Je ploie sous le déluge
Ils ont tous pris à droite et je vois
Leurs essuie-glaces en cadence
Battre la mesure sur le parking
Et les lumières du restaurant
Comme un seul homme ils ont tourné
Ils tournent toujours tous ensemble dans la même rue
La bonne rue, ils la connaissent.

Et je suis seule sous la pluie de mes erreurs
Pas une qui ne soit mienne, pas une goutte
Qui ne me crie : " Pour cette faute, voilà ! ".






dimanche 26 août 2012

De todos, nadie

Une solitude non pas éternelle, mais parsemée de

Récompenses

De todo, nada

Un calme non pas mortel, mais dépourvu d'oliviers

lundi 20 août 2012

Merci France Culture

Décidément, j'y vais cash ce coup-là pour l'ex-voto, mais c'est pour l'ensemble de leur œuvre. Je me dis parfois que je fais de la création textile pour m'occuper les mains pendant que j'écoute France Cul.

Je plaisante mais tout de même, ces gens là me redonnent un peu goût à l'humanité, donc je leur retourne le monte-charge.

Aujourd'hui je voudrais remercier tout particulièrement Fabrice Melquiot, Christine Bernard-Sugy.

Denis Lavant, Mohamed Rouabhi, Anne Alvaro, Quentin Baillot, et Alexandra Malka
 
Pour cette rediffusion de mars 2009, des pages de l’œuvre d'Octavio Paz.

Une mention avec médaille émue au lecteur que je pense être  Mohamed Rouabhi, parce que je crois que sans lui, je serais complètement passée à côté du texte. Mais les autres lecteurs sont formidables aussi.

Il s'est produit ce qui était arrivé pour Pascal Caubère à propos de son œuvre. A savoir que si j'avais lu ce texte, je n'aurais rien compris.

Là grâce à la diction, les pauses, les accents, tout est passé. Il m'a ouvert les portes de l’œuvre, de la pensée, du cœur et du propos du texte, enfin de tout, et donc vraiment un grand, immense merci pour ces sensations qui me seraient à jamais restées inconnues.

Comment il se fait qu'un texte puisse me rester à ce point hermétique, d'une part, et d'autre part qu'il ne prenne à ce point sa pleine et entière signification que lorsqu'il m'est rendu par la voix d'un autre qui fait pour moi un travail de pythie, cela reste deux mystères entiers, ici, dans mon for intérieur.

La traduction aussi. Traduire cela. Garder la cohérence au long du texte, un boulot monstre !

J'y reviendrai, mais je garde tout de suite de Paz : " Une fois le problème résolu, le mystère réapparaît".




Le rap est un art, madame.

Si vous vous demandez quoi acheter comme voiture, sachez qu'on trouve maintenant sur Internet des catalogues vidéo animés très bien faits.

Par exemple ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=kFHQzwNMo_Q&feature=player_embedded

Ou encore ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=E4z_FH2wiCg&feature=player_embedded

Et si vous vous demandez pourquoi il font la promotion de la consommation d'alcool dans le clip, la réponse est ici (6:45) :
http://www.dailymotion.com/video/xrizni_guest-star-ymcmb-10-ans-de-succes_music

On ne dira jamais assez la nécessité de la médiation culturelle.

Heureusement, cette philosophie percole à votre insu dans les blogs de vos enfants.

Ah.
Ah
Vae Victis


dimanche 19 août 2012

Beam me up, Scotty...

Entendu à la radio que le cadeau à la mode cette année à l'occasion de la fin du ramadan à Azaz (ville de Syrie qui croule sous les bombes), c'est pour les petites filles, une robe neuve, et pour les petits garçons, un pistolet en plastique.

Décidément ces moldus sont impayables. Dommage qu'on m'attende sur une autre planète. Sinon je remettrais bien une pièce dans la télé de cette chambre d'hôpital.

Et puis quand je m'ennuie trop, je trouve une soirée où taper l'incruste, et j'arrive en mode swag, fraîche comme un chaton des sables. Quand je m'ennuie trop à la soirée, je trouve une victime (de préférence intelligente, rafffinée et cultivée et consentante, mais à défaut un mec peut faire l'affaire) pour l'entraîner au lit.

Si l'autre m'ennuie trop pendant qu'elle baise, je m'envoie en l'air. Quand j'ai fini, je parle. Et quand la conversation m'ennuie trop, je rentre chez moi.

Acte 2 :)

Le Coryphée
Pourquoi, adorable Natacha, nous servir cette mise en abyme ?

Le choeur
Ostentatoire autant que fallacieuse

Moi
Parce que je construis un télescope. Je voudrais pouvoir mettre un nom sur ce qui m'accable, cette souveraine colère qui me fait serrer les poings, et j'espère ainsi en écartant les parois de mon ennui, retrouver le pouvoir de nommer ce qui est au fond, le voir et le nommer.

Le Coryphée
Cette colère qui te soulève, divine Natacha, de ne pouvoir nommer ce qui t'accable, tu en connais la source,

Le choeur
et mieux que personne.

Le Coryphée
Pouvoir n'est que vouloir, et vouloir est une illusion. Cette maxime, c'est

Le choeur
Toi !
 Le Coryphée
qui la fit graver au fronton de tous les temples.
Première aux lueurs de l'aube, on te voyait déjà, la pioche à la main, tandis que tous dormaient, abattre les édifices de certitudes. Tout le jour on entendait tes coups, sourds parfois quand tu attaquais les dogmes  épais, les croyances profondes, ce que tous tiennent pour entendu.


Le choeur
Pour donné !
  Le Coryphée
Aucun rescapé, aucun assemblage qui n'attirât ta pitié, il fallait que tu écartèles sauvagement la moindre équerre. Le crépuscule te trouvait encore, dilacérant, émiettant toute structure, parmi les décombres fumants de ton ire, où ne devaient subsister que la paille et la poussière, réduites aux éléments.
Cette rage impuissante qui te soulève, de ne plus vouloir, cette solitude parmi les ruines, tu les as soigneusement bâties, comme un empire dont tu étais si fière, t'éloignant alors de tes semblables, en maudissant le troupeau qui croyait que....
Ce qui t'accable, que tu prétends chercher, ne pas voir,

Le choeur
Ta faute.
  Le Coryphée
C'est elle qui te contemple.

Natacha sort, accablée, la tête basse.

Scène 2
 Elle revient sur scène.

- Non !

Scène 3

  Le Coryphée
Ne plus rien vouloir, c'est ce que tu voulais depuis toute petite, quand tu dédaignais la surface sans intérêt des choses

Le choeur
Et des gens !

Tous

Ne plus rien vouloir, tu l'as tant voulu, depuis toute petite, et tu y as si bien réussi, ô Divine Natacha. Maintenant tu voudrais pouvoir vouloir à nouveau. Mais ton succès te condamne.

Le choeur
Pauvre chérie...



Salut à toi Albert Falco

Dans les films de Cousteau où il y avait une petite capsule adorable qui s'enfonçait dans la mer. Tout à son observation, le commentateur nous laissait au silence des profondeurs, seulement troublé de quelques "bloubs" marins ou électroniques.

Par le hublot minuscule, et avant l'intervention des divines caméras qui nous donnaient l'impression d'avoir du sable plein la figure, on s'attendait à voir apparaître la tête d'un monstre farceur.

J'adorais cette minute de silence, animée parfois du ballet des hommes-grenouilles affairés à quelque farfouillage d'amphore, aux projecteurs ou bras mécaniques incroyablement dociles.

Mais ce que j'aimais par dessus tout, c'était l'esthétique des équipements. En particulier une bande noire sur du beige. Je ne me souviens plus si elle était sur les palmes, le vaisseau, les combinaisons, ou peut être simplement les bouteilles, mais j'étais amoureuse de ce graphisme.

Je crois que c'est ce qui m'attirée si fort à la première vision de Codex 10 de Decouflé.

En revenant, les cris, le soleil, la brutalité des éclaboussures, les bruits inutiles, je me disais : " La surface est un monde sans intérêt."

jeudi 16 août 2012

Serdecznie dzie kuje

Un grand merci aux Polonais, qui constituent une bonne moitié de mon lectorat selon les statistiques.

Je soupçonne même un noyau dur du côté de Krakow ;)

Je parle ici, non de cette cruelle fatalité qui va, couverte de huit mètres de soie abricot et de plus de métal, à égalité de poids, qu'un condamné aux galères, et gouvernant le monde,  mais des statistiques concernant l'Europe.
Il y a un gros paquet en provenance (et en proportion, je vous rassure :) du continent nord-américain, mais c'est dû à la présence de deux articles dont les titres sont en langue anglaise et qui ramènent du trafic de recherche quantitatif, mais sans signification intéressante.

Mon temple est un corps

Rien ne résiste à une éponge bien maniée : vaisselle, aspirateur, sanitaires, en trois jours j'ai rebâti le temple.

La gestion des nombres

Côté cuisine, la gestion des ombres
Elle ressemble à sa maîtresse
Noise heavens make
Le bruit fait par les cieux
Quand ils appellent
Perplexe, le casse-noix suspendu

Malgré le rôle dévolu à Mademoiselle
Solitude et servitude
Pose d'insecte, légendaire
Éhontée, retiens ton souffle, elle a failli me sauver
Par la fenêtre, mes reins

Ou mes hanches, choisis
Surnuméraires, les ombres

"Allons, allons..."
Ils se pressent, me bousculent

Ô fêtes, fraises...
A présent un sourire
Surnuméraires, les îles et les flottilles

A quoi bon ? Je l'attendrais en vain.

Je dois paraître : une gare, un fleuve, l'éternité, partir
Je subis diverses vivisections,
Dont l'impeccable explosion des ombres
Pérouse, Cadaquès...

Bon, je sens le vent dans mon ventre,
Je planifie des libellules, mais rien ne bouge
Sumériens, lentilles, bulles : je scrute les origines

C'est perdu : une main bleue sur les rails
Je vomis des excuses : j'avais demandé le coffret.
J'avais même espéré ! Ô siècles...

J'avais demandé une poignée, à souffrir, quelque chose pour ouvrir
J'ai eu des dynasties caduques, quelques lignées royales
Elles se sont profilées vers les ombres, vers la Ruhr

Ô idoles, le verre des vitraux, du vin,
Dans cet hôtel au dessus du Rhin (overlooking),
Aussi fort que l'odeur âcre de la cire verte sur le col

Vendre, vendre ! Il fallait vous voir venir. Plus exactement :
Ce qui faut, c'est de vouloir.

Oh non, c'est plutôt pouvoir !
Il pleut des moulins à café, cigarette, sauvée.
Quel or dans ces mains, que ces mains qui s'agitent !
Que d'or, que de matinées muées, ruinées

Toujours dans le bras mort, je compte les feuilles immobiles
Tu es bien profond, toi, sous la surface
Remonte petite feuille, tu vas te noyer. Mais non

Pas de plus grand plaisir que de les observer
Depuis la croisée du premier
Arriver, et leur pas faire bruisser le gravier.
Si je pouvais disparaître alors, bien sûr.
Je compte les conditions, les possibles, les grilles, les horaires

Il me faut une explosion d'azur et d'or. L'Annonciation de Piero à Pérouse
J'y suis. Pas de plus grand plaisir que de souffler leurs répliques
Cycliques cheveux vénitiens de naissance, c'est évident.
Je recouvre les agneaux de bergers, on les drape

Qui m'en voudra ici ? Personne. J'ai mes serres
J'y compte les pots, j'y élève des pauvres.

Je sens déjà dans mon ventre le souffle de l'explosion du verre
On dérape, et tout est détrempé.
Ce bois qui râpe l'épiderme. Je vais y faire face.

Bien. Je regarde le ticket de caisse, je compte les articles, tout y est.
Ah, non, vous ? Oui. Il vous fallut d'être, sans doute

Mobiles, plastiques, et moelleux pourtant, mais que vous manquait-il ?
Qu'avait Gabriel. Un soupçon d'éternité. Un lys à la main, que sais-je...

Surnuméraires, les fraises, les feuilles, la fraîcheur du vent.
Je les sens de plus en plus fort.
L'odeur de femme enceinte berce le monde.

Il ne me manquait plus que ça. Me prendre pour Reiko...
Un glaçon.
Deux façons.



vendredi 10 août 2012

Rigaut not dead

Mon revolver, c'est une table de chevet.

mardi 7 août 2012

La mode du logo en art

Après avoir pointé la mode EC (super-lourd) en art, je voudrais signaler la tendance " logo".

Je viens de contempler à cet égard un lustre composé de 30.000 tampons hygiéniques. La marque de ces indispensables accessoires vient de réaliser une belle opération marketing en apparaissant en gros plan dans de nombreux magazines où il lui aurait été difficile de figurer autrement (quel dommage de ne pas avoir pensé à enlever la pellicule où elle est imprimée...).

Je ne pense pas que l'idée ait été de " redorer son blason", nous n'en sommes peut-être pas encore là. Toujours est-il que j'y vois un autre signe de différenciation sociale pour l'élite gouvernante en matière de création officielle : là où la créatrice de base peine à payer ses toiles et ses couleurs, un habile partenariat permet à la vedette de réaliser ce qui est hors de portée pour la plèbe, à savoir s'offrir quelques dizaines de milliers d'euros en fournitures gratuites.

En retour l'élite culturelle commandite un art où la société de consommation peut s'engouffrer par la brèche publicitaire sans avoir l'air d'y toucher, et l'usine de pollution mondiale sortir la tête haute du rayon de supermarché où cette puissance séculière était injustement confinée.

Tout ceci tient en équilibre sur la mince comparaison formelle entre un tampon hygiénique et une bougie, sans doute.

On trouve même des monstres hybrides entre la marque, la démesure, le caritatif, la mode, les people, enfin la parousie quoi, avec ceci par exemple :

" Pour promouvoir la Quinzaine de récolte de fonds de la Croix-Rouge, John Doe, couturier de la célèbre maison Ragnagna, a créé pour Cric, marraine de la Quinzaine, un ensemble jupe/bustier entièrement réalisé avec des pansements.Des heures de travail, plus de 15 mètres de bandes de pansements et 321 petits pansements individuels…"

Je signale à l'attention des services publicitaires intéressés que j'ai en projet un rouleau de papier toilette géant de 1500 mètres de long composé de 50.000 milliards de serviettes hygiéniques, rouleau de 30 tonnes que je projette d'installer sur le parvis de Notre-Dame de Paris, ce qui ne manquera pas de provoquer un émoi médiatique assurant à mon sponsor un retour sur investissement qui vaut largement les quelques palettes de produit, au prix du cm2 de presse hebdo sur papier glacé dont le bourgeois parisien est friand depuis la table basse inaccessible de son cabinet d'ophtalmo jusqu'à l'usine à grommellements artistiques ignares du coiffeur magazine.

Prendre contact avec mon prestataire logistique pour les détails. Je recherche également un partenaire au rayon boucherie pour la décoration des dites serviettes.


lundi 6 août 2012

Apprendre à partir

Et le crétin répond : " Mais je m'en fous d'apprendre à pêcher, ce que je veux c'est un poisson".

Et après avoir pêché plein de poissons pour les crétins, tu t'éloignes sous les huées des crétins d'un pas aussi calme que possible pour éviter de déclencher leur violence.

dimanche 5 août 2012

Les bêtes rousses et les bêtes noires

On nous rebat les oreilles de la peste brune, mais la peste rousse n'est pas mal non plus.
Oh oui, bon, ça va, hein.