mercredi 7 octobre 2009

Eprise de solitude

Tant pis pour la tempérance
Devant mes larmes excités, mes filles
Il faut que je vous livre, en vrac
Mon écoeurement devant l'électricité
Toute forme d'électricité
Devant la coiffeuse, je fume, exaspérée
Ne pouvant entrer ce temple du frisou braiseux
Dussent les bisous frileux me fuir,
Je resterai le cuir huileux, comme un pou
Dans le noir, dure dans ma virginité retrouvée
Je penserai à Troie, qui multos annos intacta permansit...
J'attendrai Noël, plutôt qu'à l'attouchement d'une étincelle
Devoir celui d'un homme
Je fais mon voeu en silence, devant le batteur à oeufs, mort
A mort ces instruments qui m'ont domestiqué
Je me prendrai entre mes doigts que bougies, allumettes et cigarettes.
Des traces d'huile, de cires, d'oeufs, de lin, oui
Des prises, des fils, des courants, des champs, non.

jeudi 1 octobre 2009

Si ma tante en avait...

Si les hommes fabriquaient les fleurs, les feuilles n'auraient aucune saveur puisqu'elles ne servent que de panneaux solaires.
Si les hommes fabriquaient les fleurs, elles auraient les graines dans un distributeur en bas de la tige, et pas d'étamines.

Et elles se secoueraient pour les éparpiller, puisqu'il n'y aurait pas de vent.



Si les hommes fabriquaient les fleurs, elles attireraient les abeilles avec un gyrophare et un klaxon, et donc elles n'auraient pas de pétales.
On n'aurait pas à les arroser puisqu'on pisserait dessus,
La plupart seraient mortes dans de petites étincelles
Et cette gerbe de bouts cramés
Il n'y aurait personne pour la serrer sur son coeur

Si les hommes fabriquaient des yeux, ils auraient la même tête que les fleurs

Nos doigts savent (presque) tout faire

Vu que j'emménage (j'habite toute seule maintenant que je suis grande),
- On le saura
- je te dispense de tes commentaires
- pas la peine de faire un blog alors, parle toute seule
- je n'ai pas de conseil à me donner
- je t'en prie, continue.

Donc, je n'ai pas d'instruments de cuisine. Hier, devant couper du persil, j'ai habilement disposé le bout de mes doigts en corolle, de façon à créer une sorte de moulipersil animé, qui faisait jaillir les feuilles devant les lames excitées des ciseaux.


Tout cela est très piquant. Nous n'avons pas besoin de grand chose, et on nous vend depuis trop longtemps du superflu.

Donc, non seulement je suis seule, puisque ce soir fatal, j'ai jeté mon amant pour de bon, mais encore, je n'aurai rien, ou le moins possible. Je me souviens de Lanza del Vasto, qui tenait de Gandhi qu'on n'avait besoin que d'une machine à coudre et de... (un vélo ?)