mercredi 26 septembre 2012

Modern Life

C'est signé, ça tourne et ça va vite. Sous l'apparente ritournelle du thème et des motifs, le soutif, il y a une vraie vitesse, petite musique.
Comme ces jouets aux piles increvables qui sous des tonnes de couette, et  prétexte d'un geste étrange, se remettent en route pour quelques mesures.

lundi 17 septembre 2012

L'expédition aux pôles (meïose)

Je suis bercée dans le bras d'Orion, je sens le parfum des galaxies :

Commencer la visite ici

Et la poursuivre , en dézoomant jusqu'au bout.

De toutes les hypothèses envisageables, et il n'y en a que deux, aucune n'est possible.

Le néant n'existant pas, rien d'existant ne saurait en sortir.

D'autre part, cela ne saurait avoir existé de toute éternité sans autre forme de procès.

Ces deux hypothèses complètent exclusivement, en deux moitiés, l'ensemble des possibles. Or aucune d'entre elles n'est applicable.

Donc rien de tout cela n'existe, ce n'est simplement pas possible puisque les conditions de son existence ne sont pas réunies. C'est même pire puisqu'aucune de ces conditions n'est même possible.

La seule possibilité (ici au sens issue, comme au sens commun) est donc que la possibilité de son existence se situe dans une zone apparemment impossible, au dehors de la possibilité logique de son existence. Comme le barycentre d'un tore se tient en dehors de sa zone spatiale d'existence.

C'est du pyrrhonisme++. Ce n'est pas que l'univers soit le cadre de notre rêve, c'est qu'il est lui-même inscrit dans le rêve. La condition de son existence appartient au rêve. Car l'impossible ne saurait être pensé depuis l'intérieur de son impossibilité. Or c'est ce que nous faisons. Il nous est donné de penser ce qui est impensable, puisque n'existant pas.

Or nous ne pouvons penser l'impensable depuis l'intérieur de cet impensable. Donc nous résidons à l'extérieur.  De même que la possibilité d'existence de ce qui ne peut exister ne peut être possible que par une possibilité extérieure, qui l'englobe, de même nous ne pouvons penser l'impensable que depuis l'extérieur, depuis là où cet impossible n'existe effectivement plus en tant que totalité, mais comme une partie, comme un rêve.

Lorsque nous rêvons, nous accédons à l'extérieur des possibles, à la zone de l'impossible, de là seul où l'impossible que nous contemplons devient pensable. Lorsque nous rêvons, nous nous déplaçons au barycentre du tore, là où l'univers réel n'existe plus, et de là où il peut être manipulé en dehors de ses conditions d'existence (possibilités intrinsèques d'exister), ce qui le rend "possible".

La surprise est donc beaucoup, beaucoup plus grande que nous l'imaginons la plupart du temps.
Lorsque nous rêvons avant d'exister (avant notre naissance terrestre), nous contemplons l'univers de l'extérieur, avant d'entrer dedans, et de réduire considérablement notre champ de conscience, puisque nous entrons dans l'impossible, dans ce qui n'existe pas, et que nous prendrons pour la totalité durant le reste de notre vie. Si d'ailleurs nous savions que ce n'est pas la totalité, nous ne pourrions jouer le jeu. Nous resterions couchés sur le flanc en attendant que ça se passe.

Il s'agit bien d'une expérience d'individualité, mais également de solitude, de doute et de souffrance. Toute à sa résignation, en quelque sorte christique, la totalité des possibles : il fallait que cela existât également (résignée à le laisser exister, fiat), puisque tous les possibles doivent s'accomplir. Celui-là ne saurait ne pas avoir existé (résignée à disparaître en tant que totalité, qu'il grandisse et que je diminue...)
Ce que nous expérimentons est peut-être un des possibles, le néant. Celui-là même qui ne saurait exister, puisqu'il ne peut pas être issu du néant, ni avoir existé de toute éternité.

J'inclus bien entendu dans le rêve ses états affidiés comme le songe, la rêverie, le rêve éveillé, et surtout la transe, dont cet état de relaxation profonde qui préside à la création artistique. Les oeuvres issues de notre intérieur nous reconnectent bien évidemment à cet extérieur seul possible.

Nous " sortons " notre intériorité, et ce que nous en sortons est lui-même connecté à l'extérieur, au seul extérieur réel que nous atteignons par le rêve. L'oeuvre d'art est un trait d'union, un fil d'ariane, que nous pouvons contempler à la fois comme visible dans l'impossible, et comme témoin de l'extérieur possible et invisible auquel nous nous savons relié pendant le rêve.
Nous crachons un caillou auquel est attaché une ficelle, ficelle qui entre en notre bouche, et disparaît en nous-même pour ressortir là-bas, de l'autre côté de l'univers inexistant, dans le seul réel possible.
D'où ce caractère de l’œuvre d'art qu'elle exprime une individualité tout en rejoignant la part d'universel en chacun de nous.
Certes on me dira la culture etc. Je ne sais pas " lire " une oeuvre d'art étrangère à ma culture, et je ne reconnais donc pas l'universel.
Mais pour ce qui est de reconnaître que nous ne lisons que notre culture, je renvoie aux travaux de l'éminente bien que vilaine Guillemette. Si nous pouvions tout lire, et entendre les Écritures, cela se saurait :D

Ah, j'allais oublier, to sleep, to die... :)







vendredi 14 septembre 2012

Survivre

Et toujours sous les nuages

Voir : the perfect crime.

Au fur

Et à mesure

Que les choses tombent
Sous le sens

Elles me
Tombent
Des mains

Survivre
Et toujours sous
Les nuages
S'enfuient.

Toujours cette
Tristesse
Qui s'enfuit de mes doigts
Le sable
La vie





mercredi 12 septembre 2012

Le pélerinage aux sources

Quand je pense à l'époque où j'étais bercée dans les bras de la dyneïne, pour tout dire fouettée, comme de la crème.

Mais dans un lent ballet, un long ballet de tourbillons silencieux, dans l'obscurité.

Je coulais des jours heureux, je coulais littéralement en moi-même pour former mon mésoderme.

Cake endormi, entonnoir absent à soi-même, pas même agitée d'un rêve...

Une à une mes cellules tombaient dans l'entonnoir, et descendaient lentement la spirale, bercées dans les bras de la dyneïne.


Pas même un rêve. Pas de quoi encore stocker le moindre souvenir. Pas de trace.

Et pourtant, indubitablement, cela s'est produit. Je suis le produit, entre autres, de ce processus.

Moi. Cette cathédrale immense que je suis, aux vitraux plus riches que les grandes cathédrales, puisque je les comprends tous, et St Michel de Bordeaux, en prime.

Moi. Je fus étalée, fouettée, comme une pâte épaisse, entraînée, cellule après cellule, par les bras de la dyneïne.

Cette cathédrale immense s'est bâtie sur ces pierres. Fluides.

Il faut contempler cela pour comprendre mon immobilité. Passivité, dirait Blanchot ?


dimanche 2 septembre 2012

This means WAR

Tu aurais pu longer les côtes de ma passivité bienveillante, pendant longtemps et admettre que je faisais le maximum, pour conserver une entente cordiale concourant au même objectif.
Mais non.
Il a fallu que tu dégaines et que tu tires. Le ressentiment sur le mode éjaculatoire.

Bravo.

C'est indéniablement une victoire. Tu as choisi de t'allier quelqu'une de plus puissant que toi, et à plusieurs, vous avez eu les moyens de m'infliger de gros dégâts. Pacs d'impuissants...

Bravo.
 Le trou d'obus est énorme, la destruction est profonde, et je mettrai longtemps à m'en remettre. Je vais devoir reconfigurer toute ma vie péniblement rebâtie, matériellement c'est indéniablement une victoire.

Sans que je le comprenne bien sûr tant je le rejette, cela m'explique néanmoins comment les combattants, aveuglés par leur haine, choisissent une petite victoire même si elle entraîne des victimes innocentes. Ils sacrifient les autres à leur soif de vengeance.

Et c'est là que le bât blesse. Il n'y a pas de bénéfice attendu qui légitime l'exposition d'enfant aux conséquences du conflit.

Ce n'est donc pas la frontière de ma patience que tu as franchie, mais celle de la morale, de la décence, celle où l'engagement n'est plus un choix philosophique mais devient une question de dignité humaine.

This means WAR.

This means que je suis maintenant pourvue d'une énergie énorme, gigantesque, puisque tu as touché à mes enfants, et que je vais travailler avec cette inépuisable énergie, à des choses inimaginables auparavant, hors d'atteinte, bien trop loin des frontières de ma bienveillance.

Puisque tu as abîmé l'intouchable, je vais y mettre aussi la main. Puisque tu as voulu la descente aux enfers, je vais aussi pousser le portillon. Puisque je n'ai plus rien à perdre, plus rien ne me retient.


Je sais, c'est idiot. Mais j'en ai assez. Puisque la société ne sait pas distinguer les bons des méchants, je vais descendre de mon paradis, et m'amuser un peu aussi.

no stop signs
speed limit
nobody's gonna slow me down
like a wheel
gonna spin it
nobody's gonna mess me around
 ...
I'm rolling thunder pouring rain
I'm coming on like a hurricane
my lightning's flashing across the sky
you're only young but you're gonna die

I won't take no prisoners won't spare no lives
YOU put up a fight
I got my bell I'm gonna take you to hell
I'm gonna get ya satan get ya