samedi 22 octobre 2011

Il rêvait d’avoir ses couleurs

La débâcle est un bien beau moment, et je ne suis pas mécontente d'y assister.

J'adore ces petits ruisseaux qui se forment, découvrant des herbes encore trempées dans la mort brune de l'hiver.

Leurs minuscules murmures répondent aux premiers gazouillis des oiseaux en quête d'un lieu de nidation, c'est beau, et l'on sait que bientôt on entendra le frottement lourd des plaques de neige qui se détachent des toits.

Entre autres signes de la migration de civilisation, ce trait touchant et de plus en plus commun chez les analphabètes (sic) qui savent encore tracer quelques signes sur le web, cette tendance, pour faire chic, ou de peur de manquer, je ne saurais dire, à ajouter un accent circonflexe sur les voyelles là où il n'y en a nul besoin.

Par exemple :

- " il n’y a plus assez de stock pour nourrir tous le monde, je parle des occidentaux, donc les conflits à venir seront grâves... "

- " Lave linge qui fait des tâches!!!. bonjour, "

Et autres impératifs du verbe faire graphiés : " faîtes" ...

Mise à jour, je viens de trouver celle-là :


Et allez donc ...



C'est peut-être un détail pour vous... On ne m'empêchera pas de douter qu'on puisse construire une pensée complexe sans maîtriser les formes simples. On ne fait pas de l'ébénisterie avec un seul rabot ni de palais avec des parpaings.

Je signale d'ailleurs publiquement que je compte soutenir et relayer l'initiative de l'Atelier de Minuit qui consiste à proposer à des sites comme Youphil d'ajouter à leurs rubriques celle d'aide humanitaire culturelle.

Et à ceux qui voient une contradiction entre le contenu de ce billet et la promotion que je fais de la poésie de Dehors, laquelle prend parfois quelques libertés avec etc., eh bien oui, j'assume. Je l'aime telle quelle, dans son jus, cette expression.

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