jeudi 28 janvier 2010

Zarak, la cagoule

Bon, je vois que pète encore le feu, chez Peggy et je n'ai pas envie d'aller mettre les pieds dans ce marigot.
Je vais donc tenter de donner mon point de vue. D'abord Peggy n'est pas une allumeuse, c'est une vraie tête chercheuse. Ensuite, à 20 ans on n'a pas vécu assez pour savoir ce que c'est que l'honnêteté intellectuelle. Pas la notion, bien sûr, mais la chose. A vingt ans, on ne pense pas, on croit.
Et de deux.
Donc Peggy plonge dans le noir, elle touche un truc qui coince, une grosse plaque d'égoût. C'est la bonde de la baignoire à encre dis-donc, elle la décolle avec ses ongles puis la laisse retomber pour remonter respirer.

le problème, c'est qu'apparemment personne sur son blog n'arive à atteindre le fonds de l'effort qu'elle a produit. Evidemment, ça intéresse plus de verser de l'encre, c'est moins fatiguant. Et puis complimenter une femme tout en se moquant d'elle, c'est ce qu'on peut faire de mieux avec une femme intelligente, puisqu'on se dit que tout en conservant une mince chance d'arriver à la séduire si elle est maso, ce qui ne saurait manquer, sinon, on ne voit pas pourquoi elle réfléchirait, autant faire rigoler les copains.

Evidemment, c'est oublier que les femmes ayant intégré le paraître comme accessoire de survie, sont dans l'être, et dans sa vérité, et non dans la quête de pouvoir.

Troisièmement toute cette histoire est une histoire d'être, nous l'allons montrer tout à l'heure.

Si on dit " qu'est-ce qu'une femme ?" ou " qu'est-ce qu'être une femme ?", on sent bien que la jonction entre les deux questions est dans cette obscure région du " qu'est-ce qu'être ?"

L'histoire des déménageurs est une histoire d'espace, et d'espace où j'existe. Que suis-je et comment cela se voit-il, voilà les deux questions qui sous-tendent les deux débats.

Il y a deux façons d'exister : en notion et en réalité (cf. je le répète, les travaux de mon amie C'est Mieux à Deux, parfois écrit Semillade).

Illustration : la nuit existe en notion, par opposition au jour. Si le jour grandit, la nuit disparaît. La preuve, on dit " en Laponie, il n'y a presque pas de jour".
La nuit existe en réalité. C'est la nuit (restons en là pour le moment).

vendredi 22 janvier 2010

J'ai même des amis hommes

Je me permets de vous faire tenir ce propos d'un ami :

" ... C'est mon côté Jehan de la Croix-Jugan, sans doute :)
J'aurais aimé, étant prêtre, recueillir les aveux troublés des maîtresses de Vendée (maîtresses au sens de l'époque), les écouter raconter ces égarements qu'elles ne savent pas attribuer encore à l'usure (légitime !) de leur mariage idiot, ni à la naissance de leur désir... ah je crois que dans le silence de l'isoloir, j'aurais levé les yeux au ciel, récompensé pour se taper les ragots des vieilles et les imbécillités des autres.

Je ne sais pas pourquoi, je trouve complètement affolant ce moment où une femme trahit les conventions de son milieu parce qu'elle estime que sa propre personne est lésée, et qu'elle décide de laisser libre cours à ses pulsions, ou plutôt de reprendre sa vie en mains (tss tss).

Sans que ce soit physique, sans que ce soit même adressé à moi, c'est purement cérébral, comme jouissance, c'est celle de la sympathie qu'on éprouve à l'égard du taulard en cavale.

Combien de fois lors de dîners, en croisant un regard, j'ai lu dans sa hardiesse, l'état d'avancement de la question dans l'esprit en tumulte d'une femme effacée à côté de son mari idiot, pérorant et bruyant (imbécile célébrant par avance son cocufiage dans le bruit qu'il met à se faire remarquer aux alentours, ignorant totalement le trésor qui, passagèrement aveuglé, s'était donné à lui).

Quand j'y lisais " ce que je peux me faire chier avec ce gros con, mais je n'ose pas", je renvoyais une petite caresse en disant :" regarde dehors, tout ce que tu manques, y'a plein de mecs cool qui t'attendent, ça ne tient qu'à toi".

Combien de fois quand j'y lisais " je suis prête", j'allais la voir après le dîner, et je lui faisais comprendre qu'elle passait désormais très bien le message, que son charme opérait et qu'elle était à nouveau désirante et désirée. Sans même aborder le sujet, rien qu'au ton de la conversation, elle comprenait très bien, et on se séparait.

Oh pas pour moi, je n'ai jamais cherché à les revoir, mais c'était un petit geste pour la cause, comme on délie l'amarre d'un bateau qui part, pour lui donner confiance dans sa nouvelle vie, un petit service pour aider dans ce moment si émouvant où une femme se libère pour se vivre à nouveau.

Et puis j'avoue, pour le regard en partant, qui me disait " j'ai compris, merci pour ce que tu m'as donné, bye ". ça, ce regard là, la reconnaissance d'une femme, c'est le plus beau après évidemment, ce regard voilé qu'entre tous j'adore car elle est alors enfin " en " elle-même, totalement. "

Moi je trouve que ça prouve qu'il y a des hommes comestibles, non ?

samedi 16 janvier 2010

Les 3 coups de minuit

ce matin, trois événements se sont produits d'affilée qui m'ont laissée perplexe.

1 - je lis avec mon fils un petit livre de Cédric, Christian et Nicolas,

Le dit Cedric est amoureux d'une petite copine, et les garçons jouent à la guerre tandis que les filles font les infirmières. Jusque là tout va bien :D. Cedric feint d'être blessé à mort, mais c'est l'autre qui vient à son secours, et il aperçoit sa bien-aimée pansant l'ennemi. Enragé, il congédie sa bienfaitrice en lui désignant son amoureuse: " c'est elle que je veux".
La copine malheureuse va demander à sa collègue si elle veut bien changer de camp.
La désirée arrive, et le héros ferme les yeux. Elle le traite et s'en va, l'air furieux, tandis que le convalescent reste étendu, perdu dans son bonheur.
Rentré chez lui il s'aperçoit qu'elle lui a badigeonné le visage de mercurochrome, lui signifiant par là son dégoût qu'il ait asservi les règles du jeu à ses propres intérêts.

Je ne sais pas s'ils y étaient, mais je ne pense pas avoir perçu ce genre de message dans mes lectures d'enfance...

2 - je vais avec mon fils au marché, et je passe devant une boutique avec des caisses remplies de boutons, de véritables parterres de fleurs, une splendeur.

...

Une réflexion de la commerçante me tire de ma contemplation : " il aime les boutons, c'est pas normal pour un garçon". Je lève la tête et je vois la dame regardant mon fils d'un air affligé et me signifiant en le désignant du regard : " c'est foutu, quand le bois est tourné comme ça, c'est dans la matière, je veux pas vous décourager, mais c'est foutu quoi".
Et secouant doucement la tête, le genre " c'est dommage, il est mignon, et c'est pas qu'il soit bien grand, mais là, c'est foutu..".
Et mon Dante-Gabriel, fourrageant, évidemment, dans la caisse des boutons en or, me faisant remarquer que certains avaient des armoiries, etc.
Ce qu'elle répétait en disant que non décidément, pour un garçon, aimer les boutons, c'est pas normal, c'est qu'il était sans doute " atteint d'homosexualité", qu'il fallait absolument faire quelque chose, mais qu'il était déjà trop tard.

Elle m'a dégoûté de ses jolis boutons.

3 - Je vais avec ma fille acheter des chaussures, et elle demande à la marchande si elle ne peut pas avoir cette paire de bottines mais en "enlevant les pièces rapportées qui font trop fille".

vendredi 15 janvier 2010

L'inconscient du babouin universitaire

Il n'a échappé à personne que le 10 janvier, j'écrivais un billet citant nos amis les babouins, thème que PS évoquait également le 13 dans un billet relatant les conclusions d'une étude sur leur comportement sexuel.
Peggy creuse là où une jeune fille bien élevée ne met normalement pas les doigts, et ça lui passera avant que ça me reprenne, comme disait ma mère, cette sainte femme. Mais elle le fait avec tant de grâce que je ne peux m'empêcher d'ouvrir la bouche.
Peggy me force à parler parce que le fait qu'une jeune fille moderne soit amenée à soulever ces questions me donne espoir que celles qui me disent qu'une révolution est en route pourraient ne pas avoir tort.

Bon, revenons aux babouins. Je modifie ce post, je ne mérite que cela :

Grâces soient rendues à la gentille Peggy, qui m'a fait l'amabilité de m'expliquer le sérieux avec lequel elle s'était penchée sur cette étude, honte à moi de ne pas l'en avoir créditée dès le départ, je viens de lui faire ce que j'ai horreur qu'on me fasse, et elle a pourtant pris le soin de me répondre gentiment...

J'ai caviardé ce qui était indigne d'elle, je laisse la suite :

Seconde observation, attention au mot " évolution". Dans un tel contexte, qui plus est, il renvoie inévitablement aux découvertes de Darwin. Or ces découvertes concernent essentiellement la sélection naturelle. C'est l'idée que parmi toutes les tentatives proposées par les mutations génétiques, celles qui donnent des apparences (phénotypes) adaptées à l'environnement s'en sortiront mieux.
Exemple, si une espèce de papillon élit domicile dans un forêt de bouleaux blancs, et que ces papillons produisent des animaux à ailes tantôt foncées, tantôt claires, les papillons à ailes foncées, bien visibles pour les prédateurs, vont se faire manger.
S'étant fait manger, ils ne pourront pas se reproduire. Au contraire, les parents à ailes blanches, mieux camouflés sur les troncs blancs, donc plus " adaptés", vont prospérer, avoir une nombreuse descendance et au bout d'un moment, la race de ces papillons sera à ailes blanches.
Donc on voit que la sélection naturelle opère en quelque sorte statistiquement, et par élimination, mais n'explique en rien la création.

Ce mécanisme ne nous explique pas en effet pourquoi les papillons avaient au départ des ailes blanches ou noires.
Donc dire que l'évolution a " doté les babouins d'une technique" suppose, si on raisonne en termes de tentatives que le contexte aurait été chargé de supprimer ou d'affiner, une sacrée imagination de la nature.
En bon darwinien, il faut raisonner à l'envers : il y avait plein de tribus de singes avec plein de schémas de moeurs sexuelles différents, et chez les tribus où seul le chef avait le droit de se reproduire, ça a mal fini car les bébés du chef étant massacrés par les autres, finalement personne ne se reproduisait, et les gènes responsables de cette attitude ont fini par se raréfier et disparaître.

Cette observation ne remet pas en question le principe du mécanisme, mais dire que les (chefs) babouins partagent leurs femelles " pour " assurer leur domination, c'est encore une fois renverser la perspective pour donner une teinte, encore une fois mêlée d'anthropomorphisme ( " gentillesse" ...) de causalité finale, d'objectif, si vous voulez, à ce comportement, alors qu'il n'est que spontané, sans préméditation, pour le dire autrement.


Encore une fois, il suffit d'observer le phénomène de " chasse gardée" dans n'importe quelle petite cour, pour voir que l'annexion des ressources sexuelles fait partie des attributs de l'exercice du pouvoir, et que, si je reviens bien à votre propos, à " chosifier " la femelle comme une ressource ordinaire et de l'instrumentaliser dans un cercle d'échange de bons procédés.

Mais ce n'est pas parce qu'on peut entendre encore aujourd'hui chez la belle-mère moisie des phrases comme " C'est un garçon bien, il n'y a que des avocats et des médecins dans sa famille" qui sentent bon la femelle babouine, que l'évolution a créé la profession d'avocat en vue de la domination des autres membres de la tribu.
Les deux phénomènes sont indépendants.

Il me paraît donc relever d'un petit amalgame de dire que le chef partage ses femelles comme un monarque distribuerait ses largesses pour se conserver les bonnes graces des princes et acheter l'équilibre politique, et d'une petite interprétation de dire que c'est une machination de l'évolution.

Je pense que c'est simplement parce que cette configuration favorise le brassage génétique, que l'évolution aime à maximiser, c'est un simple mécanisme de régulation au " tout eugénisme " que constitue le géniteur unique...

Quant au fait de dire que c'est grâce à cela que ces mâles protègent ces femelles, qui portent leurs petits à eux, oui, je ne sais... Je ne trouve pas ça très convaincant, en fait... Comment dire, plausible etc, mais, pas convaincant. Trop facile, trop évident.
Encore une fois, bougrement anthropomorphique.

Allez, mettons nous dans la peau d'un babouin mâle (c'est un rôle de composition, et que Peter Sellers a lui aussi mis un masque de gorille, mais bon...), voyons, l'ennemi est à nos portes, je suis un mâle, et derrière les barricades, des femelles. Voyons parmi elles, aucune ne porte mes petits, je m'en fous pas mal. Et puis tout à coup je réalise, si, certaines sont enceintes de mes oeuvres, suis-je bête, j'avais oublié Denise...
Et Josiane,.. ah! et Marlène, Catherine, Yvonne, Simone, Chantal, vite courons, offrons ma carcasse résonnante à la mitraille...
Si, oui, un peu m'enfin bon...

Enfin " partager " renvoie à faire des parts, donc à découper à chose en morceaux. Je sais que c'est justement un des aspects de la chosification que de dépersonnifier, et là je vous rejoins mieux encore sur l'histoire de donner sa main, le chef prête le cul de la femelle, en la dépersonnifiant.

Mais, et c'est là peut-être où je fais de l'anthropomorphisme à mon tour :), dans les tribus de singes minables qui peuplent les directions des institutions à pouvoir de nuisance, comme les ministères ou les entreprises du CAC40, le chef ne peut, à mon avis ignorer qu'il prête la femelle entière.
Vous allez me dire une de perdue dix de retrouvée, tant que la base de se révolte pas et continue de jouer le jeu, il y aura de la chair à canon, certes, mais bon, j'ai du mal encore une fois à imaginer que cela soit si simple.
la notion de leur destinée est absente à ce point là de leur esprit ? Vous pensez qu'à ce point là ils ne sont occupés qu'à jouir comme des gorets et à se vautrer dans le matérialisme du cul et à gâcher leur vie pour ces jeux ?
Là vous savez peut-être mieux que moi, mais c'est possible.

lundi 11 janvier 2010

Suis-je une femme ?

Je ne sais pas trop, car je ne sais pas trop ce qu'il faut. Si quelqu'un peut me fournir la liste...

Il y en a qui la contournent en se rajustant le soutif et en se balisant l'entrée au RAL dans les toilettes pour femmes (avec picto ad hoc pour guider ceux qui n'auraient pas senti le pipi), il y en a qui se la prennent de face façon chou de Bruxelles...

En attendant j'aime bien la façon qu'a mon amie Semillade de poser la question, et puis ça égayera ptet un chouilla ma PS qui est boudeuse en ce moment. Oui, je suis amoureuse.

dimanche 10 janvier 2010

2.442.055

C'est le nombre de personnes qui suivent le twit machinchose d'une star (de quoi d'ailleurs, je ne l'ai jamais vue dans un film, ni entendue chanter, bref), d'après Slate.
T'as vu comment chsais faire un chapeau de brève de pro, maintenant, le titre alléchant qui invite l'info-addict ( (r) (c) coined by natacha now) à s'encombrer encore un peu plus les neurones, comme la lueur du brasero attire la lèvre du pauvre, ahhh braise, quand tu nous tiens, diront plus tard ces mêmes lèvres collées à la saucisse. Eh oui, vous dans les pays riches, vous ne savez pas ce que c'est que les regards qui se tournent vers le restaurant du brasero, en espérant pouvoir s'y payer un dîner bientôt, avant qu'il ne reparte dans sa camionette délabrée, laissant les papiers gras aux chiens, Seigneur, pitié délivre moi, Kyrie Eleison, Kyrie Eleison...

Deux millions de personnes, ce n'est rien. Rien du tout, comparé aux centaines de millions d'internautes. Je serais elle, je serais furieuse de ce score de minable. Je suis sûr qur TTCEPA, le moindre cul de babouine en chaleur fait un carton à côté.
Un carton...

A côté des deux millions de babouins numériques, qui eux, n'ont contrairement à leurs frères de la jungle, aucun espoir d'approcher la donzelle.
Je sais, je vous arrête tout de suite, que les deux millions ne sont pas, contrairement à leurs frères de la jungle, abonnés à Touitt uniquement dans l'espoir de donner à ladite personne une descendance.

Il n'empêche, que comme disait Roland Barthes, je me demande qui paye le perdreau. Nos frères de la jungle, ça paraît assez logique.

Mmmm, et si nous étions de mettre en route la machine qui nous exterminera ? Mmmm, en voilà un thème alléchant pour mon amie Peggy, sa lèvre attirée par la braise comme j'aimerais que son coeur fut attiré par le mien.
Natacha, ne profitez pas de la confusion des grands nombres, s'il vous plaît.
yes, rrmmmm, pardon.

lundi 4 janvier 2010

L'effet flash de la bouffe

Quelqu'un m'a parlé de l'effet flash de la bouffe. Mais sans expliquer, alors depuis je cherche. C'est à dire qu'on manqerait pour une sensation flash, une espèce d'éclair de bonheur, un mirco-orgasme qui nous pousserait à recommencer ?
Je relie cela au titre " la première gorgée de bière"... intéressant...

Une des caractéristique féminines, c'est la grandeur d'avouer ses faiblesses. J'entends souvent des femmes dire : je n'y connais rien en ci ou en cela, je n'y connais rien en technique, donc...

Il y a une posture de l'a priori, non pas négatif mais " retranché" : on part du minimum, on est comme sur un perchoir au bord du vide.

Il est vrai qu'il n'y a rien de plus vulgaire qu'une femme orgueilleuse qui se rengorge de ses expoits, ou dont la suffisance rayonne à plusieurs mètres.

J'ai même entendu une femme dire qu'elle n'arrivait pas à la cheville d'untel, et qu'elle ne saurait pas faire cela, qu'il valait mieux le confier à quelqu'un d'autre.

C'est quand la dernière fois que vous avez entendu un homme dire qu'il était nul, qu'il n'y connaissait rien, et qu'il préférait rompre une relation ou se retirer d'un projet parcequ'il ne se sentait pas à la hauteur de la tâche ? Sincèrement, évidemment, pas comme prétexte.

De toutes façons, notre coureage se remarque dans notre combat face à la bouffe.

Pour conserver le maximum de dignité à cette oeuvre d'art qu'est notre corps, certaines d'entre nous sont prêtes à affronter le flash en face, les yeux ouverts, repas après repas, à ne s'accorder que de petites pauses, et à manger de la délicieuse soupe de légumes comme celle que je fais.

Maintenant je cuis les légumes séparément pour pouvoir adapter le temps de cuisson à chaque légume et le préserver. D'ailleurs, pour qui sait sentir, un légume prévient quand il est cuit.
Les carottes sont exquises, elles ont la délicatesse de m'appeler par un petit parfum sucré : " nat, nous sommes cuites, retire nous !" :)

Les hommes, eux, couchent chez l'ennemi, érigent le flash en art de vivre, appellent cela de l'épicurisme, et meurent intoxiqués par les déchets des cadavres qu'ils ont installés à mûrir en eux.

Audrey Hepburn et la soupe

Il y a tout de même une différence fondamentale entre les femmes et les hommes hétérosexuels, c'est que je vois une foule de femmes qui admirent tout haut la beauté d'Audrey Hepburn, et peu d'hommes qui disent en public combien ils trouvent Johnny Depp beau.
On pourra toujours m'objecter qu'Audrey Hepburn laisse moin derrière son rival, ça ne résoudra pas le mystère.
De mon côté, je ne suis pas peu fière d'avoir fait à mes enfants, à la main, et sans l'aide d'autre chose qu'une fourchette et un économe, une soupe de légumes qu'ils ont déclaré adorer. Vous ne mesurez peut-être pas bien l'exploit, dans ce cas, essayez avec les vôtres.
D'accord, pour une première tentative, je n'ai pas été chercher dans les trucs exotiques genre cresson ou de quoi les effrayer.
Carottes, PdT, poireau, navet. Le quatuor royal, les bijoux de la couronne du potager français. Comme Audrey Hepburn, un minois simple, et pourtant divin.
Sauf que, sauf que, j'ai rajouté quelques petites épices magiques. Michèle Laroque, oui, mais Jude Law, bof. Evidemment, me diras-tu, lecteur vicieux, Michèle Laroque, c'est quand on l'entend parler qu'on la trouve encore plus belle. vè,vè...

En fait ma soupe, c'est vraiment de l'amour que j'y avais mis, et je crois que c'est ça qu'ils ont adoré.

C'est pareil pour les femmes, il y les femmes qui aiment, qui se donnent, et les hommes. Le reste est culturel. Oui, j'ai une vision élargie de la culture, mais je pense que c'est ça, au minimum.

dimanche 3 janvier 2010

Guillaume BUR nous a quittés

L'immense poète Guillaume BUR est décédé brutalement hier à son domicile de l'avenue de la Bourdonnais.

Une des voix de l'humanité, vibrante de beauté et d'exigence de justice, n'est plus.

Jamais un poète disparu ne nous a autant accompagnés, hantés presque. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on entende, télé ou radio, au moins un de ses textes, sans qu'il ne soit cité dans un article, évoqué dans une émission. Curieux comme cet improbable troubadour des amours perdues et des amitiés désespérées, au bec postillonnant et aux postures habitées, à la fois chantre et pourfendeur de la bêtise, a marqué l'inconscient collectif d'une empreinte indélébile. .

Hors normes, hors modes, Guillaume l'a toujours été, et c'est sans doute l'une des raisons pour laquelle il a été chanté par tant d'artistes internationaux : de Frank Sinatra à David Bowie, en passant par Marlene Dietrich, Nina Simone, Ray Charles, Scott Walker et même Nirvana ! Côté frenchie, ils sont légion à se revendiquer du grand Guillaume, à reprendre ses poèmes, à les mettre en musique.

Spécialiste de la prosodie arabo-chinoise, il enseigna pendant de nombreuses années la langue et la littérature italiennes après avoir été parfaire ses études de philologie romane à l’Université de Turin.

Le 13 juillet 2007, le destin a voulu que Guillaume BUR se voie décerner la médaille Pablo Neruda, à l’effigie de l’illustre menestrel et progressiste chilien, le non moins prix Nobel de littérature en 1971 et auteur mythique d’œuvres comme Le chant général du Chili, L’Espagne au cœur, Tout l’amour, Mémorial de l’île ou encore celle posthume intitulée J’avoue que j’ai vécu. Une distinction au nom de Pablo Neruda. Son ami, son maître, son frère, pair et père spirituel partageant cet amour éperdument épris pour les mots et les causes justes et nobles.


La Libre Belgique écrit " Dans le registre poétique où il s’illustra particulièrement, c’est un contemporain capital qui s’en va avec lui."