mercredi 3 octobre 2012

Russophone, tu le prends ?

Parfois derrière les voilages d'une demeure bourgeoise, j'aperçois le lustre, et tous les signes d'un intérieur confortable. A une simple lumière, je peux reconstituer l'ensemble de la pièce.
Et je me dis : " Je suis là aussi". Je vis là aussi, Saakachvili.
Mais j'en ai le meilleur. Il y a longtemps déjà, après que je me fus remise de la foudre d'un regard, un seul, qui a fait s'écrouler la vitrine du monde, j'ai pu regarder à nouveau le regard du clochard, celui qui investit les lieux interdits, pour en lécher la substantifique moëlle.

Puis je me suis appropriée ce regard comme on dit chez etc.,

La question que je me pose, à laquelle bien sûr je n'aurais jamais, au moins dans ma chair, la réponse, comme à la plupart des autres salopes de questions, c'est quelle est la mesure dans laquelle je peux déduire, tirer, le reste du lieu d'après une lampe, des rideaux, quelques teintes parce que j'ai grandi dans cette ambiance.

Je connais la réponse facile : il suffit de faire l'expérience avec des lieux inverses. C'est vrai, cela étrécit les marges, les franges, et cela donne un début de réponse. Je me doute même bien que je ferai bien peu d'une chambre d'enfant japonaise (Cf. le " lire la chambre " de Formesens).

En ai-je vraiment le meilleur ? Encore une douloureuse question. J'ai été dedans, j'ai été dehors. Je ne suis pas encore complètement au ban de ce monde, il m'arrive d'y faire des incursions.

Alors ?

Si, je crois que si. Ils me sont insupportables. Oh, à peine plus que les autres. Quelques minutes de moins. Et encore, non, ça se tient.
Oui, j'ai cru, par une propension naturelle à prendre son cas pour une généralité (et comment faire autrement au début !) qu'ils me liraient comme je le les lisais, qu'ils liraient mes oeuvres comme je lisais le monde.
C'était simplement croire que la généralité n'est pas qu'un mot, qu'en fait chaque chose est personne, chaque personne est monde, et nous partageons quelques mondes.
Certains partagent moins, puis plus rien, quelques mouches. De quoi je me pique ? Oh pas grand-chose. J'essaie tour à tour l'alène ou l'aiguille à deux chas.
Allez, so much...

mardi 2 octobre 2012

Merguez Statico ou Rustico Rosso

Faut choisir son écurie. C'est clair.

Quand je vois certaines copines se compromettre avec le contremaître,
Je me dis pourquoi ne pas se promettre le thermomètre,

Se promener le pouce opposable aux autres choix,
Ou cercler l'asticot ? Ma certo !

Dis-moi, parle franchement, noble Turc
Parle sans détour, que faisiez-vous
Pendant ce temps-là, Javanaise ?

Chansons et couleurs du temps pastel,
Un coffret de douze CD pour aider les enfants à destinée

Mais revenons à nos manchons et foies gras
Dansons sous la niche hardie
Car quand reviendra le vent d'hiver... où en étais-je ?

Ah oui, je vadrouillais, sans salaire
Mon unique culotte avait un large trou,
Et par le petit jambon,
On voyait un oeil qui regardait Caïn,
Mais non,  mon Dieu, qui s'envoyait au coin !

Ah, ben tu vois que tu y arrives quand tu veux.
Que tous les petits chefs me pardonnent,
J'irai faire dévotion à Saint-Placo,
A ce que les hommes comptent de plombiers,
De hérissons, que sais-je...
De tous les trucs qu'ils fourguent derrière la grille de la cabine de leur petit camion blanc

Blanco rustico, Paulo yeux rougis,
Suivis de leurs cohortes de Kevin et de Jonathan, devenus arpettes malgré eux
Après leur sortie de virage scolaire,

Et moi je ralentis, pour traverser les dos d'ânes
Merveilleux prétexte, pour voir les retraités et leurs restos
Ou presque, en fin de carrière, petits patrons,
D'où ils sortent, repus et rougeauds
Un peu avant quinze heures
D'où ils sortent, repus et rougeauds.

Nie mehr sehen,
Weiger Namaak !

Signé : les éléphants des Ursulines

Faudrait savoir...

Moi je veux bien simuler, mais après on me dit que c'est pas bien.
Bon, disons que je fais semblant de rembourser, et si le monsieur de la banque ne s'en aperçoit pas, alors je garde la voiture.
On dit comme ça ?

lundi 1 octobre 2012

Oiseau au vol inverse oiseau...

Je ne sais pas si j'arriverai au bout, ni même de quel bout il s'agit, d'ailleurs...

Mais j'ai compris certaines choses. J'ai compris par exemple qu'il faut avoir beaucoup pleuré pour comprendre certaines choses. Oh certes on me dira : " Oui, mais les ciels qui s'ouvrent alors..."

Certes...

Je ne sais plus si c'est dans Ludwig ou un de mes rêves, j'entre dans une grotte par un escalier qui descend, un d'un petit balcon aménagé dans la grotte, je contemple un paysage immense. L'allégorie est assez claire, elle est ridicule, que dis-je, pariétale, mais elle me plaît.

Bref. Oui, il faut avoir beaucoup pleuré pour comprendre, par exemple " La splendeur de la misère". Je sais que c'est à peu près aussi kitsch. Je sais que cela fait comme le coffre à bijoux de la grand-mère étalé sur l'étouffant dessus de lit rose capitonné, et son bois cosy à miroir. Mais j'aime me mettre les doigts au fond de la bouche, on se sent mieux après.

Tout est en contrepoint dans ma vie depuis quelques siècles. Tout est en négatif. Le point central est aveugle, le barycentre du sens est hors de l'univers, et je rebondis un peu évidemment sur les propos de la vilaine Guillemette.

La foi ne consiste plus à croire en quelque chose, mais contre l'ensemble des choses. La foi c'est croire en ses conclusions, même lorsqu'elle vont à l'encontre de ce qui est communément admis, dès lors que l'on considère que les investigations ont été correctement menées étant donné le champ d'expérience.

Ce n'est que de l'honnêteté intellectuelle. Donc oui, l'art est une liturgie. Frappé par le sacré, par une vision proprement appelée transcendantale, l'être en appelle à la notion de divin. Et pour s'y connecter, pour se relier intérieurement à cela, à nouveau à cette expérience esthétique indépassable, il crée, donc il célèbre.

Et voilà pourquoi l'artiste a des disciples, mais que, comme un prêtre qui n'a que faire d'admirateurs, cela ne l'aide pas en grand-chose, à part la libération de prolonger la célébration par les oboles des fidèles.

Quand je parle de vision, j'inclus bien entendu l'extase propre à l'écoute d'un concert de musique, fut-elle sacrée :) La musique profane, on aura beau me traiter de vieille peau, c'est distrayant, mais ça prend rarement aux tripes. Disons que ça parle d'autre chose.

J'en profite bien sûr pour inclure dans les avatars du rêve la transe mystique, j'ai failli oublier. Mais ceux qui me suivent auront rabouté. Je suis une passeuse, mais j'ai mes tisseurs...


Tu ne dis rien de...
- De quoi ?
- Non rien
- Tu croyais que j'allais parler de Mylène Demongeot dans Fantômas, c'est ça ?


Rêve.