jeudi 27 janvier 2011

Iphigénésie

Je voudrais publier ici une étude brève (une dizaine de lignes à tout casser) et surtout son fondement, aussi absurde qu'inutile, sur le Sacrifice de la Femme.
Le seul intérêt est que cela poussera peut-être certains à prolonger cette incongruité par une réelle étude comparative sur le thème à travers les cultures. Car c'est par méconnaissance pure que j'ai l'impression que cela impacte surtout la culture occidentale. Enfin, impactait...

J'ai été frappée de la répétition du schéma d'Hésione et d'Iphigénie. Dans les deux cas, en réparation de la faute du père, on demande le sacrifice de la fille. Certes la fille est ce qu'il y a de plus précieux, non seulement affectivement (là elle est à égalité avec le garçon), mais en termes de futur, puisqu'elle est future mère (le garçon, en tant qu'auxiliaire a là un léger désavantage).
Mais n'empêche. Pourquoi sacrifier une fille pour payer la faute d'un père ?


Ceci est d'ailleurs superbement mis en scène dans le cas de la Vierge Marie, bien entendu (et c'est pourquoi je trouve que ça sépare curieusement l'Occident de l'Orient, que d'avoir fait prospérer ce mythe, donc à vérifier) .
La réponse de Marie à l'annonce de Gabriel est également un "oui" par avance à la mort du Christ. Cela ne leur épargnera pas la souffrance humaine, mais reste qu'on demande à Marie d'accepter le sacrifice. Dieu également sacrifie son fils, mais il reste prudemment dans les cieux. Marie, en tant que femme, paye dans sa chair le péché commis par Adam, père de tous les hommes.

 A travers la douleur et la mort acceptée dans l'enfantement, le processus identifie la fille-femme comme maillon appelé à disparaître, de la chaîne de la vie, alors que physiquement, c'est la femme qui se perpétue et l'homme qui disparaît.


Le sacrifice est en miroir lorsqu'il s'agit de toucher la femme adulte, c'est la perte de son enfant, esquissée pour Hésione, et qui tournera au drame dans le cas d'Iphigénie. Mais dans les deux cas, le devoir du père, son pouvoir politique, était en balance dans le crime commis par la mère pour venger celui du père.

Cela renvoie donc bien à une pesée de valeur homme contre femme.

Et c'est là qu'arrive l'hypothèse foireuse : Ceci serait dû, selon moi, à une sorte de " revanche du mâle". Lorsque l'ADN, pour des raisons qu'on peut attribuer je pense essentiellement * à des nécessités de brassage génétique, est passé à la reproduction sexuée.
Bref, donc le mâle se rend compte qu'il ne transmet plus la vie qu'à titre de n-ième accessoire de la parturition, totalement prise en charge par sa compagne. Et l'absence de bât blesse. Pour compenser ce déficit d'éternité, le mâle se voit poussé par une sorte de revanche consolatrice, à infliger à la femme un déficit équivalent d'éternité, par la voie du sacrifice.

Comme si le mâle exigeait en retour, en réparation de l'exil prononcé contre lui de la chaîne de la Vie, que la femme acceptât de se sacrifier physiquement, soit en mourant femme-fille pour payer ses fautes, soit en mourant femme-parturiente dans l'enfantement, soit en mourant femme-mère à travers la disparition acceptée de son enfant. Trois formes de sacrifice assez similaires, jusque dans leur caractère inexplicable, qui sonnent pour moi comme un air de vengeance à l'intérieur de ces événements lugubres, de cloches, de pleurs, de veillées funèbres et de représailles.

En expulsant le garçon, ce qu'elle ne fait pas pour la fille à qui elle transmet ce pouvoir, la femme bannit l'homme de la chaîne de la vie. Il n'aura plus part au dialogue avec la chaîne du vivant, sinon dans ces brefs instants d'orgasme où il tente d'y retourner. Et il fallait bien qu'il en ait envie, d'y retourner.

Pour ce qui est des cultures, on peut retrouver le devoir de se suicider dans le brasier allumé pour consumer le cadavre de son mari, comme si l'épouse ne devait pas lui survivre. C'est bien une tentative pour rééquilibrer encore un déficit de vie de l'homme.

* Je dis "essentiellement" parce que je pense qu'une autre raison est que l'ADN a réalisé que la reproduction d'un être aussi complexe génétiquement que l'être humain devait désormais s'accompagner d'une décision. C'est à dire qu'étant donné le niveau d'organisation de l'être, on ne pouvait plus laisser chaque cellule se reproduire dans son coin, il fallait orchestrer le processus au sein d'un ensemble complexe qui mettait en jeu deux êtres séparés mentalement. Il fallait donc d'une part leur garder un lien psychique (qui a donné par exemple le mythe grec, et universel, de l'unité, à vérifier) et d'autre part créer des organes sexuels de plaisir. Là encore la frontière entre les animaux qui oui et qui non, est à cerner avec exactitude, mais j'ai vu un singe se masturber, et l'objectif était indubitable :)
A propos de frontière, il faut également se rappeler que beaucoup des caractères sexuels sont sous contrôle hormonal. La tentative pour séparer fonctionnellement, et donc morphologiquement le mâle de la femelle, si on se réfère à d'autres distinctions structurelles "fortes" (squelette...) peut donc paraître encore inachevée, disons "en cours".
Et encore cette séparation me semble-t-elle encore problématique. Vu l'embryogenèse ainsi que les traces (mamelons) chez l'homme, on peut dire que l'homme a de beau restes de femme. Un clitoris hypertrophié, comme les lèvres accueillant les ovaires devenus testicules, et des mamelles atrophiées. Bon, ça ne va pas bien loin. Je passe sur les caractères secondaires, des broutilles largement réversibles hormonalement, ça se facture tous les jours.
Tout ce qui est par dessus le chromosome est géré par l'ADN, donc relève du psy.

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