vendredi 15 janvier 2010

L'inconscient du babouin universitaire

Il n'a échappé à personne que le 10 janvier, j'écrivais un billet citant nos amis les babouins, thème que PS évoquait également le 13 dans un billet relatant les conclusions d'une étude sur leur comportement sexuel.
Peggy creuse là où une jeune fille bien élevée ne met normalement pas les doigts, et ça lui passera avant que ça me reprenne, comme disait ma mère, cette sainte femme. Mais elle le fait avec tant de grâce que je ne peux m'empêcher d'ouvrir la bouche.
Peggy me force à parler parce que le fait qu'une jeune fille moderne soit amenée à soulever ces questions me donne espoir que celles qui me disent qu'une révolution est en route pourraient ne pas avoir tort.

Bon, revenons aux babouins. Je modifie ce post, je ne mérite que cela :

Grâces soient rendues à la gentille Peggy, qui m'a fait l'amabilité de m'expliquer le sérieux avec lequel elle s'était penchée sur cette étude, honte à moi de ne pas l'en avoir créditée dès le départ, je viens de lui faire ce que j'ai horreur qu'on me fasse, et elle a pourtant pris le soin de me répondre gentiment...

J'ai caviardé ce qui était indigne d'elle, je laisse la suite :

Seconde observation, attention au mot " évolution". Dans un tel contexte, qui plus est, il renvoie inévitablement aux découvertes de Darwin. Or ces découvertes concernent essentiellement la sélection naturelle. C'est l'idée que parmi toutes les tentatives proposées par les mutations génétiques, celles qui donnent des apparences (phénotypes) adaptées à l'environnement s'en sortiront mieux.
Exemple, si une espèce de papillon élit domicile dans un forêt de bouleaux blancs, et que ces papillons produisent des animaux à ailes tantôt foncées, tantôt claires, les papillons à ailes foncées, bien visibles pour les prédateurs, vont se faire manger.
S'étant fait manger, ils ne pourront pas se reproduire. Au contraire, les parents à ailes blanches, mieux camouflés sur les troncs blancs, donc plus " adaptés", vont prospérer, avoir une nombreuse descendance et au bout d'un moment, la race de ces papillons sera à ailes blanches.
Donc on voit que la sélection naturelle opère en quelque sorte statistiquement, et par élimination, mais n'explique en rien la création.

Ce mécanisme ne nous explique pas en effet pourquoi les papillons avaient au départ des ailes blanches ou noires.
Donc dire que l'évolution a " doté les babouins d'une technique" suppose, si on raisonne en termes de tentatives que le contexte aurait été chargé de supprimer ou d'affiner, une sacrée imagination de la nature.
En bon darwinien, il faut raisonner à l'envers : il y avait plein de tribus de singes avec plein de schémas de moeurs sexuelles différents, et chez les tribus où seul le chef avait le droit de se reproduire, ça a mal fini car les bébés du chef étant massacrés par les autres, finalement personne ne se reproduisait, et les gènes responsables de cette attitude ont fini par se raréfier et disparaître.

Cette observation ne remet pas en question le principe du mécanisme, mais dire que les (chefs) babouins partagent leurs femelles " pour " assurer leur domination, c'est encore une fois renverser la perspective pour donner une teinte, encore une fois mêlée d'anthropomorphisme ( " gentillesse" ...) de causalité finale, d'objectif, si vous voulez, à ce comportement, alors qu'il n'est que spontané, sans préméditation, pour le dire autrement.


Encore une fois, il suffit d'observer le phénomène de " chasse gardée" dans n'importe quelle petite cour, pour voir que l'annexion des ressources sexuelles fait partie des attributs de l'exercice du pouvoir, et que, si je reviens bien à votre propos, à " chosifier " la femelle comme une ressource ordinaire et de l'instrumentaliser dans un cercle d'échange de bons procédés.

Mais ce n'est pas parce qu'on peut entendre encore aujourd'hui chez la belle-mère moisie des phrases comme " C'est un garçon bien, il n'y a que des avocats et des médecins dans sa famille" qui sentent bon la femelle babouine, que l'évolution a créé la profession d'avocat en vue de la domination des autres membres de la tribu.
Les deux phénomènes sont indépendants.

Il me paraît donc relever d'un petit amalgame de dire que le chef partage ses femelles comme un monarque distribuerait ses largesses pour se conserver les bonnes graces des princes et acheter l'équilibre politique, et d'une petite interprétation de dire que c'est une machination de l'évolution.

Je pense que c'est simplement parce que cette configuration favorise le brassage génétique, que l'évolution aime à maximiser, c'est un simple mécanisme de régulation au " tout eugénisme " que constitue le géniteur unique...

Quant au fait de dire que c'est grâce à cela que ces mâles protègent ces femelles, qui portent leurs petits à eux, oui, je ne sais... Je ne trouve pas ça très convaincant, en fait... Comment dire, plausible etc, mais, pas convaincant. Trop facile, trop évident.
Encore une fois, bougrement anthropomorphique.

Allez, mettons nous dans la peau d'un babouin mâle (c'est un rôle de composition, et que Peter Sellers a lui aussi mis un masque de gorille, mais bon...), voyons, l'ennemi est à nos portes, je suis un mâle, et derrière les barricades, des femelles. Voyons parmi elles, aucune ne porte mes petits, je m'en fous pas mal. Et puis tout à coup je réalise, si, certaines sont enceintes de mes oeuvres, suis-je bête, j'avais oublié Denise...
Et Josiane,.. ah! et Marlène, Catherine, Yvonne, Simone, Chantal, vite courons, offrons ma carcasse résonnante à la mitraille...
Si, oui, un peu m'enfin bon...

Enfin " partager " renvoie à faire des parts, donc à découper à chose en morceaux. Je sais que c'est justement un des aspects de la chosification que de dépersonnifier, et là je vous rejoins mieux encore sur l'histoire de donner sa main, le chef prête le cul de la femelle, en la dépersonnifiant.

Mais, et c'est là peut-être où je fais de l'anthropomorphisme à mon tour :), dans les tribus de singes minables qui peuplent les directions des institutions à pouvoir de nuisance, comme les ministères ou les entreprises du CAC40, le chef ne peut, à mon avis ignorer qu'il prête la femelle entière.
Vous allez me dire une de perdue dix de retrouvée, tant que la base de se révolte pas et continue de jouer le jeu, il y aura de la chair à canon, certes, mais bon, j'ai du mal encore une fois à imaginer que cela soit si simple.
la notion de leur destinée est absente à ce point là de leur esprit ? Vous pensez qu'à ce point là ils ne sont occupés qu'à jouir comme des gorets et à se vautrer dans le matérialisme du cul et à gâcher leur vie pour ces jeux ?
Là vous savez peut-être mieux que moi, mais c'est possible.

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