dimanche 14 février 2016

Détente et bien être : visite virtuelle de l'U-boot 41, par Captain Achab

Il n'a pas dû vous échapper que nous subissons l'invasion d'une vague dégoulinante de bonté rose sucrée, toute scintillante de sucre d'orge en licorne arc-en-ciel. Les porte-drapeaux du bonheur dégoulinant des néo dalali-yodelei, présentés par exemple ici avec humour.

Vous avez sûrement vu en vitrine des librairies, entre deux albums d'art-thérapie à colorier (sans dépasser), les livres qui dégoulinent la joie, la puissance de la joie... De mon temps, on appelait ça la méthode Coué. C'est devenu une industrie.

Ce qui est drôle, c'est que l'avant-garde d'une certaine forme de psychologie positive qui fait toujours fureur aux USA, et je me méfie de ce qui me fait fureur, cela me rappelle toujours un certain Adolf, paranoiaque célèbre, interné à l'asile psychiatrique (dommage qu'ils l'aient laissé ressortir...), se renforce ici des bataillons bouddhistes, lesquels ont la haute-main sur le thème de la joie intérieure, cela leur est échu comme la guitare aux Espagnols.

 Vous me direz que ce qui est bizarre n'est pas tant Hitler que le fait qu'il ne se soit trouvé personne pour le ramener à l'asile. Certes.
Je pense au capitaine Achab que les gens suivent alors qu'il les met sous dictature, parce qu'ils sont fascinés par le projet grandiose porté par cet homme à travers sa vengeance individuelle, de venger collectivement l'humanité souffrante (Cf. France-cul mercredi 10 février). Même eux, les opprimés par lui, le soutiennent dans son duel pour prendre la place de Dieu.

D'où que la dictature naît sur le terreau de la misère. D'où qu'elle ne peut être théologique mais seulement cléricale,  car ce serait soutenir l'ennemi. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne peut pas, iniquement, se réclamer de la religion, mais à ses frontières et quitte pour ouvrir un schisme.

La psychologie positive est " l'étude des conditions et processus qui contribuent à l'épanouissement ou au fonctionnement optimal des gens, des groupes et des institutions (Seligman M The president adress, cité par Jacques Leconte, Les 30 notions de la psychologie, Dunod)

Déjà, là, un petit frisson me parcourt l'échine. " Les gens " sont tous pareils, ils " fonctionnent " (Cela me rappelle une militante pour l'égalité des droits disant que les femmes sont pénalisées dans leur carrière parce qu'elles doivent " fabriquer " des enfants, arg), on peut leur trouver, à tous, en bloc, un fonctionnement optimal, lequel semble emboîté dans les " groupes " et les institutions... Bref, pour être fonctionnellement optimal, faut que les gens sourient en groupe. Arg, je m'étrangle, mais poursuivons.

Les différents thèmes abordés par la psychologie positive correspondent à ces trois niveaux de l'être humain, comme le montrent les quelques exemples suivants :

Au niveau individuel : bien-être,bonheur, créativité, ( NdA :on retrouve le débilité dégoulinante...), sentiment d'efficacité personnelle (mesurée à l'aune du logiciel ?), humour (lequel ?), sens de la vie (ie. du programme sportif du Partei ?), optimisme (agiter un drapeau lors du passage des cortèges ?)

C'est curieux comme, déjà dans l'individuel, il n'existe que des notions qui renvoient à des valeurs qui sont mesurées par le groupe. Le groupe, c'est les autres, mais il y a toujours des leaders à un groupe.

Au niveau interpersonnel (comme s'il n'y avait d'autre rapport interpersonnel que le groupe. Personnellement, je parviens, ô exploit, à ne former un groupe avec aucune des personnes que je fréquente..) : altruisme (mmm, admettons...), amitié et amour (oui, certes...), coopération (au Partei ?), empathie (pour le Duce ?), pardon (mmmm...) etc.

Au niveau social et institutionnel (c'est là que ça se gâte) : courage (contre les CRS à NDDL ?), engagement militant (dans les altermondialistes ?), médiation internationale (dans l'invasion en Palestine ?), justice restauratrice etc.

Nous y voilà, faut cautionner le groupe, s'y engager. Coopérer avec le trio milice-police-justice n'est pas très loin. Ce n'est pas encore une injonction, mais déjà une valeur positive, et surtout, une condition du bonheur. Si tu ne fais pas ça, c'est que tu ne veux pas être heureux. Et si tu ne veux pas être heureux, tu veux ruiner l'ambiance, démoraliser les troupes, dénigrer le groupe et ses objectifs, bref, il faut t'envoyer en camp de rééducation.

C'est pas fini : " Ainsi la psychologie positive peut tout aussi bien concerner l'épanouissement des élèves dans un collège, les bonnes relations au sein d'une équipe de travail, ou encore le mode de communication entre diplomates élaborant un traité de paix ".

Si ce n'est pas se foutre de la gueule du monde que de laisser croire que la psychologie positive va (comme les tablettes) remplacer le manque de moyens humains pour l'épanouissement des jeunes à l'école, si ce n'est pas se foutre de la gueule du monde de dire que dans le monde du travail, l'équipe idéale, c'est un pack de robots, alors effectivement, ce n'est pas se foutre de la gueule du monde que de laisser penser aux gens que la psychologie positive a quelque chose à voir dans le règlement des conflits de pouvoir entre les egos des canailles au pouvoir, le grand chef (le vainqueur) et le petit (qui a réussi à prendre un morceau)

Tous deux, le petit et le grand chef, sont en fait dans le même camp, ceux des exploiteurs qui ont réussi à faire avaler aux gens de s'engager dans un camp, de militer militairement pour la conservation d'un territoire dont ils ne savent rien, et pour des intérêts qui ne concernent que les gens pour qui ils meurent.

La psychologie positive ne cherche que les moyens de s'intégrer au groupe, mais nulle part on ne trouve trace des moyens de discuter du programme du groupe, c'est curieux.

Donc pour moi la psychologie " positive " qui concerne " les gens "...  elle a un petit relent de fascisme latent qui n'en est pas encore à s'organiser.

Je retrouve cela aussi dans certains films pour enfants comme dans je ne sais plus quel épisode de La fée Clochette. Si tu es malheureuse dans la vie, c'est que tu n'as pas trouvé ta place et ta mission dans le groupe pour servir les intérêts communs, pas d'autre issue que de faire le deuil de ses rêves individualistes. Arg

Je comprends bien qu'il faut préserver le tissu social, mais si c'est pour en faire des chemises brunes, je demande examen des mesures votées.

Lorsque je vois comment le bon peuple français s'est fait enfiler l'état d'urgence dans la constitution, lorsque j'entends sur France Cul (Journal de l'état d'urgence du mardi 9 février 2016) que les voisins ont dénoncé le pauvre type qui s'était amusé à mettre un drapeau pirate à sa fenêtre, et que nombre de ses amis lui ont dit qu'il " l'avait bien cherché" (ach pas de vague pendant l'état d'urgence, pas un bruit, halt's maul), je me dis qu'on ne va pas tarder à avoir l'aigle au dessus du drapeau, nous, tiens.

Qu'on ne pense pas que je tienne là pour les bandes de décérébrés qui se distraient de leur misère en vendant les beautés de leur 80zetré pour s'acheter des voitures. Dans la même émission, on entend une pauvre fille en foyer nous démontrer si besoin était que les gens revendiquent sous la bannière de la liberté le droit de faire ce qu'on leur a imposé, sans qu'ils le réalisent. Quand on ne sait pas à quoi on est soumise, on ne sait pas à qui on obéit. Et les gens qui déculturent les femmes relevant de toute obédience textiles l'ont bien compris.

 Ce qu'on leur a "imposé", pas tout à fait. Lorsque le marketing est bien fait, l'évangélisation et la propagande font que l'individu consomme tout seul les bonnes valeurs, et ce en pensant exercer sa liberté. C'est là que l'aliénation est totalement réussie. Le seul tunnel dont on s'est arrangé pour que le rat voie la lumière au bout. Il faut affoler les gens pour qu'ils appellent de leur vœux le dictateur qui va rétablir l'ordre. Le pire c'est que cela fait des siècles qu'on sait cela.

D'où l'intérêt, comprenez-vous mes amis, de diriger la population, vers une inculture générale, sans langue autre que le M2, sans autre support que les tablettes, ni autre contenu que du texte à DRM gérés par les multinationales, comprenez-vous, mes amis, que la culture est l'ennemi du fascisme, et que la technologie propriétaire est l'ennemie de la culture ?

Vous dites " oui oui", vous opinez du bonnet comme des ânes, mais vous achetez quand même des tablettes et des liseuses pour lire dans le TGV. Ben oui, c'est plus pratique, le fascisme, en fait. Une fois les portiques de sécurité anti-pauvres passés, dans le tunnel du TGV le nez sur ta tablette, sous l'oeil de la caméra pour ta sécurité, ça va pas être simple, de se rebeller.

Je sais, vous allez me dire que cela ne fait que connoter mon individualisme forcené. Certes. Mais cela me rend d'autant plus sensible à certains signaux faibles dont on peut se défier, à l'occasion. C'est le seul avantage des extrêmes, c'est qu'ils amplifient des inquiétudes encore diffuses.

Au lieu de les brocarder en s'en tapant sur le ventre, on ferait mieux de s'inquiéter un peu, de se demander si elles ne seraient pas le signe avant coureur de quelque sourde angoisse en train d'infiltrer la société.

Les images sont toujours " travesties par des gueux pour exciter des sots ", comme disait Rudyard Kipling, mais un jour ou l'autre, quand le sot est bien excité, le gueux n'a plus aucun mal à voter fasciste, on n'a plus aucun mal à lui faire prendre les armes.

Ce qui nous arrange bien, on a des Rafale à leur vendre.

Cela vous fait peut-être rire, mais quand je vois l'énergie déployée (projection sur l'Arc de Triomphe, dramatisation du suspense de l'heure) pour tenter de donner un écho à ce non-événement qu'est le dévoilement du logo de la candidature de Paris à un éventuel circenses, je me demande si un jour cette béance sera devenue si grande que nous serons pas " priés " de descendre en survêtement dans la rue avec des T-shirts ornés du dit logo, et de tendre le bras en criant un slogan...Et les absents aussi mal vus alors que les farceurs au drapeau d'aujourd'hui.

Tiens, il y en a une que je ne peux pas résister de reproduire, c'est extrait de Techrepublic :

"
It turns out that no one knows what the heck big data is, and about the same number of companies are actually doing anything meaningful with it, according to a new study from Dresner Advisory Services.

Surprised?

You shouldn't be. After all, despite years of big data prognostication, most companies still struggle to even put little data to use.

This isn't to suggest that big data isn't a big deal, or that companies aren't deriving massive value today from their data. It is and they are. But, to get value from big data, companies first need to get real. "

C'est encore plus savoureux avec le titre de l'article :


Big data's big problem? Most companies don't realize they're already using it

Companies are already actively using big data. They just don't call it that. While the phrase has problems, the technology is becoming more intrinsic to business.


Tiens j'en rajoute deux dernières pour la gourmandise :

Le chasseur français sur la vitesse :



extrait d'un article du Monde sur la bourse-casino, ça vaut son pesant de canard laqué. Quand tu penses qu'ils ont 26 réacteurs nucléaire en route, en revanche, ça fait un peu peur.

Bon, maintenant qu'on s'est distraits un peu, on va réattaquer dans le dur. En effet, il faut montrer que plus les populations sont déculturées, moins elles comprennent le fascisme numérique dans lequel on les anesthésie doucement.

3 commentaires:

  1. Bon. Chacun. J'opte pour le mot rare, choisi et entraîné, comment vous dire ? J'ignore comme je m'ignore. Je veux échapper à tout sauf à moi-même , ce n'est qu'un vœu bien sûr. Mais je suis prêt à jurer que vous ne POUVEZ pas dire tout ça et être. La différence entre nous est, est oui, la grande névrose et la grande psychose. Il n'y a pas gradation. L'une et l'autre se soignent. Après, à quel moment ? C'est là que le névrosé est bête. Très à vous et en amitié.

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  2. Mais aucun de mes commentaires n'est vide. Si je commente, je ne suis pas vide. Enfin que je sache sinon je ne le saurais pas... Vous vous avez un magot. Attendez que moi et ma bande (oui moi d'abord, on est une bande) on vienne vous faire un peu hausser les pieds. Je commente, c'est tout. Vous autres, la paix !

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