samedi 1 août 2015

Signs of times

Je vais râler une dernière fois. et puis on va passer à autre chose. Ce n'est pas très intéressant en soi, mais je pose quelques éléments auxquels je ferai appel par la suite en tant que référence.
  • J'ai vu ma première casquette YMCMB sur une table d'élève dans une école primaire en France. Idéologie bling-bling du sexe macho, du fric par la drogue et de la bagnole pour décérébrés, tout pour plaire. Et des gamins d'école primaire du fond de ma campagne demandent à leurs parents de financer cela. Bravo les dealers.
  • Je me suis entendu proposer ma première consultation de médecine " pour riches", un rendez-vous soit début 2016, soit novembre 2015, mais avec dépassement d'honoraires. Fini le temps du médecin de famille qui rappliquait au pied de mon lit pour mes rhumes de petite fille... Bien bien bien...
  • Je trouve que la blonde sur la gauche, , elle ressemble un peu à Jane Asher dans Deep End. Et c'est marrant, je trouve qu'elles ont aussi quelque chose de Bulle Ogier.
Plusieurs figures concourent en ce moment à un même mouvement, dans lequel sont entraînés les objets créés.

Dit autrement, les productions para-artistiques subissent des mouvements de diverses origines et de diverses directions, mais qui les entraîne dans une spirale dont le tourbillon a globalement la direction d'effondrement des trous noirs.

Voici quelques uns de ces mouvements :
  • L'envahissante progression du titre-jeu-de-mots comme ressource pour les titres. Qu'il s'agisse d'une manifestation, d'une oeuvre, il faut que le titre fasse jeu de mots, clin d'oeil, ludique, complice, décoincé, pas prise de tête.
Exemples en vrac :
- La route du rock (la route du rhum ?)
- Exposition Ori-Peaux à la galerie l'Antre-temps.
- Un emploi nommé désir (un tramway nommé désir ?)
- Carré d'art (carré d'as ?)
- "Un parcours au long cours"
- La fanfarfelue,


1980


alzheimart

35 ans que vous radotez les mêmes bulles de singes, les gars.

On peut d'ailleurs se poser la question, le nombre de lettres étant fini, s'il arrivera un jour où on ne pourra plus nommer une exposition d'un mot qui n'ait déjà été utilisé. D'où peut-être le recours croissant à des solutions comme " fanfarfelue".

  • Le reyclage comme pratique "artistique", autre manière de camoufler son impuissance et son manque de moyens, entre également dans une seconde phase, celle d'une mise en abîme plus ou moins consciente. Comme les recettes que s'échangeaient les prisonniers dans les camps, substituts à l'indigence et au manque de nourriture réelle.



    Les marques des produits sur les boîtes d'emballage sont déjà des pillages : comme " Ben-Hur", film pillant les ressources des légendes antiques, elles chipent l'aura de tel ou tel personnage de légende. Sans forcément le savoir, l'artiste qui recycle, ou " upcycle" régénère ce détournement.

    A côté des manifestations artistiques, la communication dans le secteur culturel a de quoi se régaler.

    Ici par exemple, le motif des étoiles est donné par le nom de l'Abbaye " La Trinité", elle même nommée d'après la Sainte Trinité.


    Scan et détourage sont les mamelles de l'infographie.


    Ad nauseam,



    La profondeur artificielle créée par le procédé de citation emboîtée, plus ou moins masquée, révélée, avouée, assumée, a pour but de masquer le vide de l'inspiration. Ces mouvement ont tous un même but, et tous un même moyen, la notion plus générale de " pillage ".

    L'art d'un temps s'est toujours nourri de celui des prédécesseurs, et l'imitation est la racine de l'épanouissement pour les formes nouvelles. Mais recomposer n'est pas renouveler. Disposer autrement, découper et coller est en même temps qu'une recomposition, un brouillage kaléidoscopique. Il faut trouver une nouvelle cohérence.

    L'effet donne une sensation de " jamais vu", mais le jamais vu n'est pas le nouveau. L'innovation n'est pas la paraphrase, la citation et le jeu de mots ne sont pas deviennent pas automatiquement création tant qu'ils restent réarrangement sans jaillissement. On a déjà beaucoup espéré du hasard en la matière.

    Dans les deux cas, la référence est réintégrée dans le champ de l'art, la première fois en tant qu'objet d'art, la seconde en tant que produit dérivé, que le musée achète parce qu'il fait référence à sa propre histoire, et se reflète dans le miroir de son histoire réactualisée, comme dans les fragments d'un miroir. Comble du narcissisme, il achète les travaux de l'illustrateur qui lui permettent de s'aimer dans une image " modernisée " de lui-même, mais qui ne peut se résoudre à ne pas accompagner sa vocation, ie. montrer les vieilleries de sa propre histoire.

    Maintenant selon ma bonne habitude, je vais critiquer ma propre pensée.

    Dire quelque chose de nouveau, c'est plus que le dire d'une façon nouvelle. Ce postulat se discute. Quelle serait donc cette chose au delà de la nouvelle forme, que le propos devrait découvrir, démasquer comme un oublié des tentatives précédentes ?

    Archives du pillage

    “I love being part of a global movement that supports small businesses.” –Yana G, founder of Supamoimoi, an Etsy shop in Montreal, Canada that sells women's and children's clothing inspired by vintage Russian fairy tales.

    Right. How do you support Russian Fairy tales writers today ? Tu te fais du fric sur le dos de leurs ancêtres, mais comment soutiens-tu la création russe contemporaine ? En rien. Tu prends le pognon et tu te barres. Après moi le déluge.
    On s'est toujours inspiré de canevas narratifs, et on s'est toujours reposé sur le patrimoine culturel. Le problème, c'est que cela fonctionne désormais à sens unique. On pille sans trop rien comprendre, mais hors de question de se " prendre la tête" à travailler pour enrichir le patrimoine, en comprenant de quoi il est fait. Je prends le pognon et je m'achète une voiture avec.
    Autre truc dans la même veine :

    For the non-runners, a 5K is a five kilometer race (approximately 3.1 miles) and is a popular format that generally takes 20-30 minutes to complete. C25K prepares the non-running "couch potato" for a 5K in about nine weeks.
    Fitness and running aspects aside, C25K is a model of a transformational initiative that's been successful around the world, and provides an instructive example of how to design your own transformational initiatives.

    What's in a name?

    The mere name of the program, Couch to 5K, is profound in that it articulates the starting point and objective of the program clearly and obviously, unlike most transformational initiatives. If a typical consultant or middle manager had been tasked with naming the program, we'd probably end up with meaningless words and numbers like "FAST FEET 2020" or "Project ABE: ACHIEVE! BELIEVE! EXCEED!"
    While it may be fun to pretend to be a government operative or consumer product developer and create cute codenames, initiatives that don't convey any meaning are not helpful. How do you expect interested parties to remember that "Project Redwine" is your ERP modernization, and "APOLLO X" is an updated mobile app? Like Couch to 5K, your program should strive to have a name that clearly articulates what it's about and what it's meant to accomplish.

    C25K est aussi un " meaningless word", basé sur une confusion maintenant établie entre "two" et " to". Il faut expliquer " 5K" aux "non runners". Quant à l'abréviation de " Couch" en " C"...  La foi bouge les montagnes, même dans leur canapé.

    On passe d'une connivence de l'association à une connivence de l'acronyme.

    Les mouvements, pillage et excès de directivité se rejoignent en un territoire superposant les deux versions d'un " efficace". Etre compris  pour vendre sans tierce référence, d'une part, et empiler d'incompréhensibles références culturelles pour " faire comme si" on vendait de la culture, d'autre part.
    L'un décomplexé, l'autre pas encore. Vendre. Avant tout : vendre. Vendre aux déstructurés, aux consciences molles, déculturées, sans plus aucun squelette culturel, et qu'il faut convaincre de croire en un programme de gymnastique, dans le goût d'un poulet, de visiter tel musée ou tel expo. Non pas guidé par son propre itinéraire culturel mais " convaincu " par le marketing, " teasé " par le jeu de mot. Peu importe le contenu, il faut que l'affiche vende, que le nom attire. On verra après. D'abord vendre, vendre, vendre.

    • Pour finir, je ne regrette pas de m'être abonnée au flyer publicitaire de Saatchi Art, cela permet de lire des choses comme " Meet the Portland Artist Turning Everyday Life into Poetry "
    Quid de ceux dont la vie quotidienne EST une poésie ? C'est l'artiste pour bourgeois dont la vie quotidienne est un plan-plan où on s'emmerde à cent sous de l'heure, et qui va mettre juste un peu de couleur pour que ça devienne une féérie, comme les DVD de Disney. 
    Et le pire c'est que c'est vrai. L'artiste proprette, avec ses gants de vaisselle pour ne pas salir son mobilier, qui " try to give visible form to the emotional aspects of experience ".
    Je vous relaierai l'info s'il y a d'autres choses à pleurer comme celle-ci. De rien.

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