jeudi 23 juin 2016

Va te laver la bouche, Gégé.

Donc ce matin, un monsieur qui s'était montré auparavant, il y a quelques jours, impoli envers moi dans un mail, sollicite mon avis, comme si rien ne s'était passé.

Ce brave homme, à qui je venais d'imposer un filtrage mail, me demande ce que je pense de tel point de philosophie du langage.

L'impolitesse me ciblait, mais comme dommage collatéral. Elle relevait de ce fonds, de l'attitude naturelle du mâle blanc, qui va, les bras ballants dans la savane urbaine, couvert de huit mètres de soie de sa connerie, persuadé que tout ce qui ne relève pas de ses convictions sont des imbécilités oiseuses etc.

Je n'ai plus, si tant est que j'en aie jamais eu, aucune intention de discuter avec ce butor dont le seul objectif dans le débat est de prouver qu'il a raison, parce que "les femmes...", parce que " les gens", etc.

Mais peu importe. C'était un point de départ. Me revient alors en mémoire cette réflexion " Mais que nous chaut que Céline ait été antisémite ? C'est un écrivain de génie et cela suffit".

On peut certes avoir cette position vis à vis de l’œuvre, post-mortem, mais pas de la personne de son vivant.

Cela tendrait à dire qu'il faut couper les ponts avec tous ceux qui n'ont pas du monde une vision correcte, ou qui du moins, perseverare diabolicum, persistent dans une attitude inconvenante.

En effet la culture est une communauté, celle de la grande famille humaine. La culture ne vise pas que " de quoi on discute", mais " avec qui on discute". La recherche doit se faire en ce domaine avec une certaine élégance, car l'âme y est mêlée. C'est l'humain, entièrement, qui est en question, et on ne peut séparer l'éthique de ce qu'on fait d'avec le sujet de la question. Je dis à ce monsieur " Pour intéressante que soit la question, je n'en débats pas avec vous".

C'est la même chose que pour un enfant. Donner le porte-voix de la culture à un artiste, c'est comme autoriser un enfant à hurler des gros mots, ce n'est pas l'éduquer. Lui répondre quand il parle, c'est déjà oublier de lui rappeler, avant tout dialogue, qu'on se parle poliment, chez les humains.

Mais d'autre part, ne pas donner voix à la contre-culture, laquelle apparaît par nature politiquement incorrecte c'est le boulot quotidien des services de censure  de toutes les dictatures

" Cela ne se fait pas, donc tu n'as pas droit à la parole", ou encore " Pour ce que tu es par ailleurs, nous ne parlerons pas avec toi", sont des armes à double tranchant. Je me suis senti offensé par ces propos, certes, mais qui suis-je pour me sentir offensé ? Etais-je réellement et personnellement visée ou bien me suis-je faite inconsciemment la porte-parole d'un courant ou d'un milieu, de ma propre chapelle ?

N'aurait-il pas fallu reprendre contact avec ce monsieur, et tenter de lui expliquer calmement qu'il ne peut pas d'un côté insulter les autres en traitant de tous les noms leurs personnes et leurs propos, et d'un autre côté continuer de dialoguer comme si de rien n'était ?

Je n'avance donc en rien dans le problème de la méthode en clinique. Refuser de continuer à parler avec le  négationniste n'est sûrement pas le meilleur moyen de lui faire valoir notre opinion. Il a été victime d'une éducation abusive, et comme la victime d'un viol, il clive son moi pour éviter d'affronter une partie de la réalité. Comment parler à ces malades que sont les mal-élevés ?

Se détourner d'eux avec mépris, refuser de les éduquer, c'est faire le jeu des populistes, aussi sûrement que la politique colonialiste israélienne fait le lit des antisémites.

Il suffit de lire le journal le Monde pour réaliser que de Malaisie en Sion, du Brésil en Chine, d'Afrique aux USA, d'Arabie en Finlande, ils sont des millions, à tous les niveaux du pouvoir, ces psychopathes prévaricateurs qui s'emplissent les poches au détriment de l'humanité, tant est ancrée en eux cette conviction que les autres n'ont aucune importance, pas même, dans le cas des pollueurs et pilleurs de ressources, leurs enfants que leur ego se flatte de chérir pour se donner une bonne image.

Il n'y a pas comme les donneurs de leçons de morale sur l'éducation des enfants pour s'amuser à étouffer l'atmosphère sous le diesel pour aller faire des activités qui les amusent, en déniant le fait qu'à souiller l'air et l'eau, à faire disparaître le vivant au rythme d'une espèce toutes les vingt minutes, ils rendent la vie de leurs enfants plus que délicate.

La question devient-donc :" A quel point, où bien à l'envers, le manque d'éducation devient-il une contre-culture, ou à l'envers cesse-t-il de l'être ? "  Le mépris des autres, des lois et des frontières établies par les traités, des femmes, des gens, l'antisémitisme et autres cessent-ils à un moment d'être de simples signes d'obscurantisme pour devenir des motifs de rupture du dialogue ?

Lorsque l'incendie de la connerie s'étend, faut-il à un moment lâcher la lance du dialogue et s'enfuir en courant pour sauver sa peau et son cerveau de la terreur ambiante ?

Nos enfants vont avoir la tâche délicate d'éviter que la planète Terre ressemble à la Lune. Et il n'y a pas comme les capitaines d'industrie pour mépriser ceux qui tentent de s'opposer à cet holocauste, les piétiner de toute leur puissance pour pouvoir continuer de jouir quelques instants encore de leur SUV.

Le crétin détruit la Terre et aspire au désert martien

Il y a là une jouissance sadique profonde, comme un homme qui se saurait atteint du sida et qui en éjaculant, continuerait de râler " encore un peu, encore un peu", tandis qu'il assassine sa partenaire. Incapable de s'oublier dans la construction, il s'oublie dans l'anéantissement de la destruction.
A l'humilité qui consisterait à faire face à sa vanité individuelle, il préfère le vide de tous les autres, morts avec lui, entraîné dans leur chute.

Et tout cela parce que, se sachant désormais mortel, comme le condamné par la MST, il n'a plus rien à perdre. Nous avons commis l'énorme erreur de laisser, sans solution de recollement, se diviser le monde en deux, ceux qui n'ont plus aucun espoir en l'avenir, et les fanatiques arriérés mentaux, encore dans l'aliénation de leurs convictions religieuses.

Le problème avec les totalitarismes, qu'ils soient nazis ou religieux revient au même, c'est que le crétin n'a de cesse d'avoir foutu le monde suffisamment à feu et à sang pour qu'enfin tout le monde se ligue contre lui pour venir lui foutre la fessée tant espérée que son Œdipe mal vécu lui impose de supplier par tous les moyens.

En fait,  finalement, le crétin qui joue le méchant n'attend rien tant que sa baffe, qu'il faut toujours se résoudre à lui donner pour qu'il arrête de faire chier le monde.

Les millions de morts que cela entraîne au passage ne sont pour lui qu'un détail d'une histoire qui se répète. Les peuples passifs laissent arriver au pouvoir, mieux, donnent les pleins pouvoirs à des intégristes qui leur mettront le pied sur la tête, et qu'ils faudra virer dans des bains de sang, sans parler de la maffia des relous à godillots qui viendront en profiter pour commercialiser les pipelines ai motif de donner un coup de main

Il faudrait larguer des bouquins de Freud par avion, que, au moins tout le monde soit au même niveau de désespoir, on aurait au moins un peu de répit pour trouver une solution.

Sinon, je me faisais cette réflexion que la revendication au droit de mourir est arrivée longtemps avant que la science nous assure le droit à l'immortalité mécanique, même si elle ne saurait tarder.

C'est tout de même incroyable, si on y réfléchit. Certes, me dira-t-on, c'est dans le cas de maladies qui occasionnent des souffrances, ou condamnent le malade.Exact. C'est encore le cas. Mais imaginons un monde où la technologie nous fige à 30 ans, nous condamnant à un perpétuel emmerdement dont le cadre est plus ou moins luxueux selon nos moyens.

Imaginons alors que la classe moyenne, lassée de traîner si longtemps cette demie-misère, demande un projet de loi permettant de refuser le traitement, l'upload de la conscience, le programme des greffes automatiques etc.

Un projet de loi permettant de mourir simplement et définitivement, tout comme les pauvres qui n'auront pas accès au programme. Et puis les pauvres, on en a toujours trop, pas besoin de les maintenir en vie, ils se renouvellent tout seuls.

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