dimanche 24 janvier 2016

Petites choses éparses

Des remarques en passant.


  • " Un MOOC (Massive Open Online Course) est une formation gratuite, en ligne et ouverte à tous. Chacun peut travailler à son rythme de chez soi, quand les enfants sont couchés, lors d'une pause au travail, en vacances..." 
Et pendant les vacances, on a le droit de s'arrêter de travailler pendant les pauses ? Ou bien faut torcher le coucher des enfants parce qu'on a du boulot après toute la nuit  pendant les pauses des vacances ?

J'en profite pour rappeler que la vie d'un enfant, et notamment son équilibre psychologique est en partie conditionnée par les rapport qu'il aura avec sa mère pendant les 52 premières semaines de cette vie, et que la durée du congé postnatal est de dix semaines..

Bien entendu, vous avez le droit de bosser pendant ce temps-là et de l'emmener chez le psy ensuite, c'est tout ce que les labos pharmaceutiques attendent de vous, bonne fille, va.

  • "    La fin de l'Histoire de l'art ne signifie nullement la mort de l'art. Au contraire. Car en échappant à l'illusion historicienne et au mythe prométhéen du progrès en art, nous redécouvrons ses liens avec le mythe faustien : l'art est une expérience-limite de lucidité, pour éclairer l'image du monde.
  •     La fin des avant-gardes s'est accomplie à notre insu pendant les années 70. Le thème réel et commun à toutes les avant-gardes, après la découverte de l'idée d'Histoire au XIXe siècle, apparaît aujourd'hui par-delà toutes les images réalistes, abstraites, aléatoires, conceptuelles ou corporelles : c'est le désir pulsionnel d'être des créateurs d'HISTOIRE de l'art. 
    Crispation sexuelle du mythe prométhéen, symbole activé de la "création" capitaliste ou révolutionnaire.
        Maïs aussi : morbidité des avant-gardes fascinées par la logique inéluctable de leur fin, emprunts exotiques ou sursauts réactionnaires, tel le kitsch, promu style officiel de notre époque par André Malraux, néo-rétro, rien n'a manqué à l'épopée prométhéenne, pas même le bec rongeur de l'aigle/nouveauté, ni l'automutilation de l'artiste.
        Redécouvrir la fonction anthropologique de l'art - en s'aidant de la sociologie interrogative et de la mythanalyse -, c'est fier mythe, art et liberté, et renouer avec l'origine de l'art : un art post-historique."
     
    Hervé Fischer 
    L'histoire de l'art est terminée. France : Balland, Éditeur, 1981, 219 pages. 
Si c'est moi qui l'aurait dit, on ne m'aurait pas crute.

  • Surprise de voir les journalistes (du journal le Monde et ailleurs) proposer les films hédonistes tels que Pattie... comme remède aux attentats terroristes, disons de voir l'un offert comme fétiche exorciste de l'autre.
Un peu étonné également, le metteur en scène à qui l'on suggère cette instrumentalisation de son film comme étendard de " nos valeurs " face " l'acte barbare ", et qui répond " Bof enfin, oui... mais eux en face ils n'ont pas de valeurs, ils sont juste dans la barbarie et le nihilisme".

Erreur commune, mais grave. Erreur d'abord parce que la méthode qui consiste à assimiler différence et nullité, qualité et quantité, est à la base de toutes les discriminations.

Le sauvage, le noir, l'étranger, différent de moi, est moins que moi, il n'a pas . (d'intelligence, d'économie de son milieu), il attend passivement que l'homme blanc envoyé par Dieu vienne lui dire quoi faire.

La femme, différente de moi, est moins que moi, elle n'a pas (d'âme, de cerveau...) elle attend que l'homme lui dise quoi faire de sa vie.

Celui qui a des valeurs en dehors du scope des miennes n'en a pas... Ce crétin attend que le consommateur blanc lui dise quoi acheter pour être heureux...

Erreur grave, parce que si on sait que l'intégrisme religieux progresse sur le terreau d'une misère qui a toujours l'inculture pour corollaire, réduire toute idéologie politiquement incorrecte à un " no mans land des idées", et ceux qui en ceux victimes à des abrutis parfaits, des barbares assoiffés de sang, c'est juste se préparer à se prendre la réalité en pleine face, avec bonus de boulons et de clous.

Pour revenir à notre culture dont nous devenons fiers dès qu'on l'interdit., envoyer une comédienne jouer la sorcière possédée et se trémousser devant le curé intégriste pour le faire enrager, cela permet de recenser son camp dans la cour de récré de la culture, mais c'est un peu juste comme programme politique.

Proposer le coup de bite salvateur comme thérapie à ce qui fonde cliché de la mère de famille parisienne fatiguée et inhibée, cela fonctionne. En faire la clé des solutions aux crises de civilisation du XXème siècle, c'est un peu ambitieux.

Et franchement, Charlie Hebdo, c'est pas le pied comme journal, ça se lit par devoir. Ce sont eux qui en parlent le plus, de ces crétins de religieux.

Un jour d'ailleurs, il faudra que je me fatigue à tenter de tailler un costar définitif à la religion. Je sais que Marx et Freud s'y sont essayé, et que ce truc repousse comme le pire des chiendents sur la misère humaine, mais il ne faut pas cesser le combat. 

  • Aux enfants qui sont sur le fauteuil du dentiste, on passe un dessin animé de Walt Disney. 
C'est prendre le risque que dans la suite de leur vie, toute médiation de la réalité ne puisse plus se faire sans la présence d'un dessin animé de Walt Disney. Un peu comme la Bible, mais en plus niais, et avec des droits d'auteur sur les descendants d'Abraham, ça fait un joli magot.

  • Aux enfants qui sont sur le fauteuil du coiffeur, on passe un dessin animé de Walt Disney
C'est . prendre le risque qu'ils confondent pour la suite de leur vie un garçon coiffeur et un héros de cinéma. De mon temps, on avait au moins une référence en matière de conversation, on pouvait apprécier une personne dont les propos sortaient de la conversation de coiffeur.

Le mieux serait sans doute de passer aux gens des dessins animés de la naissance à la mort, et des robots les tripoteraient tranquillement pendant ce temps là.
On pourrait même faire des économies, en mettant aux petites filles des robes de princesse et en les maquillant, il suffirait de mettre la caméra pointée dans le salon de coiffure, et ils se regarderaient dans l'épisode intitulé " Loana va chez le coiffeur". Ce serait trop hyper méga génial.

  • Vu cette vidéo de bonne année de la chaîne Gulli, pour enfants. 
La façon dont les animateurs se démanchent le cou en gesticulant pour appuyer le moindre mot (cf " te propose " et autres), histoire de faire "ludique et convivial" (on est sur une chaîne pour enfants) nous donnent à penser que bientôt ils se taperont le cul par terre en guise de communication.  Une aspiration à parler la langue des signes, sans doute.

  • Vu un petit dessin animé sur des êtres à tête de pastille Valda, malmenés par les planètes, et dont pas un seul ne nous regarde.
Les jeunes sont vraiment paumés, ils dessinent n'importe quoi qui tourne en rond, pour le plaisir de faire un zizi.
  • Entendu que l'Inde achète les avions de guerre par paquet de douze. 
Le continent d'une sagesse millénaire, berceau du bouddhisme, le pays de la non-violence. Les vieux sont vraiment paumés. C'est bien ce dont le peuple indien a besoin, d'avions de chasse. C'est à pleurer.
  • Entendu que les Wittgenstein se livreraient aussi aux pitreries fiscales à la mode dans la haute société et les familles royales, tentant ainsi, par le moyen de son niveau de corruption, de s'élever au rang des gouvernants de tous les pays, unissez-vous. 
C'est bien faire honte à la mémoire de Ludwig que de revenir à une attitude de petit épicier voleur. Les riches sont vraiment paumés.
  • Entendu la trame narrative de l'Ordre des Quatre, histoire soutenant les nouveaux développements du jeu Minecraft. Toujours les mêmes histoires de tempête dévastatrice et d'élu qui sauve le monde in extremis avec son épée-pénis-baguette magique.
Entre le Seigneur des Anneaux et Harry Potter, comme beaucoup de ce que le multimedia produit, rien de neuf depuis Arthur. Toujours le porteur de bite qui sauve le monde du chaos dans lequel ses collègues l'ont plongé
  • Entendu un reportage sur un district industriel chinois, "Hiu", spécialisé dans les bondieuseries de pacotille. Tel quartier fabrique les tapis de prière, tel autre les effigies du pape, qui les masques africains rituels. Le marché de gros les vend en palettes. Il coûterait moins cher d'acheminer l'un des 24000 conteneurs que peut contenir un cargo, depuis la Chine jusqu'en Afrique, que ne coûte son trajet du port du Havre à Paris.
Le sacré n'est plus ce qu'il était, on va le retrouver dans le ventre des poissons tout de même.
  • Entendu ceci, et cela.Cela m'interpelle vachement au niveau du vécu, comme on disait. Le mec le cul dans la boue (surtout le premier), et qui fait du jazz oklm. Le second, j'aimerais bien que quelqu'un qui s'y connaît me confirme, il est en duo avec un autre qu'on entend à l'arrière-plan, non ? Sinon toute la page est .
Si vous avez de quoi me payer un peu de bois, je suis preneuse.
  • Été sollicitée pour signer ceci. Devoir signer pour prolonger de six mois une situation qui devrait être gérée et prise en charge au long terme depuis toujours... J'en profite pour rappeler qu'il serait temps de réaliser l'importance qu'aura, pour le développement de l'enfant, la qualité des interactions mère-enfant durant les premiers mois de la vie. 
Rapportez cela aux dix semaines de congé maternité postnatal, et calculez l'ampleur de la catastrophe.

  • Lu l'exploit de l'année :


Et les gens qui apprendent à parler le français, c'est pour quand ?

D'ailleurs si j'étais un homme, je pourrais dire que ce que j'aime dans certains états c'est qu'ils me rendent " épars", présent dans la constellation des choses.

Et ne me dites pas que je ne fais que râler. Voilà une chose fort belle et qui prouve que l'humanité continue, ailleurs.

Cela vient d'un ami de François Bihorel, peintre aventurier, de retour de Naples. Il nous a raconté des fêtes sauvages où l'on danse la tarentelle toute la nuit dans des cours d'immeubles.

 Tout ce que j'aime. Cela me réconforte, de savoir qu'il reste une humanité qui résiste à la régression numérique et la connerie sécuritaire, dans ce cocktail incroyable qui ne peut pas ne pas rappeler une liturgie (surtout à Naples !), les gens, la musique, ce spectacle avec le célébrant, et l'assemblée qui répond, les rires, la musique, toujours sur le point de partir et de cesser, qui monte comme une houle dans les voix, c'est magnifique, merci.

Je donnerais cher pour savoir d'ailleurs exactement ce qui se trame (une tombola ?)  et ce qui se raconte dans ce truc entre le profane et le sacré.... Cette couche huileuse où se tient le spécifiquement humain.

2 commentaires:

  1. dommage, j'arrive à la ''chose fort belle'', le lien amène sur une adresse introuvable.... , la connerie numérique qui nous rattrape... mais tu vas nous arranger ça... Bises ma belle, continue tes coups de gueule... :)

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  2. C'est rectifié ma belle, je vous remercie de votre attention. J'ai rajouté un début d'article un nouveau " coup de gueule " sur le congé maternité parce que bon, ras-le-bol du " sois belle pour aller travailler et tais-toi"

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