jeudi 16 octobre 2014

Mode et philosophie à la Renaissance

Je faisais référence à cette belle émission d'Adèle Van Reeth sur France-Culture, parlant des liens entre mode et philosophie, et notamment de l'influence du néo-platonisme sur les silhouettes féminine, en triangle, et masculine, en rectangle dans la mode vestimentaire.

Où l'on apprend aussi que Marsile Ficin faisait " fumer des herbes " pendant ses réunions, pour mieux accéder à la divinité. Ben voyons...

Je retiens deux expressions, que je cite de mémoire :

" Analyser le réel pour parvenir à l'intelligible" d'une part, et " ... où la façon d'être et la façon d'apparaître (et non de paraître) sont prises dans une même texture" d'autre part.

Comme illustration de la différence entre les approches "cartésianiste" d'une part et holistique, ou phénoménologique d'autre part. La silhouette restant la même, les riches et les pauvres se distinguent par les tissus employés.

On pourrait dire qu'aujourd'hui, plus personne n'ayant le goût et les moyens de s'offrir de vrais tissus, le choix de la différenciation sociale se déporte sur l'accessoire, plus visible que le bijou, d'où le succès du sac emblématique de la volonté petit-bourgeois de " faire chic".

Car suis venue aujourd'hui vous parler de la notion de " communauté intériorisée". L'idée est de gérer une succession, celle de la communauté intériorisée, avec en toile de fonds l'Histoire de l'Art, et l'humanité en général.

Cf. également cet article :
" On peut citer les listes généalogiques de la Bible, comme souci d'ordonner ce qu'il y avait de plus important au monde, la filiation du divin au royal, après la cosmogonie première. Dans ces temps, les cieux ne se distinguaient pas des mers comme l'atmosphère de l'eau, encore moins par leur composition chimique, mais par le nom de la divinité qui s'en occupait."

Alors, l'idée est la suivante. le décor, c'est celui d'un aller-retour entre l'individu et la communauté. L'individu, lorsqu'il est enfant, est éduqué par une communauté qui lui transmet, pour faire vite, une certaine " image du monde". Comment fragmente-t-on une " image du monde " la faire passer dans la tête d'un enfant, voir ici.

Donc l'enfant en éducation reçoit une image fluide du monde, qui lui est versée par ses précepteurs dans les oreilles, et comme le bateau de la bouteille, reconstitue ses structures une fois dans le cerveau.

Puis, cet enfant devenu adulte va alimenter à son tour, en sens inverse, la mythologie mondiale et contribuer à modifier, à redessiner, les structures de l'image collective du monde déposée dans la culture.

Entre toutes ces images, ces représentations, pourrait-on dire, il en est une intéressante qui est l'image que la collectivité se fait d'elle-même lorsqu'elle s'idéalise, lorsqu'elle se projette à son tour sur le mur de la caverne, sur l'écran du cinéma, pour se regarder exister. C'est donc la " collectivité idéale", qui lui sert de modèle.


L'Olympe en est je pense une des premières représentations qui nous soit encore aujourd'hui à peu près correctement accessible. Auparavant, mettons le cadre de l'épopée de Gilgamesh, ou pire les temps du mégalithisme, je ne vois pas comment se faire une idée correcte de cette projection. J'ai essayé avec les Incas et les Maya, mais je n'y parviens pas.

L'Olympe, c'est donc la communauté projetée, la communauté qui se donne inconsciemment pour idéal ce qu'elle représente consciemment comme la supra-réalité, la méta-physis, au sein de laquelle elle dit aux autres, et notamment aux enfants lorsqu'elle les éduque, qu'elle évolue en réalité et qui est donc la réalité.

Quels peuvent être les successeurs de l'Olympe ? Quelles représentations de soi-même la collectivité se donne à elle-même à observer, en tant que cadre dans lequel elle évolue ?

In fine, cette réflexion introduit la possibilité d'être à soi-même ce que le successeur est au gérant d'une boutique, d'être son propre successeur, mais sans l'obligation corollaire généralement admise, qui est d'être à soi-même identique.

On me dira que c'est une évidence, ce dire que je ne suis pas la même qu'il y a un instant. Et pourtant, comment nous vivons-nous sinon comme une permanence dont nous quêtons l'unité, ou plutôt les bases mêmes de ce qui pourrait constituer une unité ?

Que cherchons-nous sinon ce graal, mais ne cherchons-nous pas l'unité dans la permanence, comme indissociable ?

A la suite de quoi j'ai ouvert un groupe Facebook pour cet outil de seconde génération, après les Montreurs de Marionnettes, et intitulé les Successeurs.

Tout cela pour introduire la succession dans les diapositives, nous y reviendrons. Et pour faire le lien également avec l'individuel et le collectif dans la culture.




4 commentaires:

  1. Voilà qui plaît. Et pour le triangle rectangle, 3,4,5. C'est tout Pythagore en facile à retenir. Mais oui, 3.3 + 4.4 = 5.5 . Si on m'avait dit ça plus tôt au lieu de faire des phrases. Pour les femmes, que nous adorons sûrement trop vous et moi, là, oui, les phrases. Grande amitié.

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  2. " Les femmes "... J'entre dans une perplexe divagation lorsque je vois un article défini employé à servir une généralité. Je me dis qu'il y a anguille sous roche :). Nous vous aimons, puisque nous sommes légion :)

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  3. Les fées adorent la reine des fées.

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