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mercredi 18 décembre 2013

Fiber heart, bonne nouvelle.

Tout d'abord, à propos de coeur, une bonne nouvelle, Dehors est revenue.

Dehors est une amie qui écrit des poèmes. J'aime presque tout de ce qu'elle écrit. C'est un peu difficile d'abord si on le prend du côté intellectuel, mais il faut ouvrir son coeur et écouter la musique.

Ses poèmes sont rares et il faut savoir les cueillir. Je connais un peu sa vie, et cela fait longtemps qu'elle est habitée par son chant, qui peut prendre des formes très variées. Elle plie le néologisme et l'orthographe à son flux créatif, plus elle se lâche, meilleur c'est. (Comme le reste et tout le monde, me direz-vous).

Bref, j'ai décidé de faire un lieu pour certains de ses poèmes, qu'elle m'a donné la permission de publier. J'en suis très touchée et je l'en remercie.

C'est

mercredi 27 novembre 2013

Orliinz, Baby

Parodiant et citant une tartine d'Olivier Baudu, je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'à Orléans, il ne se passe pas grand-chose.

Et pourtant, en allant faire un tour par ici, vous pourrez constater qu'il n'en est rien, ou presque. Peu s'en faut que ces chenapans me donnent l'impression d'un volcan qu'on croyait renaître etc.

Je sais qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, mais vous non plus. Alors en regardant cela, par exemple vous fait quoi ?

dans chrome, on peut zoomer... :p

" Le Labomedia a contribué massivement à l'éveil culturel de la population Orléanaise en lui offrant une exposition... que dis-je ? un véritable festival d'art numérique intra muros dont les quelques témoins accusent encore une tachycardie préoccupante.

En effet, ce matin, Philippe s'est fendu d'une performance multimédia hors du commun en déambulant dans la ville munie d'un système de surveillance pixelisé à l'acrylique (painted by Maria Roland). "


C'est un truisme mais tout de même, cela me scie de voir à quel point l'art des marges est poussé au fil des années par une force centripète jusqu'à être, non pas seulement amené vers la zone des préoccupations qu'on réalise, ou "compris" intellectuellement, mais assimilé au point qu'il ne constitue plus qu'une (mais pas au sens péjoratif) pratique d'initiation.
Ce que veux dire par là, c'est que cela me fait drôle de les voir faire spontanément ce que faisait Esther Ferrer, ou l'autre là, qui roulait une grosse boule dans Munich. Version 2013, dialogue avec l'espace surveillé par la caméra.

Rien à voir, mais, ailleurs, dans l'indifférence générale, un éventuel portique de contrôle des poids lourds ou quoi que ce soit d'autre, mais sans son autoroute...

source F6MIG


Bon, voilà... Au fait, saviez-vous que les étoiles de mer ?

lundi 11 novembre 2013

Autre temps, autre espace

Mes œuvres avancent en ordre dispersé, parce qu'il y a une grande partie du temps où "elles se font" qui est un temps où je ne les fais pas.
Elles se font en moi tandis que je suis loin d'elles, et lorsque j'y reviens, j'exécute.

Les créateurs trouveront cela évident que leur œuvre ne fasse pas appel en eux à ce qu'il y a de rationnel, qu'on planifie, qu'on déclenche, et qu'on réalise en suivant des étapes, mais à ce qu'il y a de plus intime, de profond et de personnel, d'émotif.
Et non pas pourtant de complètement irrationnel, au sens péjoratif que nous avons fini par donner à ce terme. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas, mais il ne s'agit pas là que d'une opposition de pure forme, et le mot " connaît " doit être entendu ici dans ses deux sens.
Non seulement il n'a pas de prise sur les décisions du coeur, c'est le sens que nous avons par exemple dans le vocabulaire du droit : " La loi française ne connaît pas telle notion".
Elle ne peut structurellement donc pas s'en saisir, ce qui est le fondement du droit, qui contrairement à toutes les autres idéologies, et c'est ce qui le rapproche le plus d'une science exacte, tient à définir ce dont il parle dans le même univers de croyance que ce dont il parle.

Le droit constate l'impossibilité d'inclure, d'intégrer la notion, il la reconnaît hors de son champ, mal définie "en son espèce par ce dont il dispose en un même champ pour la définir", et transforme cette distance en écart moral : il s'interdit de traiter la chose. Salutaire précaution dont se dispensent bien d'autres professions.

Mais aussi dans le sens " est tenu à l'écart " des desseins du cœur . Et c'est cette rancune qui lui vaudra le côté péjoratif. Les processus d'essai/erreur du cœur ont une logique " interne ", " parfaitement convenante" (au sens où Bimbenet a pu dire comme Semillade qu'une mouche est aussi intelligente qu'un être humain), n'ont que faire du regard a posteriori de classements qui se prennent pour de l'intelligence alors qu'ils ne sont que du langage.
Ils se prennent pour une introspection, une dissection cartésienne du monde qui confineraient à l'éclairement, alors qu'ils ne rajoutent qu'une couche de jargon.

Il y a donc des choses qui attendent, depuis des mois ou des années que moi, leur glorieuse créatrice, parvienne enfin à l'endroit d'où je pourrai découvrir le stade ultérieur de cette œuvre. Comme on arrive au point de vue sur la côté, d'où on peut admirer un panorama. Alors on s'arrête, on regarde, et le regard boit ce qui nous amènera suffisamment de savoir pour aller à l'étape suivante.

Évidemment, j'avance donc au milieu de mon monde. Les créateurs ont inventé depuis longtemps la réalité augmentée, ils vivent en son sein. Plutôt que de labourer jusqu'à l'épuisement pour tarir les maigres ressources de la réalité rationnelle, et obtenir fièrement les sales moissons de l'industrie mécanique, les créateurs préfèrent donner au temps les moyens de fleurir leurs chemins du monde, le temps de laisser épanouir, bourgeons, floraisons, treilles, pampres, où l'esprit pourra à nouveau ensemencer et fertiliser le monde dans la paix et la joie.

La rationalité " productiviste" stérilise le monde en répandant sur lui des pesticides intellectuels, ce sous le prétexte de ramasser en grand nombre des produits dont nous n'avons que faire, mais plus grave, qui nous empêchent de penser la suite en nous encombrant de schémas insipides.

A l'inverse des termes dont elle aime à se parer, elle ne produit pas, elle détruit. C'est la raison pour laquelle notre monde manque aujourd'hui singulièrement d'avenir, pour laquelle il n'a pas " de suite", parce qu'à force de le déshumaniser, nous avons empêché ceux qui l'auraient pu de penser les nouveaux schémas nécessaires à l'éclosion de nouveaux projets.


vendredi 18 octobre 2013

Comment vivre avec la mort

C'est le titre d'un ouvrage de Françoise Dastur, et j'ai trouvé dans ce texte, notes de lecture d'un autre de ses bouquins la phrase suivante :

" Comme il est vain de faire taire notre angoisse de la mort, mieux vaut la laisser lever en nous, s’appuyer constamment sur elle, s’y ouvrir et être pleinement disponible à son égard. Heidegger désigne par l’être-vers-la-mort cet exister sub specie mortis : vivre à chaque instant sous l’angle de la mort, avec l’infini, l’incommensurabilité de la mort en soi-même."

Cela me rappelle ce que disait Daniel Arasse de l'usage de la perspective géométrique dans l'espace pictural de l'Annonciation italienne, à savoir que cet usage s'articulait avec l'entrée, non de l'infini dans le fini, mais de l'incommensurable dans la mesure.

Et de faire mention que le pendant de l'Annonciation est bien cette sorte de " corpus" constitué de la passion et ses épisodes, qu'on peut réduire à un système bipartite comme l'Annonciation, constitué de la crucifixion et de la déploration.


Je me prends à penser parfois que le mouvement de recul de la Vierge n'est pas dû seulement à l'irruption de l'ange ou à une hésitation devant l'engagement, mais aussi à la vision ouverte de l'issue de ce dont elle acceptait le commencement et par le commencement, cette entrée en soi-même.


Comme s'il y avait irruption, par le négatif de la promesse d'éternité, et en ce négatif, de la prise de conscience la plus aiguë de la finitude.  Et pour citer encore Arasse, " du contenant dans le contenu".

mardi 15 octobre 2013

Automne

Trouvé ici cette phrase :

« Les grands désillusionistes, de Flaubert à Freud, ont mis en temps utile l’homme à nu..Mais qui lui remettra aujourd’hui les habits qui conviennent ? Comme l’ironie de Flaubert a merveilleusement réussi à pénétrer jusqu’ au cœur social d’un être humain !et comme elle est désemparée maintenant, l’ironie, la grâce critique d’un temps passé et racontable, face aux cicatrices durcies de nos paradoxes ! »

C'est le froid de l'automne, qui nous perce jusques au coeur. Je reboucle parfois sur de vieilles rancoeurs rousseauïsantes. Éviter la pratique de l'art, passer au large, le fuir même, comme les mauvaises fréquentations. N'empêche, ça m' adonné envie de relire Flaubert.

lundi 14 octobre 2013

Dialectice

Je me retrouve assez dans ce mode de narration, fluide. Trop peut-être, mais dans cette incapacité à saisir des souvenirs en fuite, à les organiser, à leur mettre des dates ou à en tirer quoi que ce soit, parce que comme il dit, cette " expérience oblique de la réalité " témoigne de l'irruption de la vie intérieure, comme un flux qui inonde sans cesse la toile, ne laisse à peine qu'une seconde de répit, lorsqu'on saute de côté des rails crissants, pour sauver sa peau, et que finalement, il n'en reste rien.

mardi 1 octobre 2013

Vla le choual de plastique, maintenant

J'avais déjà eu l'occasion d'évoquer la tendance à l'hénaurmissime qui s'était emparée de l'art contemporain, et j'en trouve ici une amusante radicelle ici, avec de discours édifiant :

"
Paris La Défense : le premier quartier d’affaires d’Europe, à l’épicentre du Grand Paris (vivement les répliques, qu'on en finisse)

- La Défense, épicentre du Grand Paris, mêlant intensité architecturale et humaine, en perpétuel mouvement (les travaux, quoi)
- un musée d’art à ciel ouvert proposant plus de 60 œuvres monumentales, parmi lesquels : Calder, Serra, Miro, Morellet, Takis, Agam...
- un espace urbain en effervescence : 150.000 salariés, 1.500 entreprises, 450.000 visiteurs par jour 
- un lieu d’exposition emblématique, le Cnit, devenu Grand Palais moderne 

" pour une édition 2013 des plus ambitieuses "  (au niveau pognon, sans doute)

Pour sa deuxième édition, Art DTC sera rythmée par de nombreux temps forts :
- une soirée de Preview le 18 septembre 2013 à 20h et un vernissage d'exception le 19 septembre 2013 à 19h30, ponctués de nombreuses performances artistiques (faut-il le préciser), en partenariat avec Le DTC

Soirée Fondations d’entreprise du 20 septembre 2013

Art DTC consacrera plusieurs temps de rencontre et de débat à « l’art de la démocratie », rythmée en particulier par une émission en direct de la foire sur radio DTC suivie d’une soirée où sera notamment présenté un des programmes les plus ambitieux de la Fondation de France sur la question. Sera convoqué comme exemple majeur l’expérience pérenne – et réussie – des Nouveaux commanditaires sous l’égide de la Fondation de France, avec une intervention de son instigateur, François DTCs.

La soirée sera l’occasion de siffler du champagne entre exploiteurs tables rondes réunissant les principales fondations d’entreprise soutenant l’art contemporain afin d’échanger sur l’enjeu de leur action au sein de la société civile.

Les résultats d’une étude inédite, conduite par un cabinet d’audit et de conseil en stratégie d’entreprises, (nan arrêtez de rire, c'est pas sympa pour les consultants encravatés qui vont vous expliquer comment faire du fric dans le monde de l'art) sur un thème lié aux engagements des entreprises à travers l’art contemporain, seront présentés au cours de la soirée. 


Devenez partenaire et rejoignez le "Cercle Art DTC"

Rejoindre le "Cercle Art DTC", c'est prendre part ou associer son image à cette saloperie mercantile ce temps fort du marché de l’art parisien. Pour nous rejoindre, cliquez ici.


Art DTC : la foire d'art contemporain de Paris La Défense, résolument connectée au monde des ordures de l’entreprise et des institutions

Une reconnaissance des enculés mondains de la sphère professionnelle événementielle venant valider le positionnement original (c'est à dire, de dos )et porteur d’Art DTC  une foire résolument orientée vers le monde économique et ses principaux acteurs.

Je passe sur les désormais inévitables anglicismes à la "Paris Fashion Week", ça ne se remarque même plus dans le buzz ambiant, la " preview" déjà notée par certains pour la foire de Bâle-Baal, mais je conserve le lien avec l'entreprise. On n'est plus ni amateur d'art, ni collectionneur, ni mécène, on est désormais " partenaire".

Comme le montre bien l'affiche, Baal règne en maître, et il prépare son fouet circulaire pour les désobéissants.  Moi j'emmerde je vomis les tas de plastique roses qui plaisent aux industriels, fussent-ils géants, et en forme de choual. Timeo leur enfer chimique, et dona ferentes !

Tu fais gros, tu fais cher, coco, les chefs d'entreprise aiment ça quand on amène ton oeuvre en hélico sur le parvis de la défense, ça jette, ça fait baver dans les bureaux, là-haut.

mardi 24 septembre 2013

Esprit, es-tu là ?

Je poursuis ma plongée dans l’œuvre de Lawrence Weiner,

Sinon je viens de commencer l'Art Impossible, de Philippe Dagen. Cela date d'une dizaine d'années, le temps de voir ce que sont devenus ses propos dilués dans la bière et le champagne londoniens.

Si on se dit que l'art admiré par ces gens a été produit pour eux, il faut admettre, en transposant le schéma, que nous, artistes de la campagne de France, promoteurs des idées de la décroissance, produisons avec nos oeuvres textiles un art qui correspond à cette catégorie de la population.

Nous créons donc les œuvres représentatives de certains individus prônant la décroissance en Bretagne en l'année 2013. Amusant. Et pas complètement déplacé. Après tout nous privilégions les matériaux naturels, et à aimons à représenter des fashion victims, les femmes opprimées...

Cela colle aussi avec notre tendance à revendiquer comme moyen d'expression les techniques traditionnelles, depuis le filage et le tissage jusqu'à la broderie. en suivant cette grille, c'est l'art du Larzac, comme on a celui de St Acheul, à peine plus âpre :D

Extrait de l'eau et transporté vers les étoiles

 Donc pour revenir à Weiner, plus je côtoie son œuvre et plus je suis étonnée de cette étiquette de " conceptual art", qu'il semblerait qu'on lui ait accolée. A juste titre, puisque ce qui est " passé dans l'histoire" ne peut plus être saisi autrement que comme un fait historique. Inutile d'en discuter la pertinence.


Mais bon, on a le droit d'en discuter en revanche les aspects archéologiques-du-savoir, à savoir ou bien c'est à dire ce que cela dit de la conception du " conceptuel" dans l'art, si tant est que le conceptuel dans l'art soit assimilable à la notion, ou pire à l'énoncé d' "art conceptuel", et beaucoup s'en faut.

Depuis, j'ai trouvé une interview au cours de laquelle Weiner semble dire à son interlocuteur que ce dernier " aime beaucoup " le mot de " conceptuel ", mais que Weiner, lui ne s'y retrouve pas tant que ça.

Mis sur l'eau en dessous des étoiles


Or donc disais-je l'art de Lawrence Weiner a côtoyé les plaques de fonderie des bascules pour les poids lourds dans les usines, des inscriptions de dimensions importantes en ferraille, des saignées dans la terre etc. il n'y a parfois rien de plus lourdement matériel que ses œuvres alors pourquoi serait-il  " conceptuel" ?

Peut-être parce qu'il est un des premiers à avoir franchi le seuil où il fallait plus, beaucoup plus de médiation. Où le discours devenait sensiblement une nécessité de l’œuvre et non plus un accessoire. Comme par exemple verser de la peinture, ou pourquoi prélever un morceau de lino.
Mais était-il besoin d'expliquer que les "many colored objects..."  concernaient aussi les briques de support du mur ?

Peut-être également parce qu'il y avait toutes ces idées associées à l’œuvre, et qu'il fallait les expliquer également. Comme par exemple que les gens emportent une partie de l’œuvre sous leurs pieds. Mais était-il besoin de dire que cela balisait la ville, et que cela renvoyait aussi à cet artiste qui promenait une grosse boule dans les rues de je ne sais plus quelle ville allemande ? Encore plus, sans doute.

Le geste de faire rouler une grosse boule, comme le scarabée, ça se passe d'explication. Mais il me semble que faire remarquer au spectateur tout ce qui se passe à cet époque, et comment l'art circule dans la ville et dans le territoire pour le baliser, c'est important aussi.

Donc conceptuel " avec objet", et non pas " sans objet", comme la manœuvre consistant à faire fermer le Louvre deux minutes plus tard, sauf à considérer que c'est le musée entier avec son contenu, qui est saisi en tant qu’œuvre offerte deux minutes de plus au public.



Cela me pousse à reprendre mon esquisse sur les catégories de relations de l'acte artistique * :

A - Les cercles de personnes : moi, les autres, le monde

B - Mon rapport au monde peut être appréhendé aussi via

  1. Les cercles de concepts :
  • La culture : ma culture personnelle (initiale, puis continue), insérée dans ma culture collective (initiale, puis de contact)

  • Liés à l'art : ce que j'assume / ce que je n'assume pas (consciemment ou inconsciemment dans les relations :

         - avec les artistes passés, les œuvres passées (avec ou sans objet), les courants passés

         - avec les institutions artistiques (marchés, prescripteurs, institutions, structures d'éducation)

Mon rapport aux courants passés l'est en fait à leur instance présente, ce qui les rattache non plus seulement au monde, mais à moi-même, puisqu'ils peuvent aussi être appréhendés via mes rapports :

- personnels à mon œuvre : à l'objet (présent ou absent) créé, à ses conditions de création, à mes obédiences conscientes et inconscientes, à mes rejets conscients et inconscients.

Il me faut maintenant voir comment ces conditions fonctionnent sur la création de divers moments de l'art. Commencer peut-être par baliser avec de gros repères, puis affiner.

Mais bon, je n'aurai pas trop le temps. Je viens de mettre la main sur une collection de BAM des années 90, et je vais me faire une autre plongée là-dedans.

* Lorsque j'opère ces découpes, elles sont signifiantes. Avec le temps, lorsque je reviens dessus pour les publier, j'ai la sensation étranger d'un " coup d'épée dans l'eau". Non pas qu'elles ne soient pas pertinentes, et lorsque je les reformule, elles fonctionnent encore. Mais en fait, une fois le livre refermé, l'eau se referme.
Je n'ai rien ouvert de définitif; rien séparé.
Certes, tout cela est vrai, et alors ? Sur la réalité, c'est inopérant.  Enfin disons, inintéressant. On s'en fout. Donc je le garde sur l'étagère des performances. Ah ah.

jeudi 19 septembre 2013

Yoga par ci, yoga par là...

La position des Trois Mauge.



 Quand je disais " Le sang a forme d'homme, on ne peut le nier", je voulais dire ceci :


 Et c'est indéniablement la même structure de pensée qui a présidé à la construction de cela :


 La position des " 3 Mauge " reste valable quel que soit le support et le type de représentation.

mardi 6 août 2013

Chounette, le retour de l'art contemporain.

Je l'avais entendu sur Fc à propos d'Alias Ali, j'ai retrouvé son blog par hasard, à Frédéric ROUX.

A propos de retour de l'art contemporain, je regrette d'avoir raté ceci à l'époque. Cela fait toujours rire, mais c'est meilleur quand c'est frais. On doit en trouver cet été, ça me donne envie d'en ouvrir une collection moi, tiens.

Où les (presque) baleines vont mourir

Là je n'ai pas fini de souffrir

Entre les biscuits et la fin de la grossesse,
Au près serré le long de la chute
J'hésite à tirer un bord.

Commençons.

Tobie le psychanalyste éternel, et Ichtya le finisseur de noyaux.




Du champ du gré
Au Luxembourg, seuls pourront se parer de ce titre ceux à qui le ministère aura délivré la patente.

Tenir encore 7 jours après la mort (Avec la mort)

Avant que je manque à la famille.

J'ai les genoux serrés dans la chaleur

J'ai reconnu le retour.

L'éternel a quatre pattes.

Voir le chemin tracé par le chant qui guide dans le bruit du chaos.

La main sur la rampe, je vois le sentier disparaître dans les vieilles ronces.

J'hésite à m'y engager. Mais le soleil est bas sur l'horizon. Bientôt, si je veux faire les premiers mètres de jour, ce qui serait plus prudent, il faudra choisir.

mardi 30 juillet 2013

Matin d'orage, magic garden



Après l'orage du matin, nous voilà partis sur le chemin derrière la maison.


 

Quelques fleurs solitaires accrochées au pignon. Comme elles je suis seule au milieu de tous. Des fleurs du genre à s'accrocher derrière l'oreille, mais elles sont trop haut.

Et là, tapi derrière l'allée des perles blanches, et on se mouille partout pour y aller, tant tout est encore plein de gouttes, le paradis inattendu, explosion d'hortensias blancs.



Un petit faune et sa flûte nous accueillent dans un des carrés.


Et celles là, elles sont magiques. Quatre pétales blancs en losange, deux grands et deux petits imbriqués, et en leur cœur un minuscule pistil turquoise à défaillir. Tout un buisson de ces gemmes impalpables, éclatant sous le scintillement des gouttelettes.



Les voilà, dans un bouquet de leurs sœurs fanées.


Des petits bassins mangés par les mousses, l'air est doux, et on s'attend à voir une nymphe traverser le bosquet.

Je ne sais pas si ça se voit mais les rose et vert tendres de ces choses sont inimaginables de douceur.



Encore les hortensias.



Encore les fleurs magiques...


et un petit bonhomme, sans doute le gardien des lieux.


Il a bien fallu sortir du paradis pour aller dans un petit coin que les enfants appellent "le marais", et qui a lui aussi quelque chose de premier, une immobilité des eaux autour de pierres rondes...


Au retour on a retrouvé le sentier qui mène au Trou du Diable, brrrrr.


So many pieds de maïs, so few sentiers...

Après ces orages qui m'avaient presque épuisée, j'ai dû encore traverser une sorte de tempête de sentiments contradictoires. Bercée à l'unisson de cette belle émission, donc. Avec Stéphane Barsacq qui parlait de Cioran.

Un peu agacée tout de même par ce mouvement inconscient de l'animatrice l'empêchant de se détacher du politiquement correct qui veut qu'on à vende la vie et donc, " tout de même ", l'enjoignant de ne pas adhérer à ces idées de suicide, enfin, allons...

J'ai aimé quelque chose comme " ne plus avoir pour la vie qu'une froide mémoire et un regret poli". Avec la route qui défile, c'est parfait.

Bref, peu importe, j'étais seule. Encore dans le déchirement de la rupture, comme à chaque fois, la proie alors d'une solitude dernière. Clairement établie, par l'habitude, maintenant.

Clairement établis ces deux blocs que je considère de haut, perspective divine, et que je vis attachée par les poignets, entre ces deux blocs, suspendue dans le vide.
A gauche une solitude absolue, et pourtant vécue au milieu d'eux. Ils me sont étrangers. Phénomène bien connu..
Et à droite une solitude due à leur absence, et pourtant relative, donc, sélective. Sécative. La solitude de la fleur coupée.

Et deux autres blocs encore : Derrière, le manque, qui mord. Du domaine du sensible, du proprioceptif. Comme la faim ou la soif.  Et devant moi la liberté retrouvée.

La liberté conquise par cette lutte : avoir réussi à faire d'eux, au moins en partie, les étrangers qu'ils étaient par nature.
Le manque comme source de la solitude relative, comme un fil qui se distend infiniment derrière moi au fur et à mesure que la voiture roule et avance, enroule le film du paysage devant moi, que s'estompent les images de fleurs blanches, de leurs silhouettes disparaissant, s'effaçant des souvenirs de fleurs, devenus photos.

Je ne suis plus victime de ces quatre blocs, je les vois distinctement, je les isole, ils ne sont plus moi, mais seulement des composantes de mes émotions. Je peux m'y rouler à nouveau, à volonté. Mais pas trop car si une chanson d'amour me surprenait au milieu de la roulade...
Alors l'ombre me froisserait à nouveau comme une feuille de papier et me jetterait au feu, qui ne ferait de mon cœur  qu'une étincelle.

Un kilomètre après l'autre, descendre de la voiture. Puis il faudra mettre un pied devant l'autre, pousser la porte et parler.
Passer en un instant d'une solitude à l'autre. Celle qui ne permet pas de répit, sinon à rembobiner le film du jardin, et celle qui ne le monnaye qu'au prix d'une dilution en l'autre.

Lorsque mon pied se lève pour quitter mon théâtre intérieur, lorsqu'il se pose pour aborder à l'autre, entre ces deux instants, j'ai peut-être senti vaciller un moi, dans le choix que j'ai eu, ou pas eu.

Dans la décision de quitter un non-moi pour un autre, dans cette décision où je ne peux m'installer, seule brève sensation d'une absence aux deux modes de la présence à ce qui n'est pas moi, et fatiguée de retomber de chaque côté de la crête.

Pressée d'y retourner, sitôt les yeux fermés, pour y être enfin seule.

Et demain, tenter de me retrouver.

Construction du réel (comme dans "la construction de l'ennemi")

Cette émission (Laure Adler, France Culture) rejoint une autre, mais de cette dernière je ne sais si je l'ai mentionnée, qui parlait du déclenchement des révolutions.

On y disait comment un peuple peut supporter indéfiniment un état de joug ou d'esclavage, disons aussi longtemps qu'il ne s'est pas trouvé un idéologue pour mettre en formules cette souffrance, afin en quelque sorte de pouvoir la symboliser, la représenter dans la mise en mots.

On retrouve dans les propos de Slavoj Zizek, philosophe slovène, des commentaires et illustrations d'une idée présentée comme Lacanienne que le réel ne fonctionne (comme réalité) qu'une fois qu'il a pu être symbolisé. (J'ai parfois repensé au Paulhan des Fleurs de Tarbes).



On comprend aisément que ce mécanisme de construction, vu cette fois du côté de ses lacunes, de ses ombres provenant de la contre-forme, peut engendrer un déni de réalité.



C'est ici que grâce à ce que Lydie m'a dit des travaux de Kühn, je peux réintroduire la psychanalyse, ou plutôt le peu que j'en connais.


L'idée serait de dire qu'on peut transposer le modèle de la personne unique à un groupe social, et étendre le malaise du déni de réalité à une population, et une époque.


Dire par exemple que notre époque serait comparable à une période de guerre, si traumatisante que malgré les évidences que nous avons sous les yeux, celles-ci ne  forment pas pour le groupe social un "réel collectif", non intégré comme une réalité extérieure, cette distorsion générant un malaise grandissant et impossible à dissiper.

Comme un joueur compulsif qui s'endette, en pensant toujours se refaire plus tard, comme un mauvais commerçant qui s'entête en rêvant à des lendemains qui chantent, de même une mauvaise société refuse de voir les leçons à tirer de ses erreurs par peur des changements qu'il faudrait préparer, entretenant via ses media l'illusion toujours plus impossible à soutenir contre la réalité, que tout va bien, qu'il suffit de garder le cap et qu'on va s'en sortir dès que le vent de la chance tournera.

Ce qui explique qu'au lieu de pouvoir gérer les migrations dans une sérénité disposant de ressources, on se retrouve dans une situation de " pompiers", gérant les changements nécessaires par crises et révolutions.

Hélas ce n'est pas aussi simple car pour circonvenir le déni de réalité, faut-il de prétendre pouvoir définir ce que serait une " réelle réalité " contre laquelle la précédente ferait défaut.
Devant cet obstacle, je passe la main, et je ne conserve que ce questionnement de la validité des transpositions de l'individuel au collectif dans l'analyse. Ou pour être précis, de la pertinence de prendre le sujet comme unité de compte du groupe, étant donné le peu que nous connaissons du premier, et que nous n'analysons le second qu'en termes de langage.

lundi 24 juin 2013

Musique, danse, théâtre

J'ai entendu l'autre jour sur France Culture une émission sur le " Stride". C'est un style de piano des années 1920 développé aux USA.

Ce que je veux dire est que le pianiste était capable de jouer plusieurs versions, " à la manière de", et surtout, que lui et le journaliste tombaient d'accord pour dire combien on entendait dans cette façon de faire les accords, l'influence, d'un pianiste et compositeur précédent.

En ce qui me concerne, si j'aurais pu vaguement qualifier cela de " ragtime", j'aurais été bien incapable de rapprocher la version simple de celle comportant des fioritures, etc.

Il y a tout de même là quelque chose de fondamental dans la différence par rapport aux arts plastiques. Je pense que telle personne qui est incapable de nommer les peintres ayant exécuté deux Vénus peut montrer du doigt les similitudes visuelles entre les deux tableaux. Elle les voit
Les similitudes entre les deux morceaux, je ne les entends pas.

L'absence, dans mes billets, de mention à la musique, à la danse et au théâtre n'est donc pas due à un mépris dans lequel je tiendrais ces arts, mais à une ignorance crasse. Cela m'ennuie, compte tenu des hautes ambitions que mes propos ont vis à vis de l'art "en général", mais aussi du fait que le théâtre fut historiquement porteur des thérapies de groupes et autres expériences d'expression populaires telle que décrites dans cette autre émission.
Je vais tenter de combler cette lacune.



Après-midi de pluie

La dernière chose que j'ai faite dans un prince était de discuter les tarifs du gaz avec les producteurs.
Après, nous avons goûté, le prince était triste, j'ai pleuré.