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samedi 27 juillet 2019

Issue de secours

Ce que je souhaite dégager comme conclusion, de cet article, comme de cet autre, ou disons, ce que j'espère faire émerger comme sentiment chez le lecteur, c'est que la crise est spirituelle.
Spirituelle parce qu'elle touche au sacré, au sens de C.L.-S., c'est à dire de ce qui ne s'achète pas. C'est à dire que les remèdes apportés à la crise sont à l'opposé de la maladie qui la crée.

Vous pouvez toujours injecter tous les milliards que vous voulez dans un système, si les gens ne souhaitent pas le cautionner, ce n'est pas parce que le système tourne deux fois plus vite que cela va les motiver, bien au contraire. Si vous donnez deux haches au bourreau, ce n'est pas ce qui va donner envie aux gens d'aller se faire couper la tête parce que la file d'attente a diminué.

Et pourtant si,  il y en a que cette envie touche ! En symétrique à ceux qui se désengagent, dont j'ai parlé ici (1),  il y a ceux qui pensent qu'en faisant travailler frénétiquement les derniers qui restent environ 45h par jour pour un euro par mois, couverture sociale à tes frais, on atteindra le degré d'exploitation de l'ouvrier chinois. C'est oublier que le Chinois est capable d'appeler ses enfants "Victoire du 8 mai 45" pour montrer à ses voisins combien il est patriote et conformiste, d'afficher qu'il a lu les documents du parti pour prouver aux autres combien il est lèche-cul, et d'accepter n'importe quelle brimade s'il n'est pas sage, tellement il est con et soumis dans son comportement de fourmi exploitée et humiliée.

Quand les Chinois s'éveilleront, ils viendront grignoter nos forêts pour apaiser leur faim, c'est tout.

Comme dans d'autres, Internet a pris des raccourcis dans ce domaine. Il y a 15 ans, c'était des sites d'achat groupé qui se créaient, tout fiers d'acheter moins cher aux Chinois dix merdes dont on n'a pas besoin, dix merdes en plastique destinées à la poubelle océan, et dont le prix leur permet d'exploiter cent personnes. Aujourd'hui ce sont des réseaux type gensdeconfiance.com. On achète désormais sa lampe sur le bon coin, et on sait que neuve, elle sera de toute façon à prix ratiboisé. 

A propos de ratiboisé, ce qui dégage aux USA, ce sont les magasins "brick and mortar". 

Visés : Subway, Winn Dixie, Sam's Club, Foot Locker, Crocs, Walgreens, Toys R us, Best Buy, Abercrombie, The children's place, Sears, Kmat, David's Bridal, PetSmart, Dolar Tree, 99 cents, Tom Shoes, Pier 1, Neiman Marcus, JCrew, BevMo, Bluestem, Fairway, Guitar Center, Salve lot, bref, depuis les 1 dollar jusqu'aux spécialisés, en passant par la bouffe, les médocs et les fringues, toutes les boutiques physiques dégagent. 

Deux causes : la désaffection des malls, et la montée de l'achat en ligne. La première étant largement une conséquence de la seconde. Il y en a bien une autre, de cause, dont ils parlent moins, c'est que les gens n'arrivent déjà plus à payer leur loyer. 

Maintenant, ils ont viré tout le monde, fini ces employés trop chers, dans des magasins devenus beaucoup trop chers. Du coup, Sears ayant viré les clients de Kmart et vice-versa, chacun ayant privé l'autre des revenus nécessaires à sa propre survie, il reste des sites web et quelques milliards de dollars de dettes.

Comme on va leur faire croire que c'est à cause des vilains iraniens que le prix du pétrole explose, ils ne sont pas prêts de reprendre la voiture, qu'ils ne peuvent pas payer, pour aller faire des courses qu'ils ne peuvent pas payer non plus.
On temporisera en leur faisant croire que la faute en est au Kurdistan irakien, qui lutterait pour son indépendance, alors qu'il s'agit en fait de protéger les champs de pétrole du nord de l'Irak, et le réseau d'oléoducs qui amène le pétrole en Turquie. Il faut arracher la SOMO à Bagdad et organiser le rapprochement avec le grand Turc, c'est un peu chaud, mais sous l'égide du pognon, tout finit par se faire. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles le barbouze qui sert de président à la Turquie s'accroche au pouvoir, c'est qu'il sait qu'il touchera le pactole quand on lui demandera de feindre la clémence envers ces pauvres Kurdes qui veulent un asile de leur terre sacrée pour enterrer leurs morts.

 Cette temporisation reportera de quelques années le dernier choc pétrolier, puisque ces braves gens ne produisent que 1 % des besoins mondiaux. 

Le constat est clair : ce que cherche l'être humain, c'est un peu de confort matériel et beaucoup de spiritualité. L'issue de secours est donc évidente : après l'effondrement de l'actuel système économique, et les quelques générations de chaos qui s'ensuivront, le temps qu'on use les armes fabriquées, l'humanité bâtira un autre système, sur de nouvelles fondations, spirituelles, celles-là. On reviendra à la recherche du plan des plans, et autres vieilleries tombées dans l'oubli, car méprisées par l'élite des orgueilleux imbéciles qui se sont crus arrivés parce que capables de fabriquer un GPS pour aller nulle part, et qui continuent de passer à tour de bras des décrets stupides depuis leur bureau en or..


Je rejoins un peu cet article, qui insinue l'idée que nos errements épistémologiques actuels nous sont comme un point aveugle, parce que consubstantiels à la construction de notre système de pensée, laquelle est éminemment linguistique, et in fine topologique.
La disposition imposée par les signes de la connaissance, au sens topologique le plus rase-mottes du terme, a informé ce système, et on peut même émettre des doutes sur l'impact de l'alphabétisation de la trace écrite.

Enfin, l'alphabet ! Voire... Je me méfie de tout ce qui est en : "Enfin, X !" 

Eh bien de même ici, le développement aberrant des sciences et techniques (2) pourrait nous conduire à considérer une certaine forme de retour en arrière. Après tout, lorsque notre orgueil aura un peu baissé, et que nous aurons admis que nous pouvons nous tromper, cela ouvrira la possibilité d'admettre que lorsqu'on s'est trompé de chemin, le meilleur moyen, voire le seul, est de rebrousser chemin jusqu'à la patte d'oie pour prendre l'autre direction.

Il faudra attendre la fin des hauts cris sur le " recul", le "progrès" et autres billevesées, pour admettre que reculer vers ce carrefour, c'est progresser. Heureusement, la fin du pétrole va nous aider à parcourir ces 5000 ans à l'envers.

On fera comme les Romains, des piscines, de la musique et du théâtre, seules choses indispensables à l'homme, finalement.


(1) J'insiste sur le fait que ce " désengagement" n'est pas une chose faite de gaîté de coeur par les victimes. Cela relève plutôt de la dépersonnalisation, ce mécanisme de défense du psychisme qui touche par exemple les victimes de viol. Pendant l'acte, l'esprit se "déconnecte" du corps afin de ne pas subir le traumatisme trop brutalement, de le regarder "de loin", comme un film. Ce qui n'empêche pas les dégâts de se produire, mais sur le moment, cela atténue la souffrance. C'est par la suite qu'il faudra recoudre cette déchirure dans le tissu de la vie de la victime.

(2) Non pas en termes de légimité, bien sûr. Ce que fait la Médecine aujourd'hui est la plus belle des aventures humaines avec le boogie woogie, mais en termes de coût. Nous n'avons pas les moyens de nous le payer. Ou alors il faut arrêter de fabriquer des avions à la con. Ah, ben ouais, tiens.

dimanche 14 juillet 2019

On n'a pas le cul sorti des ronces

Donc, suite à ce magnifique article, je dis qu'il va bien falloir prendre en compte ce problème de l'engagement. On peut le nier. On peut récuser le problème de l'engagement, et laisser le libéralisme aller jusqu'au bout. Sans problème. On sait déjà ce que ça donne avec les expériences locales, ça aboutit à cela :

Pute seule


En 2021, couic, plus de lumière pour ces jeunes cons !
C'est extrait d'une vidéo Toitube intitulée "bangkok nightlife 2106".

Pute avec vieil Européen friqué
Après nous avoir vendu leurs produits de merde, ils finissent de nous rincer en suçant la retraite de nos vieux. Ils font fort ces Bangokais.

Comme au bon vieux temps du saloon, les mecs qui claquent leur paye en putes, les vieux qui se la jouent. Je suis sûr que même le spanking était là, mais moins visible. Entendons nous bien à titre individuel, je n'ai rien à foutre de qui baise qui, et s'ils veulent livrer leurs mômes, moi chu d'accord. Ce qui me gêne, c'est que de toute façon, quand t'en es là, t'as plus le choix, la mafia te remettra dans le droit chemin si tu oses émettre un doute. Va dans ces couloirs, amuse-toi à te promener avec un panneau prônant la redistribution des profits aux plus démunis, tu vas voir...

C'est ici que les menteurs néo-libéraux, capitalistes, qu'on les appelle comme on voudra, on voit qui c'est,  commettent le pire dans leur mensonge. La liberté dans les affaires, c'est à dire dans ce qui appuie chez l'humain sur le greed, se terminera toujours dans non-liberté de la mafia. 

La loi défend toujours plus ou moins le faible contre le fort. Aussi, ceux qui sont un peu forts parce qu'ils font partie de la classe dominante, se sentent-ils pousser des ailes. Alors ils ruinent le système de protection sociale, pour laisser le champ libre aux plus forts. Eux-mêmes, pensent-ils, bien sûr. 
Mais pour chaque sou qu'ils gagnent avec leurs lois qui laissent aux entreprises la bride sur le cou, la mafia en gagne dix, étend son pouvoir et sa puissance. 

C'est exactement ce qui se passe en ce moment. Les salopes en col blanc, persuadés que de tout privatiser, bétonner le littoral, et permettre aux entreprises de détruire la planète, vont les enrichir ont ouvert les vannes du libéralisme. Ils pensent pouvoir faire les paons devant les "lobbyistes des multinationales". Demain ils feront dans leur culotte au bout des canons de la mafia :D 

Vae Victis. VOUS AVEZ VOTÉ POUR CES ORDURES, vous avez voté pour eux. 

Oui, vous les avez portés au pouvoir, par peur du noir, du mendiant, du rouge, de tout. Par peur que le système ne puisse pas nourrir tout le monde, vous l'avez livré aux spéculateurs, pensant vous en sortir, mais vous serez balayé comme les autres, pays de petits retraités poujadistes avec leur SUV à crédit, payé en faux billets par la BCE.

 Tiens, pour finir sur une note gaie, un trait montant de la crétinerie ambiante, mélanger les prépositions. Par exemple, le crétin de site Daily Geek Show écrit :



Dans le contexte, il aurait fallu écrire : " n'est plus DU goût des autorités chinoises". N'est plus "au goût" signifie que, auparavant, des artisans fabriquaient ce bikini ad hoc, pour qu'il corresponde au goût des autorités (1)

Ainsi France Info, qui baisse chaque jour la tête devant le petit nazillon ambassadeur du libéralisme, nous a-t-elle rebattu les oreilles des affaires " mises à jour " par Mediapart concernant le ministre du spectacle de la non-transition écologique. Tous les journalistes ont cancané l'ânerie, faisant résonner la basse-cour de leur bêtise.

Il s'agit d'affaires "mises au jour", évidemment. On parle de "mise A jour "pour un logiciel.

Il nous reste donc à revenir sur ce problème de l'engagement. Je précise tout de suite qu'il n'est pas question de le voir comme l'existentialisme l'a fait, ni même comme dans le beau Dogville de Lars Von Triers,  prisonnier d'une logique binaire avec la responsabilité individuelle, longtemps embourbée elle-même dans un corps à corps avec la grâce divine.

(1) Toutefois, le bikini pékinois n’est pas le seul comportement désormais prohibé par la ville de Jinan. Parmi les autres interdictions, on note qu’il est désormais interdit d’ôter ses chaussures en public, de cracher par terre, de resquiller dans une file d’attente ou encore de promener son chien « de manière incivile ». Néanmoins, c’est l’interdiction sur le bikini pékinois qui suscite le plus de controverse.
Le Washington Post rappelle effectivement les origines de cette pratique insolite. Le fait d’exposer le diaphragme ferait évacuer les énergies chaudes du qi autour des organes, ce qui est bien pratique dans une région où la température atteint facilement les 36°C.
Outre la question pratique, le bikini pékinois fait débat chez les internautes en ce que certains pensent qu’on devrait laisser les personnes âgées agir comme bon leur semble tandis que d’autres déclarent qu’il devrait juste y avoir des critères esthétiques à prendre en compte. Par exemple, si le ventre est ferme, la pratique peut être autorisée mais si elle est flétrie ou que le corps n’est pas beau, cela devient indécent. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Alignements.

C'est marrant, quand je vois Le Petit Chemin, ce blog dédié à l'étude de mes vacances au Lavandou, une chose me revient en cette période de canicule, c'est le nombre de ces longues années qu'il m'a fallu pour faire l'apprentissage de l'eau. Je veux dire apprendre comment gérer l'eau pour guérir les brûlures de mon corps.

Avec l'âge, les choses empirent, et aujourd'hui à la moindre chaleur, au moindre effort, il faut que je prenne une douche pour évacuer l'impression de brûlure, l'inflammation des tissus, l'aigreur de la transpiration qui ronge mes chairs comme un acide.

Bien sûr à l'époque c'était moins grave. Mais tout de même, c'était déjà là. C'était surtout sur les épaules, la sensation de brûlure du sel à faire disparaître. Si la douche de Jacky était coupée, s'il me fallait remettre le tissu des vêtement en contact avec la peau crispée par le sel (on ne se baladait pas torse nu en dehors de la plage à cette époque), alors le chemin serait long, et je me jetterais sous la douche avant le dîner, bien que nous ayons été alors déjà sommés de venir à table prendre ce dîner préparé qui nous attendait (1)

Mais ce qui m'intéresse dans cette histoire, c'est comment l'idée de souffrance morale et de souffrance physique sont entremêlées :. Si ces vacances m'ont aidée à identifier la notion de paradis, c'est un peu aussi parce que là-bas, même si c'était le pays du soleil et de la chaleur, il reste que sa malédiction, la blessure, la brûlure pouvait être conjurée tout de suite en se plongeant dans l'eau fraîche. le remède était là, à 5 mètres du parasol. 

Pour le dire autrement, ce qui est étonnant, c'est que ce souvenir de paradis joue sur un critère biologique. Un caractère inné, si tant est qu'il en existe. Mais cette intolérance à la chaleur sèche est héréditaire, je le sais par ailleurs. J'ai dans mon corps un défaut auquel remède fut proposé, dans mon enfance. Le premier est de l'ordre du passé. Mes grand-parents maternels décidèrent d'acheter au Lavandou, lieu du remède, et léguaient en même temps le mal dans leur gènes, à ma mère. Le second est de l'ordre d'un vécu personnel. J'ai appris là-bas que j'hébergeais un mal qui répondait au climat du Lavandou, mais dont l'eau fraîche qui le baignait était le remède.

La terre était sèche est brûlante, le soleil implacable dans le ciel, et rare l'ombre des arbres, l'herbe au dessous, sèche. Mais l'admirable ciel marine, liquide, qui nous accompagnait, plutôt sur la droite, répondait aux douches qu'on trouvait dans l'ombre fraîche des maisons : c'était le répit, la réparation, la souffrance qui s'en allait, qui refluait comme une marée.

Le temps obéissait aussi à cette partition. Il y avait les matins et les soirs, frais, "normaux", et le midi brûlant, qui nous voyait parfois courir sur le macadam pour ne pas se brûler la plante des pieds.

Vous allez me dire que je fais un alignement, une singularité, d'un énorme recouvrement statistique : sur les millions de personnes ayant été passer leurs vacances à cette époque sur la Côte d'Azur, des dizaines de milliers souffraient de sécheresse de la peau. Certes, mais ce qui m'intéresse, c'est que ce fut le cadre d'un apprentissage. Il m'a fallu des années pour établir les relations causales correctes entre sensation de malaise et chaleur, entre soleil et sécheresse, entre eau et bienfait, entre environnement et fraîcheur.

Toutes ces notions se sont présentées au départ en ordre dispersé. C'est moi qui ai appris à les aligner dans le temps, à faire faire à mon corps un parcours dans tel ordre, afin de gagner le bien être et d'éviter au maximum la souffrance.
J'ai aménagé, non pas mon environnement, mais mon comportement, de manière à minimiser la souffrance. Et je pense qu'il en est de même sur le plan psychique. Il faut une vie pour apprendre à éviter les sources de souffrance, et trouver les sources de remède.

Bon, sinon un autre alignement, the larch. Alignement de trois points. Le premier point est un rêve que j'ai fait il y a plusieurs années : Flottant dans le cosmos (car que faire dans le cosmos à moins que l'on y flotte), j'observais ce que j'ai appelé ensuite "la bouche d'ombre", tant elle était plus une sorte de trou noir que de chose visible. Mais à coup sûr une bouche.
Et cette bouche, créatrice initiale de tout, parlait en silence. On devait lui déceler tout de même quelque contour, puisqu'il me semblait voir des lèvres se mouvoir lentement, plutôt de couleur verte.

Schéma de principe


 Ce qu'elle "parlait", ce sont des choses qui seraient aux schémas de principe ce que le schéma de principe est au schéma pratique.

Schéma pratique


Voire même de niveau supérieur. Un plan des possibles, des ensembles de règles, indiquant la marche à suivre pour confectionner quelque chose. Ce que nous appelons "le monde" est l'espace où ses schémas de principe à elle s'instancient en schémas pratiques.C'est à dire par exemple en un univers avec des humains qui pensent le niveau du dessous.


Schéma d'implantation

L'être humain, percevant ce schéma pratique, le réalise alors sous forme d'implantation. Il appelle cela "passer de la théorie à la pratique". Mais l'humain ne sait pas concevoir le niveau du dessus, ce qui engendre le schéma pratique, dans cet exemple.Un niveau de créativité supérieure, un peu comme les générateurs de schémas XML, qui créent des schémas qui ne sont en fait que des patterns à branches remplaçables. Il y a un minimum de créativité générationnelle, si on veut, dans les règles

A propos de ce point, du fait que j'emploie le présent, ne nous méprenons pas. Je ne propose pas ici un "modèle" dont mes disciples seraient chargés de trouver la "véracité" à travers des "preuves" constituées de résultats d'expériences, non, ça c'est de la Physique, et de la Métaphysique du XXème siècle. Non, ce qu'il faut retenir, c'est que le possible que je viens de faire naître est cohérent avant tout avec la Bible. C'est à dire que ce que nous pouvons imaginer ne dépasse guère encore ce dont nos ancêtres étaient capables.

Ce que j'imagine ici n'est qu'une version moderne de la vision comprenant un monde ordonné par le logos. Simplement, je l'imagine perméable à ce que je sais des possibles sur les ondes et les neurones qui ont été inventés depuis.

Le second point est ce propos des Bogdanov parlant de l'ère de Planck (période de la vie de l'Univers s'étendant entre l'hypothétique instant zéro et  10-43 seconde) et en particulier de l'avant point zéro. Leurs recherches les conduisent à dire que avant le point zéro :" il y avait des équations, c'est à dire de la pensée mathématique."

Cela correspond un peu à mon rêve, donc je le garde. Cela n'en rend que plus vrai le fameux "Au commencement était le verbe".

Le troisième point est un rêve que j'ai fait récemment. Il s'agissait du second volet d'un rêve que j'avais déjà fait, au cours duquel j'étais en compagnie d'une créature du futur, aussi violente qu'imprévisible. Ce que j'appelle ici violence est un manque de considération total pour ce que nous appelons "la vie".

J'emploie le présent, disons que ces créatures ont la possibilité de renvoyer toute chose à son état le plus simple, c'est à dire un paquet de molécules dissoutes dans le milieu ambiant. Si cela correspond à un état, fut-il temporaire, de l'organisation qu'elle souhaite avoir autour d'elle, de la même manière que vous jetez un pelletée de poussière à la poubelle après avoir passé le balai, cette créature vous renvoie à quelques centimètres cubes d'air, molécules parfaitement intégrées.

Pour comprendre, filons la comparaison. Si vous êtes sous l'eau à ses côtés, et que pour ses besoins d'organisation, la créature souhaite vous faire disparaître, vous serez non pas pulvérisé mais juste ramené à un ensemble de molécules d'eau parfaitement dissoutes. Elle vous renvoie au chaos originel.

Imaginez la terreur que vous éprouvez à servir une telle créature. Vous avez peur que si votre peur se voie, ce soit un encouragement pour elle à vous dissoudre, comme vous la voyez faire avec le reste du monde autour d'elle, sans raison compréhensible. Vous avez peur que votre air enjoué l'incite à vous dissoudre, bref, vous retenez votre souffle, vous n'existez plus que pour mourir longuement de terreur devant ce que l'instant suivant pourrait vous réserver.

Bien donc j'étais l'ordonnance d'une telle créature en vadrouille sur la terre, me tenant à son côté prêt à exécuter ses ordres. Je voyais ce qu'elle faisait, sans en comprendre le moindre signe. Elle avait une sorte de valise dans laquelle étaient disposées des plaques, anthracite, très fines, presque comme des feuilles de ces plastiques granité, mais assurément très raides.

Ces plaques, qu'on pourrait aussi comparer un peu à des ardoises à cause du réseau de reliefs, étaient incrustées de groupes de lignes, un peu comme celles des platines de circuits imprimées des téléphones. Vert sur fonds gris sombre, d'autant plus esthétique que ce qui déterminait le sens de l'information portée par ces lignes était topologique. En regardant les lignes, on prenait connaissance de l'information, et en les déplaçant, on modifiait l'information, et c'est là où je reviens à mon point sur les plans, on modifiait également la réalité du monde.

 Cette information n'était pas comme la nôtre une réalité relatée, récit second à la réalité mais au contraire, première à la réalité, capable de l'informer.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent, the larch. Le fait que ceci https://neo-masculin.com/ existe. Son contenu est parfois amusant, parfois juste, parfois caricatural, mais le fait qu'il ait dû émerger en dit long sur notre Zeitgeist. On a un peu atteint les limites utilisées par le politiquement correct pour étrangler certains aspects de l'humain, et le balancier est en train de repartir dans l'autre sens, pour le meilleur comme pour le pire...

J'emm... toutes ces associations, ces sectes de défense de machin, ces écoles coraniques, qui prétendent prendre la défense de tel ou tel groupe, alors que tout ce qui est à prendre, c'est du pouvoir. A écouter l'interview du décérébré qui préside l'association contre la négrophobie qui a bloqué les représentations des Suppliantes, on comprend que ce qui manque surtout à ce pauvre type, c'est d'avoir été à la fac, et c'est le plus consternant dans cette histoire que de voir les illettrés à qui on donne le pouvoir de mort sur les seuls qui pourraient les enrichir et les élever.

Le voleur de culture enseigne au chien à mordre la main qui le nourrit, et ce pauvre chien affamé ira bientôt quémander chez le voleur, ne recevant que coups de bâton pour salaire. Une horrible entreprise de déculturation est à l’œuvre sur la planète. On encourage de tels négrophobes à mordre la main de nos maîtres, pour que, décérébrés pour de bon, ils ne voient pas qu'ils se tournent vers des maîtres ayant l'intégrisme pour voie royale vers le pouvoir. ils ne voient pas que ce n'est qu'une lutte de pouvoir, et que si le nôtre n'est pas le meilleur, ce n'est pas non plus le pire.




(1) J'en profite pour répéter aux parents que s'ils n'ont pas les moyens d'assurer à leurs enfants une vie confortable, il ne faut pas les habituer à un niveau de souffrance sur lequel un enfant n'imagine pas qu'on puisse revenir.
Je m'explique. Pour la plupart des gens, la vie quotidienne a un certain niveau de plaisir, et les moments de vacances en sont des pointes. Pour certains enfants, la vie devient supportable dans ces moments là parce que le niveau de souffrance redescend à quelque chose de supportable. C'est le reste du temps que c'est insupportable, et qu'on se demande où est la source de cette souffrance. On se demande aussi pourquoi les autres ne cherchent pas le foyer de cette torture, toutes affaires cessantes, au lieu de feindre la normalité.

jeudi 11 juillet 2019

Sidération environnementale

De cette étiquette j'affuble un sentiment qui point dans nos sociétés, et dont il faudra tenir compte pour deux raisons que je mentionnerai plus loin. 
La sidération environnementale est un abattement qui prend le citoyen, de tout âge et de toute condition, à la vue du drame qui est en train de se jouer au niveau de sa planète, pour l'espace, condamnant ses enfants, dans le temps. 

Cet abattement est créé par l'éco-anxiété, comme la rosée par la rencontre d'un air chaud et humide sur un front froid. L'éco-anxiété naît de la contemplation du désastre écologique que l'aveuglement, la bêtise, la passivité, et la cupidité et la corruption font naître, par ordre de gravité du chef.

Mais cet éco-anxiété ne se transforme en sidération que lorsque cette dernière rencontre un mur, et surtout qu'elle constate que ce mur est soigneusement entretenu. Le mur, c'est l'incapacité technique à laquelle nous sommes rendus : Quand bien même nous mettrions tout en œuvre maintenant avec la meilleure volonté du monde, il est trop tard.

Mais le pire reste à venir, et c'est là que la sidération prend l'individu comme un poison qui paralyse et le force à regarder le spectacle, hébété et conscient de son impuissance, ce qui aggrave son mal. 

Le pire, c'est que nous continuons "volontairement" à aggraver la situation. J'ai mis "volontairement" entre guillemets car ce mot suppose une connaissance de la situation. Si je vous vois mettre le feu "volontairement" à votre voiture, je supposerai que vous voulez vous en débarrasser car vous en avez une autre mieux que celle-là.

Si j'apprends que ce n'est pas le cas, le "volontairement" va se retourner, prendre une autre "tournure" : vous êtes fou, tout simplement. On peut me dire que vous ignorez que vous n'avez pas d'autre voiture, cela n'arrange pas vraiment votre cas : Cela signifie que vous "pensez" que vous en avez une autre, que vous avez "fait le pari" que vous en avez une autre, ce qui est une autre forme d'inconscience, pour qui a charge d'âmes.

La sidération environnementale, c'est celle qui prendrait les habitants sortis en hâte dans la cour d'un immeuble, et qui voient leurs voisins de paliers devenus fous, saccager l'immeuble, mettre le feu aux appartements. Déjà l'eau des tuyaux crevés par la chaleur monte le long des mollets, mêlée de boue et de débris, mais ils continuent à verser de l'essence sur le feu. La sidération environnementale vous pousse pour sauver votre esprit à passer en mode contemplation, à vous convaincre que vous regardez un film, de loin, que ce n'est pas vrai.

Mais les citoyens de cette planète doivent se faire à l'idée que c'est vrai.

Pour le ramasser en quelques mots, l'éco-anxiété est l'angoisse de voir que nous ne faisons pas ce que nous devrions faire pour arrêter l'effondrement de notre éco-système. Cette éco-anxiété se transforme en sidération psychique lorsque le sujet réalise que non seulement nous ne faisons rien dans le bon sens, mais encore que nous continuons avec acharnement à travailler à parachever le désastre. Nous accélérons le processus de destruction de notre planète, et ce pour des raisons de confort, voire d'avidité.

A force de constater que pour quelques sous, la plupart des gens pourrissent les rivières, l'air, la nature, et sont prêts à faire tuer les journalistes qui en parlent, le sujet ralentit sa contribution au système, puis s'en éloigne, dégoûté.

Cela, c'est la première des raisons pour laquelle la sidération environnementale va devenir une maladie. Parce qu'un certain nombre de citoyens vont définitivement baisser les bras, tourner les talons et ne plus participer à la société. 

Ce nombre grandit chaque jour, et il touche les jeunes. Il ne faut pas croire qu'il s'agit d'une maladie de vieux con. Tout ce qui est "desco", comme ils disent pour déscolarisation, tout ce qui est "dys", lexique, praxique, sont des manières de signifier au monde des adultes :" Vous nous avez légué un monde pourri, je ne mettrai pas les mains là-dedans".

La seconde raison pour laquelle la sidération environnementale est un problème de santé publique, c'est que si on veut encore par une aveugle obstination, ne pas tenir compte des 10 % de rebelles qui vont activement faire demi-tour, il reste parmi les 90 % restants des gens qui, sans vraiment s'exiler volontairement de toute participation au massacre de leur habitat, vont "y aller à reculons". Là c'est l'absentéisme, le glandouisme, le j'menfoutisme, tout ceux qui craignent encore pour leur fin de mois, mais ne veulent plus trop faire tourner le système.

ET
last but not least, l'immense foule de ceux qui, incapables de choisir, plongent la tête dans les écrans et les néons de Bangkok on line.

Ici on atteint ce que j'appelle l'engagement, c'est à dire si on veut l'investissement, la motivation ou la libido, ce sentiment qui est à l’œuvre quand on "croit à ce que qu'on dit", parce qu'on est personnellement en adhésion avec le contenu du propos. Ce que des centaines de milliers de jeunes européens disent aujourd'hui dans la rue, des dizaines de millions de jeunes européens le disent par leur attitude : "On n'a rien à foutre de votre mode de vie de merde, on veut vivre autrement". 

Seulement voilà, en fait y'a pas le choix : on ne peut pas faire du profit sans exploiter et piller la planète et ses habitants. Inutile de raconter des histoires de valeur et de croissance.. C'est là que ça devient grave, et que, comme vous allez ne pas écouter ce que je dis une fois de plus, passer outre et faire autre chose, ça va tourner à la guerre civile. 

Le problème, c'est que le monde est un seul tout lié, comme un filet. On ne peut pas tirer à un bout sans que ça tire à l'autre. 

On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Chinois sous une dictature, afin qu'ils fabriquent à bas coûts les merdes polluantes que les jeunes vont acheter à l'autre bout de la planète, et empocher la différence. On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Turcs ou des Hongrois sans protection sociale,; afin qu'ils fabriquent à bas coûts les voitures qu'on va vendre à crédit aux retraités français, et empêcher la différence en sifflotant, comme si de rien n'était. 

On ne peut pas détruire 90 % de la planète et de ses habitants pour assurer le niveau de vie des 10 % qui les exploitent de façon éhontée, juste pour garnir leur portefeuille de fausse monnaie délivrée par les banques.

Enfin si, on peut. 

Un certain temps...

Et c'est là que s'installe la phase finale de la sidération. C'est que jamais dans l'histoire du vivant, des adultes n'avaient "volontairement" pillé les réserves de leurs enfants, les conduisant à la famine. Au contraire, pendant 4 milliards d'années moins nos trente merdiques, les parents plantaient des oliviers pour leurs enfants, pour qu'ils aient plus. 

Nos enfants sont les enfants de la première génération de l'histoire de l'humanité à avoir fait face à un effondrement prévisible de leur niveau de vie.Tout simplement parce que nos parents ont pillé les ressources pour se gaver sans penser à notre avenir. 

Maintenant, lorsque nous enfants vont réaliser que ces grands-parents retraités et leurs parents chômeurs ont pris dans le placard, et qu'il ne reste plus une graine saine à planter dans un sol sain, lorsque cette sidération sera passée, je vous assure que ce qui va arriver, c'est la colère. 

Lorsque mes enfants réaliseront qu'il n'y a plus de quoi exercer toutes les belles sciences pour lesquelles ils font des études, la colère dévastera tout, et il n'y aura plus ni labo ni scanner, ni radio ni échographie, il n'aura plus que des appareils renversés et des bris de verre. La horde sera repartie là bas, où ça brûle, chercher un supermarché à piller. 

Ils envieront la sauterelle capable de survivre en grignotant une feuille sèche.Ils partiront ailleurs, là où il reste de l'herbe, et tenteront de recommencer de l'élevage, sans savoir traire une vache... 

Remarque, qu'on prenne en compte ou pas la sidération environnementale, ça ne sert à rien. Il est trop tard de toute façon. Tout ce que j'écris là disparaîtra dans la nuit d'un data center éteint, envahi par les rats qui mangeront les gaines des fils. Tout ce qui a fait l'humanité, et même les prophètes de malheur qui en ont annoncé la disparition, restera lettre morte dans les unités de stockage. Puis l'univers repassera en mode contraction, s'effondrant sur lui même jusqu'à avoir la taille d'une tête d'épingle. 

Ce matin encore, je sors d'un magasin, et je constate que le crétin qui était derrière moi dans la file a laissé sa voiture tourner le moteur allumé sur le parking. Le breton connard de base sort de la boutique, je l'avise et je lui dis "Vous trouvez que la planète n'est pas assez chaude comme ça pour laisser tourner votre moteur pendant vos courses." Et là, l'abruti me répond, attention...

"DE CE TEMPS LA, ça va". En langage d'abruti, cela veut dire que, le temps étant un peu couvert, on peut se le permettre. Je rappelle qu'on sort de 15 jours de canicule. C'est ça le problème de fonds, c'est leur connerie. Bien sûr, il m'a habilement servi une idiotie, et en mauvaise militante, je me suis contentée de le regarder en secouant la tête. Espérons que cela servira à quelque chose. Sinon, comme le suggère le magnifique Dogville de Lars von Triers, il faudrait passer à autre chose.