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samedi 27 juillet 2019

Issue de secours

Ce que je souhaite dégager comme conclusion, de cet article, comme de cet autre, ou disons, ce que j'espère faire émerger comme sentiment chez le lecteur, c'est que la crise est spirituelle.
Spirituelle parce qu'elle touche au sacré, au sens de C.L.-S., c'est à dire de ce qui ne s'achète pas. C'est à dire que les remèdes apportés à la crise sont à l'opposé de la maladie qui la crée.

Vous pouvez toujours injecter tous les milliards que vous voulez dans un système, si les gens ne souhaitent pas le cautionner, ce n'est pas parce que le système tourne deux fois plus vite que cela va les motiver, bien au contraire. Si vous donnez deux haches au bourreau, ce n'est pas ce qui va donner envie aux gens d'aller se faire couper la tête parce que la file d'attente a diminué.

Et pourtant si,  il y en a que cette envie touche ! En symétrique à ceux qui se désengagent, dont j'ai parlé ici (1),  il y a ceux qui pensent qu'en faisant travailler frénétiquement les derniers qui restent environ 45h par jour pour un euro par mois, couverture sociale à tes frais, on atteindra le degré d'exploitation de l'ouvrier chinois. C'est oublier que le Chinois est capable d'appeler ses enfants "Victoire du 8 mai 45" pour montrer à ses voisins combien il est patriote et conformiste, d'afficher qu'il a lu les documents du parti pour prouver aux autres combien il est lèche-cul, et d'accepter n'importe quelle brimade s'il n'est pas sage, tellement il est con et soumis dans son comportement de fourmi exploitée et humiliée.

Quand les Chinois s'éveilleront, ils viendront grignoter nos forêts pour apaiser leur faim, c'est tout.

Comme dans d'autres, Internet a pris des raccourcis dans ce domaine. Il y a 15 ans, c'était des sites d'achat groupé qui se créaient, tout fiers d'acheter moins cher aux Chinois dix merdes dont on n'a pas besoin, dix merdes en plastique destinées à la poubelle océan, et dont le prix leur permet d'exploiter cent personnes. Aujourd'hui ce sont des réseaux type gensdeconfiance.com. On achète désormais sa lampe sur le bon coin, et on sait que neuve, elle sera de toute façon à prix ratiboisé. 

A propos de ratiboisé, ce qui dégage aux USA, ce sont les magasins "brick and mortar". 

Visés : Subway, Winn Dixie, Sam's Club, Foot Locker, Crocs, Walgreens, Toys R us, Best Buy, Abercrombie, The children's place, Sears, Kmat, David's Bridal, PetSmart, Dolar Tree, 99 cents, Tom Shoes, Pier 1, Neiman Marcus, JCrew, BevMo, Bluestem, Fairway, Guitar Center, Salve lot, bref, depuis les 1 dollar jusqu'aux spécialisés, en passant par la bouffe, les médocs et les fringues, toutes les boutiques physiques dégagent. 

Deux causes : la désaffection des malls, et la montée de l'achat en ligne. La première étant largement une conséquence de la seconde. Il y en a bien une autre, de cause, dont ils parlent moins, c'est que les gens n'arrivent déjà plus à payer leur loyer. 

Maintenant, ils ont viré tout le monde, fini ces employés trop chers, dans des magasins devenus beaucoup trop chers. Du coup, Sears ayant viré les clients de Kmart et vice-versa, chacun ayant privé l'autre des revenus nécessaires à sa propre survie, il reste des sites web et quelques milliards de dollars de dettes.

Comme on va leur faire croire que c'est à cause des vilains iraniens que le prix du pétrole explose, ils ne sont pas prêts de reprendre la voiture, qu'ils ne peuvent pas payer, pour aller faire des courses qu'ils ne peuvent pas payer non plus.
On temporisera en leur faisant croire que la faute en est au Kurdistan irakien, qui lutterait pour son indépendance, alors qu'il s'agit en fait de protéger les champs de pétrole du nord de l'Irak, et le réseau d'oléoducs qui amène le pétrole en Turquie. Il faut arracher la SOMO à Bagdad et organiser le rapprochement avec le grand Turc, c'est un peu chaud, mais sous l'égide du pognon, tout finit par se faire. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles le barbouze qui sert de président à la Turquie s'accroche au pouvoir, c'est qu'il sait qu'il touchera le pactole quand on lui demandera de feindre la clémence envers ces pauvres Kurdes qui veulent un asile de leur terre sacrée pour enterrer leurs morts.

 Cette temporisation reportera de quelques années le dernier choc pétrolier, puisque ces braves gens ne produisent que 1 % des besoins mondiaux. 

Le constat est clair : ce que cherche l'être humain, c'est un peu de confort matériel et beaucoup de spiritualité. L'issue de secours est donc évidente : après l'effondrement de l'actuel système économique, et les quelques générations de chaos qui s'ensuivront, le temps qu'on use les armes fabriquées, l'humanité bâtira un autre système, sur de nouvelles fondations, spirituelles, celles-là. On reviendra à la recherche du plan des plans, et autres vieilleries tombées dans l'oubli, car méprisées par l'élite des orgueilleux imbéciles qui se sont crus arrivés parce que capables de fabriquer un GPS pour aller nulle part, et qui continuent de passer à tour de bras des décrets stupides depuis leur bureau en or..


Je rejoins un peu cet article, qui insinue l'idée que nos errements épistémologiques actuels nous sont comme un point aveugle, parce que consubstantiels à la construction de notre système de pensée, laquelle est éminemment linguistique, et in fine topologique.
La disposition imposée par les signes de la connaissance, au sens topologique le plus rase-mottes du terme, a informé ce système, et on peut même émettre des doutes sur l'impact de l'alphabétisation de la trace écrite.

Enfin, l'alphabet ! Voire... Je me méfie de tout ce qui est en : "Enfin, X !" 

Eh bien de même ici, le développement aberrant des sciences et techniques (2) pourrait nous conduire à considérer une certaine forme de retour en arrière. Après tout, lorsque notre orgueil aura un peu baissé, et que nous aurons admis que nous pouvons nous tromper, cela ouvrira la possibilité d'admettre que lorsqu'on s'est trompé de chemin, le meilleur moyen, voire le seul, est de rebrousser chemin jusqu'à la patte d'oie pour prendre l'autre direction.

Il faudra attendre la fin des hauts cris sur le " recul", le "progrès" et autres billevesées, pour admettre que reculer vers ce carrefour, c'est progresser. Heureusement, la fin du pétrole va nous aider à parcourir ces 5000 ans à l'envers.

On fera comme les Romains, des piscines, de la musique et du théâtre, seules choses indispensables à l'homme, finalement.


(1) J'insiste sur le fait que ce " désengagement" n'est pas une chose faite de gaîté de coeur par les victimes. Cela relève plutôt de la dépersonnalisation, ce mécanisme de défense du psychisme qui touche par exemple les victimes de viol. Pendant l'acte, l'esprit se "déconnecte" du corps afin de ne pas subir le traumatisme trop brutalement, de le regarder "de loin", comme un film. Ce qui n'empêche pas les dégâts de se produire, mais sur le moment, cela atténue la souffrance. C'est par la suite qu'il faudra recoudre cette déchirure dans le tissu de la vie de la victime.

(2) Non pas en termes de légimité, bien sûr. Ce que fait la Médecine aujourd'hui est la plus belle des aventures humaines avec le boogie woogie, mais en termes de coût. Nous n'avons pas les moyens de nous le payer. Ou alors il faut arrêter de fabriquer des avions à la con. Ah, ben ouais, tiens.

dimanche 14 juillet 2019

On n'a pas le cul sorti des ronces

Donc, suite à ce magnifique article, je dis qu'il va bien falloir prendre en compte ce problème de l'engagement. On peut le nier. On peut récuser le problème de l'engagement, et laisser le libéralisme aller jusqu'au bout. Sans problème. On sait déjà ce que ça donne avec les expériences locales, ça aboutit à cela :

Pute seule


En 2021, couic, plus de lumière pour ces jeunes cons !
C'est extrait d'une vidéo Toitube intitulée "bangkok nightlife 2106".

Pute avec vieil Européen friqué
Après nous avoir vendu leurs produits de merde, ils finissent de nous rincer en suçant la retraite de nos vieux. Ils font fort ces Bangokais.

Comme au bon vieux temps du saloon, les mecs qui claquent leur paye en putes, les vieux qui se la jouent. Je suis sûr que même le spanking était là, mais moins visible. Entendons nous bien à titre individuel, je n'ai rien à foutre de qui baise qui, et s'ils veulent livrer leurs mômes, moi chu d'accord. Ce qui me gêne, c'est que de toute façon, quand t'en es là, t'as plus le choix, la mafia te remettra dans le droit chemin si tu oses émettre un doute. Va dans ces couloirs, amuse-toi à te promener avec un panneau prônant la redistribution des profits aux plus démunis, tu vas voir...

C'est ici que les menteurs néo-libéraux, capitalistes, qu'on les appelle comme on voudra, on voit qui c'est,  commettent le pire dans leur mensonge. La liberté dans les affaires, c'est à dire dans ce qui appuie chez l'humain sur le greed, se terminera toujours dans non-liberté de la mafia. 

La loi défend toujours plus ou moins le faible contre le fort. Aussi, ceux qui sont un peu forts parce qu'ils font partie de la classe dominante, se sentent-ils pousser des ailes. Alors ils ruinent le système de protection sociale, pour laisser le champ libre aux plus forts. Eux-mêmes, pensent-ils, bien sûr. 
Mais pour chaque sou qu'ils gagnent avec leurs lois qui laissent aux entreprises la bride sur le cou, la mafia en gagne dix, étend son pouvoir et sa puissance. 

C'est exactement ce qui se passe en ce moment. Les salopes en col blanc, persuadés que de tout privatiser, bétonner le littoral, et permettre aux entreprises de détruire la planète, vont les enrichir ont ouvert les vannes du libéralisme. Ils pensent pouvoir faire les paons devant les "lobbyistes des multinationales". Demain ils feront dans leur culotte au bout des canons de la mafia :D 

Vae Victis. VOUS AVEZ VOTÉ POUR CES ORDURES, vous avez voté pour eux. 

Oui, vous les avez portés au pouvoir, par peur du noir, du mendiant, du rouge, de tout. Par peur que le système ne puisse pas nourrir tout le monde, vous l'avez livré aux spéculateurs, pensant vous en sortir, mais vous serez balayé comme les autres, pays de petits retraités poujadistes avec leur SUV à crédit, payé en faux billets par la BCE.

 Tiens, pour finir sur une note gaie, un trait montant de la crétinerie ambiante, mélanger les prépositions. Par exemple, le crétin de site Daily Geek Show écrit :



Dans le contexte, il aurait fallu écrire : " n'est plus DU goût des autorités chinoises". N'est plus "au goût" signifie que, auparavant, des artisans fabriquaient ce bikini ad hoc, pour qu'il corresponde au goût des autorités (1)

Ainsi France Info, qui baisse chaque jour la tête devant le petit nazillon ambassadeur du libéralisme, nous a-t-elle rebattu les oreilles des affaires " mises à jour " par Mediapart concernant le ministre du spectacle de la non-transition écologique. Tous les journalistes ont cancané l'ânerie, faisant résonner la basse-cour de leur bêtise.

Il s'agit d'affaires "mises au jour", évidemment. On parle de "mise A jour "pour un logiciel.

Il nous reste donc à revenir sur ce problème de l'engagement. Je précise tout de suite qu'il n'est pas question de le voir comme l'existentialisme l'a fait, ni même comme dans le beau Dogville de Lars Von Triers,  prisonnier d'une logique binaire avec la responsabilité individuelle, longtemps embourbée elle-même dans un corps à corps avec la grâce divine.

(1) Toutefois, le bikini pékinois n’est pas le seul comportement désormais prohibé par la ville de Jinan. Parmi les autres interdictions, on note qu’il est désormais interdit d’ôter ses chaussures en public, de cracher par terre, de resquiller dans une file d’attente ou encore de promener son chien « de manière incivile ». Néanmoins, c’est l’interdiction sur le bikini pékinois qui suscite le plus de controverse.
Le Washington Post rappelle effectivement les origines de cette pratique insolite. Le fait d’exposer le diaphragme ferait évacuer les énergies chaudes du qi autour des organes, ce qui est bien pratique dans une région où la température atteint facilement les 36°C.
Outre la question pratique, le bikini pékinois fait débat chez les internautes en ce que certains pensent qu’on devrait laisser les personnes âgées agir comme bon leur semble tandis que d’autres déclarent qu’il devrait juste y avoir des critères esthétiques à prendre en compte. Par exemple, si le ventre est ferme, la pratique peut être autorisée mais si elle est flétrie ou que le corps n’est pas beau, cela devient indécent. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Alignements.

C'est marrant, quand je vois Le Petit Chemin, ce blog dédié à l'étude de mes vacances au Lavandou, une chose me revient en cette période de canicule, c'est le nombre de ces longues années qu'il m'a fallu pour faire l'apprentissage de l'eau. Je veux dire apprendre comment gérer l'eau pour guérir les brûlures de mon corps.

Avec l'âge, les choses empirent, et aujourd'hui à la moindre chaleur, au moindre effort, il faut que je prenne une douche pour évacuer l'impression de brûlure, l'inflammation des tissus, l'aigreur de la transpiration qui ronge mes chairs comme un acide.

Bien sûr à l'époque c'était moins grave. Mais tout de même, c'était déjà là. C'était surtout sur les épaules, la sensation de brûlure du sel à faire disparaître. Si la douche de Jacky était coupée, s'il me fallait remettre le tissu des vêtement en contact avec la peau crispée par le sel (on ne se baladait pas torse nu en dehors de la plage à cette époque), alors le chemin serait long, et je me jetterais sous la douche avant le dîner, bien que nous ayons été alors déjà sommés de venir à table prendre ce dîner préparé qui nous attendait (1)

Mais ce qui m'intéresse dans cette histoire, c'est comment l'idée de souffrance morale et de souffrance physique sont entremêlées :. Si ces vacances m'ont aidée à identifier la notion de paradis, c'est un peu aussi parce que là-bas, même si c'était le pays du soleil et de la chaleur, il reste que sa malédiction, la blessure, la brûlure pouvait être conjurée tout de suite en se plongeant dans l'eau fraîche. le remède était là, à 5 mètres du parasol. 

Pour le dire autrement, ce qui est étonnant, c'est que ce souvenir de paradis joue sur un critère biologique. Un caractère inné, si tant est qu'il en existe. Mais cette intolérance à la chaleur sèche est héréditaire, je le sais par ailleurs. J'ai dans mon corps un défaut auquel remède fut proposé, dans mon enfance. Le premier est de l'ordre du passé. Mes grand-parents maternels décidèrent d'acheter au Lavandou, lieu du remède, et léguaient en même temps le mal dans leur gènes, à ma mère. Le second est de l'ordre d'un vécu personnel. J'ai appris là-bas que j'hébergeais un mal qui répondait au climat du Lavandou, mais dont l'eau fraîche qui le baignait était le remède.

La terre était sèche est brûlante, le soleil implacable dans le ciel, et rare l'ombre des arbres, l'herbe au dessous, sèche. Mais l'admirable ciel marine, liquide, qui nous accompagnait, plutôt sur la droite, répondait aux douches qu'on trouvait dans l'ombre fraîche des maisons : c'était le répit, la réparation, la souffrance qui s'en allait, qui refluait comme une marée.

Le temps obéissait aussi à cette partition. Il y avait les matins et les soirs, frais, "normaux", et le midi brûlant, qui nous voyait parfois courir sur le macadam pour ne pas se brûler la plante des pieds.

Vous allez me dire que je fais un alignement, une singularité, d'un énorme recouvrement statistique : sur les millions de personnes ayant été passer leurs vacances à cette époque sur la Côte d'Azur, des dizaines de milliers souffraient de sécheresse de la peau. Certes, mais ce qui m'intéresse, c'est que ce fut le cadre d'un apprentissage. Il m'a fallu des années pour établir les relations causales correctes entre sensation de malaise et chaleur, entre soleil et sécheresse, entre eau et bienfait, entre environnement et fraîcheur.

Toutes ces notions se sont présentées au départ en ordre dispersé. C'est moi qui ai appris à les aligner dans le temps, à faire faire à mon corps un parcours dans tel ordre, afin de gagner le bien être et d'éviter au maximum la souffrance.
J'ai aménagé, non pas mon environnement, mais mon comportement, de manière à minimiser la souffrance. Et je pense qu'il en est de même sur le plan psychique. Il faut une vie pour apprendre à éviter les sources de souffrance, et trouver les sources de remède.

Bon, sinon un autre alignement, the larch. Alignement de trois points. Le premier point est un rêve que j'ai fait il y a plusieurs années : Flottant dans le cosmos (car que faire dans le cosmos à moins que l'on y flotte), j'observais ce que j'ai appelé ensuite "la bouche d'ombre", tant elle était plus une sorte de trou noir que de chose visible. Mais à coup sûr une bouche.
Et cette bouche, créatrice initiale de tout, parlait en silence. On devait lui déceler tout de même quelque contour, puisqu'il me semblait voir des lèvres se mouvoir lentement, plutôt de couleur verte.

Schéma de principe


 Ce qu'elle "parlait", ce sont des choses qui seraient aux schémas de principe ce que le schéma de principe est au schéma pratique.

Schéma pratique


Voire même de niveau supérieur. Un plan des possibles, des ensembles de règles, indiquant la marche à suivre pour confectionner quelque chose. Ce que nous appelons "le monde" est l'espace où ses schémas de principe à elle s'instancient en schémas pratiques.C'est à dire par exemple en un univers avec des humains qui pensent le niveau du dessous.


Schéma d'implantation

L'être humain, percevant ce schéma pratique, le réalise alors sous forme d'implantation. Il appelle cela "passer de la théorie à la pratique". Mais l'humain ne sait pas concevoir le niveau du dessus, ce qui engendre le schéma pratique, dans cet exemple.Un niveau de créativité supérieure, un peu comme les générateurs de schémas XML, qui créent des schémas qui ne sont en fait que des patterns à branches remplaçables. Il y a un minimum de créativité générationnelle, si on veut, dans les règles

A propos de ce point, du fait que j'emploie le présent, ne nous méprenons pas. Je ne propose pas ici un "modèle" dont mes disciples seraient chargés de trouver la "véracité" à travers des "preuves" constituées de résultats d'expériences, non, ça c'est de la Physique, et de la Métaphysique du XXème siècle. Non, ce qu'il faut retenir, c'est que le possible que je viens de faire naître est cohérent avant tout avec la Bible. C'est à dire que ce que nous pouvons imaginer ne dépasse guère encore ce dont nos ancêtres étaient capables.

Ce que j'imagine ici n'est qu'une version moderne de la vision comprenant un monde ordonné par le logos. Simplement, je l'imagine perméable à ce que je sais des possibles sur les ondes et les neurones qui ont été inventés depuis.

Le second point est ce propos des Bogdanov parlant de l'ère de Planck (période de la vie de l'Univers s'étendant entre l'hypothétique instant zéro et  10-43 seconde) et en particulier de l'avant point zéro. Leurs recherches les conduisent à dire que avant le point zéro :" il y avait des équations, c'est à dire de la pensée mathématique."

Cela correspond un peu à mon rêve, donc je le garde. Cela n'en rend que plus vrai le fameux "Au commencement était le verbe".

Le troisième point est un rêve que j'ai fait récemment. Il s'agissait du second volet d'un rêve que j'avais déjà fait, au cours duquel j'étais en compagnie d'une créature du futur, aussi violente qu'imprévisible. Ce que j'appelle ici violence est un manque de considération total pour ce que nous appelons "la vie".

J'emploie le présent, disons que ces créatures ont la possibilité de renvoyer toute chose à son état le plus simple, c'est à dire un paquet de molécules dissoutes dans le milieu ambiant. Si cela correspond à un état, fut-il temporaire, de l'organisation qu'elle souhaite avoir autour d'elle, de la même manière que vous jetez un pelletée de poussière à la poubelle après avoir passé le balai, cette créature vous renvoie à quelques centimètres cubes d'air, molécules parfaitement intégrées.

Pour comprendre, filons la comparaison. Si vous êtes sous l'eau à ses côtés, et que pour ses besoins d'organisation, la créature souhaite vous faire disparaître, vous serez non pas pulvérisé mais juste ramené à un ensemble de molécules d'eau parfaitement dissoutes. Elle vous renvoie au chaos originel.

Imaginez la terreur que vous éprouvez à servir une telle créature. Vous avez peur que si votre peur se voie, ce soit un encouragement pour elle à vous dissoudre, comme vous la voyez faire avec le reste du monde autour d'elle, sans raison compréhensible. Vous avez peur que votre air enjoué l'incite à vous dissoudre, bref, vous retenez votre souffle, vous n'existez plus que pour mourir longuement de terreur devant ce que l'instant suivant pourrait vous réserver.

Bien donc j'étais l'ordonnance d'une telle créature en vadrouille sur la terre, me tenant à son côté prêt à exécuter ses ordres. Je voyais ce qu'elle faisait, sans en comprendre le moindre signe. Elle avait une sorte de valise dans laquelle étaient disposées des plaques, anthracite, très fines, presque comme des feuilles de ces plastiques granité, mais assurément très raides.

Ces plaques, qu'on pourrait aussi comparer un peu à des ardoises à cause du réseau de reliefs, étaient incrustées de groupes de lignes, un peu comme celles des platines de circuits imprimées des téléphones. Vert sur fonds gris sombre, d'autant plus esthétique que ce qui déterminait le sens de l'information portée par ces lignes était topologique. En regardant les lignes, on prenait connaissance de l'information, et en les déplaçant, on modifiait l'information, et c'est là où je reviens à mon point sur les plans, on modifiait également la réalité du monde.

 Cette information n'était pas comme la nôtre une réalité relatée, récit second à la réalité mais au contraire, première à la réalité, capable de l'informer.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent, the larch. Le fait que ceci https://neo-masculin.com/ existe. Son contenu est parfois amusant, parfois juste, parfois caricatural, mais le fait qu'il ait dû émerger en dit long sur notre Zeitgeist. On a un peu atteint les limites utilisées par le politiquement correct pour étrangler certains aspects de l'humain, et le balancier est en train de repartir dans l'autre sens, pour le meilleur comme pour le pire...

J'emm... toutes ces associations, ces sectes de défense de machin, ces écoles coraniques, qui prétendent prendre la défense de tel ou tel groupe, alors que tout ce qui est à prendre, c'est du pouvoir. A écouter l'interview du décérébré qui préside l'association contre la négrophobie qui a bloqué les représentations des Suppliantes, on comprend que ce qui manque surtout à ce pauvre type, c'est d'avoir été à la fac, et c'est le plus consternant dans cette histoire que de voir les illettrés à qui on donne le pouvoir de mort sur les seuls qui pourraient les enrichir et les élever.

Le voleur de culture enseigne au chien à mordre la main qui le nourrit, et ce pauvre chien affamé ira bientôt quémander chez le voleur, ne recevant que coups de bâton pour salaire. Une horrible entreprise de déculturation est à l’œuvre sur la planète. On encourage de tels négrophobes à mordre la main de nos maîtres, pour que, décérébrés pour de bon, ils ne voient pas qu'ils se tournent vers des maîtres ayant l'intégrisme pour voie royale vers le pouvoir. ils ne voient pas que ce n'est qu'une lutte de pouvoir, et que si le nôtre n'est pas le meilleur, ce n'est pas non plus le pire.




(1) J'en profite pour répéter aux parents que s'ils n'ont pas les moyens d'assurer à leurs enfants une vie confortable, il ne faut pas les habituer à un niveau de souffrance sur lequel un enfant n'imagine pas qu'on puisse revenir.
Je m'explique. Pour la plupart des gens, la vie quotidienne a un certain niveau de plaisir, et les moments de vacances en sont des pointes. Pour certains enfants, la vie devient supportable dans ces moments là parce que le niveau de souffrance redescend à quelque chose de supportable. C'est le reste du temps que c'est insupportable, et qu'on se demande où est la source de cette souffrance. On se demande aussi pourquoi les autres ne cherchent pas le foyer de cette torture, toutes affaires cessantes, au lieu de feindre la normalité.

jeudi 11 juillet 2019

Sidération environnementale

De cette étiquette j'affuble un sentiment qui point dans nos sociétés, et dont il faudra tenir compte pour deux raisons que je mentionnerai plus loin. 
La sidération environnementale est un abattement qui prend le citoyen, de tout âge et de toute condition, à la vue du drame qui est en train de se jouer au niveau de sa planète, pour l'espace, condamnant ses enfants, dans le temps. 

Cet abattement est créé par l'éco-anxiété, comme la rosée par la rencontre d'un air chaud et humide sur un front froid. L'éco-anxiété naît de la contemplation du désastre écologique que l'aveuglement, la bêtise, la passivité, et la cupidité et la corruption font naître, par ordre de gravité du chef.

Mais cet éco-anxiété ne se transforme en sidération que lorsque cette dernière rencontre un mur, et surtout qu'elle constate que ce mur est soigneusement entretenu. Le mur, c'est l'incapacité technique à laquelle nous sommes rendus : Quand bien même nous mettrions tout en œuvre maintenant avec la meilleure volonté du monde, il est trop tard.

Mais le pire reste à venir, et c'est là que la sidération prend l'individu comme un poison qui paralyse et le force à regarder le spectacle, hébété et conscient de son impuissance, ce qui aggrave son mal. 

Le pire, c'est que nous continuons "volontairement" à aggraver la situation. J'ai mis "volontairement" entre guillemets car ce mot suppose une connaissance de la situation. Si je vous vois mettre le feu "volontairement" à votre voiture, je supposerai que vous voulez vous en débarrasser car vous en avez une autre mieux que celle-là.

Si j'apprends que ce n'est pas le cas, le "volontairement" va se retourner, prendre une autre "tournure" : vous êtes fou, tout simplement. On peut me dire que vous ignorez que vous n'avez pas d'autre voiture, cela n'arrange pas vraiment votre cas : Cela signifie que vous "pensez" que vous en avez une autre, que vous avez "fait le pari" que vous en avez une autre, ce qui est une autre forme d'inconscience, pour qui a charge d'âmes.

La sidération environnementale, c'est celle qui prendrait les habitants sortis en hâte dans la cour d'un immeuble, et qui voient leurs voisins de paliers devenus fous, saccager l'immeuble, mettre le feu aux appartements. Déjà l'eau des tuyaux crevés par la chaleur monte le long des mollets, mêlée de boue et de débris, mais ils continuent à verser de l'essence sur le feu. La sidération environnementale vous pousse pour sauver votre esprit à passer en mode contemplation, à vous convaincre que vous regardez un film, de loin, que ce n'est pas vrai.

Mais les citoyens de cette planète doivent se faire à l'idée que c'est vrai.

Pour le ramasser en quelques mots, l'éco-anxiété est l'angoisse de voir que nous ne faisons pas ce que nous devrions faire pour arrêter l'effondrement de notre éco-système. Cette éco-anxiété se transforme en sidération psychique lorsque le sujet réalise que non seulement nous ne faisons rien dans le bon sens, mais encore que nous continuons avec acharnement à travailler à parachever le désastre. Nous accélérons le processus de destruction de notre planète, et ce pour des raisons de confort, voire d'avidité.

A force de constater que pour quelques sous, la plupart des gens pourrissent les rivières, l'air, la nature, et sont prêts à faire tuer les journalistes qui en parlent, le sujet ralentit sa contribution au système, puis s'en éloigne, dégoûté.

Cela, c'est la première des raisons pour laquelle la sidération environnementale va devenir une maladie. Parce qu'un certain nombre de citoyens vont définitivement baisser les bras, tourner les talons et ne plus participer à la société. 

Ce nombre grandit chaque jour, et il touche les jeunes. Il ne faut pas croire qu'il s'agit d'une maladie de vieux con. Tout ce qui est "desco", comme ils disent pour déscolarisation, tout ce qui est "dys", lexique, praxique, sont des manières de signifier au monde des adultes :" Vous nous avez légué un monde pourri, je ne mettrai pas les mains là-dedans".

La seconde raison pour laquelle la sidération environnementale est un problème de santé publique, c'est que si on veut encore par une aveugle obstination, ne pas tenir compte des 10 % de rebelles qui vont activement faire demi-tour, il reste parmi les 90 % restants des gens qui, sans vraiment s'exiler volontairement de toute participation au massacre de leur habitat, vont "y aller à reculons". Là c'est l'absentéisme, le glandouisme, le j'menfoutisme, tout ceux qui craignent encore pour leur fin de mois, mais ne veulent plus trop faire tourner le système.

ET
last but not least, l'immense foule de ceux qui, incapables de choisir, plongent la tête dans les écrans et les néons de Bangkok on line.

Ici on atteint ce que j'appelle l'engagement, c'est à dire si on veut l'investissement, la motivation ou la libido, ce sentiment qui est à l’œuvre quand on "croit à ce que qu'on dit", parce qu'on est personnellement en adhésion avec le contenu du propos. Ce que des centaines de milliers de jeunes européens disent aujourd'hui dans la rue, des dizaines de millions de jeunes européens le disent par leur attitude : "On n'a rien à foutre de votre mode de vie de merde, on veut vivre autrement". 

Seulement voilà, en fait y'a pas le choix : on ne peut pas faire du profit sans exploiter et piller la planète et ses habitants. Inutile de raconter des histoires de valeur et de croissance.. C'est là que ça devient grave, et que, comme vous allez ne pas écouter ce que je dis une fois de plus, passer outre et faire autre chose, ça va tourner à la guerre civile. 

Le problème, c'est que le monde est un seul tout lié, comme un filet. On ne peut pas tirer à un bout sans que ça tire à l'autre. 

On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Chinois sous une dictature, afin qu'ils fabriquent à bas coûts les merdes polluantes que les jeunes vont acheter à l'autre bout de la planète, et empocher la différence. On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Turcs ou des Hongrois sans protection sociale,; afin qu'ils fabriquent à bas coûts les voitures qu'on va vendre à crédit aux retraités français, et empêcher la différence en sifflotant, comme si de rien n'était. 

On ne peut pas détruire 90 % de la planète et de ses habitants pour assurer le niveau de vie des 10 % qui les exploitent de façon éhontée, juste pour garnir leur portefeuille de fausse monnaie délivrée par les banques.

Enfin si, on peut. 

Un certain temps...

Et c'est là que s'installe la phase finale de la sidération. C'est que jamais dans l'histoire du vivant, des adultes n'avaient "volontairement" pillé les réserves de leurs enfants, les conduisant à la famine. Au contraire, pendant 4 milliards d'années moins nos trente merdiques, les parents plantaient des oliviers pour leurs enfants, pour qu'ils aient plus. 

Nos enfants sont les enfants de la première génération de l'histoire de l'humanité à avoir fait face à un effondrement prévisible de leur niveau de vie.Tout simplement parce que nos parents ont pillé les ressources pour se gaver sans penser à notre avenir. 

Maintenant, lorsque nous enfants vont réaliser que ces grands-parents retraités et leurs parents chômeurs ont pris dans le placard, et qu'il ne reste plus une graine saine à planter dans un sol sain, lorsque cette sidération sera passée, je vous assure que ce qui va arriver, c'est la colère. 

Lorsque mes enfants réaliseront qu'il n'y a plus de quoi exercer toutes les belles sciences pour lesquelles ils font des études, la colère dévastera tout, et il n'y aura plus ni labo ni scanner, ni radio ni échographie, il n'aura plus que des appareils renversés et des bris de verre. La horde sera repartie là bas, où ça brûle, chercher un supermarché à piller. 

Ils envieront la sauterelle capable de survivre en grignotant une feuille sèche.Ils partiront ailleurs, là où il reste de l'herbe, et tenteront de recommencer de l'élevage, sans savoir traire une vache... 

Remarque, qu'on prenne en compte ou pas la sidération environnementale, ça ne sert à rien. Il est trop tard de toute façon. Tout ce que j'écris là disparaîtra dans la nuit d'un data center éteint, envahi par les rats qui mangeront les gaines des fils. Tout ce qui a fait l'humanité, et même les prophètes de malheur qui en ont annoncé la disparition, restera lettre morte dans les unités de stockage. Puis l'univers repassera en mode contraction, s'effondrant sur lui même jusqu'à avoir la taille d'une tête d'épingle. 

Ce matin encore, je sors d'un magasin, et je constate que le crétin qui était derrière moi dans la file a laissé sa voiture tourner le moteur allumé sur le parking. Le breton connard de base sort de la boutique, je l'avise et je lui dis "Vous trouvez que la planète n'est pas assez chaude comme ça pour laisser tourner votre moteur pendant vos courses." Et là, l'abruti me répond, attention...

"DE CE TEMPS LA, ça va". En langage d'abruti, cela veut dire que, le temps étant un peu couvert, on peut se le permettre. Je rappelle qu'on sort de 15 jours de canicule. C'est ça le problème de fonds, c'est leur connerie. Bien sûr, il m'a habilement servi une idiotie, et en mauvaise militante, je me suis contentée de le regarder en secouant la tête. Espérons que cela servira à quelque chose. Sinon, comme le suggère le magnifique Dogville de Lars von Triers, il faudrait passer à autre chose.

dimanche 16 juin 2019

INVESTIRE, le magazine de l'ARE. Ut Photographia sic Theâter



This lot is part of Graduation Fundraising Auction by ’Push It To The Limit’, an international art collective of photography students from the Royal Academy of Art, The Hague (KABK). They are highly inquisitive, question relevant topics and use the medium of photography with its new possibilities and presentation forms to formulate a statement and position.


In July they will graduate from KABK with an exhibition show, where they will present you the future of contemporary photography. In order for the result to meet their dreams and expectations they want to raise extra funds for building up best presentations possible. Money raised in this auction will go to the funding of the exhibition.


Visit them from 5th till 11th of July at KABK in The Hague to see how they’ve invested your purchase, and follow the progress of their new work at Instagram @push_it_collective.

The auction is curated by Wim van Sinderen, senior curator and founding member of The Hague Museum of Photography.




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Fin de citation du site Catawiki.

Ah, ce bon vieux col roulé noir qui fait tellement senior curator..

On voit que la mise en spectacle (terme emprunté à zéro % à Jean-Pierre Voyer) de l'art se poursuit à belle allure : dès son plus jeune âge, l'artiste est invité à lever des fonds. Peu importe sa démarche le contenu, peu me chaut mon ami, du moment que vous savez intéresser les investisseurs, afin qu'ils voient en vous un produit rentable.

En effet, ce qu'on vous présente, ce ne sont pas des gens en recherche mais "le futur de la photographie contemporaine". Grâce à la mobilité 3.0, la convergence du web et le TGV, le futur est arrivé avant d'être parti : il est déjà là. Il est forcément parmi les poulains sur lesquels on va vous demander de miser. Le vainqueur du prix de l'Arc de Triomphe 2020 est forcément déjà sous les ordres du starter, il ne se baguenaude pas à mordiller quelque part sous les frondaisons, rassurez-vous, on n'ira pas le chercher ailleurs que chez ceux sur lesquels vous avez investi.

Ici en l'occurrence, ils lèvent des fonds pour financer leur expo. Lève des fonds et les banques te prêteront. Un mot du contenu tout de même, pour féliciter le rédacteur de la description du lot dont l'art consommé de la phrase creuse épouse à merveille le vide du contenu, elle l'épouse dans une étroite étreinte charnelle.


Mais une fois de plus on s'en fout éperdument. Expert Pierre, expert Paul, expert Jacques, expert Jacky le magnifique, le talent d'un artiste consiste à séduire les investisseurs.

Le plus drôle; c'est d'avoir pensé à intituler "push it to the limit" un tel ramassis de platitudes. C'est vrai qu'on est à la limite de la rupture. Ils arrivent à détourner les codes pour imiter à la perfection l'inutile nullité, à pasticher à hurler l'imbécile béance, c'est vraiment limite poubelle.


Sinon, ma fille benjamine présente demain soir, dans le cadre scolaire, la première d'une pièce de deux heures. Elle y tient l'un des rôles principaux. Elle a douze ans, et, de son propre aveu, ne sait pas son texte. Mais ce n'est pas grave, "parce qu'il y a des souffleurs cachés partout sur la scène. Et puis, les spectateurs, ils n'ont pas le texte, donc ils ne peuvent pas savoir si on se trompe ou pas".


Ce qui nous fournit une excellente transition avec l'article suivant.

Quand le bâtiment va...


Oui alors bonjour je vous remercie de me passer le micro. Alors ce serait pour faire une remarque sur la place tenue par les images d'urbanisation récente dans le cinéma italien d'après-guerre. En écoutant cette émission,

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/pier-paolo-pasolini-44-la-tragedie-de-la-consommation 

, j'ai appris que l'Italie avait vécu différemment les "trente glorieuses" en ce que là-bas, le mouvement, à amplitude égale s'est produit de façon plus tardive, il a donc été plus violent.



 La pente du "miracle économique" fut raide.



Je crois que c'est avec L'Eclipse que bien évidemment, non pas je l'ai remarqué, mais qu'il est venu à ma conscience que depuis longtemps je le notais inconsciemment. Monica Vitti quitte un immeuble récent mais cossu pour un lotissement plus jeune, bruyant, et inhospitalier. Si ce n'est qu'heureusement, elle y a des amies qu'on hèle d'une fenêtre l'autre.



Et le lieu des retrouvailles quotidiennes des amants au début de leur liaison est précisément celui de cette charnière entre le lieu ancien de la ville "originelle" et le lieu moderne de la ville nouvelle, qui est une non-ville, ville vide où on se perd avec le chien, où les pas résonnent dans le vide dur des échos du béton, comme chez Tati :




le quartier, et ses avenues aussi nouvellement qu'impeccablement tracées, s'oppose au fouillis séculaire du vieux quartier de la Bourse, de l'appartement des parents d'Alain Delon.


Si la voiture permet de relier ces endroits, elle finit admirée mais noyée ici, et à l'inverse tue dans le Fanfaron, non sans avoir fait son œuvre. Dès les premières images du film, Gassmann cueille Trintignant dans un quartier où on ne peut que s'ennuyer à mourir, mais où la voiture est indispensable à la survie (les magasins sont à l'autre bout du monde).



"Viens", dit le pneu,"Avec moi au moins la vie est brève, mais palpitante".

et ce monde des immeubles neufs et vides, tiré au cordeau, est comparé à l'ancien monde, celui des places "vagues" pour fêtes traditionnelles (1) :


Celui de la maison de famille, tout à la fois pourvoyeuse de ressources alimentaires et de l'abri de la forteresse. Aux murailles épaisses. En ruines. 


Ou du moins, non entretenue. Ici aussi, Trintignant est parti, étudier le droit dans les immeubles modernes.

J'ai aussi le souvenir d'un autre film, dont le générique de début est une longue descente d'un ascenseur extérieur à un bâtiment en construction, mais je ne retrouve pas la suite. Idem pour un autre encore qui se finit par une dérive aux confins de la ville, le lendemain d'une nuit de fête. Il me semble que l'un des personnages cherche à éviter la police...


Sinon, le système se retrouve chez Pasolini dès Accattone.


 
Notamment pendant sa promenade avec Stella.


Et je me demande si dans l'affiche originale, on ne voit pas Franco Citti marcher vers ou depuis l'un et l'autre points d'ancrage.

Comme si l'injonction était de choisir entre s'accrocher à un passé qui sombre, image du piéton fuyant la guerre, ou rejoindre ceux qui gagnent, sauter dans le train-en-marche-du -progrès, dans la voiture des gagneurs de la nouvelle génération, les costar-cravates qui prennent l'avion vainqueur, des industriels de Theorema et La Corruzione (avec  Jacques Perrin).



Mamma Roma, et le déménagement d'Anna Magnani, l'amour dans les zones péri-urbaines. Et voilà que Maman se prostitue pour offrir à son fils, qui ne la mérite pas, la liberté du scooter.



 Plus le desco boude, plus on s'avilit pour lui plaire en espérant son retour au bercail.



On me dira qu'en voulant faire la chronique de l'immeuble, j'ai fini par faire celle de la voiture. Mais c'est tout un : en construisant de l'habitat pas cher en périphérie des villes, on endette les collectivités, et on condamne le prolo à rouler pour aller rejoindre son usine de voitures, où il gagne de quoi faire le plein pour rentrer dans son pavillon dortoir. 

Et plus le prix du pétrole montera, plus les parois du gouffre s'écarteront, fanfarons...

Un million, c'est le nombre d'albums posthumes de Johnny Hallyday vendus. Même s'ils ne descendent plus sur le rond-points, les gilets jaunes continuent de se manifester.

Un million, c'est le nombre de jeunes Indiens (de l'Inde brahmanique) qui entrent, chaque mois sur le marché du travail. Chaque mois, c'est donc un million de nouveaux jeunes Indiens qui s'attendent à ce que, dans les années qui viennent,  le monde leur offre, en échange de leur dévoué travail après des études chèrement payées, un appartement ou une maison, une voiture, une télé, des vacances... La pente va être raide. 

Peut-être que, comme le 11 septembre, certains préfèrent sauter dans le vide que de la subir. C'est pour moi une partie de l'explication quant à l'augmentation des décès par overdose de TSO aux USA.




(1) Ceci dit, d'après Wikipedia, Antonioni aurait dit :  « Il est trop simpliste, comme beaucoup l'ont fait, de dire que j'accuse ce monde industrialisé, inhumain où l'individu est écrasé et conduit à la névrose. Mon intention au contraire, encore que l'on sache souvent très bien d'où l'on part mais nullement où l'on aboutira, était de traduire la beauté de ce monde où même les usines peuvent être très belles. La ligne, les courbes des usines et de leurs cheminées sont peut-être plus belles qu'une ligne d'arbres que l'œil a déjà trop vus (sic). C'est un monde riche, vivant, utile. »

Certes.




vendredi 24 mai 2019

Un mot à propos de Shawn

Chers lecteurs, bonjour. Avant d'entrer dans le vif du sujet, vous savez que nous sommes très attachés au côté humain de notre mission, et c'est avec une grande émotion que nous vous faisons part de la lettre que nous venons de recevoir à la rédaction (dont nous ne donnons pas l'adresse pour ne pas exposer nos collaborateurs aux attentats) :

"Chère Natacha,

Nous avons été très touchés par la notice nécrologique que vous avez bien voulu offrir à notre père et beau-père Shawn Raleigh. 

Nous n'étions absolument au courant de rien, et c'est en lisant votre article que j'ai eu les premières informations sur la vie de mon père que je n'ai jamais connu. Lorsque j'ai été en âge de poser des questions sur le sujet, j'étais à l'école à Dubaï. Mon père avait acheté avant sa mort une maison là-bas pour que ma mère puisse m'y élever. L'employeur dont vous parlez l'a toujours exploité, mais mon père a réussi à économiser une petite somme qu'il a utilisée pour retourner à Trinidad lorsque M. Kim est rentré en Chine à sa retraite.

On dit qu'au retour, il est passé par Macao, l'enfer du jeu, où il a gagné une somme assez importante, ce qui lui a permis d'acheter la maison à Dubaï où j'ai grandi. 


J'ai ensuite fait des études d'ingénieur informatique en Inde, où j'ai rencontré ma future femme, Pembi, dont je vous envoie également une photo. Ma mère nous a rejoints et nous habitons tous ensemble à New New New Delhi, une ville de 4547 milliards d'habitants où la température moyenne est de 35 degrés la nuit et 175 le jour, mais il y a beaucoup de travail pour les informaticiens. Ici, les ordinateurs n'ont plus de bouton "on/off", car tout est interconnecté avec les ascenseurs, les feux de circulation, donc on ne prend pas le risque de les arrêter.

J'espère que vous aurez l'occasion de nous rendre visite, vous serez toujours les bienvenus. Merci encore pour votre article.


Pembi et Ravi Raleigh Jr ".

Voilà. Nous pensions de ,notre devoir de vous faire part de cette touchante missive. Autre sujet complètement différent, the larch.

Ici figurait initialement, "Connaissance et tolérance", un roportage (sic) sur la Ngbongo ("Coutume de la pierre du caillou") chez les Ngonggo, mais on l'a déplacé vers le Daronian pour le mettre à l'abri des yeux de l'Inquisition, et surtout des crétins qui se seraient empressés de lui téléphoner..

dimanche 19 mai 2019

Alors, on l'exploite ou pas ?

Évidemment non. Mais la seule autre solution, pour que le peuple soit armé contre tous ceux qui cherchent à le mener là où on veut comme un troupeau, c'est de l'éduquer.
Et alors là on tombe dans le rousseauisme comme les gamins dans leur piscine, avec un toboggan. Decayiing in a cesspool of pride... On nage dedans. 

Éduquer, au sens noble du terme, c'est boucher les tous, combler les manques, apporter des contraires, tamiser les éclairages, mettre des zones d'ombre, des transitions. Or, on l'a vu, le dictateur n'a comme le despote éclairé n'a d'autre choix que de les occuper. Le consumérisme a résolu le problème avec une élégance rare : il les occupe le matin à travailler pour acheter la voiture avec laquelle ils rentreront le soir s'occuper à regarder la télé qu'ils ont achetée  en travaillant l'après-midi, ainsi également occupée. Ainsi, au gré des changements de la frontière croissance positive/négative, occupe-t-on les bipèdes à travailler ou bien çà la télé.

Une partie du bon peuple de gauche, universitaire en cours de finition, pense que l'éducation consiste à apprendre à un enfant à se pâmer d'office devant de l'art qui dénonce le racisme et l'esclavage, à hurler à l'obscurantisme dès qu'il voit un prêtre, à tirer la sonnette d'alarme du wagon si le réac de la banquette n'est pas prêt à mourir pour défendre les droits des trios d'homos voulant se marier après l'opération qui les a enfin pourvus d'un vagin, pour pouvoir enfin élever des gosses sans avoir à faire l'effort de parler aux autres qui n'ont pas le même avis que moi sur ce que doit tolérer la tolérance du vivre ensemble. Il n'est pas impossible que, si ceux-là souhaitent avoir le droit à l'avortement, ce qui est arrivé dans une affaire récente, on se retrouve à tuer un fœtus qu'on aura préalablement implanté à grand frais dans l'utérus greffé à grand peine à un homme, oh que j'ai hâte d'y être.

Ils pensent, comme tout le monde d'ailleurs, que le bien étant de dire le contraire de ce que leur milieu leur a enjoint de détester, ils font le bien. C'est le même problème que la science. "L'autre diffuse des fake news, moi la vérité".et le pire c'est que les borgnes qui nous servent de roi tombent dans le panneau comme les chevaux à Solutré.

Éduquer c'est dire : "Vous êtes pour l'homophobie, parfait, qu'est-ce qu'un homosexuel ?", "Vous êtes contre, parfait, qu'est qu'un homosexuel ? " On peut ainsi tout débroussailler calmement, et on a l'espoir d'arriver à un consensus (sur le sens des mots), ce qui est un préalable pour négocier.

Éduquer consiste à donner aux gens les outils leur permettant de décider de leur sort par eux-mêmes. On voit que c'est contraire au bon sens et à tous les sains principes de gouvernement. Et de fait, cela n'a jamais fonctionné, parce cela nécessite plusieurs générations, et que le capitalisme arrive toujours à mettre une carte "guerre" avant qu'on ait terminé.

Donner aux gens les moyens de choisir, suppose 1 l'éventail de choix, et 2 les outils pour choisir. L'éventail de choix c'est à dire qu'on permet à l'élève de lire tout ce qui s'est dit en philosophie politique depuis l'aube de l'humanité, en histoire sur les systèmes de pouvoir, ne serait-ce qu'en Europe sur les vingt derniers siècles avec aperçu sur les autres.

Cela se heurte à deux gros problèmes. Le premier évidemment, je l'appelle l'effet Butor, c'est qu'appliquer ce programme, c'est éliminer les études de toutes les autres matières jusqu'à 20 ans. Je propose de supprimer les maths et la physique, ou du moins de ne les commencer qu'à titre de spécialité après 40 ans. Pour construire des fusées qui ne vont nulle part, ça ne sert à rien, non je rigole c'est une pointe vers certains des membres de la famille.

Le second, et là on a affaire à un gros inconvénient, et là je rejoins ma remarque "La difficulté, ça va être de combattre la drogue". 

Sous ce terme de "drogue", je rassemblais tout ce qui comble un cerveau passif (télé, jeux vidéo...) et qui double ce péché de celui d'être addictif. Mais c'est un peu un pléonasme. Rien n'est addictif comme le confort, surtout quand on n'a rien à faire pour l'avoir.

L'inconvénient, disais-je, la difficulté, c'est que tous ces préjugés, morceaux de pensée toute faite, le "prêt à penser", structure l'individu. Les stalactites de l'identification comme les mâts du bateau, ou du chapiteau du cirque, tiennent, étayent l'espace psychique.

L'individu pense qu'il a des convictions, il estime qu'il a des valeurs, il croit qu'il a des convictions. Mais toutes ces illusions fondent les raisons qu'il a de se lever le matin pour faire plus ou moins ce qui était convenu, au lieu de rester sous sa couette à jouer à Fortnite en attendant que l'ADMR ou sa mère vienne lui amener à manger.



Tout ceux qui ont eu à gouverner des peuples savent que l'oisiveté est la mère de tous les vices, et que si vous voulez tenir une troupe, il faut avant tout les occuper. Donc les "diriger", au sens propre du terme, au sens de la boussole. Il faut les envoyer au gymnase, puis les diriger vers les douches, puis les orienter vers le réfectoire etc. 
Si vous laissez le troupeau sans chien, ou les pelotons sans un sous-officier pour les occuper, vous allez vite les retrouver ivres dans les buissons, ou écrasés au pied des falaises. Les "gouverner" aux deux sens du terme, c'est donc en premier lieu leur dire vers où courir.

Si on vous apprend à penser correctement, c'est à dire à penser qu'on ne sait rien de ce qu'est le monde, ni du désir, mais que le principal est qu'on soit d'accord sur ce qu'on fait en attendant de le savoir, le risque est que les gens vous disent :" Bon, ben moi en attendant je me pose et vous viendrez me chercher quand on saura où on va".

Et c'est bien la chose dont ces phobies scolaires sont le signe. Puisque rien n'existe, autant ne rien faire et profiter de ce qui nous reste à vivre. Le problème se double évidemment de la conviction que nous avons sans doute engagé un processus irréversible de destruction de notre propre habitat, et qu'il est désormais possible que notre espèce doive faire face à une échéance  toujours plus courte à la destruction qu'elle a mise en place.

Cette conviction, qui galope comme une peste, n'est pas de nature à encourager nos bambins à abandonner leur Fortnite pour accomplir une tâche qui, quelle qu'elle soit, contribue à accélérer le processus.

Cette sensation d'une apocalypse dont plus rien ne saurait contrecarrer l'imminence est peut-être ce qui a tué la "libido", la volonté de se battre pour survivre, d'autres peuples avant nous.

Alors, peut-on imaginer une issue ? C'est ce que j'examinerai dans mon prochain cours au Collège de France, que j'ai retranscrit ici (si vous lisez ceci en mai 2019, c'est en cours de rédaction, le lien arrive).


mardi 14 mai 2019

Dans leur livraison du printemps, Les Cahiers Chauves nous gratifient d'une entrevue avec John Moullard, écrivain et poète aussi rare qu'indispensable, pour la sortie de son prochain recueil de poésie, Nécessairement le Dernier.

"LCC - Vous avez eu beaucoup de chiens, pour donner un nom pareil à un livre ?

JM - J'avais pensé l'intituler Comment j'ai tenté de me débarrasser de l'idée, Nécessairement le danger, Comme une odeur de danger, Alerte au Chambon-sur-Dangeau (49300), Où trouver de la bonne andouillette en France ?, ou un titre dans le genre,  mais c'eût été justement trahir mon personnage, puisque le héros de l'histoire cherche à décrire une chose au départ vague et imprécise, mais sans lui affecter de mot. Un peu ce que Merleau-Ponty avait tenté avec un néant sans "néant" dans le Visible et l'Invisible, mais destiné à la communauté gay.

Donc, déjà, c'était dire que ce dont il cherchait à se débarrasser était une idée. Or ce n'est pas plus une idée qu'autre chose, du moins à ce stade vague et aprioritique des recherches. Mais en tout cas, il était hors de question de le tuer avec un mot. 

Ou de l'idée même d'écrire. Ce qu'il cherche, c'est ce dont il faut se débarrasser. Comme quelqu'un qui a un fer à repasser au fond de son sac de sport vide tout en vrac sur le tapis pour le sortir, John Moullard sait qu'un truc lourd le tire vers le bas, et se retrouve avec ses idées éparpillées par terre. (1)
Et, notons-le bien, ce n'est pas nécessairement un fer à repasser. Mais John Moullard a fait sienne cette intuition vieille comme l'humanité que s'il ne vole pas, c'est parce qu'il croit fermement qu'il ne le peut pas. C'est cette certitude qui l'en empêche, ce fait d'être sûr, en soi. Et ça ce n'est pas une idée, c'est l'adhésion même à l'être, c'est antérieur à l'idée ou même à la perception. Ce fait d'être sûr, sa certitude, est comme une corde qui l'attache à un bien justement noté corps-mort, ces masses de fonte attachées au bouées pour amarrer les bateaux dans les petites rades de Provence entre 1713 et 1986.

LCC - Dans le dernier opus des Carnets d'un Homophobe, vous écrivez : "Ce qui est agréable, chez la femme, c'est le corps, chez l'homme c'est le cerveau". Vous ne trouvez pas que vous y allez un peu fort, tout de même ?

JM - Ecoutez, ce n'est pas de ma faute si ce que j'apprécie chez un homme, c'est sa conversation et chez une femme son état de conservation. Ce dont je jouis, chez un homme, c'est son esprit, et chez une femme son corps. Après, si elle est intelligente, tant mieux, notre séparation est ainsi d'autant plus rapide et amicale, puisque nous convenons que nous avons eu le meilleur, et que nous pouvons maintenant nous comporter normalement et se téléphoner si on a quelque chose à se dire, et pourquoi pas, dîner ensemble, sans attendre ce supposé miracle qui ferait que tout à coup on se mettrait à s'entendre.Si c'est pour fonder un foyer, élever des enfants, et qu'on n'a pas les moyens d'acheter une maison assez grande pour avoir chacun son aile, encore, mais sinon pourquoi tant d'efforts de part et d'autre, s'user à s'ajuster...

Non, en fait c'est surtout pour le jeu de mots entre l'article défini et indéfini LA femme / chez UNE femme.

Maintenant lorsqu'un peintre réalise un tableau, il nous vous viendrait pas à l'idée de lui dire là où il faut mettre du rouge, du bleu, ou bien lui interdire de mettre du jaune. Ce que je ne comprends pas, c'est d'où leur vient l'idée que, en tant que poète maintenant, cela change la donne, et que c'est eux qui devraient me dire où je dois mettre tel mot dans mon poème, ou m'empêcher de mettre tel mot à tel endroit. Sinon, qu'ils écrivent mes poèmes, Staline aussi avait une administration pour cela.

LCC - Heureusement, vous êtes tout à fait inconnu.

JM - Exactement. Préserver son anonymat est la seule chance aujourd'hui de pouvoir échapper à la censure de chaque petit crétin analphabète qui se croit investi de la mission de devenir auxiliaire de la police de la pensée à toute heure du jour et de la nuit, et de vous dénoncer sur les rézosossio.

Ma cour d'admiratrices sait très bien se plaindre lorsque je ne dépasse pas assez la limite des souffrances de l'acier ou de leurs bretelles de soutien-gorge, lorsque le poumon étouffe dans le dépresseur, et je n'ai besoin de rien moins que de l'impression de ces décérébrés qui donnent leur avis alors qu'ils n'ont pas l'orthographe, toujours déjà-déplacés puisque, leur orgueil gonflé de leur inculture, plus ils sont bêtes et plus ils vous assènent leurs poncifs avec conviction.

C'est une des grandes avancées d'Internet que de permettre à des millions d'abonnés incultes de répéter à longueur de temps, et sans avoir la moindre idée d'ailleurs qu'ils s'en rendent coupable, ce que le moindre des grecs baillait déjà avant la sieste. Et de prendre cela au mieux pour leur opinion, au pire pour une chose de leur invention.
Au moins autrefois, on savait cela parvenu au certificat d'études et on la bouclait en attendant d'avoir quelque chose à dire.

Une des caractéristiques du crétin, c'est de ne pas connaître, et hélas, on ne peut pas lui en vouloir, les bénéfices de l'éducation. Et de croire que penser, c'est comme digérer, ça se fait tout seul et que chacun est équipé à la naissance. Il faut avoir beaucoup lu, beaucoup écouté, pour discerner ces fines strates de qualité de la pensée, et pour entendre, dans un discours, l'intelligence de celui qui parle.

Rien d'étonnant à ce que la foule traîne Jésus au lieu de Barrabas sur la croix, et livre un des leurs au lieu de virer les Romains, rien d'étonnant à ce qu'ils mordent dès qu'on leur met de la psychanalyse et de la philo dans l'oreille, au lieu de se taire et d'écouter. Penser demande de l'éducation, et on n'a pas accès à la fleur de la littérature et de la poésie parce qu'on sait en prononcer les phrases, ce dont ils ne sont même plus capables, de même qu'on n'a pas accès à certaines musiques au prétexte qu'on a le conduit auditif débouché.

C'est triste à dire, mais tout ceux qui ont étudié le savent, hélas on ne devient humain qu'après avoir frotté et limé sa cervelle à celle d'autrui bien longtemps. Et ceux qui l'ont fait le savent, et le savent pour l'avoir fait, et ceux qui ne l'ont pas fait ne le savent pas, parce qu'ils ne l'ont pas fait, et voilà.

Et on peut toujours donner le pouvoir aux imbéciles, cela les persuadera, si besoin était, qu'ils ont raison, mais ne les rendra pas intelligents ie. éduqué, cultivé, ce qui est la seule définition de l'intelligence qui tienne (2). Mais le peuple, qui sait où est son intérêt, à savoir que ses enfants soient éduqués par des gens intelligents, virera un jour les imbéciles qui ont confisqué le pouvoir, la dictature de la bêtise s'effondrera pour laisser place à quelques heures de lumière, comme ce fut le cas maintes fois par le passé.

Entre temps, je vous garde les Lagarde et Michard bien au chaud, pour quand vous viendrez les demander en pleurnichant. Et comme Jésus, on ne pourra même pas vous taper dessus pour se soulager un peu. Engeance de vipères...

(1) Cette métaphore a valu le prix Nobel de poésie en 1932 à John Moullard. Il se murmure que Derrida l'avait tatouée sur toute la surface du dos, et que lorsqu'il voulait draguer une gonzesse en boîte, il abaissait sa chemise sur la phrase fatale au moment de "Alexandrie, Alexandra".

(2) Et non ces tests de QI pour débiles inventés par des ingénieurs physiciens-psuchiatristes américains obsédés par la figure divine du carré hachuré, tests qui installent des centaines de jeunes crétins (et leurs parents) dans la certitude que Dieu les aurait munis d'un "haut potentiel" comme le ministère équipe le punicier molicipal d'une patraque, alors qu'ils n'ont pas atteint le niveau de CP à 14 ans.



lundi 13 mai 2019

La fable à fontaines bannie par ses moutons, même

Avant de reprendre sur le peuple, je vais faire une incise sur mon sursaut en entendant une journaliste de France Info dire à propos du kiosquier parisien "Rappelons que l'homophobie est un délit". "Aïe", me suis-je dit. 

Au Pakistan, c'est l'inverse. C'est l'homosexualité qui est un délit et vous vaut emprisonnement, fouet et mort. Mais qu'est-ce que l'homosexualité ? Ah, voilà, ça devient problématique. Il semble que parfois, cela serve un peu de prétexte à éliminer un opposant. Non, sérieusement ? Eh oui. Non, sans blague, je ne vous crois pas. Si, si je vous assure (prolonger ad lib comme King Julian avec le "sakwifice").
Ah bon vraiment ? Si, si je vous assure, et c'est une coutume assez répandue sur la planète.

Ah bon, mais comment ? Eh bien quand une dictature veut mettre des gens en prison, elle invente un mot genre "communiste", "trotskyste", "sentierlumineux", "maoiste", "homosexuel", "juif", "leniniste, "réactionnaire", "communiste", "contre-révolutionnaire", "réactionnaire", "hétérosexuel", "trotskyste", "anarchiste", "terroriste", "lampiste", "djihadiste", " sandiniste", "catholique", "protestant", "irlandais", "homophobe", "arachnophobe", "phobie administrative", phobie scolaire", "délinquant", "toxicomane", "dépravé", "dégénéré", etc. bref, et ensuite, ces mots sont déclarés être des activités criminelles qui doivent être punies et réprimées pour protéger la société, pour en faire "un lieu sûr", une safe place, comme disent les administrateur de Youtube quand ils censurent une vidéo. 

Dernière étape, La dictateur établit une liste de personnes qu'elle souhaite voir mises en prison parce qu'elle en a peur, et chaque personne que la dictature souhaite voir mise en prison sera affublé d'un qualificatif ci-dessus. Untel sera communiste, l'autre pédé, voire les deux. Cela justifie que la personne qu'on souhaite voir mise en prison soit arrêtée par les policiers, même s'ils savent que c'est injuste. Car c'est une caractéristique commune à tous les lieux et toutes les époques qu'on trouve toujours des gens prêts à devenir policier pour arrêter et torturer leurs concitoyens en toute injustice. Le réservoir en est inépuisable. 

Donc untel devient "trotskyste", "sud-américain", "irlandais", "homophobe", et on peut envoyer une jeep de militaires pour le faire torturer. " Mon Dieu", me suis-je dit, " pourvu que le pouvoir n'ait pas déjà décidé que je suis sur la liste des homophobes, des communistes, des juifs, des djihadistes, car alors je risque la prison "de plein droit". 

Et j'imaginais le sergent me traîner au carrefour dans la rue devant chez moi, m'attacher à une chaise devant tout le monde, me raser sommairement les cheveux, me peindre une croix de Jésus sur la tête, puis une étoile de David par dessus, puis une croix celtique, puis un dollar, et lorsque le tout fut devenu illisible, lire à haute voix mes chefs d'accusation devant un public ému et ravi d'avoir appelé la kommandantur pour me dénoncer. 

Vous pensez que ces pauvres gens sont homosexuels parce que c'est à la mode, et que de nos jours il vaut mieux avoir le porte-avion Charles de Gaulle dans le fion que de n'être rien, mais que dans six mois, les nazis revenus au pouvoir, ils feront des gosses comme des lapins, parce que ce sont des moutons et que ce sera revenu à la mode, donc vous êtes coupable du délit d'avoir l'opinion d'être homophobe.

Vous pensez que la plupart des pauvres gens sont musulmans parce que c'est à la mode, et qu'il vaut mieux avoir l'air de se recommander d'un recueil d'âneries rédigées il y a des milliers d'années par des blédards qui venaient d'apprendre à écrire, parce qu'il vaut mieux ne pas faire de vagues et dire qu'on est comme ça quand on habite dans des cités de misère gouvernées par trois et demi des gens violents et armés, dont on a peur parce qu'ils tuent les moutons pour un rien, ça permet à quelques intégristes de mettre le monde à feu et à sang, donc vous êtes coupable du délit d'opinion d'islamophobie. Vous pensez que les noirs au moins ne nous font pas chier avec leur religion tant qu'on n'est pas venu les pourrir avec la musulmanie, donc vous êtes coupable du délit d'opinion de racisme.
- Ah ben non, là...
- Taisez-vous, votre procès n'est pas terminé. 

Vous pensez que la plupart des pauvres gens sont juifs parce qu'ils n'osent pas dire le contraire, qu'il vaut mieux avoir l'air de suivre les prescriptions d'un recueil d'âneries rédigées il y a des milliers d'années par les blédards de la tribu d'en face à qui on foutait sur la gueule entre deux fêtes, qui venaient d'apprendre à écrire, parce qu'il vaut mieux être un mouton que de s'engueuler avec toute sa famille, ça permet à quelques intégristes de gouverner, donc vous êtes coupable du délit d'opinion d'antisémitisme. 

En plus, vous répétez qu'on pourrait payer des professeurs de philo pour apprendre aux enfants à faire la différence entre un mouton des espèces ci-dessus, un loup qui hurle et vous menace, et une personne qui a réellement une opinion intéressante, ce qui fait qu'on vivrait dans une atmosphère respirable puisque le niveau de conneries émises dans l'atmosphère diminuerait, donc vous êtes coupable du délit d'opinion d'incitation à la haine.  

Vous professez qu'une fois cette lèpre de loups violents et de leurs prophètes abrutis sera éradiquée par le vaccin de la culture, on verra émerger à nouveau, du coup désœuvrée puisque n'ayant plus d'ennemi qu'on lui désigne, cette partie moutonneuse de l'humanité n'aimant rien tant que la vie au grand air, qu'il faut sans tarder l'envoyer réinvestir les hameaux abandonnés, désherber et  cultiver les champs à la main, dormir à la belle étoile, ce qui permettrait de supprimer les tracteurs,

- et pas seulement...
- Taisez-vous, votre procès n'est pas terminé.

 résolvant ainsi d'un coup d'un seul les problèmes alimentaires et d'environnement, d'obésité et d'addiction aux écrans, donc vous êtes coupable du délit d'opinion de technophobie. 

Vous pensez que l'écart entre ce qu'il faudrait faire et ce qui se fera est un gouffre béant dont les bords s'écartent chaque jour un peu plus.
- Ben non.
- Comment ça non. 

Non, je trouve que tout ça va plutôt dans le bon sens. 
- Mais euh, non, ce n'était pas prévu comme ça. 

Ben si, si vous regardez, les crétins que vous me citez pèsent au pire, largement au pire, 10 % de la population. Cela laisse 90 % qui s'occupe de choses utiles. Prenez un journal département au hasard, et regardez ce qui se fait :

 - page 7, les collégiens vont en entreprise pour se familiariser avec le monde. Le département leur permet de créer des mini-entreprises.

- Page 8 : une nouvelle appli pour sauver des vies. Les associations organisent des cérémonies sur le devoir de mémoire.

- Page 9 une association permet à des handicapés de financer de l'habitat regroupé répondant à leurs besoins.

- page 10 : le département finance des formations sensibiliser les collégiens à l'cologie. La MDPH a accuelli 17000 personnes l'an passé.

- Page 11 tous les services de la PMI.

Plus loin, le département finance un coupon sport permettant aux plus démunis de s'inscrire dans un club, un encart explique l'action publique, on dispense des conseils pour réduire ses factures d'eau, un garage solidaire ouvre dans un village, des associations sportives accompagnent les jeunes handicapés, un sentier d'interprértation est mis en place autour d'un étang, une jeune éleveuse reprend un troupeau de moutons avec des méthodes traditionnelles, des jeunes vont bénévolement dans les EHPAD initier les vieux au numérique. On pourrait en étaler des pages comme ça.

Bref, dès qu'on l'éduque un peu, dès qu'on l'aide un peu sur les moyens, l'humain se décarcasse pour faire un monde meilleur.
Bon, alors arrêtez de râler.

Tiens, je vais récupérer une belle formule entendue dans ce beau reportage sur ce film émouvant, c'est dans l'émission Signe des Temps https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/m-de-yolande-zauberman-quand-le-documentaire-et-la-fiction-sentremelent sur France Culture, et c'est monsieur Marc Weitzmann qui s'entretient avec Madame Yolande Zauberman sur son dernier film, intitulé M.



On mord dans la vie, la vraie, celle des gens qui dansent dans les nuits chaudes. La formule, c'est "passer de l'allergie à l'amour".

Bon, ça c'était un détour pour montrer la manière dont les dictateurs emploient des mots pour détourner notre allergie vers des choses futiles et inutiles. Et qu'on peut conserver foi en l'humanité puisqu'il y en a qui arrivent à me donner envie d'aller voir un docu-fiction sur des trans israéliens.

Mais le principal, c'est de revenir, ce coup là vous l'avez vu, par le biais du conceptuel dans l'art, à la façon dont nous ingérons l'Autre en mangeant du langage des autres.


Tout de même, MDR pour France-Culture, qui relaie bien l'idée selon laquelle l'urgence, c'est d'orienter les populations vers la lutte contre l'homophobie, y consacre toute une journée.

Dans cette belle émission, https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/la-nouvelle-bande-dessinee-francaise-a-lassaut-de-lhomophobie, on invite une auteurouzeresseuse de BD, laquelle a pondu une histoire selon laquelle, les héroïnes, évidemment lesbiennes, doivent avoir des orgasmes simultanés pour que leurs superpouvoirs s'activent.
Heureusement qu'on a enfin des auteureuzouresseouzes femmes en BD, qu'on puisse aborder les thèmes du vagin, de l'orgasme, et de l'initiation des adolescentes à l'hygiène intime, il est temps d'en finir avec cette civilisation raciste et antisémite (elle a remarqué que ce sont les mêmes). Et elle nous gratifie à 11:00 de la phrase :

" Ce serait incroyable qu'ils (les éditeurs) me redusent une BD sous ce prétexte-là (l'homossessualité lesbienne sensuelle) surtout qu'un éditeur c'est avant tout quelqu'un qui veut vendre des livres et que je pense que le sujet LGBT de toute façon est un sujet qui peut intéresser des gens et donc à ce niveau là le monde..."

Que de belles circonvolutions pour dire que les éditeurs achètent le sujet porteur de la gouine qui se lèche ! Que de belles intentions pour dire qu'il faut accepter l'autre comme il est, à condition qu'il soit antiantisémite, antiantiraciste et antiantilesbienne, et surtout, qu'il achète cette bonne BD de ce bon secteur qui fait un bon chiffre !

Que c'est beau, c'est gens qui sont toujours du bon côté, qui sont toujours à la mode, dans le courant, qui sont l"avenir de l'humanité quelle que soit la mode, dans mille ans, ils seront encore là, à dire que les autres sont des ringards.

Et pendant ce temps là, les espèces animales les unes après les autres, leur habitat détruit par une industrie soutenue par la planche à billets, mais vous, comme ou vous l'indique, vous luttez pour le LGBTQ++; c'est bien mes petits, dansez, dansez...