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dimanche 27 juin 2010

Il est mort notre petit amour

Comme ces bébés, à peine plus grand qu'une main, et jetés trop trôt dans les arrière-cours les plus obscures des hôpiteux, épuisée, à la fin d'une nuit de lutte contre la noyade.

De quelle nuit à quelle nuit passent-ils ? Qu'attendent-ils des prières des vivants, de ceux qui vivent, belle fête.

Faut dire qu'à force de l'étrangler en le déclarant non-viable, on ne lui a laissé aucune chance.

Et moi je le couverai. Tant qu'il y aura une petite flamme, je la protégerai, quitte à vivre seule avec lui.



L'amitié. C'est bien beau l'amitié. Ca sert à dépanner les roues de vélo, et puis quoi ? De canne ?

samedi 26 juin 2010

Il est mort mon petit amour

C'est l'anniversaire de la mort aujourd'hui. Elle fête ça au verre blanc.




Amour toujours...

vendredi 25 juin 2010

Ex nihilo

Tu ne voulais rien construire, tu y as bien réussi finalement. Plus besoin de sms, plus de trace. ça ressemble au néant que tu aimes tant. La queue de la comète nolife, no love, no sex, no rien... ?

J'avais préparé une boîte étanche avec des biscuits, et du café pour quand on serait là haut près de ton arbre. je suis un peu triste. Et fait provision de tortillas pour quand tu viendrais. Mais non, rien c'est mieux.

Moi je préfère jouer et perdre. Je préfère la joie au néant, le mouvement à l'immobilité, et assumer la vie, dans toute sa splendeur.




Amour toujours ?

mardi 15 juin 2010

La rue aux gais

Ma maison est coincée entre deux rues.

La façade avant est longée par une rue très passante, où on a généreusement laissé un trottoir de 30 cm, pour ceux qui veulent se suicider au rétroviseur, c'est une belle mort, surtout quand il s'agit des mastodontes qui violent aussi allègrement que quotidiennement l'interdiction de circuler qui les frappe.

Rares sont les piétons qui s'y risquent.

Sur l'arrière, il y a le jardin, qui donne sur une autre rue, empruntée elle aussi par les bolides petit modèle, impatients, qui pensent ainsi griller les poids lourds du centre ville, mais plus calme.

Et passées les heures de presse où les boeufs se rendent le plus vite possible à des carrefours aussi imbéciles qu'inutiles, on y voit parfois zigzaguer ces douces personnes un peu prises de boisson, qui savent qu'elles pourront en passant par là éviter plus facilement les bolides d'acier, marcher tranquillement, doucement, en rêvant, en étant moins au monde et plus à soi-même.

J'ai déjà fait là de belles rencontres. Finalement, les accidents de voiture, c'est un peu comme les accidents de chasse, une sorte de sélection naturelle.

mardi 30 mars 2010

Entendu Michèle Tribalat dire que le débat sur l'immigration souffrait d'une préemption morale, rendant le débat hémiplégique, puisque seul restait dans le registre de l'éloge, les propos d'ouverture.

Je sais que le niveau de discours n'est pas une garantie de qualité morale, ni un billet pour quoi que ce soit, mais quand on dispose d'une femme de cette intelligence, on en fait autre chose que directrice, fût-ce d'études à l'INED.

Serait-ce que l'objet de ses recherches la rend victime d'un certain ostracisme ?

Ah là là ...

lundi 29 mars 2010

le Mur

Même si je suis maintenant persuadée que plus rien n'arrivera entre nous, je l'aime toujours...

Je coupe volontairement tous les cordons, j'en suis à couper tous les liens qui pourraient me ramener son image, pour m'aider à l'oublier, et dans l'autre sens, je me force à ne plus rien lui envoyer pour ne pas penser à lui.

Voir son visage me fait toujours exactement le même coup de fouet au coeur, et la même balafre à l'âme. Cela ne diminue pas. Rien ne change.

Et son empreinte en moi est intacte.

Comme ces pas sur la lune que nul vent n'effleure, sa présence en moi, ineffable et invisible, est indélébile, gravée.

Il n'y a plus de solution. Je suis contente d'avoir vécu quelque chose que je ne pensais pas être possible à VIVRE.

dimanche 14 mars 2010

Quand je serai grande, je serai coach de robots

Il paraît que bientôt on va faire des robots (les fameux bots), qui sauront coopérer entre eux et se reproduire.

Faudra absolument leur demander la recette. 

YouR LoSS (Nouvelles râpées)

Un de mes amis me prie de vous faire tenir ce texte :


T'es une femme libre, t'es grande et autonome
T'es plus une poupée qu'on trimballe, pour jouer à la 

Dinette
L'amour t'en as plus rien à foutre, ça te pèse, c'est lourd, 
T'en rêves
Tu passes des annonces sur Internet cherche bogoss 
Grosse queue
Après t’appelles ton psy, ta voyante et ta naturopathe
Pour savoir si c’est le moment de partager des cornichons
A deux
Finalement, t’es pas réceptive à une rencontre
Les murs, possession, étouffement ça ne vaut pas
Ta vie
Ta liberté, ton désir, l’amusement, le hasard, qui viendra bien
Un jour
Tu le sentiras c’est sûr en attendant quiche aux poireaux devant
Le PC
Shiatsu, reiki, poterie, origami, ikebana, peinture 
Sur soie
Tu tombes amoureuses du prof il te baise un coup puisque
T'es libre
Tu pleures, t’as une blessure narcissique alors tu changes
De psy
Tu dis que les hommes t’en as soupé, que ça ne sert  

A rien
Il te faut ta place, ton territoire, 
Ton île

Alors tu remets une annonce sur Internet : « pas la peine de m’écrire »
Tu dis j’aime regarder pousser le persil, mais chez toi tout est crevé
T’adores les films de rencontres ratées et de jolis 
Singes bleus
T’aime bien l’art, surtout les cailloux en gros plan dans un cadre à 
Deux balles
Un truc flou, ça fait plus féminin, et ton petit neveu sur le
Frigo
T’adores les enfants, eux ils ne sont pas prédateurs, 
Mais c’est mieux de pas en avoir, on peut 
Sortir,
Le tien, cette erreur de jeunesse, tu l'as encore oublié chez la baby
Sitter
Tu dis que t’as pas la télé, tu mates ta freebox en DIZZZ
9 pouces
Tu cites Stig Dagerman, et tu lis les louves, enfin deux ans
Pour le finir entre deux 
Bibas, la liberté c’est ton truc, 
Tu choisis toujours la liberté de ne 
Rien faire, 
Tu dis j’aime pas les cons, la guerre, la misère, l’injustice,
Les relous, le froid, le poisson, les nazes, finalement
T’aime rien
Ni les cartes de fidélité Carouf, quand t’as les moyens d’aller au
Biocoop,
Ni la bagnole si tu habites au pied du métro
Tu signes des pétitions contre Total, le Darfour,  et puis tu roules comme 

Tout le monde
T'éteins IE l'OGM Day pour faire la nique à Monsanto mais t'es bien obligée d'avaler
Sa bouffe

Ah si, faire tenir l'incohérent par l'absurde, boucher le vide avec de la

Voltige,
Emailler de Plonk, en bétonner la planète pendant mille ans,  ça n'avance
A rien.
Tu dis j’aime voir la brume, le ciel bleu, le temps, la poussière, la randonnée
J’aime voir pousser les pousses, passer les nuages, prendre le temps 
De rien faire

Tu vois Pierre, Paul, Jacques, ils sont en couple, voire en
Tiercé,
T’as mille amis sur Facebook pour échanger des coeurs,

ça c'est japonisant, c'est léger, ça se prend comme le Genmaïcha
De biais
T’aimes pas les mecs qui sont pas zen, t’aimerais pouvoir le mettre
Sur Off
Et le poser sur une étagère quand t’en n’as plus besoin
Ou bien sur position 1, ou bien 2, en tournant un
Bouton
T’arrives pas à être deux, la fusion ça t’effraye, il vaut mieux

Ne rien risquer, ne rien faire car la solitude, c'est la liberté du désir
Dix ans que tu vois plus le gynéco que pour la chasse aux champ...
Puis non
Les fleurs de Bach, ça fera l'affaire, tout ça c'est une question
D'savon

Disons que tu te sens pas prête, puis ce week end t'as ta couette à
Laver

T'aimes pas les mecs qui sont directs, t'aimes pas les mecs qui foncent
T'aimes pas les mecs qui déclarent leur 
Amour,
T'aimes pas les mecs qui rient fort, qui chantent devant
Tout le monde
Tu préfères ceux qui gratouillent en sussurrant, cadre intimiste
Finalement t'aiment pas les mecs qui sont
Des hommes. 
Alors tu remets une annonce sur Internet, t'enlèves
"viril"
Tu mets machos s'abstenir, mais t'as déjà pas mal de copains bi
Qui nient
Chaleureux c'est ennuyeux, intelligent c'est intello, cultivé c'est
rasoir
Etc etc. Finalement ça se termine par qui saura me charmer,

Ton taf te prend un max, t’aimes bien ton taf, tu t’éclates toute la 
Journée, 
Et puis ton assoc, tes copines, t’as jamais le temps
De rien
Comme pour éviter les contraintes, tu préfères qu’on ne se 
Voie pas, 
Quand c’est trop une fois par mois, tu te tires sur l’élastique, 
A vide

Et si ça suffit pas, au nom de ta liberté sacro lombaire
De rien
Tu t’achètes un vibro, moi contre l’acier je peux pas lutter
Je prends une pilule pour pas flipper, essayer de te faire un beau gosse
Toi t’en prends une histoire de le faire crever, que tu sois pas
Possédée, annexée, emmurée vivante dans ta vie
De femme
Et d’être sûre que de nous il ne restera

Plus rien.
Si encore je te voyais heureuse je me dirais 

Tais-toi,
Au lieu de chercher frustré l'âme-soeur trouve toi une 
Masseuse
Mais désolé, à part la liberté de tes grimaces à la
Webcam,
Quand ta coloc est pas là tu fais la
Maligne
Je ne vois dans tes yeux  plus de joie plus d'envies,
Plus rien
Je sais je radote de tendresse l'amour que je veux toujours
Y mettre
Faudra m'expliquer à part le fait d'être à la page, ce que tu
Y gagnes

En attendant, je vous dis je me tire de ce monde 
De nazes
Je retourne là bas où l’arbre et l’homme
Ont pas la trouille de s’engager un peu
La souffrance fait partie de la vie
C’est pas l’aimer que de la risquer
Oui moi j’aime aimer, j'aime en grand, j’aime risquer, j’aime vivre 
Oui, j’ai des gosses et pas des rats,
Moi quand j'aime je mise, je m'engage, je m'enfonce
A fond
J'aime bouffer, boire, et tout ce qui va
Avec
Moi je suis dans le plus dans l'additif, dans l'opulence dans la
Bondance

S'il faut souffrir pour vivre c'est pas que j'aime ça
Mais bon
Mieux vaut payer l'addition, pas de souci ce sera avec Jubi
Lation
Et vivre une belle vie que de se faire chier pour pas
Un rond
J'ai mis Paris dans une bouteille, je ruinerai pas la
Sécu,
T'en fais pas elle pourra te payer tes années de
Formol
On fait pas une vie avec des quand ma tante en aura et des hési
Tations

La baise c'est deux coeurs, dlala sueur, et qui vivent
A fonds,
Et pas des accessoires, on ne me met pas sur off
Sinon d'un baiser, gentil, en tendresse

J’ai des yeux des oreilles, des lèvres, 

Et j’aime apprendre à m’en servir, la vie ça se fait

Dans le dur,
Moi je t’aime 

J'aimerai tes erreurs, le jour où tu ouvriras
La bouche
j'aime t'écouter, t'apprendre, j'aime ta chair et je suis bien

Dedans
T’aimes pas la tendresse, t’aimes pas apprendre, ça prend

Du Temps, 
Des fois c'est rouge, ça coule et tu trouves ça 
Pas beau
C'est plus glamour de postuler aux chambres froides des grands
Labos
Attendre que le gouvernement accepte ton
Dossier
De prise en charge et féconder puis congeler un de tes
Ovules

Ex utero
Désolé, même s'il faut lutter, je préfère le faire à la 

Mano

Préparez votre monde de dix riches riches qui payent des cyber putes
Pour mille pauvres pauvres qui violent ce qu’ils peuvent au grand dam des assoc
Préparez vos colonies d’Alzheimer obèses « SINGLE »
Qui materont pendant vingt ans dans leurs retraites médicalisées
Des films de cul en attendant que leur crédit courant soit épuisé et qu’on les 

Débranche.

On me trouve seul à dîner au chandelles, on
S'étonne
Je réponds personne n'a voulu jouer à la
Dînette
Elles préfèrent un blédichef au micro-ondes, ça va
Plus vite
La mer demande aux nuages et puis aux mouettes qui crient
En vain
Je réponds personne n'a voulu me donner
La main
Pour se cacher dans le sable et murmurer des mots
d'Amour
Elles préfèrent une bouteille à la mer et puis on veeee
Rrabien
La nuit m'agite et finit par me cracher sa
Question
Je lui dis fini tout ça, ces serments et ces joutes que tu
Berçais
Pas prêtes à jouer à la poupée, pas touche, ça ne
Fond pas
Elles préfèrent un doigt en chattant à l'écran, c'est plus
Vite fait

Alors bye bye, je compte bien trouver un coin où Thanatos a pas déjà
gagné
où on peut encore imaginer des trucs entre une fille et un
Garçon
Des trucs d'enfer et des délires
Sans se faire traiter de bourreau totalitaire, salir, rejeter, débouter, 
Casser
J'ai assez souffert, à vous offrir des trésors
Tu ne veux plus
De nous
Pas de souci, je trouve que c'est dommage
Pour toi

Et tous ensemble c'est je jour où jamais
La chèvreeeee est l'avenir d'la pogneeeee

(il doit bien en rester quelques unes à vendre en Corse)

Pfizer, que cette usine est beeeeeeeeeeeeeelle
Comment peut-on s'imaginer,
En voyant ce tas de bâtonnets Findus
Que vient d'arriver l'ère...

dimanche 28 février 2010

Nous sommes légion

Vous me direz : " je ne pouvais pas savoir". Et je vous répondrai : " Depuis ce moment où je te l'ai dit, tu aurais pu choisir ne pas l'ignorer".

samedi 27 février 2010

Une vie de playmobil

Je suis comme immobile dans sa contemplation intérieure, je suis tout en nous. Et lorsque je pense à autre chose, très vite, je m'en décroche, je repars dans la pensée de nous.

Lorsque je pense à elle, je ne pense qu'à cela, et j'ai du mal à penser à autre chose. 

Comme chaque jour est un long intervalle de souffrance, entre le moment où je m'éveille en me demandant si elle va bien, et la nuit où le sommeil me reprend enfin pour me délivrer de notre inexistence, d'un autre côté, je suis preneuse d'occupations.

Il faut donc que je reprenne ce blog, en attendant de pouvoir reprendre les autres. C'est de tous plus frivole, c'est plus facile. Il faut que j'écrive pour guérir, pour revivre, pour inverser ce courant de la vie qui s'enfuit hors de moi, pour aller toute en nous, là-bas.

Donc je vais faire un billet pour dire que c'est fou, et criminel, la quantité de pièces de playmobil que je peux aspirer. Celles que je vois à temps je les sauve, mais les plus petites, je les reconnais dans le bref envol où elles apparaissent, entre la cachette d'où l'aspiration les a dénichées, et le tuyau du Styx fatal dont le courant les emmène aux enfers de la déchetterie.

Je relis donc l'histoire des fêtes, sloup, ah le sextant du capitaine,  c'est Noêl, la carte au trésor du pirate, wouuf, l'anniversaire, et l'histoire, tic, un petit sceptre égyptien...

Voilà je sais, c'est minable, mais pour guérir, c'est pas mal. Et puis comme dit Véronique, quand on a personne, on se sent tellement minable, tout petit, abandonné...

Moi aussi je suis une pièce de Playmobil, déterrée de ma forteresse d'amour où je circulais en effeuillant du Rimbaud, dans d'effroyables machinations pour payer le perdreau. 

Arrachée hors des murailles que j'ai voulu abolir, je suis dans un courant plus puissant que moi, comme l'agneau mystique, mais sans fanion, sans rien, sans même quelqu'un à qui offrir l'amour en partage au soir du grand voyage.

Je vais retourner à la matière sans avoir vécu, comme un Constellation, qui embraye dans l'air brésilien dans le petit matin froid, qui sait qu'il ne passera pas les cols, mais qui préfère y disparaître que de mourir devant des terriens.

vendredi 26 février 2010

Send the rope


Plus ça va et plus le temps que je passe à pleurer en pensant à elle, à pasdenous, grandit. J'ai de plus en plus de mal à écarter les parenthèses diurnes pour le boulot.  Je n'ai plus le courage de téléphoner, il faudrait ouvrir la bouche.

Je n'arrive même plus à fermer la fenêtre d'un dossier si son nom est dedans ou s'il contient une photo d'elle. Je le savais, je l'avais rêvé. Son âme est montée par l'ascenseur et elle est entrée par le canon. J'ai ouvert mon coeur une seconde en acceptant d'aller le voir et ça lui a suffi pour y entrer et me tuer. 

Le tout est de savoir combien durera l'agonie, mais je ne vois pas d'autre issue. Elle approche, c'est une question de temps, je ne sais pas combien je tiendrai, c'est tout. 

Peut-être que j'ai appris tout ce que j'avais à apprendre dans cette vie. Un peu trop vite, cahin-caha, et que cette course de bob arrive à sa fin. Je n'aurai eu personne pour me prendre dans ses bras, personne pour me câliner un peu. Juste mettre mon visage dans son cou, et puis attendre que ça passe. Se lever, voir la mer, manger, sortir.

Bon... ben c'est comme ça.  J'attends la fin. Si ça pouvait venir vite, au milieu d'une nuit, ce serait bien. Merci.



vendredi 5 février 2010

This is the end, my friend

Moi qui ait tant cité cette phrase de Mlle de Lespinasse : " Faire, vous me parlez toujours de faire, mais n'est-ce pas bien assez que d'être ?", je me la sers à moi-même.

Tenter de survivre.

jeudi 28 janvier 2010

Zarak, la cagoule

Bon, je vois que pète encore le feu, chez Peggy et je n'ai pas envie d'aller mettre les pieds dans ce marigot.
Je vais donc tenter de donner mon point de vue. D'abord Peggy n'est pas une allumeuse, c'est une vraie tête chercheuse. Ensuite, à 20 ans on n'a pas vécu assez pour savoir ce que c'est que l'honnêteté intellectuelle. Pas la notion, bien sûr, mais la chose. A vingt ans, on ne pense pas, on croit.
Et de deux.
Donc Peggy plonge dans le noir, elle touche un truc qui coince, une grosse plaque d'égoût. C'est la bonde de la baignoire à encre dis-donc, elle la décolle avec ses ongles puis la laisse retomber pour remonter respirer.

le problème, c'est qu'apparemment personne sur son blog n'arive à atteindre le fonds de l'effort qu'elle a produit. Evidemment, ça intéresse plus de verser de l'encre, c'est moins fatiguant. Et puis complimenter une femme tout en se moquant d'elle, c'est ce qu'on peut faire de mieux avec une femme intelligente, puisqu'on se dit que tout en conservant une mince chance d'arriver à la séduire si elle est maso, ce qui ne saurait manquer, sinon, on ne voit pas pourquoi elle réfléchirait, autant faire rigoler les copains.

Evidemment, c'est oublier que les femmes ayant intégré le paraître comme accessoire de survie, sont dans l'être, et dans sa vérité, et non dans la quête de pouvoir.

Troisièmement toute cette histoire est une histoire d'être, nous l'allons montrer tout à l'heure.

Si on dit " qu'est-ce qu'une femme ?" ou " qu'est-ce qu'être une femme ?", on sent bien que la jonction entre les deux questions est dans cette obscure région du " qu'est-ce qu'être ?"

L'histoire des déménageurs est une histoire d'espace, et d'espace où j'existe. Que suis-je et comment cela se voit-il, voilà les deux questions qui sous-tendent les deux débats.

Il y a deux façons d'exister : en notion et en réalité (cf. je le répète, les travaux de mon amie C'est Mieux à Deux, parfois écrit Semillade).

Illustration : la nuit existe en notion, par opposition au jour. Si le jour grandit, la nuit disparaît. La preuve, on dit " en Laponie, il n'y a presque pas de jour".
La nuit existe en réalité. C'est la nuit (restons en là pour le moment).

vendredi 22 janvier 2010

J'ai même des amis hommes

Je me permets de vous faire tenir ce propos d'un ami :

" ... C'est mon côté Jehan de la Croix-Jugan, sans doute :)
J'aurais aimé, étant prêtre, recueillir les aveux troublés des maîtresses de Vendée (maîtresses au sens de l'époque), les écouter raconter ces égarements qu'elles ne savent pas attribuer encore à l'usure (légitime !) de leur mariage idiot, ni à la naissance de leur désir... ah je crois que dans le silence de l'isoloir, j'aurais levé les yeux au ciel, récompensé pour se taper les ragots des vieilles et les imbécillités des autres.

Je ne sais pas pourquoi, je trouve complètement affolant ce moment où une femme trahit les conventions de son milieu parce qu'elle estime que sa propre personne est lésée, et qu'elle décide de laisser libre cours à ses pulsions, ou plutôt de reprendre sa vie en mains (tss tss).

Sans que ce soit physique, sans que ce soit même adressé à moi, c'est purement cérébral, comme jouissance, c'est celle de la sympathie qu'on éprouve à l'égard du taulard en cavale.

Combien de fois lors de dîners, en croisant un regard, j'ai lu dans sa hardiesse, l'état d'avancement de la question dans l'esprit en tumulte d'une femme effacée à côté de son mari idiot, pérorant et bruyant (imbécile célébrant par avance son cocufiage dans le bruit qu'il met à se faire remarquer aux alentours, ignorant totalement le trésor qui, passagèrement aveuglé, s'était donné à lui).

Quand j'y lisais " ce que je peux me faire chier avec ce gros con, mais je n'ose pas", je renvoyais une petite caresse en disant :" regarde dehors, tout ce que tu manques, y'a plein de mecs cool qui t'attendent, ça ne tient qu'à toi".

Combien de fois quand j'y lisais " je suis prête", j'allais la voir après le dîner, et je lui faisais comprendre qu'elle passait désormais très bien le message, que son charme opérait et qu'elle était à nouveau désirante et désirée. Sans même aborder le sujet, rien qu'au ton de la conversation, elle comprenait très bien, et on se séparait.

Oh pas pour moi, je n'ai jamais cherché à les revoir, mais c'était un petit geste pour la cause, comme on délie l'amarre d'un bateau qui part, pour lui donner confiance dans sa nouvelle vie, un petit service pour aider dans ce moment si émouvant où une femme se libère pour se vivre à nouveau.

Et puis j'avoue, pour le regard en partant, qui me disait " j'ai compris, merci pour ce que tu m'as donné, bye ". ça, ce regard là, la reconnaissance d'une femme, c'est le plus beau après évidemment, ce regard voilé qu'entre tous j'adore car elle est alors enfin " en " elle-même, totalement. "

Moi je trouve que ça prouve qu'il y a des hommes comestibles, non ?

samedi 16 janvier 2010

Les 3 coups de minuit

ce matin, trois événements se sont produits d'affilée qui m'ont laissée perplexe.

1 - je lis avec mon fils un petit livre de Cédric, Christian et Nicolas,

Le dit Cedric est amoureux d'une petite copine, et les garçons jouent à la guerre tandis que les filles font les infirmières. Jusque là tout va bien :D. Cedric feint d'être blessé à mort, mais c'est l'autre qui vient à son secours, et il aperçoit sa bien-aimée pansant l'ennemi. Enragé, il congédie sa bienfaitrice en lui désignant son amoureuse: " c'est elle que je veux".
La copine malheureuse va demander à sa collègue si elle veut bien changer de camp.
La désirée arrive, et le héros ferme les yeux. Elle le traite et s'en va, l'air furieux, tandis que le convalescent reste étendu, perdu dans son bonheur.
Rentré chez lui il s'aperçoit qu'elle lui a badigeonné le visage de mercurochrome, lui signifiant par là son dégoût qu'il ait asservi les règles du jeu à ses propres intérêts.

Je ne sais pas s'ils y étaient, mais je ne pense pas avoir perçu ce genre de message dans mes lectures d'enfance...

2 - je vais avec mon fils au marché, et je passe devant une boutique avec des caisses remplies de boutons, de véritables parterres de fleurs, une splendeur.

...

Une réflexion de la commerçante me tire de ma contemplation : " il aime les boutons, c'est pas normal pour un garçon". Je lève la tête et je vois la dame regardant mon fils d'un air affligé et me signifiant en le désignant du regard : " c'est foutu, quand le bois est tourné comme ça, c'est dans la matière, je veux pas vous décourager, mais c'est foutu quoi".
Et secouant doucement la tête, le genre " c'est dommage, il est mignon, et c'est pas qu'il soit bien grand, mais là, c'est foutu..".
Et mon Dante-Gabriel, fourrageant, évidemment, dans la caisse des boutons en or, me faisant remarquer que certains avaient des armoiries, etc.
Ce qu'elle répétait en disant que non décidément, pour un garçon, aimer les boutons, c'est pas normal, c'est qu'il était sans doute " atteint d'homosexualité", qu'il fallait absolument faire quelque chose, mais qu'il était déjà trop tard.

Elle m'a dégoûté de ses jolis boutons.

3 - Je vais avec ma fille acheter des chaussures, et elle demande à la marchande si elle ne peut pas avoir cette paire de bottines mais en "enlevant les pièces rapportées qui font trop fille".