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dimanche 3 mai 2020

Démocritique (liberté d'expression IV)

Il y a une chose qui ne change pas dans l’Histoire de l'Humanité, c'est que nous allons d'erreur en erreur. Il y a une chose qui change dans  l’Histoire de l'Humanité, c'est qu'à Athènes au V on pouvait le dire, et pas en Chine de nos jours.

Il y a des places et des lieux, on le sait mainteant n'est-ce pas, où l'on ne peut pas débattre de telle ou telle erreur .  On voit donc que ce qui est important ,  en démocratie, ce n'est pas que untel ou untel ait raison, mais bien ce qu'on peut mettre sur le tapis, et qu'on puisse (vraiment) le mettre sur le tapis

 Prenons par exemple les jeux de combat type cartes Pokemon ou autres. Pour que le jeu ait un intérêt, il faut faire apparaître une dimension qui est "les points de vie". Il est clair que si tout personnage a, de façon égale aux autres, des points de vie infinis, et qu'on parvient jamais à le tuer, ni même à égratigner son niveau de vie, le combat perd toute finalité, et le jeu tout intérêt. 

Il faudrait ainsi introduire dans le débat démocratique une dimension qu'on pourrait appeler du vilain nom de démocriticalité, ou niveau démocritique, qui caractériserait non pas "à quel point j'ai raison", mais "à quel point j'ouvre le débat et je permets à la pluralité des expressions de s'épanouir, à chacun de s'exprimer et de participer, et ainsi à une pleine conscience d'émerger.

La question se repose avec l'espace de liberté ouvert par Internet, et où curieusement, le niveau démocritique est très bas. Un niveau de démocritique bas se traduit par un débat où le principal argument est du type "tais toi, toi, c'est moi qu'a raison"

Mais ne vous croyez pas au dessus du lot, nous en sommes tous atteints, et il y a un symptôme, c'est l'anathème à la mode que se jettent à la tête les tenants de la pensée unique : "complotiste !".

 "Complotiste !" permet de discréditer l'adversaire sans discussion, comme "raciste" en son temps et "islamophobe" maintenant permettait de fermer un débat hémiplégique sur les conditions lamentables de l'acculturation et de l'accueil que nous réservons aux migrants, comme "antisémite !" permet d'interdire un débat sur la politique coloniale d'Israël.

On n'a entendu personne traiter "d'antipoutine" ceux qui ne trouvent pas évident que la Russie ait besoin de disposer de lebensraum et d'un cadre de développement suffisant pour assurer sa sécurité.

Ce sont d'un côté des non-problèmes qu'on renvoie à une bataille de références, et de l'autre des vrais problèmes qu'on refuse d'aborder.

Je n'ai pas d'argument à t'opposer mais "complotiste ! " suffira. Je n'ai pas l'intention d'exercer l'esprit critique dont je me réclame puisque "complotiste ! " suffira à te faire taire, je n'ai pas besoin ni même envie de te laisser parler, tout ce que je veux c'est te faire taire, puisque c'est moi qui ai raison, et "complotiste ! " y pourvoira.


Et j'en veux pour preuve ces pauvres agences gouvernementales et sites de presse officiels qui s'épuisent à faire des sites anti fake news sur le thème " nan c'est pas vrai, c'est moi qui ai raison, c'est ça qui est vrai. Hélas cela ne remonte pas le niveau démocritique : on est toujours sur un argument du type "c'est moi qui ai raison et pas toi". 


 "AFP Factuel" :)

Il n'y a pas de fait, il n'y a que des interprétations.

Par exemple, qu'est-ce que l'AFP connaît en virologie ? Qu'ont-ils mené comme expériences sur la bactérie Prevotella ? Rien, nada, que dalle, donc l'AFP ne fait que répéter avec complaisance un propos qu'elle a entendu à propos de la bactérie. Alors où est le "fact" là -dedans ? Pas plus de "fact" que les autres. Elle relaye, comme les autres.

Et c'est ça le cœur du truc qui m'énerve. C'est que certaines officines, des gens qui font strictement comme les autres, à savoir répéter ce que dit quelqu'un en qui ils ont confiance, s'autopromeuvent détenteurs de la vérité et du "factuel", tandis qu'ils renvoient les autres au ghetto des affabulateurs. Désolée, mais ça, ça ne passe pas.
"Moi, ma vérité, la différence c'est qu'elle est vrai parce que c'est moi qui la dis", ça c'est exactement le discours que tous les sites de fake news disent.Mais eux, c'est implicite, comme tout le monde. Ils ne se vantent pas de détenir la seule vérité vraie.


Et puis se concentrer sur ces détails, c'est pathétique. Qu'un prix Nobel ait fait ci ou ça, peu importe. c'est feindre ne pas comprendre que lorsque quelqu'un veut adopter une opinion, il trouvera toujours à faire feu de tout bois. Et que ce qui est important, c'est de comprendre pourquoi cette personne a besoin d'adopter cette opinion. On se concentre sur les interprétations des partis d'extrême droite sur l'immigration pour faire l'économie du seul examen à faire, c'est à dre pourquoi une partie de l'électorat a-t-elle envie de croire à ces mensonges ? 

Parce que les réponses sont autrement plus dangereuses en termes de remise en cause du système !

Et concernant ces vétilles de prix Nobel, encore une fois, peu importe le fonds, ce qui est dangereux c'est le ton. Je dis cela et c'est la vérité.

Comme on l'a vu, il n'y a aucune différence entre une officine de propagande en régime totalitaire et une agence de presse en démocratie, elles s'alignent toutes deux sur la pratique qui consiste à dire " Tais toi, c'est moi qui ai raison". Donc exit telle agence de journalistes qui détiendrait la vérité.

Ainsi le débat sur le virus machin. Peut importe qui a raison, et d'ailleurs personne ne sait rien, même les diafoirus qu'on appelle au chevet du malade et dont le "moi je sais " est une spécialité.

En revanche, quand leurs successeurs s'aperçoivent des bourdes émises par leurs prédécesseurs, on les entend moins. Il n'y pas si longtemps, les naturalistes coupaient les chèvres en deux, Bayer vendait dans les années 50 aux USA du LSD en liberté, on interdit tous les mois des médicaments massivements prescrits par des gens pourtant de bonne foi, mais qui se trompent purement et simplement, on examine l'ibuprofène, on pose toujours des stérilets, et si je ne m'abuse, l'agence officielle chinoise a maintenu la bile d'ours sur la liste des produits recommandés pour lutter contre le coronavirus.

L'influence des vieux toubibs à la ramasse est toujours considérable dans une société, ce sont les premiers à entonner le refrain du "nan moi j'ai raison pas toi", donc il n'y a pas de science ni de doctrine officielle qui tienne. La vérité ne peut émerger que d'un débat contradictoire sainement mené. 

Donc pour le virus, comme pour la Terre, comme pour n'importe quelle opinion, peu importe qui a raison, car personne n'a raison. Ce qui importe c'est : " Avons nous une société démocritique, et peut-on mettre ce sujet sur le tapis oui ou non ?"

Si on peut mettre ce sujet sur le tapis, alors parlons-en. Si on ne peut pas mettre ce sujet sur le tapis, alors il faut m'expliquer pourquoi. Pourquoi les tenants de telle idéologie n'ont pas le droit à la parole en Chine, pourquoi tel journaliste se retrouve en prison en Égypte, pourquoi tel organe de presse est fermé en Turquie, et pourquoi en France, on n'a pas le droit d'exposer tel ou tel point de vue sans qu'une opinion bien dressée par les médias officiels vous traite de complotiste, de communiste, d'anarchiste, de terroriste... ? (1)

Moi personnellement, je n'ai rien à foutre de savoir si la Terre est ronde ou plate, d'abord parce que je vais à pied me promener dans le parc d'à côté, et ensuite, ceux qui ont suivi mes travaux sur Formesens savent pourquoi : parce qu'elle n'est ni ronde ni plate, elle est sphérique. Et encore, non, pas tout à fait, un peu aplatie aux pôles, bref elle est une chose dont je n'ai rien à foutre.

Je n'ai rien à foutre de savoir qui a raison dans la bande de Gaza, ce qui m'ennuie c'est que leur opinion est véhiculée par des soldats armés dans des jeeps, je n'ai rien à foutre de savoir qui a raison en Ukraine, par contre cela m'ennuie qu'on discute avec des chars, je n'ai rien à foutre de savoir qui raison en Syrie, ce qui m'ennuie c'est qu'il le dise en noyant des enfants sous les bombes.

Ce qui me soûle c'est d'en entendre un dire "nan c'est moi qu'a raison", parce qu'il finit toujours par le dire avec une jeep pleine de crétins armés. Ce que je veux entendre c'est : "Je vous propose de vous aider à déterrer vos erreurs de raisonnements".

  
Ce qui m'importe, c'est le niveau de démocratie du débat, son indice démocritique, c'est à dire qui peut répondre favorablement aux indicateurs suivants :

- Est-ce que tout le monde a accès aux pièces du débat ? Est ce que tout le monde peut disposer des pièces et des démonstrations de tous les autres et bénéficier de tous les éclairages ?
-Est-ce que tout le monde a accès aux outils du débat ? Accès Internet, comprendre la langue utilisée, accès aux forums savoir utiliser les logiciels...

On le voit, j'insiste sur le qu'on puisse (vraiment) le mettre sur le tapis. Car il y a une tentation dans les démocraties balbutiantes comme les nôtres, c'est celle d'organiser un pseudo-débat démocritique, en multipliant les organes de presse et les lieux de débat, mais pour en faire une volière où la cacophonie dissimule l'absence  d'examen réel, et où l'on ressasse toujours la même pensée. On organise ainsi un porte-voix médiatique pour dire au bon peuple ce qu'il convient de penser et de professer. 

Alors, me direz-vous, concrètement on fait quoi ? On peut faire un outil d'évaluation du niveau démocritique.

Mais à qui ou à quoi appliquer cet outil ? Aux versions en ligne des organes de presse traditionnels, certes, mais ils vont nous répondre qu'ils n'ont pas les moyens techniques d'inviter tout le monde à s'exprimer. 

Alors aux forums type Facebook. Et c'est là où la réentrance nous montre la voie comme souvent.Un forum Facebook, a priori, c'est ouvert. Tout le monde peut s'y exprimer. Et pourtant, si on laisse faire, on a un chapelet de conneries, vous connaissez. Ce qui prouve que le cœur du problème est dans le niveau d'éducation du peuple, et donc qu'on ne pourra mettre en place ce genre d'outil que lorsqu'on aura deux ou trois générations d'enfants correctement éduqués à la rhétorique et au débat.

Et je suis prêt à évaluer mon propre niveau démocritique, c'est à dire à mettre en débat ma proposition :

Pensez-vous qu'il vaut mieux tout mettre sur le tapis et que tout le monde puisse donner en conscience et en connaissance de cause son avis sur tout comme je le dis que c'est moi qu'a raison, ou bien vous êtes d'un autre avis, et vous professez qu'il est normal qu'une seule personne puisse dire "nan c'est moi qu'a raison", agence gouvernementale ou affiliée au pouvoir politique et économique, et que tous les autres soient traités de "délinquants", communistes, contre révolutionnaires, anarchistes, terroristes, islamiste, trotskyste, trottinette, marionnette, maoiste, mastoïdite, complotiste, cherchez l'erreur... ?

Tiens, en voilà une du jour :

Twitter, qui estime malséant que ses abonnés invitent les citoyens à rouvrir leur bouclar, ferme le compte d'une pourtant-trumpette femme politique aux USA. Du coup, elle en appelle à sa liberté d'expression.


Et encore une autre :

https://dailygeekshow.com/lois-physique-univers/

 Alors, si vous avez un site complotiste et que vous dites que l'univers n'est pas ce que pensent les physiciens, on vous sucre le site. Si vous arrondissez le truc sous forme d'une découverte incroyable sur un site technophile, ça passe.

Bon sinon, lisez cela :
https://www.tradingsat.com/actualites/marches/le-jeu-de-nintendo-animal-crossing-est-devenu-un-repaire-de-traders-de-navets-virtuels-912091.html 

C'est tout de même du délire...La frontière entre réalité physique et réalité numérique vient de prendre un nouveau coup de smudge. Penser qu'un site sérieux comme BFM discute des stratégies de taux d'intérêts des ratons laveurs d'un jeu sur Nintendo... Bientôt les navets cotés, bientôt les Switch connectés à la Bourse, tout va s'estomper peu à peu, là où nous pensions que se tenaient un monument en granit dans un quartier d'affaires et une paillote de plage au club Mickey d'Ibiza, nettement séparées par leurs statuts enregistrés à la chambre de commerce bientôt circuleront des valeurs virtuelles aux mains d'avatars habillés comme Sibeth Ndiaye et payés en crypto-navets...




(1) Prenons par exemple cette page :
http://www.leparisien.fr/international/et-alors-quand-le-president-bolsonaro-reagit-aux-5000-deces-au-bresil-01-05-2020-8309409.php

On dit à Bolsonaro qu'il y a 5000 morts, il répond "Et alors ?"
Tout le troupeau proteste, s'émeut, bêle à l'unisson, tout fier de se serrer autour de l'évidence. Mais moi je le reprends, ce "Et alors ? ",  moi je repose la question "Et alors ? "

Et alors, qu'on m'explique en quoi c'est triste, pas bien, pas souhaitable, au lieu de bêler, de hurler, de faire des "aaah" et des "houuuuuu" qui rassurent l'entourage que vous êtes dans le camp de ceux qui bêlent là où il faut. Au moins vous aurez réfléchi un peu au lieu de bêler, ça vous changera.

C'est triste, ok, mais c'est exactement ce qu'exprime votre réaction face aux 5000 Syriens morts sous les bombes. Vous n'avez pas levé le petit doigt. Bon. C'est exactement comme dire "5000 Syriens morts, et alors ?"




jeudi 23 avril 2020

Collégiennes, collégiens, je vous ai compris.

Pardon, j'aurais dû écrire collègeuseriennes (ues/zes/zoulk/mouillesh/lgbt). L'incapacité de certains journalistes à dire : " Mme Unetelle, qui est Maître de Conférences à l'université Hôtel Accor - Sanofi -  Soupline IV, me fait penser à quelqu'un qui serait incapable de dire :" Mme Unetelle, qui est un des piliers de notre association..." et qui se croiverait obligé de dire : "Mme Unetelle, une des piliéresses de notre association".

Si par exemple vous cherchez à expliquer la connotation / dénotation à un enfant, le meilleur exemple est bien entendu le racisme, qu'on peut présenter comme une blague. C'est Monsieur Martin qui dit à une autre personne : " Sale bougnoule ". 

Ce que dénote ce propos, c'est ce qu'il dit de la personne invectivée par M. Martin. On ne sait pas, de cette personne, si elle est grande, petite, avec les cheveux longs, les chevilles épaisses... De cette personne on ne sait rien, pas même si c'est un homme ou une femme. 

Ce que connote ce propos, c'est que le pauvre M. Martin est bien malade, d'une maladie hélas plus répandue que le covid19 : il est raciste. On sait au moins cela de lui, que pendant son enfance on lui a transmis cette maladie. Voilà ce que c'est que la connotation, cela caractérise ce que le propos dit de la personne qui le prononce, et non de l'objet du propos. 

Quand je pense à une entreprise lambda de l'alimentaire, la moindre PME fabriquant de la mayonnaise, par exemple, son usine est dans une région 8 vers le nord de la France, son prestataire logistique dans une seconde région 11 au nord de Paris, et les entrepôts de la distribution livrés par ce prestataire sont dans plusieurs autres régions. Par exemple, si le Auchan de Strasbourg commande un palette de mayonnaise, et le Auchan de Marseille commande une palette de mayonnaise, alors l'usine 8 met deux palettes dans un camion qui vient de 11, et y retourne. Le lendemain ou le surlendemain, 11 se débrouille alors pour ventiler les palettes en 15 et 17, par exemple, avec des camions qui vont aller des régions 11 à 15 et 11 à 17.

Ce que dénote l'hypothèse du déconfinement par régions, je ne sais pas trop. Un certain bordel, ça c'est sûr, parce que fabriquer des palettes de mayonnaise qui s'empilent sur les quais de chargement jusqu'au plafond en l'absence de camions, bof... 
En revanche, je sais ce que cela connote des élites qui se grattent les neurones sur ce genre d'hypothèse : c'est qu'ils n'ont jamais vécu dans la réalité. C'est qu'on fait décider des gens sur des solutions à des problèmes qui sont complètement nouveaux pour eux et auxquels ils ne comprennent rien.

Du coup, le "certain bordel" que génère une telle méthode, on l'a bel et bien, par contre. Le problème du passage du GTIN au SGTIN ne reflète pas tant la complexité de la logistique, que le fait qu'il a été traité par des gens qui n'ont jamais eu à expédier un seul vrai carton. Le problème de la sécurité informatique, ce n'est pas les hackers qui s'en donnent à cœur joie comme les enfants au pied du sapin, ce sont les directeurs informatiques qui ne savent pas comment marche un routeur, et qui leur offrent ces cadeaux à déballer que sont leurs systèmes d'informations pourris. 

Ce qui gangrène le monde, tue des milliers d'enfants orphelins d'amputés sous les bombes, ce n'est pas l’Économie, déesse vengeresse assoiffée de sang qui veut son sacrifice sur l'autel, ni la fatalité, c'est la corruption. Ce qui est connoté par le bordel mondial, c'est la faiblesse que nous avons tous, au moment où l'entrepreneur vient chercher l'enfant au sein de sa mère pour que cette dernière puisse aller bosser, que l'entrepreneur arrache l'enfant à ses études laïques (1) pour qu'il lui fabrique ses dividendes plus vite, c'est ce manque de courage de dire non, de l'arrêter et de lui dire que l'important, c'est d'éduquer cet enfant pour qu'il ne devienne pas un porc comme son père.


On estime à près de 250 millions le nombre d’enfants dans le monde grandissant dans des pays touchés par des conflits
Vu sur:https://www.unicef.fr/dossier/enfants-et-conflits
 Apprenez donc à dire NON à tout ce qui touche de près ou de loin à la fabrication d'une arme ou d'un véhicule hormis les cycles à deux roues, car on des luths, des théières et des tapis à faire.

Non aussi, à tout ce qui  bouge plus de mille euros. Nous n'avons pas encore appris à résister à l'argent, autant éviter la tentation. Et quand nous aurons appris, il ne servira à rien.

Sinon, vous chai pas, mais moi, depuis 30 ans qu'on est finés, il y a un truc qui ne me manque absolument pas, c'est l'avion. Vous chai pas, mais moi, plus de bruit, plus de pollution, plus de bruit, c'est plutôt bien. Je me passe pas mal des fleurs coupées de Colombie, des avocats du Pérou, assez bien des Nike chinoises, et quant à leur cuisine, on a tout ce qu'il faut ici.
Et pourtant, devinez quoi, c'est à ce secteur, dont on vient de prouver avec éclat que non seulement il ne sert à rien, mais de plus que son arrêt serait bénéfique à tous, eh bien oui, c'est à ce secteur des compagnies aériennes qu'on va filer des milliards d'euros ?

Ces chantres de la mondialisation, du marché, de la liberté, du grand capital ! Normalement, dans leur jeu de grands fauves, quand une boîte périclite, ben on la ferme, on la boucle, et elle est remplacée par une autre, mieux adaptée au marché. Eh ben là non. Pour pouvoir continuer d'arroser la nature de kérosène brûlé, d'emmerder riverains et oiseaux, ces grands champions de l'entreprise "compétitive" viennent pleurnicher dans les jupes de l'Etat providence comme un vulgaire Rmiste qui veut son minimassossio, ben ça alors !

Et on leur donne ! Alors moi je dis, ces 7 milliards d'euros, au lieu de les filer aux avions, on cloue au sol ces saloperies, et on file les milliards aux petits hôtels restaurants de fruits de mer de la côte. Comme y'a plus d'avions, ben les gens vont dans les petits hôtels restaurant de fruits de mer de la côte, et comme ça, les restaurants qui n'ont plus d'avions achètent des meubles et des serviettes et des fourchettes aux entreprises de la côte, et comme ça l'économie française repart.

Et les salariés de l'aviation ? Ben ils se mettront à tisser des nappes. Avec un métier à bras, crois-moi, ils seront fatigués le soir,  ils dormiront au lieu de regarder une série à la con sur Netflix, et hop, la santé repart.

Et les mecs qui veulent aller en Chine ? Ben ils achètent un vélo français, et bon vent ! Ils nous ramèneront une caméra à reconnaissance faciale, on en fera une cabane à oiseaux.

Et pourquoi pas garder le fric pour développer le transport à cheval ?


 Alors pourquoi filer des milliards à Air France ? J'aurais bien persiflé que c'est pour filer du fric aux actionnaires etc. mais là non, même pas. Bon ok, avec ces 7 milliards, ils vont acheter des actions Total, histoire que leur bilan ait l'air cool l'année prochaine, mais bon... Non, franchement même avec toute ma mauvaise volonté, je ne vois pas l'intérêt.
Ah payer, les factures en cours ! Oui, ben à ce moment là on fait une liquidation judiciaire avec des appels de fonds en comblement de passif, des ATD, on paye les 3 fournisseurs français, pis les fournisseurs chirographaires et les autres, ben bye bye.

En plus, quand je dis développer le transport à cheval, je suis sérieuse. Vous ricanez, mais plus pour longtemps, croyez-moi.

Ou alors on file le fric à L'Unicef, aux ONG, enfin bref on en fait quelque chose d'utile au lieu de faire de l'acharnement thérapeutique sur ces saloperies de compagnies aériennes qui tuent la planète. D'ailleurs, j'aurais bien aimé qu'on me demandasse mon avis, avant que de disposer ainsi, sans leur consentement, de l'impôt des mougeons qui ont voté pour leurs exploiteurs.

Lesquels exploiteurs, pendant des années, se sont remplis les poches en endettant les entreprises par le marché. Résultat, je serais assez d'accord pour m'aligner sur le diagnostic du Dr Boulevard Voltaire :)

 Aux États-Unis, 22 millions d’emplois ont été créés en dix ans et 22 millions de nouveaux chômeurs viennent d’apparaître en quatre semaines. Le déficit public 2020 des États-Unis sera de 15 à 20 % du PIB et la dette va augmenter de 10 % du PIB, dans l’attente de pressions inflationnistes. Les producteurs de pétrole de schiste américain vont tomber en faillite, suite à l’apparition de prix négatifs. Une nouvelle crise du subprime à plus grande échelle se prépare, les ménages devenant insolvables. En une semaine, les demandes de reports d’échéances ont bondi de 1.200 % !
 La Fed viole les règles du « Federal Reserve Act » de 1913 en se prostituant « sans limites » : achat de dette non garantie à court terme et d’obligations d’entreprises « pourries ». Elle a déjà gonflé son bilan de 2.000 milliards de dollars !

L’Italie, grande débitrice des banques françaises, sera sans doute le prochain cygne noir. Malgré les interventions laxistes de la BCE pour aider l’Italie, le spread italien des emprunts d’État à 10 ans est de 2 % au-dessus du taux allemand de -0,5 %. La croissance italienne devrait chuter de 9,5 %, en 2020. Le drame, c’est que le système italien ne permet pas d’octroyer rapidement, comme en Allemagne, des prêts aux PME avec garantie de l’État.

Avec des pays comme la Grèce et l’Italie, une explosion de la zone euro devient de plus en plus probable. La dette de l’Italie pourrait atteindre 175 % du PIB, 155 % pour le Portugal, 135 % pour la France et l’Espagne. L’Europe n’est pas prête pour l’unité fiscale et la mutualisation des dettes. Le monde émergent va connaître des défaillances avec l’Argentine, le Brésil et l’Afrique du Sud ; les sorties de capitaux ont déjà atteint 100 milliards de dollars, tandis que la dette de l’Afrique est passée de 35 % à 60 % du PIB entre 2010 et 2018. 

Le secteur bancaire, en Europe, ne résistera pas longtemps, suite à la baisse des taux et à ses marges trop faibles, tandis que Moody’s anticipe un taux de défaillance des entreprises de 8 %, ce qui est bien supérieur à son estimation de 2,5 %, début 2020. Les banques italiennes, suite aux créances irrécouvrables, ne passeront pas l’année 2020.

Dans le monde, les pertes d’activité pour 2020 et 2021 seront de l’ordre de 9.000 milliards de dollars. Les dettes globales dans le monde hyperendetté s’élèvent déjà à 255.000 milliards de dollars. D’ici la fin 2020, 20.000 milliards de dollars doivent être refinancés. Les banques centrales ne peuvent pas tout faire : calmer les marchés, éviter les banqueroutes des États, les défaillances d’entreprises et des particuliers, surseoir aux défaillances des pays émergents, relancer l’économie. Tout cela va se terminer par la perte de confiance dans la monnaie de singe émise. Les gouvernements, dans le monde, ont déjà dépensé 8.000 milliards de dollars pour combattre la crise, selon le FMI. 

La pandémie ne fait donc qu’accélérer une crise inévitable et déjà bien présente, le monde étant, bien avant le virus, hyperendetté de 1.500.000 milliards de dollars, avec les garanties hors bilan et les produits dérivés bancaires. Les gouvernements et les banques centrales n’ont pas éteint l’incendie mais ont seulement acheté du temps à prix d’or.

Sinon je viens de lire cela https://lunettesrouges1.wordpress.com/2020/04/25/le-triomphe-de-la-photographie/ :

"Au risque de passer pour une disciple de Debord ou de Sontag, je suis un peu mal à l’aise avec cette fascination actuelle pour la photographie, qu’il s’agisse des tirages géants qui stupéfient les visiteurs des musées ou des photos de famille qui fascinent les historiens de la culture."
Pour ce qui est du géant, on l'a vu, cela relève de la stratégie du choc. C'est géant donc je n'ai pas les moyens de le faire, donc c'est de l'art. Pour ce qui est des photos de famille c'est plus complexe je pense.


(1) C'est à dire débarrassées de toute obédience religieuse, dont on expurge les livres pour ne garder que les consignes essentielles du genre "Aimez-vous, mangez du chocolat à Pâques, dansez pendant ramadan, buvez avec modération pendant toute l'année", mais aussi, la Physique, la Chimie, tout ce qui décrète le monde au lieu de le contempler jusqu'à être digne de l'interroger, et quelques autres savoir-faire essentiels comme de jolis meubles en bois faits à la main, la broderie, du thé, des gâteaux...

mardi 21 avril 2020

Réservé à la consultation sur place

Résumant dans un simple geste l'étrange dialogue qu'il entretenait avec l'autorité depuis son enfance, sa main s'avançait en tremblant vers les livres dont le dos était marqué d'un point rouge. 




Il ne fallait pas voir là une tentative hésitante pour se lancer le défi d'arriver à l'emprunter tout de même, ni même de se faire refouler, ni même de provoquer le refus, ou la confrontation, non, c'était simplement le fait de prendre justement celui-là, alors qu'il savait très bien, alors qu'on le lui avait marqué, choisir, tout de même, pour exprimer son choix, fût-ce voué à l'échec, celui-là.

Ils les avaient simplement rendus plus précieux encore. Et ils se gardaient pour eux les livres les plus précieux. A part bien sûr les anciens, ou ceux qui étaient en réserve. Il leur suffisait de mettre un point rouge pour se le garder pour eux, tout de même c'était quelque chose. Dans une bibliothèque, en plus.

Une bibliothèque universitaire, c'est un peu au laïc ce que la cathédrale est au catholique : là sont les Espèces, là on communie. On y chuchote dans l'adoration des très-hauts auteurs. Il y a les Saints, ceux qui ont une étagère, voire un rayon. A Rennes2, ils sont bien fournis en Freud, mais Lacan est mal traité, je trouve.

Enfin, j'exagère, bien sûr. J'ai horreur des gens qui parlent ou font du bruit dans les bibliothèques. Sacrilège. Même dans les petites boutiques vitrées où l'on a le droit de travailler en groupe. C'est mal isolé. Et puis tout le monde pianote maintenant, on se croirait chez Pigier.

Je me mets toujours dans l'endroit le plus sombre ou le plus silencieux. Sauf à la Sorbonne, quand je picorais la Grande Encyclopédie, dont les in-folio sont à même le sol, j'allais juste au banc le plus proche, en faisant, comme ses volumes, le tour de la salle. Je me souviens avoir passé une journée des plus agréables sur " Eon", et notamment le chevalier.
J'ai toujours rêvé d'habiter une bibliothèque. D'avoir mon appartement attenant avec duplex au dessus, sur le toit-terrasse, auquel j'accède, une fois le public parti, par une porte dérobée. Avec la complicité des bibliothécaires.

Et là, je ne peux même pas emporter un "point-rouge"... La vie d'ici-bas est bien imparfaite... Quant à ceux qui empêchent la liberté d'expression, ils prétendent décider du fonds. Et de quel droit ? 

Du droit du plus fort, on l'a vu, le seul qui tienne, on l'a vu aussi.





dimanche 19 avril 2020

De la liberté d'expression III

Suite à cet article, http://nahatzel.blogspot.com/2020/04/de-la-liberte-dexpression-ii.html  il nous est maintenant loisible d'examiner dans quel cadre se déroule l'exercice de la "liberté d'expression", qui connote, on l'a vu, le niveau de violence avec lequel la ou les classes dominantes interdisent à leurs citoyens d'avoir accès à la plus large pluralité des points de vue.

Plus une société est démocratique, plus large est la palette des opinions qu'elle autorise à être en débat, plus large est le cercle de l'arène où l'on a la liberté de porter une opinion à la connaissance et au jugement de ses concitoyens, ou de mener la chèvre au taureau.

Avant de passer à la suite, un point d'importance. L'espace du débat est celui de la liberté, celui où l'on pose une question, et une vraie question. La vraie question est reconnaissable au fait qu'elle appelle une vraie réponse, laquelle a une forme invariable : " Voici les arguments en présence, fais-toi ton opinion par toi-même".

Et le point d'importance, c'est que nous avons vu https://formesens.wordpress.com/2019/04/21/8021/ qu'une des plus belles ruses du pouvoir mental est de réduire le débat.

C'est à dire de présenter une petite partie des opinions possibles comme constituant le tout du pensable. Si je vous dis que la question est : "Les lapins ont-ils de l'urticaire le mardi parce qu'ils mangent de l'herbe ou bien parce qu'ils mangent des chips goût poulet barbecue ?", vous allez détecter facilement qu'on vous gruge à deux niveaux, le premier parce que les réponses possibles semblent parcellaires et, pour tout dire, foireuses, mais surtout le second parce qu'il resterait  à prouver que LES lapins en général ont de l'urticaire, et surtout le mardi. Le présupposé vous semble un peu gros. Il se voit.

Et pourtant, on vous le sert tous les jours. Au lieu de vous fournir les scénarii pour penser l'état du monde, on vous dit :



Et d'une on réduit le débat à "qui a raison ?", comme si c'était un combat de boxe, alors qu'il n'est pas question de vainqueur, mais d'informer les gens, et de deux, on passe discrètement le plat du présupposé : Ce que nous vivons est une "crise économique", c'est comme ça, on questionne sur le reste, mais ça c'est une une donnée immédiate de la conscience. Eh ben non ! (1)

Le révérend Père Voyer s'en retournerait dans la tombe d'où il invective Debord, s'il était mort. La "crise économique", c'est le nom donné au spectacle que nous sert le pouvoir à propos du monde, avec en vedette l'Economie, qui se balade sur son char le cul bordé de plumes d'autruche rose comme une drag à la gay pride. Et quand ça ne va pas, c'est que l'Economie ne va pas bien, elle est malade, oooh, on va chercher Guignol, en l'occurrence les divinités auxiliaires la Croâsssance, et l'Emplôa, pour qu'ils se penchet à son chevet en émettant des gémissements plaintifs. 

La société du spectacle, c'est ça. C'est cela la société du spectacle, c'est celle qui met sa propre réalité en spectacle, et non le show-biz, comme un vain peuple pense. Bien que, ils mordillent de plus en plus sur leurs répertoires respectifs :
https://www.tradingsat.com/lagardere-sca-FR0000130213/actualites/lagardere-sca-de-grands-patrons-francais-volent-au-secours-d-arnaud-lagardere-909707.html 
Il n'y a pas de "crise économique" parce qu'il n'y a pas d’Économie, comme une déesse à l’œuvre dans le monde. "Économie" est un mot qui désigne les conséquences d'un jeu, et les gens qui ont organisé la société pour vous exploiter. 

Et vous persuader que c'est l' "Économie" qui est responsable de l'organisation de ce jeu, c'est vous ôter jusqu'à l'idée qu'on peut changer les règles du jeu, et surtout, vous ôter l'idée de qui aller voir pour changer les règles.

Bien, donc ce point important souligné, revenons à nos électeurs. Que se passe-t-il lorsque vous déniez à certains le droit de s'exprimer sur la place publique ? Évidemment, logiquement, ils vont le faire en catimini dans la clandestinité, émaillant l'héroïsme du combattant du romantisme de la clandestinité. C'est faire de simples partisans des militants.

Certes cela les marque au sceau de l’infamie pour les millions de petits retraités poujadistes, j'ai nommé l'électorat français actif, le reste étant devenu un terminal Netflix, mais en échange les pare de l'aura du rebelle, du justicier, voire de l’Élu qui renversera l'Empire, figure arthurienne sur laquelle se rabattent par défaut d'imagination toutes les fictions modernes, Harry Potter, le Seigneur des machins, la guerre des étoiles, Matrix...

Et on joue une moitié de la société contre l'autre. Au lieu de les réconcilier autour de la réflexion. 

Donc, les gens qui sentent la mauvaise odeur du préjugé un peu gros qu'on leur introduit, ont tendance à adhérer à des slogans comme "Censure sucks". La censure, ça pue. Et d'aller prendre l'air dans des coins où la censure ne sévit pas. Du moins, moins. 

Et du coup, ils se retrouvent entre eux, à nouveau entre gens qui sont d'accord. Cela renforce leur esprit de corps, mais une fois encore, c'est une solution de clivage. Et partant d'un constat vrai, censure sucks, on fabrique des nids de martyres se soutenant dans leur hôpital de campagne, et dont on astique le nimbe chaque fois qu'on ferme une de leurs revues, leur donnant par là toujours plus "raison". 

On dit par exemple assez volontiers dans la presse https://www.vice.com/fr/article/wjvp8y/minds-la-plateforme-anti-facebook-ne-sait-pas-comment-gerer-ses-utilisateurs-neonazis  que Minds https://www.minds.com/newsfeed/ est devenu un repaire de fascistes, néo-nazi, enfin, des affreux, quoi. 


Et ce n'est pas faux. J'ai mis dans cet album Facebook https://www.facebook.com/azail.aydyeing/media_set?set=a.2587834661328963&type=3 un ramassis de leurs publications, et il est vrai que c'est une avalanche de bêtises plus ou moins grosses. 

Mais, là au milieu, on trouve des choses plus ou moins vraies, ou qui méritent au moins d'être soulignées, dites, ou signalées...

Alors... ? Alors, faut-il pour respecter le droit à l'existence de ces petites pousses d'opinions différentes, supporter tant de bêtise, de haine, de fausses informations ? 

Je pense toujours que oui, d'abord parce que la liberté est par essence ce à quoi on ne touche pas, et ce n'est pas que pure rhétorique. Ensuite parce que cela nous pousse dans l'urgence d'une belle mission un peu perdue de vue : enseigner à nos enfants à se faire une opinion par soi-même. 

Bien sûr, c'est nous qui l'avons sur le dos, la mission. Pas nos grand-parents, c'était trop tôt, et évidemment pas nos enfants. On ne s'éduque pas soi-même. Donc à nous, oui, là, maintenant. Cela va nous obliger à ressortir de vieux bouquins et à se poser des questions du genre " Par où je commence ?", et ça nous fera le plus grand bien.

Dans une défense maladroite, le patron de Minds dit que ce serait dommage de les pousser vers le Darknet. Toujours le même dilemme, ils auraient encore un peu moins d'audience, mais c'est donner de l'huile de qualité à leur feu, et puis, c'est les ôter de sous nos yeux. Il ne s'agit pas de s'en servir comme un épouvantail, mais de regarder ce qui les a poussés là, ce que nous pouvons avoir de commun avec eux. Certains de nos slogans ne sont-ils pas les leur en light ? Pourquoi pensent-ils ainsi, qu'est-ce qui justifie leur opinion ? Est-ce que certains faits leur donnent raison ?

C'est en se regardant dans les yeux qu'on se parle vraiment. Les jeunes doivent avoir accès à ce matériel comme à un objet de débat franchement assumé en démocratie adulte, et pas comme à un magazine porno planqué sous un tiroir. 

C'est en comprenant le ressenti de l'autre qu'on justifie ses propres choix de façon responsable et assumée.

Et puis enfin, cela nous prépare à la lutte. Je me souviens une fois que j'étais dans une boutique, un petit groupe de jeunes, bruyant et joyeux, emmené par un grand métis sympa, entre en coup de vent dans la salle, nous distribue des tracts pour le Front National. Le crêpier, moyennement enthousiasmé, s'apprêtait à argumenter lorsque le leader lui dit : " vous avez voté pour tous les autres, et c'est de pire en pire. Vous n'avez jamais voté pour nous, qu'est-ce que vous risquez à essayer ? Vous voulez que ça change, alors essayez du nouveau".

Et nous restions abattus par l'argument, incapables de répliquer à cela. L'évidence de la vérité nous clouait le bec. C'est l'incurie des précédents qui rendait les présents indispensables. C'était les années de mécontentement qui rendait tout possible. 

Et dans toutes ces longues années, le seul traitement qu'on avait imposé à l'expression de ce mécontentement, c'est le mépris. Plus, la souillure. Il suffisait de le renvoyer à ses HLM en le traitant de raciste, pour qu'il se recroqueville de honte et ne revienne plus salir les trottoirs du VIIème avec ses slogans nauséabonds.Non, non, on ne veut pas vous entendre, vous dis-je, vous êtes un vilain raciste, allez vous laver la bouche. 

Et puis on a été plus loin. Celui qui ose l'ouvrir, il va en prison. Où il trouvera à qui parler. Mais chut, de tout cela rien ne se dit. Rien ne pose problème, tout est beau, tout est parfait, seuls quelques déséquilibrés, connus des services de police, troublent la quiétude des beaux-quartiers.

On écrase la source du mal sous les bombes, là-bas. Et là on reboucle sur une de nos positions de départ, c'est la latitude à donner à la liberté d'expression, dans sa dimension, pourrait-on dire, "de santé publique".

Toute personne qui a un peu fréquenté le public sait que si on ne ferme pas les vannes du barrage, c'est le tsunami. 

Si vous laissez faire une seule fois un micro-trottoir, le lendemain, plus une voiture ne roulera dans vos rues, et ce sera ça toute la journée :


Des bandes de gouines qui se croivent obligées de se déguiser en papillotes de Noël pour descendre le matin après leur muesli fitness Vitamine B enrichi en brillance des cheveux, bloquer la circulation et casser les oreilles à tous le monde avec tel ou tel de leurs petits tracas gynécologiques, par leur association érigé au rang d'urgence mondiale, au lieu d'en papoter avec les copines dans un salon de thé, avant de prendre son infusion à la cannelle et de dormir tôt pour être belle, comme il se doit...
Et les commerçants qui gueulent pour leur bouclar et leur "chifdafair", et les riverains qui se plaignent que les poubelles sont pas ramassées...
C'est une autre réalité sociale à ne pas méconnaître. Je vous assure que si vous donnez le micro aux gens pour parler de leurs problèmes et de ce qu'il faudrait changer, vous n'êtes pas près de fermer l’œil.

Les gens passent leur temps à donner leur avis à tort et à travers sur des sujets d'eux inconnus. On connaît le proverbe, maintenant étendu à toutes les disciplines, qui dit qu'en France, il y a soixante millions de présidents, d'avocats, de médecins, de sociologues, de psychologues, qui savent tout sur tout, qui ont conclu parfaitement ce qu'il conviendrait de faire sur tous les sujets et qui sont prêts à le dire pourvu qu'on le leur demande.

A laisser à tous la liberté de dire n'importe quoi, on risque de ne plus pouvoir entendre ce qui vaudrait la peine d'être écouté. (Putain je suis sur la lancée là chu bouillante on va faire du Jean D'Ormesson dans deux minutes, change pas de main). Et pourtant, encore une fois, c'est la seule solution. Tout exposer sur la place publique, et donner au citoyen les moyens culturels et techniques pour faire son choix en toute liberté en lui offrant la palette la plus large possible d'expressions.

Ce qui induit la tentation tout de même d'une sorte de contrôle, une sorte d'égalisation des volumes, pour diminuer le volume sonore de celui qui a les moyens d'amplifier son discours, d'une part, et d'autre part, pour soutenir le faible volume, et donner à ceux qui ne les ont pas, les moyens de faire entendre leur voix. 

Cela suppose une gestion, beaucoup de moyens, mais c'est à ce prix que nous aurons une véritable démocratie, et non un ballotage permanent entre diverses tentations extrémistes.

Bon, ben sur ce les chaudasses, je vous laisse à votre menu beauté spécial minceur piski paraîtrait que vous vous remîtes à la zinecui depuis l'ère de la troisième confinerie, eh ben c'est bien, je préfère vous voir là qu'à vous injecter du Fentanyl.


(1) C'est l'inverse pour ça :

https://www.bfmtv.com/tech/pourquoi-le-ministere-de-l-interieur-a-passe-une-commande-de-plusieurs-centaines-de-drones-1893203.html

J'ai rien à foutre de savoir pourquoi, par contre je veux bien qu'on m'explique la dérive fasciste.

Idem pour ça :
https://www.capital.fr/entreprises-marches/petrole-gaz-des-drones-armes-attaquent-des-sites-en-syrie-1361371 

On se demande qui a bien pu faire ça, si c'est plutôt les 3 pelés en djellabah dans le désert, planqués sous une toile à boire du lait de chèvre, ou bien si c'est les 4 tondus du camp d'en face, en gandourah dans la plaine, à boire du lait chèvre sous un toit de paille, non mais franchement.... piloter de tels engins avec une telle précision... Faut arrêter de se moquer, il y a 3 pays qui sont capables de le faire, et lequel l'a fait, on s'en fout. Le souci, c'est que ça plonge encore les civils dans la misère, c'est ça le vrai problème.


Coronavacances

De ce titre barjavelien est désignée la période actuelle, par l'un des lycéens du petit groupe où j'ai l'habitude de prendre la température, comme on dit chez nous. L'échantillon est bien faible, mais déjà édifiants sont les résultats ramenés par la sonde qu'on y trempe. 

Mes questions portaient sur 3 points : le ressenti global sur l'enseignement à distance, les devoirs par correspondance, et les impressions laissées par le futur. 

Le ressenti global pourrait être illustré par l'image d'un bateau dérivant lentement dans la brume, et s'éloignant d'une île près de laquelle il était à l'ancre. Les passagers du bateau, voient l'île s'éloigner un peu chaque jour, sa silhouette disparaître et se fondre dans la brume, sans réaliser que ce n'est pas l'île qui s'éloigne, mais leur bateau partant à la dérive.

Peu soucieux du fait, ils jouent sur le pont où la brume les emmitoufle et les isole, plancher qui glisse dans l'espace ouaté des heures de jeux, sans repères autres, dans la douce quiétude d'un cocon familial fait de Minecrafteries et d'Animalcrossings, que les bons repas que Maman a tout le temps de préparer, ou ça et là, les films et les discours du central-autorités, là-bas sur le continent, mais qui arrivent dans la même boîte à images que les coubs, les vines et les pranks, animes et youtouberies, tout sur le même écran, tout pareil.

Ainsi collégiens et les lycéens voient-ils, depuis le pont douillet du bateau familial, s'éloigner l'île du système scolaire, cette terre ancienne où l'on allait, avant, sacrifier à des dieux improbables via d'inutiles trajets en car.

Les moyens mis en place pour assurer la continuité de l'enseignement n'ont pas fonctionné. Pour ce qui est des devoirs, chaque professeur a improvisé sa procédure, et pour ce qui est des retrouvailles collectives, elles sont mortes de leur belle mort, personne ne s'y retrouvant, dans tous les sens du terme, et ce dès le début. Faute d'évaluation du système, chacun se congratule de sa bonne volonté. On est contents de l'élan de solidarité. La communauté humaine retrouvée pataugeant dans ses velléités, c'est bon comme le pain chaud.

Matière par matière, jour après jour, les images de la terre ferme se sont effritées, les amarres distendues, les câbles coupés. 

Il ya bien eu une tentative de conférence collective, mais la directrice n'était pas prête. Les élèves ont contemplé les maisons des autres, inaugurant leur premier trip cam voyeur. La directrice a reporté encore. Les gens ont coupé la caméra petit à petit pour éviter aux autres de se délecter de leurs pantoufles trouées. Première et dernière tentative de rassemblement en ligne.

En fait, la période où l'on suivit les consignes, au début, fut surtout l'occasion de tenter d'installer de nouveaux logiciels. En arts plastiques, entre autres, on a installé une application. On a ainsi pu faire sur la tablette ce qu'on faisait sur son téléphone, retoucher des photos, et appliquer des filtres, vert, bleu, rouge, puis on s'est lassé. C'est amusant cinq minutes mais ça fait des années qu'on se fait des têtes de chien sur son téléphone, on est au point en arts plastiques, pas de souci.

En Histoire, comme en bien d'autres disciplines, le professeur est soupçonné de déficience intellectuelle grave. Ces soupçons ne demandaient qu'à être confirmés. Ainsi cette collégienne qui a décidé que le prof d'histoire radote, parce qu'il leur fait étudier le moyen-âge depuis plus de deux semaines.
Il tourne en rond, on va donc se sortir soi-même de cette boucle temporelle où il s'est laissé piéger. Je lui fais remarquer que le moyen-âge, c'est long, et qu'il y a peut-être matière à une longue étude, mais cet argument ne tient pas devant la certitude de la pathologie cérébrale du prof.
En plus il leur a demandé de commenter la robe de Philippe-Auguste sur une image, comme s'il y avait quoi que ce soit à en dire... Non décidément, il est fou, mieux vaut s'éloigner du sujet.
Et retourner à la quête de clochettes dans Animal Crossing, ça c'est du sérieux, si on veut acheter une pelle en or.

En Latin, le prof aussi est débile : il leur a donné un livre à lire, et chaque élève doit le passer au suivant après lecture. Mais comment veut-il qu'on se passe le livre avec le confinement ! Là-aussi, on laisse tomber, c'est ingérable. Au fait c'était quoi, ce livre ? Harry Potter, comme d'ab (1). En latin ? Ben oui, les sorts sont des citations latines, c'est bien connu. Mais oui, voilà...
Donc, terminé pour le latin. 

En Français, on étudie " le théâtre ". Bien ! Voilà qui commence bien, et quel auteur étudiez-vous, ou quelle période ? Aucun, aucune.
En fait on doit écrire soi-même une pièce de théâtre. Ah, bon. Le défi là-dedans était en fait d'arriver à installer Word pour pouvoir ouvrir un document. Et la pièce alors ? Eh bien c'est un croisement entre l'Avare et Animal Crossing, genre une fille qui vole une cassette de clochettes, on croit que c'est elle, mais ce n'est pas elle. Bien. Enfin, apparemment, elle a lu l'Avare. Ou alors la version Harry Potter de l'Avare..., ou rien.(2)

En SVT, miraculeusement soutenue par la Grâce, elle parvient au site comportant la leçon. Arrivée là : " J'ai vu une espèce d'intestin d'abeille, un intestin de guêpe ou de mouche, c'était dégoûtant, j'ai refermé l'onglet. Exeunt les Sciences Naturelles...

 La gymnastique ne nous épargne pas le ridicule, puisque le devoir comportait deux consignes : la première, créer une chorégraphie, se filmer avec son téléphone et l'uploader sur YouTube. Pour une fois que le sport et les technologies numériques convergent, mais hélas non. Ayant vaincu par forfait, la chorégraphie ne sera pas portée à l'écran. "Non mais tu me vois faire une chorégraphie, n'importe quoi". 

La seconde consigne consistait à regarder un match de ping-pong sur Youtube. "Pourquoi du ping-pong ?" N'ayant pas obtenu la réponse à cette question, elle n'est pas allée regarder le match. So much pour le sport. 

La Géographie, j'ai oublié le sujet, mais je suppose que c'était du même tonneau. Aller regarder une vidéo sur Youtube, je pense. 

Ah si, les maths, j'allais oublier. Ce prof est d'ordinaire assez déconsidéré, car il a un fort accent étranger (comme de plus en plus de médecins et d'enseignants). C'est charmant, mais on ne comprend rien à ce qu'il dit (Là c'est assez vrai, j'ai vu des extraits de sa prose). Les mathématiques ont donc été reléguées dès le second cours, au mois d'octobre au rang des cantiques inutiles. Qui a besoin des maths pour jouer à Animal Crossing ?

En plus, ce prof a eu le malheur d'avouer qu'il ne maîtrisait pas le processus de transmission des devoirs. Résultat, une page d'exercices mal scannée depuis un manuel. "C'est tout jaune, on voit rien, et en plus on ne comprend rien à ce qu'il dit". Terminé pour les mathématiques.

Il faut dire que cette année, entre les grèves, les transports, le feu, la peste, et le choléra, ils ont eu quelques cours de chaque matière, mais rien de bien grave.

Voilà.

Non, j'avais oublié la "techno", non, pas le bruit de fin du monde qui accompagne cette nuit d'été où votre père, risquant sa Clio à peine payée dans un ex-champ de betteraves sous les ordres aveuglants des vigiles, a compris qu'il va falloir désormais trouver le moyen d'avoir l'air cool à l'idée que sa petite fille, maquillée comme une voiture volée et habillée comme une héroïne des adaptations de Jarry par Averty  qu'il aurait peur d'aborder la nuit dans la rue, a décidé  qu'elle avait l'âge de se faire fourrer par un mec défoncé, dans un camping-car, au milieu de la nuit, dans un ex-champ de betteraves, avant, ou pendant, que la caravane des parents cahote à nouveau sur le champ de bataille, où pèse encore, non lavé par le jour, le lourd silence désintéressé qui suit ces moments où l'important était de rester en vie, non pas cette techno là, l'autre, celle qui s'occupe des systèmes vis-écrou, des ressorts des porte-mines, et qui permet de trier rapidement dès la cinquième ceux à qui le manque d'impatience lié à l'absence d'imagination permettra de dessiner correctement un ressort de porte-mine, talent précieux, des autres auxquels il faudra trouver un métier où les échecs sont sans impact sur le monde réel, c'est à dire la quasi-totalité du troupeau de "jeunes".

Donc ce pauvre prof de techno avait eu le malheur de leur demander d'étudier un "pont". Oui, un "pont". Et il avait aggravé son cas en choisissant non pas un truc bien chamarré, une vedette comme le Pont-Neuf, non une obscure passerelle introuvable sur Google, et donc hors du champ humain. Ce travers, conjugué à la tâche de devoir installer "Publisher" pour créer le document du devoir, a scellé le sort du projet. Direction les archives.

C'est pas une fille qui a deux ponts reliant la ville dont elle est maire à la map d'Animal Crossing qu'il faut embêter avec ça, non mais...


Voilà le mois de mars d'une année de cinquième. Rien, ou presque. Des échos, de vagues échos dans la savane, par dessus les hautes herbes. Flonflons de cours emportés par le vent... Accents lointains d'une fête foraine. Cela me rappelle Le Grand Meaulnes

Tenteront-ils de retrouver le domaine ? Pas sûr... On aurait envie de chercher un responsable, une responsabilité partagée, mais même pas : ce n'est même pas une faute, on ne pèche contre rient, c'est comme après les accidents de voiture, le constat sur les épaves, l'état d'une civilisation qui se demande ce qu'elle fait là, sur le toit en travers de l'autoroute, et cherche des raisons de faire quelque chose.

Dans un futur incertain, les cours reprendront. Un jour, peut-être. Mais c'est pas sûr. Émergeant du brouillard, la côte de l'île réapparaîtra. Quand ? On ne sait pas. Quant à ceux qui ont des examens, ils guettent les nouvelles comme Noé le retour de la colombe, ou bien ils utilisent une boule de cristal. 

Ou du marc de café...

Ou Pornote...

Ou rien.

Faire un cursus pour qui, pour quoi, de toute façon ? C'est pas ça qui va nous aider à trouver les fossiles dans Animal Crossing. Alors ? Actuellement, on lui livre la bouffe pour l'essentiel, et pour le reste, elle va avec sa mère, payée par l'Etat à élever ses enfants, ce qui est tout à fait normal, "au bio".

Netflix rassemble toute la famille devant le poste. Et pour ce qui est des vidéoconférence, on fait comme d'ab, les trucs qui marchent très bien facetime, whatsapp, les Skype, enfin ce qu'on fait avec mamie et les cousins depuis des années. Elle met le téléphone filmant le plateau, et bouge les pions pour sa cousine.  Faire ça avec un prof, ce serait comme se retrouver avec son CPE dans sa baignoire, portnaouak.

C'est une parenthèse en famille, le temps suspendu d'un paradis retrouvé, comme les obligations et les devoirs. Facultatifs. Pas le vide angoissant de l'absence estivale, non, car reste la tension salvatrice de l'époché. 

Suspendues à un hypothétique retour à un hypothétique normal, les coronavacances, c'est les vacances, en mieux.



(1) J'ai en effet dans le même groupe une lycéenne qui, en sports, avait pour sujet les arts du cirque. Bon, jusque là, ça se tient. Afin d'illustrer les arts du cirque, ils avaient bien entendu choisi de monter une sorte de spectacle sur... Harry Potter, gagné. Un conseil, quelque soit la matière, propose de lire Harry Potter, c'est gagnant. A mon avis, le prof se dit : " Ils aiment bien ce truc là, ça va les motiver, pendant ce temps là je serai sûr qu'ils ne cassent pas un truc dans un coin".

La tâche principale d'un prof aujourd'hui étant d'éviter l'émeute et la destruction corollaire des biens mobiliers du lycée, il faut les occuper à quelque chose qui leur plaît, comme les gremlins.

On connaît le problème depuis longtemps au catéchisme, tâche ardue. Car la matière est hors des notes de l'école, mais la présence obligatoire, l'enseignant n'a aucun pouvoir de coercition, pas de levier en termes de passage de classe.. etc. Un peu comme feus les TAP.

Une année qu'ils étaient censés étudier la Bible, ce sera la seule occasion de leur vie, un enseignant se plaint à un confrère que pour éviter le souk (en plus ces crétins avaient autorisé la bouffe en classe, donc on se jette des trucs à la tête, principale occupations de ces petits babouins), il les avait envoyés jouer dehors.

"Foin du programme", lui répond son collègue, moi je les installe devant des vidéos de la vie de Jésus, comme ça ils se tiennent tranquilles.

"Sédater" le môme pour qu'il se tienne tranquille, l'expression vient des Ehpads, où les aide-soignantes "tassent" les vieux pour pouvoir les toiletter sans se faire mordre. La boucle est bouclée, de sa naissance à sa mort, on ne sait plus quoi faire du citoyen.

Soit que, petit macaque qui ne veut rien faire d'autre que jouer sur sa DS, on le laisse scotché à son écran pour qu'il ne casse pas les meubles, soit que devenu alzheimer, il ne puisse plus rien faire d'autre, il faut mettre le citoyen sous hypnose 5G, parce qu'il emmerde le peu qui reste à avoir été élevé avec la volonté de foutre les mains dans la merde pour 1000 euros par mois  qui travaille, et on les applaudit bien fort.

L'écran n'est finalement que l'interface d'hypnose, sur lequel on fait tourner la spirale pour faire passer les contenus, les messages... Parfait, c'est parfait.

Il faut leur faire boire du coca, histoire qu'il soient surexcités, histoire qu'ils demandent l'écran pour se mettre sous hypnose. Parfait, parfait...

(2) J'ai eu, depuis l'époque de la rédaction de cet article, un retour sur la restitution de ce devoir. Sur 3 classes de cinquième, le nombre des élèves ayant rendu une copie se situe entre 8 et 13 pour des classes entre 24 et 26. 
Ce qui signifie que les élèves ayant rendu un devoir expressément obligatoire, en pièce jointe par mail, donc une procédure accessible à tous, se situe entre 1/3 et la moitié. La prof a piqué une colère adressée à tous les parents, mais qui est restée lettre morte.