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lundi 19 août 2019

La daube massive

Vous savez que je décernais ici ou là le géant du mois à un artiste, afin de dénoncer cette tendance imbécile de notre époque, qui veut que pour exposer quelque chose il faut que ce soit énorme, gigantesque. Une œuvre n'est intéressante que s'il faut une grue spéciale pour la soulever.

Là je vais consacrer un article entier à l'accomplissement de cette tendance, puisque ça y est enfin la boucle est bouclée, la prétendue "œuvre d'art " est tellement énorme qu'on ne peut plus la regarder, c'est elle qui vous enveloppe ! (Ce qui était déjà l'idée de l'intestin géant de Kapoor au Grand Palais)


Déjà, ça commence bien, ils s'emmêlent dans le titre. Mais je suis intriguée. Un musée le plus visité au monde, tiens tiens. Vu que de nos jours, la valeur ne tient que par le chiffre (le plus visité, le plus grand, le plus gros, le plus de like, le plus de points, d'étoiles...) je me dis, mais quel artiste peut être merdique au point d'attirer autant de monde ?

L'inquiétude se confirme :


Ensuite, un collectif, ce n'est justement pas un artiste unique, c'est plusieurs artistes, mais, à ce point d'imbécillité, plus aucune distinction ne tient devant l'énormité de ce qu'on raconte. Le principal est d'avoir raison en disant que c'est le plus mieux grand gigantesque énorme.

Le "Mori building digital art museum" abrite donc une équipe sponsorisée par Epson, mmm, le team sent son département marketing à plein nez. C'est une opération de com, pas une expo d'art.

Pour finir, il n'y a pas plus " d'art numérique " que "d'art à la peinture". Il y a d'un côté des artistes intéressants qui s'expriment sur divers supports pour produire des œuvres, et de l'autre des vendeurs qui utilisent des media avec des logos pour faire leur soupe

Mais enfin, tout de même, réfléchissons, Disneyland a placé la barre très haut. Ils ont réussi à faire une merde telle qu'elle attire des millions de crétins qui roulent pendant des heures pour aller dépenser une fortune pour faire la queue pendant des heures. 
Quelle performance ahurissante ont réussi ce collectif de prétendus artistes pour faire venir autant de crétins du monde entier ?

...

Eh bien oui, c'est une piscine colorée ! ÉNORME Merveilleux, non ? Je ne vois pas l'intérêt d'appeler ça de l'art, ni la piscine un musée, mais peu importe, à ce degré d'imbécillité, appeler un pédiluve du nom de musée, c'est le musée ... des pieds mouillés. J'adore les visiteurs qui marchent pieds nus et surtout qui "plongent l'intégralité de leur corps dans des œuvres artistiques massives. "

ouais MASSIVES YEAH HÉNAURMES de MIYIONS DE MILLARDS.



Remarque, j'ai eu l'occasion de voir récemment les photos prises par des crétins qui font la Sagrada Familia et le musée Dali, les petites putes en T-Shirt casquettes ne se préoccupent que de savoir si leur cul est bien moulé dans leur short à franges, Dali ils s'en contrefoutent à un point...



C'est le connard international standard maintenant. Un imbécile en casquette qui regarde son téléphone, où qu'il soit dans le monde. Tu me diras, vu qu'on est en train de tout jcdecauiser sur la planète, histoire de faire comme dans Playtime, une seule grande ville uniforme, quelque part ils ont raison, il n'y a rien à regarder puisque c'est comme chez eux. Quant à la cathédrale, c'est comme un décor de Wow, chacun son délire.

J'ai fait une petite vidéo sur le CBI. Elle est polémique et n'a aucun intérêt artistique. Pour ceux qui cherchent le contraire, j'ai ça https://vimeo.com/user91901914 et ça https://vimeo.com/user18080208. Il y en a sur YT aussi, je dispatche en fonction de ce qui risque d'être censuré, et apparemment, Vimeo est moins tartuffiesque.



Bref, je referme la parenthèse, et qu'est ce que j'entends à la radio ce matin ? Que certaines villes sont maintenant polluées par les nuées de touristes. Villes citées : Barcelone, Dubrovnik..

Teamlab, ça ne signifie absolument rien, remarque, comme leur show coloré :D Ce qui est curieux, c'est ce besoin de raccrocher ça à de l'art. Ils sentent que c'est tellement vide que ça ? Ils n'osent pas appeler ça une piscine avec des projecteur colorés ?

Le prochain musée de l'art sera en maillot de bain, on se fera sucer par des poulpes lumineux, j'espère que ces derniers auront aussi droit au statut d'artiste. Faudra prévenir la MDA.Et leur pub dira "c'estnou kon défonce le game avec 4 milliards de milliards de like sur notre musée de la pipe mais quelle bande de débiles...

Remarque, j'ai entendu ce matin Patrick Boucheron interroger Olivier Barbarant, et j'ai réalisé une chose, c'est que chaque époque est baignée de quelques idées fortes qui l'imprègnent au point de la transformer complètement. Je ne parle pas des très nombreuses influences qui traversent cette époque, et qui chacune à leur façon, vont donner leur petite part de réflexion ici où là, et même leur petit coup de pagaie dans la direction de la barque, je parle de ces idées si fortes qu'elles constituent le climat au soleil duquel le reste se développe. 

Une ou quelques idées si présentes qu'elle ne se présentent plus comme des idées, en concurrence avec d'autres : elles sont le préalable à toutes les autres. Le phénomène est inconscient : on pense dans cet idée comme on respire l'air sans penser qu'il peut avoir été mélangé à un autre gaz. Elles sont le décor sur le fond duquel l'action se déroule. Comme ce ne sont plus des idées, on ne peut pas dire qu'elles conservent un pouvoir de propagande, c'est plus qu'on baigne de temps véritablement comme dans un gaz, on le respire et on s'en inspire sans même le réaliser.

En ce qui concerne ma génération, j'avais isolé le post-structuralisme bien sûr, disons l'immédiat post-structuralisme, comme l'après-guerre est un lointain dont j'ai mis longtemps à déceler l'influence. Mais il y en a une autre que Barbarant a justement soulignée, c'est la phénoménologie de la perception. Il est sûrement très vrai que, penché sur ce qu'elle est réellement, nous n'avons pas vu le "nous"qui était dans notre dos. Du "nous" social qui nous influençait sans qu'on s'en rendre compte, il ne restait qu'une idée des happy few, et peut-être, l'amour, le couple étant vu comme une phénoménologie commune de la perception. 

Et ce trait s'est curieusement combiné à un autre, que je définirais maladroitement comme un esprit de contradiction. Dès que nos parents pointaient une valeur, nous voyions l'autorité agiter un chiffon rouge, et nous fuyions dans la direction opposée à l'autorité tentant de nous aliéner, en criant au fasciste. 

C'est dire qu'il n'était pas facile de nous enrôler... Si j'y ajoute un peu de Brassens et mon caractère, rien d'étonnant à ce que je tire à vue sur tout être humain qui tente de parlementer avant que d'avoir envoyé ses œuvres par dessus la haie pour examen préalable.

La génération qui nous a suivi dans les années 80-90 baignait dans une sorte de cynisme désabusé : tout s'achète, il suffit donc d'y mettre les moyens et le monde changera. Brisé par les coups de bélier du chômage, le miroir noir de la boîte de nuit reflétait des visages ricanant qu'il suffisait de se défoncer pour trouver "a good job". Chacun pour soi, pas de bras, pas de chocolat, disait l'époque. Des "comme nous", il ne restait plus que nos "copains de promo". La rouge et la jaune, la mafia corrézienne, les réseaux, juste avant le numérique.

La génération de nos enfants, comme dit Boucheron, c'est celle de la bien-pensance. L'autorité nous indiquait, on faisait demi-tour. Eux, le capitalisme consumériste leur montre ce qu'il faut acheter pour paraître cool, et le lendemain ils font la queue toute la journée pour l'acheter.

Avoir des chaussures et une casquette de la bonne marque suffit à garantir le corps social de sa bien-pensance sur tout le reste, qu'on déteste le racisme sans trop savoir ce que c'est, peut-être ne pas acheter de bisounours noir ou de sac à dos marron, et qu'on aime les lesbiennes sans trop savoir ce que c'est, peut-être aimer acheter des licornes roses ou des sacs à dos violets...
On regarde sur son téléphone des mangas insipides auquel on ne comprend pas grand-chose (1), comme le rap qu'on écoute, c'est bien parce que c'est noir, donc c'est cool, les paroles ne veulent rien dire (2), mais c'est mieux comme ça. On assure que c'est une culture, mais on n'en a pas d'autre pour faire la comparaison. L'important c'est d'avoir des amis, c'est à dire des gens qui mettent des pouces sur vos photos en casquette sur le téléphone.
L'idée force de cette génération, c'est de savoir quel modèle de téléphone on va acheter, tout en se disant que le mieux finalement, c'est le même Iphone que tout les autres, on se différenciera avec la coque lapins crétins si ta bff a pris la coque minions.

l'hénaurme du mois :

Katharina Grosse transforms Carriageworks in Sydney into an immersive colourful painting
https://www.facebook.com/plantesetcouleurs/photos/a.2473755329361342/2954413094628894/?type=3&theater

Henaurme, kolossal, magnifique, bravo KATHARINA GROSSE !!


(1) J'en ai lu et je me suis fait expliquer ce qu'il y avait d'intéressant, je maintiens, c'est de la soupe claire pour ado illettré qui n'a rien regardé d'autre.

(2) Je sais que ce n'est pas fait pour signifier quoi que ce soit. Le problème c'est qu'ils s'en donnent l'air. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est une question de clé. Vous avez Genius.com qui vous dit que l'allusion vise le nom d'un joueur de foot aimé du rappeur. Ok, et alors ? Déchiffrer n'est pas expliquer, ça reste nul une fois la fumée dissipée. Alors je ne dis pas, il y a parfois d'excellentes performances dans le flow de textes percutants sur une instrumentation prenante. J'avoue.

dimanche 18 août 2019

Liberté d'expression

Il y a un truc qui me hérisse, c'est l'injonction de penser ceci ou cela. C'est une tendance qui déborde le lit du bon sens. L'injonction de penser, c'est le fait qu'on me dise "Tu dois penser ceci, que cela est bien, ou que ceci n'est pas bien, ou qu'il est bien de dire cela, ou pas bien de dire ceci...".

Déjà, venant d'un particulier, cela me fait sortir de mes gonds. Mais alors quand c'est un État qui l'érige en loi, là je proteste. Personne n'a à me dire ce que je dois avoir dans la tête, ça s'appelle du lavage de cerveau, et ça ne devrait plus exister, même dans les camps de redressement des pires dictatures. 

Et pourtant, c'est qu'on me fait tout le temps. On me dit que je dois penser qu'être homophile, c'est bien, et que je dois penser qu'être homophobe, c'est mal ! Et si j'ai envie de penser le contraire, eh bien on me fera passer l'envie, en me matraquant de la bonne pensée au figuré, voire au propre (1).

Alors là, je vois se dresser de phatiques doigts : "On ne vous n'interdit pas de le penser, on vous interdit de le dire."

Alors premièrement je reviens au lavage de cerveau, à force de forcer les gens à dire qu'un truc est pas bien, il devient impossible de penser le contraire, vous n'avez qu'à voir les jeunes, et secondement : "Et si j'ai envie de le dire ?".

Imaginez le cas avec le socialisme. Imaginez un gouvernement vous dise :"Vous pouvez penser qu'il est bien d'être socialiste, mais vous n'avez pas le droit de le dire" ou encore : " Vous avez le droit de penser que c'est mal d'être communiste, mais il est interdit de l'écrire sur un site web".

Ah là on vous entendrait jusqu'à la rédaction du FigMag ! Vous rouspéteriez, vous diriez que c'est du Poutine, vous monteriez sur le tabouret, criant que cela relève des dictatures.  Mais dans le principe, je ne vois pas la différence entre bâillonner quelqu'un pour l'empêcher d'exprimer son opinion, qu'elle soit bien ou mal, qu'on la trouve bien ou pas, ce qui compte c'est la liberté. L'opinion contraire des autres, elle est toujours facile à trouver pas bien et bonne à faire taire. 

La liberté de laisser les autres exprimer ce qu'on trouve bien, elle est facile, je sais faire aussi, comme en Russie.La vraie liberté d'expression, c'est celle qui consiste à laisser parler aussi les gens qu'on trouve incorrects.

Donc moi je revendique la liberté de penser que c'est bien d'être arachnophobe. Et de le dire. Je ne vois pas au nom de quoi une seule moitié d'un courant de pensée aurait le droit à l'expression. On n'a le droit de parler que quand l'autre a pré-approuvé ce que vous voulez dire !

Encore une fois, si on vous disait :" Vous pouvez être colombophile, mais c'est interdit de le dire, anti-navibotelliste mais c'est interdit de le dire. Vous pouvez penser qu'il est bien d'être anti-préraphaélite, mais c'est interdit de le dire, il faut dire que c'est le contraire qui est bien. Vous pouvez être antifasciste, mais c'est interdit de le dire, il faut dire que c'est bien d'être anti-communiste", tout le monde crierait au fascisme.

Mais oui, admettez-le. Si je répands des opinions antifascistes, vous allez tous recopier les formules sur vos murs Facebook, si j'écris un truc anti-anti-fasciste, on me ferme mon mur. 

Vous criez au fascisme quand on ne libère pas assez la parole des femmes en Russie, mais quand on vous dit qu'il faut se taire quand on n'est pas homophile, interdit de dire qu'on doute de la formidablité d'être un dep chelou, comme dit Orel, et que c'est mal d'être homophobe, que c'est mal de dire qu'on a le droit de l'être, faut la boucler, et si ça suffit pas vous ferez de la taule, là vous trouvez ça normal.

Mais la différence c'est quoi  ? Un homosexuel vaut un communiste, que je sache. Pourquoi on réserve un traitement à l'un et pas à l'autre ? Pourquoi l'un a droit à la liberté de parole, le communiste, au sujet duquel on peut dire ce qu'on veut, et pourquoi l'homosexuel n'a pas le droit à la liberté de parole, et est-on obligé de dire qu'il est bien ? Ne mérite-t-il pas l'égalité de traitement, l'homosexuel ? 

Alors j'en vois quelques uns qui bafouillent : "oui, mais après on les tape". Alors là laissez-moi rire. Pour un homo tapé, il y a cent communistes emprisonnés de par le monde, alors bon. Tiens les chrétiens par exemple. Il y a des pays où où on les emprisonne. Bien. Alors pourquoi ai-je le droit de dire tranquillement "Cette saloperie de journaliste catho communiste", ou bien "Cette saloperie de journaliste socialiste protestant", et pas "cette sapelorie de journaliste homosexuel philatéliste" ? Pourquoi ça pose problème dans un cas et pas dans l'autre, mmmmmm .? 

Avant de vous donner la réponse, je vais vous balancer un autre pourquoi. Pourquoi lorsque des musulmans menacent les jeunes filles en short ras-la-moule on qualifie cela d'une ridicule conception anti-féministe d'un autre âge poussé par l'obscurantisme religieux, et lorsqu'une artiste se fout à poil devant la Joconde, on l'expulse manu militari en invoquant de justes lois sur la légitime pudeur, mmmmmmmmmm ? Pourquoi dans un cas leur limite est ridicule et on si on a envie de laisser les marques habiller nos adolescentes comme des putes, alors on fait ce qu'on veut et dans l'autre cas notre limite est justifiée par un argument béton du genre "quand même y'en a qui dépassent les bornes", mmmmm ?

Vous commencez à me voir venir, je pense. Vous me voyez venir si vous avez pensé comme je le pense "Oui, mais un homosexuel tapé, c'est un de trop". J'y viens, donc.

Inutile non plus de me demander mon avis sur l'homosexualité. Je suis là pour vous aider à sortir de votre marécage intellectuel en vous invitant à vous évader dans une perspective sociologique par quelques images bien placées (2), et non pas pour en sortir et descendre y piétiner avec vous comme les prisonniers à la promenade, c'est le monde à l'envers. 

En guise de bibliographie sur la sexualité, je vous renvoie d'une part aux dialogues entre Nicolà et Mara dans La Terra Trema de Visconti, qui ont pour miroir les relations entre sa sœur Lucia et Don Salvatore, et d'autre part à l'épisode de la chambre d'hôtel (avec machine) dans Brüno de Sacha Baron Cohen.

Après, vous choisissez un des trois camps, mais ne me contraignez pas à penser que vous avez fait le bon choix, ou que ceci ou cela n'est pas bien. Et par pitié, ne me contraignez pas à professer, menace judiciaire à l'appui, que c'est bien ou pas bien de s'enlucer ! 

Ne croyez pas que ce soit dû à une quelconque hauteur de vue de ma part. C'est du pur désintérêt : vous pouvez tous vous embroquer jusqu'à la garde dans le sens qu'il vous plaira, je m'en fous mais alors à un point... Mais enfin bon, si ça doit faire venir la Gestapo, alors oui, je le clame haut et fort c'est vraiment très pas bien vilain de ne pas penser que c'est super bien d'être giuone, faut vraiment dire que c'est génial, et je ne suis pas juif non plus, ni manouche, ni rom, ni intellectuel, ni homosexuel, enfin si, mais juste ce qu'il faut. On voit dans quoi on patauge...

Donc pour revenir à la mouise intellectuelle, le fait que l'Etat légifère sur un délit d'opinion, c'est un truc dont Poutine rêvait, la patrie du suprême de foie de volaille au cognac l'a fait. Ah, des droits de l'homme, pardon.

Vous allez me dire que si on venait à interdire le mot "girafe", je me sentirais pris d'un irrésistible besoin de le hurler.

C'est exact. Mais ce n'est pas pour la raison que vous pensez.


(1) Ne me faites pas rire avec l'état de droit et l'état policier. Une société qui ne fait pas respecter ses injonctions de penser par la police, cela s'appelle une association paroissiale, pas un état.

(2) Le point central de ce propos est ce que j'appellerai par commodité et non par pertinence : Le midi hypnotique ou la fausse démocratie, c'est à dire cette propension invincible que vous manifestez à appliquer aux autres ce qui n'est que vos vues.
Tout en admettant qu'elles ne sont qu'un midi à votre porte, ces dernières quittent la catégorie du point de vue pour celle d'absolu légitimé par une entité "indépendante et respectable" pouvant appartenir à différents types : Entités et tiers de confiance  ("Dieu", "La Nature", ...), Structures sociales et leurs fantômes ("Démocratie", "République", "Société"...), Valeurs et grands mots creux ("Justice", "Peuple", ...)
Tout en reconnaissant qu'elles ne sont qu'un son de cloche, vous en faites des lois applicables aux autres par la force et à appeler cela "la majorité". Ce mystère est puissant. 

dimanche 4 août 2019

De la Justice.

Je voudrais revenir ici sur un de mes dadas, à savoir ce moment où la société, la nôtre par exemple, condamne un homme interpellé puis incarcéré, à être privé de liberté, détenu dans un lieu plus ou moins chiant.
Je m'imagine en avocat du diable, et demandant aux juges et à tous ceux qui appliquent leur décision d'où ils pensent tirer leur légitimité. 

De nos jours, mais c'est encore frais, on peut éliminer les réponses farcies des choses divines. Il n'y a pas si longtemps encore, les juges auraient vu les cieux s'entr'ouvrir sur un œil courroucé, un sourcil froncé, et le doigt accusateur du dieu désignant un coupable qu'il fallait torturer. Il semble que les yeux courroucés apparaissent de moins en moins dans les nuages et c'est tant mieux. 

Mais alors, reprends-je, si ce n'est pas un dieu vengeur qui vous légitime dans votre action, de quoi vous autorisez-vous pour exercer de la violence sur un individu ? En second lieu je pense qu'on me répondra "le bien", ce bien immanent que le bon bourgeois perçoit partout, sourdre et scintiller de la roche comme à l'approche d'une source. Cet argument ne tient pas deux minutes, chacun sait que le bien, chacun le voit à sa porte, n'est-ce pas, et que c'est justement pour déterminer un bien de consensus, et non d'évidence ou de bon sens, qu'on a fait les lois. 

Ah nous y voilà. La loi. Bien. Il est légal d'embastiller, soit. Mais la loi est elle le bien ? Il était légal dans l'Allemagne nazie de pousser les Juifs dans des wagons, et je suis sûr que le moindre avocat de la moindre des associations de droit humanitaire peut citer cent dictatures dans le monde où il est légal de perpétrer des horreurs. 

Donc, on ne peut pas dire que "légal" égale "bien", ni même que légal vaille quoi que ce soit. Voilà pour la loi.
On me rétorque : " Peu importe que ce soit bien ou pas, la loi exprime l'opinion de la majorité, et en société, cela suffit". Enfin, on commence à se rapprocher de la vérité. Il suffit donc qu'un député ait basculé, un soir de fatigue, dans un camp ou dans l'autre pour qu'on torture, sans autre légitimité, un homme libre et innocent.
Et encore, il s'agit là de la représentation. Admettons que ces députés représentent 60 % de la population, ce qui n'est déjà pas mal. J'ai rarement vu plus de 6 personnes sur 10 d'accord sur quelque chose. Mais pour être sûr que nous plaidons la bonne cause, et prenons le meurtre d'enfant avec abus sexuel préalable. Là c'est du consensuel, et toute la bonne société se lève avec horreur en jetant des pierres, comme aujourd'hui au Pakistan pour les homosexuels. 

Et alors ? Est-ce que parce que 90 % d'un groupe décide qu'il faut torturer quelqu'un que cette décision est louable, et doive être appliquée par la force ?

Est-ce parce que 90 % des gens trouvent quelque chose bien que c'est bien ?

Je ne vois pas d'où on tire cette équivalence. Les Monty Python l'ont exemplifié avec les sorcières, innombrables sont les cas où 90 % de la population émet des jugements imbéciles. Et il n'y a pas si longtemps encore, cette même majorité approuvait qu'on excommuniât des truies pour mauvaises mœurs ... Quant à Gerald Bronner, il a brillamment montré que la quasi-totalité des gens donnent la mauvaise réponse à des tests de logique simplissimes. Mais on leur fait confiance pour juger le comportement d'un psychopathe alors qu'il n'ont pas étudié une heure de psychologie dans leur vie...

Il suffit, me direz-vous, il suffit en effet qu'une majorité (parfois une personne de plus que la moitié) trouve quelque chose bon, et cela devient déclinable en loi et applicable par la force, même si c'est inique et stupide, car il faut protéger la société. 

Ah, nous y voilà. Frapper des gens, les emprisonner, c'est pour protéger la société, bien. Notons tout de même la progression : torturer des gens, les priver de liberté n'est pas commandé par un dieu, ce n'est pas légitimé sur un "bien" évident et immédiat, ce n'est pas fondé en droit, ce n'est pas légitimé par un consensus parfait qui apparaisse bon aux yeux de tous, c'est juste une réaction d'une partie du groupe qui violente des gens au motif de protéger les autres..

Mais se protéger de quoi et de qui ? Du vol, bien. Mais on pourrait remplir la France de prisons, et remplir ces prisons de voleurs qu'il s'en trouverait encore assez pour voler le bon bourgeois. Chaque fois qu'on coupe une tête, il en pousse deux. Quant aux pauvres bougres qui violent des enfants, il y en a un derrière la porte de chaque foyer (1)

Donc, cela ne protège en rien. Alors, que reste-t-il ? La récidive ? On a prouvé que la prison ne fait que l'aggraver. La solution est donc que les gens ne commencent pas à voler et à violer. Certes, c'est souhaitable. Mais finalement, on s'aperçoit qu'en attendant qu'on se préoccupe d'éduquer les gens convenablement, on leur offre en exemple le spectacle d'une société où une bande de bourgeois totalement privés de fondement légitime bricole des textes au noms desquels une bande de brutes s'offre le plaisir de violenter les autres.

Et encore, je ne parle même pas des lois du commerce, où une bande de grands bourgeois totalement dénués de scrupules s'entendent pour établir des usages où on permet au travailleurs de s'humilier pour subsister, et où chaque galon se gagne en prouvant sa capacité à fermer les yeux sur ce cirque obscène en cautionnant le fouet pour dénigrement du système, crachat en l'air, soupir désabusé...

On croit que la transparence progresse parce qu'on pince un bourgeois en train de régaler ses amis de homard, mais c'est pour mieux vous faire détourner le regard des millions que ses supérieurs engouffrent. On vous fait paniquer sur la dette de la France pour accepter de travailler sans être payé, c'est toujours ça de pris, mais c'est surtout pour vous faire détourner le regard des milliards de la dette hors bilan qu'ils se mettent dans les poches.

On tolère 3-4 excités au rond-point, mais c'est pour vous faire oublier que si vous saviez comme on vous exploite, comment on détruit votre environnement, comment on restreint vos libertés...

Ah, j'en vois un qui s'agite au fond, qui proteste... Gardes, ligotez-le, bâillonnez-le, et amenez-le moi afin que les journalistes puissent écrire qu'on est en démocratie et qu'on a droit à un procès équitable. Ah non, pardon, c'était un bon bourgeois, pardon monsieur excusez-nous mais c'est pour votre sécurité. Oui, vous dites. 

Ah vous dites que la société ne fait pas tout en matière de comportement, et qu'il y a tout de même une responsabilité individuelle. Vous avez tout à fait raison, mais cela ne change rien à l'affaire. Nous allons prendre un exemple, et au lieu de "bien se conduire", nous allons dire "bien conduire". 

Donc pour transposer, vous me dites que le code de la route ne fait pas tout, et qu'à un moment, on doit pouvoir engager la responsabilité individuelle du pilote en cas d'accident. Je suis tout à fait d'accord. Mais ce que vous ignorez en confondant "engager la responsabilité du pilote" et "discerner la responsabilité du pilote", c'est que apprendre à conduire à quelqu'un, c'est lui apprendre la liberté de tourner son volant quand il le veut, car il l'estime juste. 
Or, il se produit bien souvent que l'apprentissage de la conduite se résume à de la copie. Ce qu'on enseigne, ce n'est pas "je juge la situation d'après les éléments" (trop risqué de libérer le peuple) mais :"quand ça tourne à gauche, j'obéis et je tourne à gauche". Eh bien quand sa psyché va déconner, qu'une voix intérieure va lui commander de tourner à gauche sur le piéton ou la petite fille, il va obéir aussi.

Et là, bon bourgeois, vous allez invoquer sa liberté intérieure pour l'accabler ! Hé, y'a de l'abus.

La responsabilité individuelle est une liberté qui se transmet. Les gens ne sont pas comme des fleurs, ils ne s'ouvrent pas tout seuls au soleil.



Donc ce que fait la société pour la Justice, c'est ce qu'elle fait pour la drogue. Au lieu de se remettre en question pour savoir pourquoi les gens sont malheureux et tombent dans la drogue, elle dit que c'est la faute des méchants dealers et elle les met en prison. Et pour la Justice, au lieu de remettre en question son éducation, elle pointe du doigt les vilains délinquants et les met en prison.



Et pourquoi elle ne remet pas en question son éducation ? Parce que l’Éducation, cette chose qui rend la vie du peuple agréable, ça a plein d'inconvénients :

1 ça coûte des sous qui pourraient aller dans la poche de vos exploiteurs. 

2 Les gens instruits finissent par se poser des questions, par exemple au nom de qui la Justice et la Police sèment la terreur dans la population, et ça, c'est pénible pour les actionnaires.

3 les gens instruits risquent de réaliser qu'on les exploite, tandis que les incultes se défoulent en violences conjugales, en conflit ethniques et tuent leur voisin de HLM ou d'université. Il suffit alors de pénaliser la négrophobie, l'antisémitisme, et l'homophobie, pour mettre tout le monde en prison, et conserve les alzheimer du Saint Peuple de Gauche dans la certitude que la France est toujours le pays des drouadlomme, que Saint Jack veille la flamme de Malraux sur l'art contemporain, pendant que Saint Bernard distribue des sacs de riz aux pauvres africains touchés par la famine, et que Saint François tire notre épingle du jeu à Gaza grâce à la toute-puissance de son sourire à la Mona Lisa.

4 les gens instruits se contentent de lire, ils n'achètent plus de jeu vidéos, de bagnole, de netflix, ce qui nous attire la vengeance de la déesse Croâssance et du dieu Emploâ. Comme les adorateurs de la vouature ne prennent plus le train, ils ne réalisent pas qu'on a supprimé les trains du peuple pour ne garder que les TGV des cadres qui veulent vous exploiter plus vite.
Ah non pardon, y'a le locost. Vous êtes assis sur les essieux, plus nombreux qu'à Mumbaï les jours d'affluence, et si vous voulez un siège, c'est 300 euros.

 Donc ils vont faire avec les écoles comme avec les entreprises. 

Je vous explique comment on fait : vous coupez les crédits à une école. Elle va mal, fuites d'eau, infirmerie fermée, les élèves ont la migraine, ils bossent mal. Là vous arrivez et vous dites "Houlà là, mais ça dysfonctionne, cette école, ça coûte très cher et ça ne remplit pas sa mission. Il faut réduire la dépense publique, l'adapter aux besoins de l'entreprise et l'ouvrir aux nouvelles technologies. "

Donc vous vendez pour un euro symbolique l'école à Sampple, MicroSung, ce que vous voulez, qui a promis de repeindre les murs et de donner à chaque enfant une tablette Microsung-Chiang. 

Déjà, on supprime deux tiers des écoles, et on regroupe dans des collèges de 45000 élèves qui font trois heures de car par jour, se lèvent avant l'aube et dorment pendant les cours. Mais c'est bon pour les compagnies de car, ça brûle du gasoil.

Les cost-killers arrivent, repeignent les murs en gris pâle avec les tours de porte vert pomme, comme dans les 140.000 écoles qu'ils ont déjà rachetées en France, et mettent les frais d'inscriptions à 20000 euros par an, ce qui permet de réduire les classes en foutant 80 % des élèves dehors (les pauvres), et d'offrir une tablette à chaque élève grâce à un partenariat avec Cjing-chang.

Chaque tablette contient les cours de vente et de marketing (les autres matières ne servent à rien) en anglais et en chinois, ce qui permet de virer le corps enseignant, et de diminuer les coûts de fonctionnement.Les élèves ne sont en classe qu'à mi-temps. En effet, du lundi au jeudi, ils sont équipiers sans être payés, grâce à un partenariat chez McDo, afin d'entrer en contact avec les réalités de l'entreprise.
 

Ainsi votre école est devenue saine, rentable. Chaque élève est suivi par un drone de contrôle et de sécurité qui vole 30 cm au dessus de sa tête, filme tout ce qu'il fait et enregistre tout ce qu'il dit. 

Si vous voulez un stylo, il faut prendre l'option accessoires "papeterie + PRO" à 10.000 euros, si vous voulez aller à l'infirmerie, il faut prendre la formule santé "ultimate pro plus" à 450.000 euros. Si vous voulez que le drone cesse de transmettre vos photos à la police, cette demande sera transmise à la police.
 
Évitez tout ce qui est culture dans votre programme, mais saupoudrez de séminaires sur l'homophobie, l'homosexualité, l'homoparentalité, pour dire que vous participez aux grands débats d'idées de votre temps, mettez des noirs et des femmes à la direction de chaque service, et une femme noire homosexuelle à la direction générale, parce qu'elles font tout mieux que les autre, et surtout, des menus hallals, casher, shaoui, haker, glaoui, shousher, que chaque courant religieux de chaque village ait son menu. Remplacez les salles de classe par des piscines et des salles de prière à Halglaoui, le seul vrai dieu sinon je vous massacre tous.

Ensuite, comme les pauvres que vous avez foutus dehors viennent voler vos ordinateurs ça se termine en Bronx dans votre quartier, avec les dealers et tout comme on a dit. Mais les gens à qui vous avez vendu l'école, eux, se sont versés des salaires mirobolants et sont à l'abri dans les quartiers chics.

De toute façon, on nommera patron le fils du patron, il n'a pas besoin de se pourrir la tête avec toutes ces théories, il n'y a qu'à jouer au foot, c'est mieux que les cours. Regardez les stars du rap, les champions de foot et de fortnite, ils ont une pute dans chaque piscine, et une piscine dans chaque Ferrari, et une Ferrari dans chaque palmier daboudabi. Alors, ça sert à quoi, de faire des études.

Si une personne vous dit que je caricature, dites-lui qu'il a raison, et notez que c'est un traître. Il a raison, je fais vite, puisque ça ne sert à rien, vous allez encore voter pour eux et vous faire baiser la prochaine fois, histoire, la main sur la poitrine et la Marseillaise aux lèvres, de faire un grand front républicain contre le retour des chemises brunes, que les banquiers vous ont vendu, et vous vous faites baiser à ce coup là depuis 40 ans c'est à pleurer de rire. 
Le plus drôle, c'est que France Info va vous tenir en haleine pendant 6 mois sur qui gagnera les primaires du parti des putenmarche, et vous allez vivre dans l'angoisse de qui va gagner la primaire pendant 6 mois comme des débiles à qui on raconte toujours la même histoire en boucle. On va vous angoisser pour vous demander si c'est Marcel Goinfron ou Gérard Jenpique qui va gagner alors que ce sont les mêmes qui vont vous baiser jusqu'au trognon, et vous serez tout content d'avoir fait un choix démocratique que c'est moi que j'ai mis mon bulletin dans l'urne.


Ils vous ont fait le coup de la compétitivité-qui-fait-baisser-les-prix et donc augmente le pouvouar d'achat pour les consommateurs, ils vont ont fait le coup pour le commerce, la restauration, tous les biens de consommation ils vous ont baisés avec les grandes surfaces, vous avez ruiné le tissu économique français, ils vous l'ont fait pour le train et l'avion avec le bus pour le transport, ils vous l'ont fait pour la culture et l'énergie, c'est en cours pour la santé, et vont vous le faire pour l'éducation, comme je vous ai expliqué.  Et vous allez voter pour eux, puisqu'ils n'ont pas fini de vous baiser, vous aller leur donner le temps. 


S'il y a un gosse qui n'est pas content et qu'on n'a pas réussir à abrutir avec les jeux vidéo, vous l'emmenez chez le médecin, le robot l'examinera et récitera le verset 563 du DSM V avant de lui prescrire du Lexomyl, et une éventuelle incision dans le cortex si les troubles persistent.


Puis si vous n'êtes vraiment pas content, on vous lâchera un petit milliard de dette que vous rembourserez avec vos impôts, comme vous avez gentiment remboursé le krach des banques en 2008. Enfin, si vous n'êtes toujours pas content, n'oubliez pas que la Justice qui n'a pas de fondement autre que le consensus de la bande de copains qui vous exploite, cette Justice donc, a toujours son amie la Police, pour vous ramener dans le droit chemin. Oui, je sais, le lendemain, vous viendrez pleurnicher qu'on vous a cassé une main, crevé un oeil, ben ou fera une enquête et puis voilà.

Allez, bonne nuit, dormez bien. Dites vous que ça pourrait être pire, vous pourriez vivre au Pakistan, en plus il vous faudrait chanter le nom de Halglaoui le Grand dès l'aube.

le "A" sur le museau de la bête, c'est pour "Argentina" (2)

De toute façon, on n'a plus besoin de vous, on  a les Polonais/Tchèques/Hongrois/Bosniaques/Serbes/Croates... Le Polonais, courageux, discret, accepte de travailler pour rien, ferme sa gueule si on ne lui donne pas les papiers, se débrouille à trouver une bretelle d'autoroute pour dormir,et envoie son pognon à la famille. L'employé idéal.
Pour les emplois qualifiés, on aura les robots. 

Le gouvernement n'a toujours pas compris que s'il veut des esclaves aussi dociles que les Polonais, il faut durcir cette politique sociale de papanoël avec les minima sociaux. Pour toucher 100 euros par mois, il faudra avoir travaillé 560 ans. Comme ça, tout le monde aura peur de perdre son emploi et les employés seront serviables, ils accepteront de travailler 630 heures par semaine pour 25 euros, histoire de ne pas se retrouver au chômage.



(1) J'en profite pour rapporte ici une anecdote amusante. Un dimanche matin, excédés par les chasseurs qui entouraient notre maison pour en finir avec la moindre trace de vie sur terre, car ces crétins empoisonnent l'habitat des animaux par les pesticides et le bruit des tracteurs jusqu'à minuit en semaine, et achèvent le massacre au fusil le dimanche midi, donc un dimanche matin que ces crétins tiraient n'importe quoi n'importe où autour de chez nous, on appelle la gendarmerie.
Là on tombe sur une gendarmette qui nous dit que oui m'enfin bon (tu parles, ici ils sont chasseurs consanguins de crétin en débile depuis les menhirs), et qui finit par cette phrase superbe : "il faut bien des loisirs pour tout le monde". La vie d'un animal est donc un objet de loisirs. Le silence des forêts, la quiétude de l'habitat des animaux, tout ce la n'est qu'un objet de loisirs au service du crétin. C'est merveilleux. On lui souhaite de ne pas constater, un jour, que, pour certains qui traînent dans les bois, son jeune fils ou sa jeune fille fliquette, c'est un objet de loisirs. Mais puisqu'il en faut bien pour tout le monde, elle ne verra pas d'inconvénient à ce qu'il les viole après ou avant l'étranglement.


(2) Je profite de montrer la photo d'un jeune qui mets ça sur sa fiche d'un site de rencontres, genre "Moi dans la police, moi j'ai un salaire à la fin du mois, donc tu couches avec moi, au moins tes gosses auront de quoi bouffer", pour dire que je compatis avec tous les peuples de la planète et que les aime tous. Je les traite de crétins parce que je suis infiniment triste qu'ils se laissent exploiter par des salopards.

Si vous réalisez que je trouve infiniment insuffisant le système français en matière de niveau de démocratie et de couverture sociale, alors qu'il est ce qu'on fait de plus performant sur Terre (n'instrumentalisez pas quelques % pour votre vengeance personnelle) alors vous vous figurerez à quel point je plains mes amis terriens de vivre sous le joug de quelques salopards.

Je sais que la police accourt dès qu'il faut leur prêter le concours des armes et le costume de Robocop que les salopards lui ont acheté à Noël pour pouvoir jouer à taper sur leurs semblables, et mater la rébellion. Je sais que c'est facile de parler sur un blog, et moins d'affronter les matraques, mais bon.

Pianos et bateaux





J'aime cette photo qui montre qu'autrefois, on fabriquait des pianos en France, même si on ne peut préjuger des conditions de travail des enfants.


Mais surtout j'aime les rideaux, j'aime les rideaux de la fenêtre, j'aime la fenêtre d'un bureau que je me plais à imaginer comme le bureau du président, doté d'un piano de concert, et situé au dessus d'un auditorium au rez-de-chaussée, les deux salles communiquant par un bel escalier où se croisaient smokings et robes de soirées lors des présentation des nouveaux modèles ou autres événements.

J'aime que des gens choisissent d'être au premier plan sur une photo, et d'autres cachés au fond.
J'aime qu'une usine de pianos fabrique aussi des harpes, j'aime qu'une société de St Denis annonce sa succursale à Paris, j'aime les adresses sans code postal.




J'aime cette photo, je crois que c'est à Sousse, en Tunisie. Je sens la force des remparts des comptoirs phéniciens, des romains, de Carthage, l'antiquité beige et le présent gris vivant des petits bateaux colorés.


J'habite le petit immeuble qui est sur la droite. J'entre par la porte bleue, le séjour est au premier, et ma chambre au second.  Une seule pièce par étage, et l'escalier qui déboule dans la chambre. Sans doute des anciens bureaux de la capitainerie. Ce soir, je lirai tant qu'il y aura du courant.

"Quand tu vas chasser, plusieurs semaines, n'oublie pas de revenir bredouille. Sinon, de chasseur, tu vas devenir cuisinier". 

Fridrizschnitche Ainsi parlait ma bonne.

samedi 27 juillet 2019

Issue de secours

Ce que je souhaite dégager comme conclusion, de cet article, comme de cet autre, ou disons, ce que j'espère faire émerger comme sentiment chez le lecteur, c'est que la crise est spirituelle.
Spirituelle parce qu'elle touche au sacré, au sens de C.L.-S., c'est à dire de ce qui ne s'achète pas. C'est à dire que les remèdes apportés à la crise sont à l'opposé de la maladie qui la crée.

Vous pouvez toujours injecter tous les milliards que vous voulez dans un système, si les gens ne souhaitent pas le cautionner, ce n'est pas parce que le système tourne deux fois plus vite que cela va les motiver, bien au contraire. Si vous donnez deux haches au bourreau, ce n'est pas ce qui va donner envie aux gens d'aller se faire couper la tête parce que la file d'attente a diminué.

Et pourtant si,  il y en a que cette envie touche ! En symétrique à ceux qui se désengagent, dont j'ai parlé ici (1),  il y a ceux qui pensent qu'en faisant travailler frénétiquement les derniers qui restent environ 45h par jour pour un euro par mois, couverture sociale à tes frais, on atteindra le degré d'exploitation de l'ouvrier chinois. C'est oublier que le Chinois est capable d'appeler ses enfants "Victoire du 8 mai 45" pour montrer à ses voisins combien il est patriote et conformiste, d'afficher qu'il a lu les documents du parti pour prouver aux autres combien il est lèche-cul, et d'accepter n'importe quelle brimade s'il n'est pas sage, tellement il est con et soumis dans son comportement de fourmi exploitée et humiliée.

Quand les Chinois s'éveilleront, ils viendront grignoter nos forêts pour apaiser leur faim, c'est tout.

Comme dans d'autres, Internet a pris des raccourcis dans ce domaine. Il y a 15 ans, c'était des sites d'achat groupé qui se créaient, tout fiers d'acheter moins cher aux Chinois dix merdes dont on n'a pas besoin, dix merdes en plastique destinées à la poubelle océan, et dont le prix leur permet d'exploiter cent personnes. Aujourd'hui ce sont des réseaux type gensdeconfiance.com. On achète désormais sa lampe sur le bon coin, et on sait que neuve, elle sera de toute façon à prix ratiboisé. 

A propos de ratiboisé, ce qui dégage aux USA, ce sont les magasins "brick and mortar". 

Visés : Subway, Winn Dixie, Sam's Club, Foot Locker, Crocs, Walgreens, Toys R us, Best Buy, Abercrombie, The children's place, Sears, Kmat, David's Bridal, PetSmart, Dolar Tree, 99 cents, Tom Shoes, Pier 1, Neiman Marcus, JCrew, BevMo, Bluestem, Fairway, Guitar Center, Salve lot, bref, depuis les 1 dollar jusqu'aux spécialisés, en passant par la bouffe, les médocs et les fringues, toutes les boutiques physiques dégagent. 

Deux causes : la désaffection des malls, et la montée de l'achat en ligne. La première étant largement une conséquence de la seconde. Il y en a bien une autre, de cause, dont ils parlent moins, c'est que les gens n'arrivent déjà plus à payer leur loyer. 

Maintenant, ils ont viré tout le monde, fini ces employés trop chers, dans des magasins devenus beaucoup trop chers. Du coup, Sears ayant viré les clients de Kmart et vice-versa, chacun ayant privé l'autre des revenus nécessaires à sa propre survie, il reste des sites web et quelques milliards de dollars de dettes.

Comme on va leur faire croire que c'est à cause des vilains iraniens que le prix du pétrole explose, ils ne sont pas prêts de reprendre la voiture, qu'ils ne peuvent pas payer, pour aller faire des courses qu'ils ne peuvent pas payer non plus.
On temporisera en leur faisant croire que la faute en est au Kurdistan irakien, qui lutterait pour son indépendance, alors qu'il s'agit en fait de protéger les champs de pétrole du nord de l'Irak, et le réseau d'oléoducs qui amène le pétrole en Turquie. Il faut arracher la SOMO à Bagdad et organiser le rapprochement avec le grand Turc, c'est un peu chaud, mais sous l'égide du pognon, tout finit par se faire. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles le barbouze qui sert de président à la Turquie s'accroche au pouvoir, c'est qu'il sait qu'il touchera le pactole quand on lui demandera de feindre la clémence envers ces pauvres Kurdes qui veulent un asile de leur terre sacrée pour enterrer leurs morts.

 Cette temporisation reportera de quelques années le dernier choc pétrolier, puisque ces braves gens ne produisent que 1 % des besoins mondiaux. 

Le constat est clair : ce que cherche l'être humain, c'est un peu de confort matériel et beaucoup de spiritualité. L'issue de secours est donc évidente : après l'effondrement de l'actuel système économique, et les quelques générations de chaos qui s'ensuivront, le temps qu'on use les armes fabriquées, l'humanité bâtira un autre système, sur de nouvelles fondations, spirituelles, celles-là. On reviendra à la recherche du plan des plans, et autres vieilleries tombées dans l'oubli, car méprisées par l'élite des orgueilleux imbéciles qui se sont crus arrivés parce que capables de fabriquer un GPS pour aller nulle part, et qui continuent de passer à tour de bras des décrets stupides depuis leur bureau en or..


Je rejoins un peu cet article, qui insinue l'idée que nos errements épistémologiques actuels nous sont comme un point aveugle, parce que consubstantiels à la construction de notre système de pensée, laquelle est éminemment linguistique, et in fine topologique.
La disposition imposée par les signes de la connaissance, au sens topologique le plus rase-mottes du terme, a informé ce système, et on peut même émettre des doutes sur l'impact de l'alphabétisation de la trace écrite.

Enfin, l'alphabet ! Voire... Je me méfie de tout ce qui est en : "Enfin, X !" 

Eh bien de même ici, le développement aberrant des sciences et techniques (2) pourrait nous conduire à considérer une certaine forme de retour en arrière. Après tout, lorsque notre orgueil aura un peu baissé, et que nous aurons admis que nous pouvons nous tromper, cela ouvrira la possibilité d'admettre que lorsqu'on s'est trompé de chemin, le meilleur moyen, voire le seul, est de rebrousser chemin jusqu'à la patte d'oie pour prendre l'autre direction.

Il faudra attendre la fin des hauts cris sur le " recul", le "progrès" et autres billevesées, pour admettre que reculer vers ce carrefour, c'est progresser. Heureusement, la fin du pétrole va nous aider à parcourir ces 5000 ans à l'envers.

On fera comme les Romains, des piscines, de la musique et du théâtre, seules choses indispensables à l'homme, finalement.


(1) J'insiste sur le fait que ce " désengagement" n'est pas une chose faite de gaîté de coeur par les victimes. Cela relève plutôt de la dépersonnalisation, ce mécanisme de défense du psychisme qui touche par exemple les victimes de viol. Pendant l'acte, l'esprit se "déconnecte" du corps afin de ne pas subir le traumatisme trop brutalement, de le regarder "de loin", comme un film. Ce qui n'empêche pas les dégâts de se produire, mais sur le moment, cela atténue la souffrance. C'est par la suite qu'il faudra recoudre cette déchirure dans le tissu de la vie de la victime.

(2) Non pas en termes de légimité, bien sûr. Ce que fait la Médecine aujourd'hui est la plus belle des aventures humaines avec le boogie woogie, mais en termes de coût. Nous n'avons pas les moyens de nous le payer. Ou alors il faut arrêter de fabriquer des avions à la con. Ah, ben ouais, tiens.

dimanche 14 juillet 2019

On n'a pas le cul sorti des ronces

Donc, suite à ce magnifique article, je dis qu'il va bien falloir prendre en compte ce problème de l'engagement. On peut le nier. On peut récuser le problème de l'engagement, et laisser le libéralisme aller jusqu'au bout. Sans problème. On sait déjà ce que ça donne avec les expériences locales, ça aboutit à cela :

Pute seule


En 2021, couic, plus de lumière pour ces jeunes cons !
C'est extrait d'une vidéo Toitube intitulée "bangkok nightlife 2106".

Pute avec vieil Européen friqué
Après nous avoir vendu leurs produits de merde, ils finissent de nous rincer en suçant la retraite de nos vieux. Ils font fort ces Bangokais.

Comme au bon vieux temps du saloon, les mecs qui claquent leur paye en putes, les vieux qui se la jouent. Je suis sûr que même le spanking était là, mais moins visible. Entendons nous bien à titre individuel, je n'ai rien à foutre de qui baise qui, et s'ils veulent livrer leurs mômes, moi chu d'accord. Ce qui me gêne, c'est que de toute façon, quand t'en es là, t'as plus le choix, la mafia te remettra dans le droit chemin si tu oses émettre un doute. Va dans ces couloirs, amuse-toi à te promener avec un panneau prônant la redistribution des profits aux plus démunis, tu vas voir...

C'est ici que les menteurs néo-libéraux, capitalistes, qu'on les appelle comme on voudra, on voit qui c'est,  commettent le pire dans leur mensonge. La liberté dans les affaires, c'est à dire dans ce qui appuie chez l'humain sur le greed, se terminera toujours dans non-liberté de la mafia. 

La loi défend toujours plus ou moins le faible contre le fort. Aussi, ceux qui sont un peu forts parce qu'ils font partie de la classe dominante, se sentent-ils pousser des ailes. Alors ils ruinent le système de protection sociale, pour laisser le champ libre aux plus forts. Eux-mêmes, pensent-ils, bien sûr. 
Mais pour chaque sou qu'ils gagnent avec leurs lois qui laissent aux entreprises la bride sur le cou, la mafia en gagne dix, étend son pouvoir et sa puissance. 

C'est exactement ce qui se passe en ce moment. Les salopes en col blanc, persuadés que de tout privatiser, bétonner le littoral, et permettre aux entreprises de détruire la planète, vont les enrichir ont ouvert les vannes du libéralisme. Ils pensent pouvoir faire les paons devant les "lobbyistes des multinationales". Demain ils feront dans leur culotte au bout des canons de la mafia :D 

Vae Victis. VOUS AVEZ VOTÉ POUR CES ORDURES, vous avez voté pour eux. 

Oui, vous les avez portés au pouvoir, par peur du noir, du mendiant, du rouge, de tout. Par peur que le système ne puisse pas nourrir tout le monde, vous l'avez livré aux spéculateurs, pensant vous en sortir, mais vous serez balayé comme les autres, pays de petits retraités poujadistes avec leur SUV à crédit, payé en faux billets par la BCE.

 Tiens, pour finir sur une note gaie, un trait montant de la crétinerie ambiante, mélanger les prépositions. Par exemple, le crétin de site Daily Geek Show écrit :



Dans le contexte, il aurait fallu écrire : " n'est plus DU goût des autorités chinoises". N'est plus "au goût" signifie que, auparavant, des artisans fabriquaient ce bikini ad hoc, pour qu'il corresponde au goût des autorités (1)

Ainsi France Info, qui baisse chaque jour la tête devant le petit nazillon ambassadeur du libéralisme, nous a-t-elle rebattu les oreilles des affaires " mises à jour " par Mediapart concernant le ministre du spectacle de la non-transition écologique. Tous les journalistes ont cancané l'ânerie, faisant résonner la basse-cour de leur bêtise.

Il s'agit d'affaires "mises au jour", évidemment. On parle de "mise A jour "pour un logiciel.

Il nous reste donc à revenir sur ce problème de l'engagement. Je précise tout de suite qu'il n'est pas question de le voir comme l'existentialisme l'a fait, ni même comme dans le beau Dogville de Lars Von Triers,  prisonnier d'une logique binaire avec la responsabilité individuelle, longtemps embourbée elle-même dans un corps à corps avec la grâce divine.

(1) Toutefois, le bikini pékinois n’est pas le seul comportement désormais prohibé par la ville de Jinan. Parmi les autres interdictions, on note qu’il est désormais interdit d’ôter ses chaussures en public, de cracher par terre, de resquiller dans une file d’attente ou encore de promener son chien « de manière incivile ». Néanmoins, c’est l’interdiction sur le bikini pékinois qui suscite le plus de controverse.
Le Washington Post rappelle effectivement les origines de cette pratique insolite. Le fait d’exposer le diaphragme ferait évacuer les énergies chaudes du qi autour des organes, ce qui est bien pratique dans une région où la température atteint facilement les 36°C.
Outre la question pratique, le bikini pékinois fait débat chez les internautes en ce que certains pensent qu’on devrait laisser les personnes âgées agir comme bon leur semble tandis que d’autres déclarent qu’il devrait juste y avoir des critères esthétiques à prendre en compte. Par exemple, si le ventre est ferme, la pratique peut être autorisée mais si elle est flétrie ou que le corps n’est pas beau, cela devient indécent. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Alignements.

C'est marrant, quand je vois Le Petit Chemin, ce blog dédié à l'étude de mes vacances au Lavandou, une chose me revient en cette période de canicule, c'est le nombre de ces longues années qu'il m'a fallu pour faire l'apprentissage de l'eau. Je veux dire apprendre comment gérer l'eau pour guérir les brûlures de mon corps.

Avec l'âge, les choses empirent, et aujourd'hui à la moindre chaleur, au moindre effort, il faut que je prenne une douche pour évacuer l'impression de brûlure, l'inflammation des tissus, l'aigreur de la transpiration qui ronge mes chairs comme un acide.

Bien sûr à l'époque c'était moins grave. Mais tout de même, c'était déjà là. C'était surtout sur les épaules, la sensation de brûlure du sel à faire disparaître. Si la douche de Jacky était coupée, s'il me fallait remettre le tissu des vêtement en contact avec la peau crispée par le sel (on ne se baladait pas torse nu en dehors de la plage à cette époque), alors le chemin serait long, et je me jetterais sous la douche avant le dîner, bien que nous ayons été alors déjà sommés de venir à table prendre ce dîner préparé qui nous attendait (1)

Mais ce qui m'intéresse dans cette histoire, c'est comment l'idée de souffrance morale et de souffrance physique sont entremêlées :. Si ces vacances m'ont aidée à identifier la notion de paradis, c'est un peu aussi parce que là-bas, même si c'était le pays du soleil et de la chaleur, il reste que sa malédiction, la blessure, la brûlure pouvait être conjurée tout de suite en se plongeant dans l'eau fraîche. le remède était là, à 5 mètres du parasol. 

Pour le dire autrement, ce qui est étonnant, c'est que ce souvenir de paradis joue sur un critère biologique. Un caractère inné, si tant est qu'il en existe. Mais cette intolérance à la chaleur sèche est héréditaire, je le sais par ailleurs. J'ai dans mon corps un défaut auquel remède fut proposé, dans mon enfance. Le premier est de l'ordre du passé. Mes grand-parents maternels décidèrent d'acheter au Lavandou, lieu du remède, et léguaient en même temps le mal dans leur gènes, à ma mère. Le second est de l'ordre d'un vécu personnel. J'ai appris là-bas que j'hébergeais un mal qui répondait au climat du Lavandou, mais dont l'eau fraîche qui le baignait était le remède.

La terre était sèche est brûlante, le soleil implacable dans le ciel, et rare l'ombre des arbres, l'herbe au dessous, sèche. Mais l'admirable ciel marine, liquide, qui nous accompagnait, plutôt sur la droite, répondait aux douches qu'on trouvait dans l'ombre fraîche des maisons : c'était le répit, la réparation, la souffrance qui s'en allait, qui refluait comme une marée.

Le temps obéissait aussi à cette partition. Il y avait les matins et les soirs, frais, "normaux", et le midi brûlant, qui nous voyait parfois courir sur le macadam pour ne pas se brûler la plante des pieds.

Vous allez me dire que je fais un alignement, une singularité, d'un énorme recouvrement statistique : sur les millions de personnes ayant été passer leurs vacances à cette époque sur la Côte d'Azur, des dizaines de milliers souffraient de sécheresse de la peau. Certes, mais ce qui m'intéresse, c'est que ce fut le cadre d'un apprentissage. Il m'a fallu des années pour établir les relations causales correctes entre sensation de malaise et chaleur, entre soleil et sécheresse, entre eau et bienfait, entre environnement et fraîcheur.

Toutes ces notions se sont présentées au départ en ordre dispersé. C'est moi qui ai appris à les aligner dans le temps, à faire faire à mon corps un parcours dans tel ordre, afin de gagner le bien être et d'éviter au maximum la souffrance.
J'ai aménagé, non pas mon environnement, mais mon comportement, de manière à minimiser la souffrance. Et je pense qu'il en est de même sur le plan psychique. Il faut une vie pour apprendre à éviter les sources de souffrance, et trouver les sources de remède.

Bon, sinon un autre alignement, the larch. Alignement de trois points. Le premier point est un rêve que j'ai fait il y a plusieurs années : Flottant dans le cosmos (car que faire dans le cosmos à moins que l'on y flotte), j'observais ce que j'ai appelé ensuite "la bouche d'ombre", tant elle était plus une sorte de trou noir que de chose visible. Mais à coup sûr une bouche.
Et cette bouche, créatrice initiale de tout, parlait en silence. On devait lui déceler tout de même quelque contour, puisqu'il me semblait voir des lèvres se mouvoir lentement, plutôt de couleur verte.

Schéma de principe


 Ce qu'elle "parlait", ce sont des choses qui seraient aux schémas de principe ce que le schéma de principe est au schéma pratique.

Schéma pratique


Voire même de niveau supérieur. Un plan des possibles, des ensembles de règles, indiquant la marche à suivre pour confectionner quelque chose. Ce que nous appelons "le monde" est l'espace où ses schémas de principe à elle s'instancient en schémas pratiques.C'est à dire par exemple en un univers avec des humains qui pensent le niveau du dessous.


Schéma d'implantation

L'être humain, percevant ce schéma pratique, le réalise alors sous forme d'implantation. Il appelle cela "passer de la théorie à la pratique". Mais l'humain ne sait pas concevoir le niveau du dessus, ce qui engendre le schéma pratique, dans cet exemple.Un niveau de créativité supérieure, un peu comme les générateurs de schémas XML, qui créent des schémas qui ne sont en fait que des patterns à branches remplaçables. Il y a un minimum de créativité générationnelle, si on veut, dans les règles

A propos de ce point, du fait que j'emploie le présent, ne nous méprenons pas. Je ne propose pas ici un "modèle" dont mes disciples seraient chargés de trouver la "véracité" à travers des "preuves" constituées de résultats d'expériences, non, ça c'est de la Physique, et de la Métaphysique du XXème siècle. Non, ce qu'il faut retenir, c'est que le possible que je viens de faire naître est cohérent avant tout avec la Bible. C'est à dire que ce que nous pouvons imaginer ne dépasse guère encore ce dont nos ancêtres étaient capables.

Ce que j'imagine ici n'est qu'une version moderne de la vision comprenant un monde ordonné par le logos. Simplement, je l'imagine perméable à ce que je sais des possibles sur les ondes et les neurones qui ont été inventés depuis.

Le second point est ce propos des Bogdanov parlant de l'ère de Planck (période de la vie de l'Univers s'étendant entre l'hypothétique instant zéro et  10-43 seconde) et en particulier de l'avant point zéro. Leurs recherches les conduisent à dire que avant le point zéro :" il y avait des équations, c'est à dire de la pensée mathématique."

Cela correspond un peu à mon rêve, donc je le garde. Cela n'en rend que plus vrai le fameux "Au commencement était le verbe".

Le troisième point est un rêve que j'ai fait récemment. Il s'agissait du second volet d'un rêve que j'avais déjà fait, au cours duquel j'étais en compagnie d'une créature du futur, aussi violente qu'imprévisible. Ce que j'appelle ici violence est un manque de considération total pour ce que nous appelons "la vie".

J'emploie le présent, disons que ces créatures ont la possibilité de renvoyer toute chose à son état le plus simple, c'est à dire un paquet de molécules dissoutes dans le milieu ambiant. Si cela correspond à un état, fut-il temporaire, de l'organisation qu'elle souhaite avoir autour d'elle, de la même manière que vous jetez un pelletée de poussière à la poubelle après avoir passé le balai, cette créature vous renvoie à quelques centimètres cubes d'air, molécules parfaitement intégrées.

Pour comprendre, filons la comparaison. Si vous êtes sous l'eau à ses côtés, et que pour ses besoins d'organisation, la créature souhaite vous faire disparaître, vous serez non pas pulvérisé mais juste ramené à un ensemble de molécules d'eau parfaitement dissoutes. Elle vous renvoie au chaos originel.

Imaginez la terreur que vous éprouvez à servir une telle créature. Vous avez peur que si votre peur se voie, ce soit un encouragement pour elle à vous dissoudre, comme vous la voyez faire avec le reste du monde autour d'elle, sans raison compréhensible. Vous avez peur que votre air enjoué l'incite à vous dissoudre, bref, vous retenez votre souffle, vous n'existez plus que pour mourir longuement de terreur devant ce que l'instant suivant pourrait vous réserver.

Bien donc j'étais l'ordonnance d'une telle créature en vadrouille sur la terre, me tenant à son côté prêt à exécuter ses ordres. Je voyais ce qu'elle faisait, sans en comprendre le moindre signe. Elle avait une sorte de valise dans laquelle étaient disposées des plaques, anthracite, très fines, presque comme des feuilles de ces plastiques granité, mais assurément très raides.

Ces plaques, qu'on pourrait aussi comparer un peu à des ardoises à cause du réseau de reliefs, étaient incrustées de groupes de lignes, un peu comme celles des platines de circuits imprimées des téléphones. Vert sur fonds gris sombre, d'autant plus esthétique que ce qui déterminait le sens de l'information portée par ces lignes était topologique. En regardant les lignes, on prenait connaissance de l'information, et en les déplaçant, on modifiait l'information, et c'est là où je reviens à mon point sur les plans, on modifiait également la réalité du monde.

 Cette information n'était pas comme la nôtre une réalité relatée, récit second à la réalité mais au contraire, première à la réalité, capable de l'informer.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent, the larch. Le fait que ceci https://neo-masculin.com/ existe. Son contenu est parfois amusant, parfois juste, parfois caricatural, mais le fait qu'il ait dû émerger en dit long sur notre Zeitgeist. On a un peu atteint les limites utilisées par le politiquement correct pour étrangler certains aspects de l'humain, et le balancier est en train de repartir dans l'autre sens, pour le meilleur comme pour le pire...

J'emm... toutes ces associations, ces sectes de défense de machin, ces écoles coraniques, qui prétendent prendre la défense de tel ou tel groupe, alors que tout ce qui est à prendre, c'est du pouvoir. A écouter l'interview du décérébré qui préside l'association contre la négrophobie qui a bloqué les représentations des Suppliantes, on comprend que ce qui manque surtout à ce pauvre type, c'est d'avoir été à la fac, et c'est le plus consternant dans cette histoire que de voir les illettrés à qui on donne le pouvoir de mort sur les seuls qui pourraient les enrichir et les élever.

Le voleur de culture enseigne au chien à mordre la main qui le nourrit, et ce pauvre chien affamé ira bientôt quémander chez le voleur, ne recevant que coups de bâton pour salaire. Une horrible entreprise de déculturation est à l’œuvre sur la planète. On encourage de tels négrophobes à mordre la main de nos maîtres, pour que, décérébrés pour de bon, ils ne voient pas qu'ils se tournent vers des maîtres ayant l'intégrisme pour voie royale vers le pouvoir. ils ne voient pas que ce n'est qu'une lutte de pouvoir, et que si le nôtre n'est pas le meilleur, ce n'est pas non plus le pire.




(1) J'en profite pour répéter aux parents que s'ils n'ont pas les moyens d'assurer à leurs enfants une vie confortable, il ne faut pas les habituer à un niveau de souffrance sur lequel un enfant n'imagine pas qu'on puisse revenir.
Je m'explique. Pour la plupart des gens, la vie quotidienne a un certain niveau de plaisir, et les moments de vacances en sont des pointes. Pour certains enfants, la vie devient supportable dans ces moments là parce que le niveau de souffrance redescend à quelque chose de supportable. C'est le reste du temps que c'est insupportable, et qu'on se demande où est la source de cette souffrance. On se demande aussi pourquoi les autres ne cherchent pas le foyer de cette torture, toutes affaires cessantes, au lieu de feindre la normalité.

jeudi 11 juillet 2019

Sidération environnementale

De cette étiquette j'affuble un sentiment qui point dans nos sociétés, et dont il faudra tenir compte pour deux raisons que je mentionnerai plus loin. 
La sidération environnementale est un abattement qui prend le citoyen, de tout âge et de toute condition, à la vue du drame qui est en train de se jouer au niveau de sa planète, pour l'espace, condamnant ses enfants, dans le temps. 

Cet abattement est créé par l'éco-anxiété, comme la rosée par la rencontre d'un air chaud et humide sur un front froid. L'éco-anxiété naît de la contemplation du désastre écologique que l'aveuglement, la bêtise, la passivité, et la cupidité et la corruption font naître, par ordre de gravité du chef.

Mais cet éco-anxiété ne se transforme en sidération que lorsque cette dernière rencontre un mur, et surtout qu'elle constate que ce mur est soigneusement entretenu. Le mur, c'est l'incapacité technique à laquelle nous sommes rendus : Quand bien même nous mettrions tout en œuvre maintenant avec la meilleure volonté du monde, il est trop tard.

Mais le pire reste à venir, et c'est là que la sidération prend l'individu comme un poison qui paralyse et le force à regarder le spectacle, hébété et conscient de son impuissance, ce qui aggrave son mal. 

Le pire, c'est que nous continuons "volontairement" à aggraver la situation. J'ai mis "volontairement" entre guillemets car ce mot suppose une connaissance de la situation. Si je vous vois mettre le feu "volontairement" à votre voiture, je supposerai que vous voulez vous en débarrasser car vous en avez une autre mieux que celle-là.

Si j'apprends que ce n'est pas le cas, le "volontairement" va se retourner, prendre une autre "tournure" : vous êtes fou, tout simplement. On peut me dire que vous ignorez que vous n'avez pas d'autre voiture, cela n'arrange pas vraiment votre cas : Cela signifie que vous "pensez" que vous en avez une autre, que vous avez "fait le pari" que vous en avez une autre, ce qui est une autre forme d'inconscience, pour qui a charge d'âmes.

La sidération environnementale, c'est celle qui prendrait les habitants sortis en hâte dans la cour d'un immeuble, et qui voient leurs voisins de paliers devenus fous, saccager l'immeuble, mettre le feu aux appartements. Déjà l'eau des tuyaux crevés par la chaleur monte le long des mollets, mêlée de boue et de débris, mais ils continuent à verser de l'essence sur le feu. La sidération environnementale vous pousse pour sauver votre esprit à passer en mode contemplation, à vous convaincre que vous regardez un film, de loin, que ce n'est pas vrai.

Mais les citoyens de cette planète doivent se faire à l'idée que c'est vrai.

Pour le ramasser en quelques mots, l'éco-anxiété est l'angoisse de voir que nous ne faisons pas ce que nous devrions faire pour arrêter l'effondrement de notre éco-système. Cette éco-anxiété se transforme en sidération psychique lorsque le sujet réalise que non seulement nous ne faisons rien dans le bon sens, mais encore que nous continuons avec acharnement à travailler à parachever le désastre. Nous accélérons le processus de destruction de notre planète, et ce pour des raisons de confort, voire d'avidité.

A force de constater que pour quelques sous, la plupart des gens pourrissent les rivières, l'air, la nature, et sont prêts à faire tuer les journalistes qui en parlent, le sujet ralentit sa contribution au système, puis s'en éloigne, dégoûté.

Cela, c'est la première des raisons pour laquelle la sidération environnementale va devenir une maladie. Parce qu'un certain nombre de citoyens vont définitivement baisser les bras, tourner les talons et ne plus participer à la société. 

Ce nombre grandit chaque jour, et il touche les jeunes. Il ne faut pas croire qu'il s'agit d'une maladie de vieux con. Tout ce qui est "desco", comme ils disent pour déscolarisation, tout ce qui est "dys", lexique, praxique, sont des manières de signifier au monde des adultes :" Vous nous avez légué un monde pourri, je ne mettrai pas les mains là-dedans".

La seconde raison pour laquelle la sidération environnementale est un problème de santé publique, c'est que si on veut encore par une aveugle obstination, ne pas tenir compte des 10 % de rebelles qui vont activement faire demi-tour, il reste parmi les 90 % restants des gens qui, sans vraiment s'exiler volontairement de toute participation au massacre de leur habitat, vont "y aller à reculons". Là c'est l'absentéisme, le glandouisme, le j'menfoutisme, tout ceux qui craignent encore pour leur fin de mois, mais ne veulent plus trop faire tourner le système.

ET
last but not least, l'immense foule de ceux qui, incapables de choisir, plongent la tête dans les écrans et les néons de Bangkok on line.

Ici on atteint ce que j'appelle l'engagement, c'est à dire si on veut l'investissement, la motivation ou la libido, ce sentiment qui est à l’œuvre quand on "croit à ce que qu'on dit", parce qu'on est personnellement en adhésion avec le contenu du propos. Ce que des centaines de milliers de jeunes européens disent aujourd'hui dans la rue, des dizaines de millions de jeunes européens le disent par leur attitude : "On n'a rien à foutre de votre mode de vie de merde, on veut vivre autrement". 

Seulement voilà, en fait y'a pas le choix : on ne peut pas faire du profit sans exploiter et piller la planète et ses habitants. Inutile de raconter des histoires de valeur et de croissance.. C'est là que ça devient grave, et que, comme vous allez ne pas écouter ce que je dis une fois de plus, passer outre et faire autre chose, ça va tourner à la guerre civile. 

Le problème, c'est que le monde est un seul tout lié, comme un filet. On ne peut pas tirer à un bout sans que ça tire à l'autre. 

On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Chinois sous une dictature, afin qu'ils fabriquent à bas coûts les merdes polluantes que les jeunes vont acheter à l'autre bout de la planète, et empocher la différence. On ne peut pas faire des profits à la con sans exploiter des Turcs ou des Hongrois sans protection sociale,; afin qu'ils fabriquent à bas coûts les voitures qu'on va vendre à crédit aux retraités français, et empêcher la différence en sifflotant, comme si de rien n'était. 

On ne peut pas détruire 90 % de la planète et de ses habitants pour assurer le niveau de vie des 10 % qui les exploitent de façon éhontée, juste pour garnir leur portefeuille de fausse monnaie délivrée par les banques.

Enfin si, on peut. 

Un certain temps...

Et c'est là que s'installe la phase finale de la sidération. C'est que jamais dans l'histoire du vivant, des adultes n'avaient "volontairement" pillé les réserves de leurs enfants, les conduisant à la famine. Au contraire, pendant 4 milliards d'années moins nos trente merdiques, les parents plantaient des oliviers pour leurs enfants, pour qu'ils aient plus. 

Nos enfants sont les enfants de la première génération de l'histoire de l'humanité à avoir fait face à un effondrement prévisible de leur niveau de vie.Tout simplement parce que nos parents ont pillé les ressources pour se gaver sans penser à notre avenir. 

Maintenant, lorsque nous enfants vont réaliser que ces grands-parents retraités et leurs parents chômeurs ont pris dans le placard, et qu'il ne reste plus une graine saine à planter dans un sol sain, lorsque cette sidération sera passée, je vous assure que ce qui va arriver, c'est la colère. 

Lorsque mes enfants réaliseront qu'il n'y a plus de quoi exercer toutes les belles sciences pour lesquelles ils font des études, la colère dévastera tout, et il n'y aura plus ni labo ni scanner, ni radio ni échographie, il n'aura plus que des appareils renversés et des bris de verre. La horde sera repartie là bas, où ça brûle, chercher un supermarché à piller. 

Ils envieront la sauterelle capable de survivre en grignotant une feuille sèche.Ils partiront ailleurs, là où il reste de l'herbe, et tenteront de recommencer de l'élevage, sans savoir traire une vache... 

Remarque, qu'on prenne en compte ou pas la sidération environnementale, ça ne sert à rien. Il est trop tard de toute façon. Tout ce que j'écris là disparaîtra dans la nuit d'un data center éteint, envahi par les rats qui mangeront les gaines des fils. Tout ce qui a fait l'humanité, et même les prophètes de malheur qui en ont annoncé la disparition, restera lettre morte dans les unités de stockage. Puis l'univers repassera en mode contraction, s'effondrant sur lui même jusqu'à avoir la taille d'une tête d'épingle. 

Ce matin encore, je sors d'un magasin, et je constate que le crétin qui était derrière moi dans la file a laissé sa voiture tourner le moteur allumé sur le parking. Le breton connard de base sort de la boutique, je l'avise et je lui dis "Vous trouvez que la planète n'est pas assez chaude comme ça pour laisser tourner votre moteur pendant vos courses." Et là, l'abruti me répond, attention...

"DE CE TEMPS LA, ça va". En langage d'abruti, cela veut dire que, le temps étant un peu couvert, on peut se le permettre. Je rappelle qu'on sort de 15 jours de canicule. C'est ça le problème de fonds, c'est leur connerie. Bien sûr, il m'a habilement servi une idiotie, et en mauvaise militante, je me suis contentée de le regarder en secouant la tête. Espérons que cela servira à quelque chose. Sinon, comme le suggère le magnifique Dogville de Lars von Triers, il faudrait passer à autre chose.