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mardi 12 juin 2018

Ioutubeuse relooking branding makup dating site

Je vais changer un peu de style pour fêter Noël, je vais laisser tomber pour un temps le mode rageux de l'aigrie contre tout et tous pour être positive.

Au point que je vais vous aider à améliorer votre vie. Eh oui.  Je sais que vous êtes nombreux à passer vos soirées sur des sites de rencontres, à trouver que les hommes ont vraiment des têtes de singes, au mieux.


 Alors, les conseils ci-dessous n'ont qu'un seul but, vous faire comprendre que votre annonce va ramasser un certain type de personne. Si vous mettez un appât à truites au bout d'un hameçon à truites, et que vous utilisez une canne à truites dans une rivière à truites, vous allez ramener ... une truite.

Bravo, cela vous semble évident dit comme ça, mais notre désir est si fort de trouver ce que nous cherchons que ce désir nous aveugle, et nous fait croire que la personne que nous cherchons va se diriger vers nous comme aimantée par une boussole.

Hélas c'est faux. Il faut se résoudre à accepter que ce qu'on donne de soi aux autres, ce qui leur apparaît est une image. Vous pensez être un pêcheur, les autres voient un cow-boy. Vous pensez être un soldat, les autres voient un prêtre.

Et ces visions sont hélas soumises aux mêmes lois que le marketing ou la publicité. Un lion sur le capot vous fait penser que le véhicule est une voiture de luxe, tout est affaire de signes. On assemble les signes, on se fait une image, et on y croit.

Ensuite on aime plus ou moins cette image. Vous pourrez toujours la combattre lors d'un premier rendez-vous si elle est fausse, mais sachez qu'en tout cas la personne sera venue pour cette image. Et si elle vient, c'est parce que les images précédentes lui ont plu. Il est plus facile de confirmer une image exacte que de remonter la pente face à quelqu'un de déçu.

A moins que vous aimiez les défis ! C'est encore et toujours la même chose. Si c'est votre choix, si ce qui vous plaît dans la vie, c'est de relever des défis, alors commettez toutes les erreurs ci-dessous, le miracle se produira sûrement.

Sinon, avant que vous ayez un rendez-vous avec la personne, autant éviter les désillusions, et donc savoir ce que vous voulez. 

Voici donc une liste de conseils qui vous permettront d'optimiser votre annonce de sexe.

1 Le décor global

 Ne confondez pas fantasme et catalogue de hors-normes. Le fantasme et le désir de chacun se mesurent en dixième de millimètres, et la moindre erreur fait basculer dans l'horreur. Le fantasme de votre voisin n'est pas tout à fait le même que le vôtre, alors ne faites que la moitié du chemin, en fournissant une moitié du matériel, et laissez-le faire l'autre.

Exemple :




On ne sait pas trop si l'histoire se situe dans le fantasme de la prendre sur la table, dans le collant, dans les chaussures, les cheveux, le dévoilement limite de la robe, un peu tout ça, bref, c'est trop, il faut choisir.
Autre chose par pitié, évitez de vous faire shooter par votre amant le matin à l'hôtel pendant le ptit dej. habillez-vous et faites au moins croire que vous êtes seule.



A propos de corps et d'attitude, évitez le genre agressive,


 Même si c'est mignon



Laissez-vous approcher un peu ! Donnez à l'autre un peu de temps avant de lui sucer la poire d'entrée.


Autre exemple :


Vous avez trouvé ce qui tue dans le genre : "Chéri fais attention si on veut revendre le canapé". Si vous voulez faire top-model en lingerie faudra accepter d'avoir froid au cul deux minutes par jour.

Ne mettez pas une photo de vacances, ça fait la fille qui ne sort de chez elle qu'au mois de juillet.  C'est pas parce que vous souriez en clignant des yeux face au soleil qui vous a cramée que ce sera plus vendeur.



2 La photo de profil.


Ah la photo.... Premier contact, première impression parfois, après le pseudo, premier regard, qui décidera souvent du reste. C'est donc un élément crucial. Impossible évidemment de vous dire ce qu'il faut faire mais en revanche, on peut parler DES CONNERIES à ÉVITER !


Les bourdes d'âge et d'aspect :

Proscrire les filtres débiles des smartphones. Après 13 ans, c'est ridicule.




Le genre engagé :

 

 En tête de liste, les enfants.



 Même si vous trouvez craquant votre bout de chou bouffe les bords de chapeau, et même si, plus ou moins consciemment, vous cherchez un père pour l'élever avec vous, ne le mettez pas sur votre photo. 

Il y en a même qui ne mettent que les gosses, genre " à vendre "... On n'utilise les enfants pour un intérêt adulte. Ils doivent être tolérés strictement dans certaines publicités pour les produits destinés aux enfants.Et encore, c'est unfair.

A éviter absolument, la robe de mariée :


Eh si, y'en a qui osent.



D'abord vous avez affaire pour 5 % du site à des gens récemment divorcés, donc toute allusion au mariage est douloureuse, à moins que....

Public que vous allez ramasser:

1 - fétichistes : " ça vous ennuie de remettre votre robe de mariée pendant que je vous besogne sur le balcon ?"

2 - Nostalgiques : " Vous me rappelez ma femme, snif, elle avait une robe comme ça le jour de notre mariage, snif."


Tout ce qui est mac et groupe :




On ne sait pas trop, qui du Portugais, de l'Arménien ou de vous, sera le micheton et qui le maquereau.


Ou même 

 


Si vous kiffez vous faire prendre en sandwich entre deux mecs, ce qui est après tout une saine occupation pour les s...pes qui aiment ça, ne l'affichez pas trop vite, et laissez à votre partenaire un peu de temps pour le découvrir. Les natives du Capricorne, il sera toujours temps de pimenter votre vie sexuelle du pire ou bien d'un brin de fantaisie.

 


Quelles que soient vos préférences en matière de sexualité, vous trouverez chaussure à votre pied sur Internet, donc, inutile de déguiser. A moins que votre but ne soit vraiment de surprendre, ne mettez pas ce genre de photo en sexualité "straight", par exemple, car les gens vont voir la supercherie tout de suite.




Annoncez la couleur, ça vaudra toujours mieux qu'un plan Katia.




Si en plus votre projet comprend drogue et prostitution, dites le carrément dans votre annonce au lieu de mettre ce genre de photo.



Tout ce qui est (trop) stylé : attention aux détails.

Hé oui, même la bombasse à gros seins, pourtant synonyme de perfection féminine, a ses limites.



Ok, bon l'escalier, ça évite le tapis et le canapé, ça change de fond, quand on en a un, faut l'exploiter. Mais là ça fait un peu " Nananère tu n'iras pas te coucher sans le paser sur le corps, et tu vas déguster".

Attention aussi au genre " Animal sauvage", ça a vite fait de faire " Amène toi par ici, je vais te choper dans la véranda, et je vais te lessiver".




Quand j'en aurai fini avec toi, tu seras à ramasser à la petite cuillère, chéri.




Encore une fois, il y en a qui aiment, mais là, on frise les mamelles.  Mettez donc une photo moins explicite. 


N'oubliez pas que le généreux fricote avec le plantureux, lequel n'est jamais loin du maternel qui aime engloutir sa proie.





 Inutile de faire le coup du Tshirt trop petit. Oh, j'ai pas pris la bonne taille pour le slip non plus.


Ni le genre " Ah j'avais pas vu qu'on voyait mes seins sur la photo"


Surtout s'ils tombent, c'est nul.


Idem bien entendu pour le genre bottes, chaînes, cuir :

" Viens-là mon poulet, je vais te manger."
 Vous n'allez récolter que les sados, les autres préférant que la dame use un peu son appétit sur une boîte de Pringles.

Idem pour la lingerie.


Alors là, je sais que je vais iconoclaster des générations de fantasmeux de tout bord. Et pourtant !


Mettez-vous ça dans le crâne, mesdames, la lingerie c'est comme la crème, elle doit être en rapport avec le gâteau. Si vous ne voulez pas écœurer votre partenaire d'entrée, veillez à assortir l'accoutrement à votre physique.
Exemples :

ça :


ça passe bien que chargé parce que la demoiselle pourrait porter n'importe quoi. Mais, même bien foutue, les machins noirs ont vite faite de vous donner l'allure d'une veuve qui s'emmerde à Noël.



Perso, pour moi, ça  :


C'est déjà archi limite.

Et ce n'est pas une question de grosseur. Si vous êtes très fine, autant en faire le minimum également :



Tant qu'on y est, les collants et chaussures. 


 Par pitié, pas les coutures et renforts,


Ou alors vous assumez l'appel aux fétichistes


Ensuite, c'est toujours la même histoire. Pour oser ça :


Il faut que votre bas soit capable de faire avaler le haut, et encore, je trouve ça limite limite.






Idem, les nuisettes et autres lingeries censées provoquer une érection monumentale. A moins d'être comme ça :


le glamour oversize, c'est risqué.




Pour en finir avec les objets la légende de cette photo :




C'est : " je te préviens, je coûte un max en accessoires". N'oubliez jamais que pour la plupart des hommes, vous êtes en concurrence avec... sa voiture. Un objet qui donne un peu de plaisir, qui doit être agréable à regarder, faire un joli bruit et rendre de menus services comme le ménage et la cuisine, mais qui ne doit pas être tout le temps chez le garagiste pour des trucs douteux, et ne pas trop consommer. 


Le genre inefficace :

 

Évitez les équivoques :


On ne sait pas si vous appartenez à une secte ou si vous n'acceptez de vous marier que si votre sœur vient avec, ou les deux (la secte des qui....)


 Qui se fait tellement chier dans sa qu'il déprime les autres



-Tu fais quoi ?
- Rien je traîne sur Internet, comme d'ab
- Il est sympa ton T-shirt, y'a écrit quoi dessus?
- Je sais pas, il est pas à moi.
- Ah bon il est à qui ?
- Je m'en souviens plus, à ma mère je crois.
- Ok ben ben a+



- Salut, Tu fais quoi dans la vie ?
- Je m'emmerde
- Ah ben ça se voit dis-donc.



La tribu :





- Ah, j'aime beaucoup votre pantalon rayé.
- Ah non, ça c'est ma belle-sœur Mirandella.
- Ah, j'ai beaucoup votre chemise bleue, alors
- Ah non, ça c'est ma tante, Oeil-de-Faucon.

Mais alors vous êtes où, là- dedans, bordel ! "

Idem pour :


" Vous êtes le beau gosse sur la gauche ? Non, ça c'est mon cousin Oeil-de-Perdrix. - Ok, vous êtes celui à droite avec la ceinture multicolore - Ah non, ça c'est mon cousin oreilles-de-Mickey, moi j'ai pris la photo en fait. "


Si vous cherchez un homme qui aime les gros rasés, publiez cela :



3 Le pseudo


Ah le pseudo. Question difficile


A éviter :

Le genre inbitable

Freemindhoworld00 B : on dirait que vous êtes dans une secte. En plus le "00B" donne à penser que vous en gérez des milliers, ça fait industriel, donc anti-romantique. 

Le genre équivoque 

Sana Q : éviter tout ce qui peut être à connotation sexuelle.  


La combinaison photo+pseudo. 

A éviter 

 

 Si ce n'est pas intégralement exact, sinon vous vous vous exposez au dialogue suivant :

- Alors vous vous appelez Juan Carlos ?
- Non mais je trouve que ça fait plus joli que Jean-Charles 
- Et... vous jouez de la guitare ?
- Non mais j'aimerais vachement apprendre. 

Personne que vous allez attirer : " Cette sincérité est tout à votre honneur Jean-Charles,car voyez-vous moi-même je suis lépreuse, et vous m'avez donné le courage de vous l'avouer".




Et maintenant que tu nous a pété le moral, on fait quoi ? Maintenant reprenez espoir, vous trouverez toujours ce que vous cherchez. L'important est de vous avouer ce que vous cherchez.

 You are most likely to encounter this adjective in British contexts, such as the 2008 Reuters news story about a young pig in Northern England who was fitted with "bespoke miniature footwear" (custom-made Wellington boots) to help it overcome a phobia of mud.
  
  

mardi 10 avril 2018

L'intégration du mécanisme intellectuel comme source d'émotion esthétique et organisation de son disque dur.

Non seulement comme catégorie d'étude, c'est à dire mettre le cerveau au rang de source des plaisirs, ce qui est assez connu, mais également, une intégration dans le temps de la culture.

Ceci permet de réintégrer des émotions esthétiques primitives, le coucher de soleil, comme surgissement d'une strate culturelle archaïque, le plaisir ressenti à l'égard des œuvres, classiques, et l'absorption de l'art contemporain.

Ceci permet également de réconcilier deux personnes qui aiment travailler avec un dessus de boîte de chocolat en métal, l'une parce qu'elle est immergée dans la culture qui la produit, elle est "en phase " avec, et d'autre part l'autre personne qui la cite dans un travail de réflexion, parce qu'elle a " intégré" cette boîte par un travail sur la société contemporaine. Mais les deux plaisirs se ressemblent.


Les deux personnes sont à l'intérieur de la même culture, l'une par immersion inconsciente, l'autre par une imprégnation volontaire.

Je sais bien qu'on pourrait me faire remarquer avec raison que soutenir ceci me fait courir le risque de me voir exposé le post-modernisme comme explication et justification à mes complaintes sur l'art contemporain.

C'est pourtant simple à comprendre, me dira-t-on, et le mieux est peut-être de repasser le micro à Michael Archer :

" Le premier élément, l'idée de progrès, avait perdu de sa crédibilité avec les guerres successives [...] toute avancée en occident s'accompagnait souvent d'un effet inverse dans une autre région du monde.

De la même façon, la prise de conscience, dans le domaine des idées, que la recherche, loin d'être une investigation désintéressée, était presque totalement dictée par des enjeux économiques et politiques extérieurs à son objet, venait contredire l'idée que le développement du savoir allait dans le sens d'une connaissance éclairée. [...] Enfin, l'art contemporain a depuis longtemps cessé de considérer la nouveauté comme une arme potentielle, si jamais il le fit. [...] La diversité de l'art, même radicale et politique, devint la norme académique et institutionnelle. [...] Le modernisme tel qu'il avait été compris et décrit depuis Manet et les impressionnistes était, pensait-on arrivé à son terme : le monde devait désormais être considéré comme post-moderne. L'utopie avait été remplacée par la dystopie."

Fin de citation. Jusque là, tout va bien. C'est page suivante, que cela se gâte (1), sous le titre :

Postmodernismes

La déréglementation financière eut un impact aussi grand sur l'art que sur les autres secteurs, et, dans les années 80, les marchands d'art en tirèrent profit. En 1981, Christos Joachimedes, conservateur en Allemagne, pouvait écrire :" Les ateliers des artistes sont à nouveau remplis de pots de peinture".


[...] L'année suivante, le critique italien Achille Bonito Oliva lançait le terme " Trans avant garde internationale ", titre de son livre proclamant " le retour de la peinture". Il écrivait : " La dématérialisation de l'oeuvre et le caractère impersonnel de l'exécution, sympt^matiques de l'art des années 1970, et dans une lignée strictement duchampienne, sont en train d'être détrônés par le retour au plaisir d'une exécution manuelle qui ramène la peinture dans monde de l'art.

----------------- Fin de citation. 

Tout est spécieux là-dedans. On se croirait dans une revue de patchwork politique de droite. C'est l'artiste se masturbant avec son pinceau, ou mieux, suant pour faire de belles choses. On croit rêver. Mais il faut bien masquer l'avancée de l'internationale pognoniste.


L'art conceptuel n'était tout simplement pas monnayable. Idem pour la performance, le land art, etc. Impossible de se faire du fric sur un Lawrence Weiner, un Esther Ferrer, un Richard Long. Une croûte ou à la rigueur un âne mort, ça passe de main en main, ça s'expose, ça se show off, ça se mesure en biftons, en pots de peinture.

Alors il y en a qui ont trouvé la combine avec du fifty-fifty. Un coup je mets un miroir poli pour avoir l'air intelligent, un coup je gonfle un ver géant pour engloutir les spectateurs, et leur offrir un vrai beau choc sensoriel, une expo grand huit, le vent dans les cheveux, les cheveux dans le vent, l'art fête à noeuds-noeuds bobos geeks crétins analphabètes.

Et vive la déréglementation financière, qui a rempli les ateliers de pots de peinture, vive le retour de la peinture Disneyland

Alors je sais, on va hurler que je suis la millionième à hurler à la mort de l'art, à crier après la marchandisation de l'art, on va me dire qu'il faut des marchands, des mécènes, pour payer les tableaux, comme il faut bien des usines pour fabriquer les avions de chasse, parce qu'il faut bien des avions de chasse pour faire la guerre, parce qu'il faut bien faire la guerre pour assurer sa sécurité, pour défendre son territoire contre les vilains ennemis qui voudraient mettre la main sur nos usines, ou pire, nous obliger à parler une autre langue que le français.

Il ne faut rien de ces raisonnements à la con qui ne tiennent dans la circularité de la mauvaise foi, et par la crainte qu'on les gens de récuser en bloc des avis émis par des éminences grises et des autorités adossées à des porteurs de matraque ne se tenant jamais très loin des précédentes.


C'est peut-être cela qui explique les conneries numériques. Parce que l'outil (le numérique en l'occurrence) est tout neuf. et l'on voit que ce qui s'opère en quelque sorte comme " pulsion primitive" est de détourner l'outil dans un cadre ludique, que ce détournement vise une prouesse, une parodie, une critique sociale, un plaisir esthétique, un plaisir intellectuel, ou un peu de tout cela mélangé.

Il reste que cet art " ultra-frais" (chronologiquement cela est produit dans les derniers mois ou les dernières semaines); n'a, il me semble pour le moment aucune ambition à être monnayé. Les inventions marrantes de Labomedia, je les adore, mais artistiquement, c'est toujours la même veine : Je suis loufoque et dénué de sens, donc je peux prétendre à ne poser aucune question sociale, et là c'est de l'art. D'ailleurs, ça lèche dur la pensée unique :



J'ai l'air con, mais dans le ton. L'art numérique ne menace ni le consensus électoral, ni le pognon des élites, il peut donc couiner librement en 64 bits tout le monde s'en tape. Confere le magnifiquement inutile millième bidule bruyant.

Ceci dit, je les adore, les petits gars de labomedia. J'en veux pour illustration que j'aime ceci 



autant que cela :



Les deux sont également moches, on y trouve de l'humain, et le courage qui va avec, bien que le dernier soit tout de même beaucoup plus moche et sans intérêt, sinon de dénoncer ce que tout le monde connaît déjà (2). N'oublions pas que si Berlusconi est élu et réélu, c'est que tout le monde rêve de partouzer dans sa villa, mais cautionne la presse de tartufes survivante de l'après-guerre catholique.

Et maintenant rubrique pratique !




A propos d'imminence de l'explosion, les ballons, il faut que je parle en effet des s...pes qui se compriment les seins, quitte à passer encore pour l'intello chiante et frustrée que je suis.

Vous savez que l'unique intérêt de la s..pe moderne outre son thighgap est d'avoir une raie entre les seins. Ben oui, je sais, c'est comme ça, une raie entre les seins. Si vous portez un haut décolleté, faut pas qu'on voie un os de seiche, ça fait sanatorium, faut qu'on voie ça :


 


 La raie, je te dis, la raie. Je dis quoi il me plaît.





 Ce qui déjà les pousse à se prendre dans des poses où elles compriment sur les côtés :




 Et ça a donné des idées aux fabricants de soutifs.

 


Pour celles qui ne peuvent pas passer leur soirée à se faire la raie avec les bras, ils ont conçu ceci :

Les côtés extérieurs des bonnets sont garnis d'un adhésif dégueulasse pour la planète, donc on colle l'extérieur des seins, et on serre avec le lacet intérieur, ce qui fait que même si t'as des petits seins, t'auras la raie !


 Il y a même un modèle pour celles qui ont aussi des seins dans le dos :









 Donc le mec, en face, il a intérêt à avoir un braquemard de zèbre de cirque , dont acte :



Faut que la fille elle ait peur !



Avant on éduquait les gens pour qu'ils soient polis, maintenant on met des détecteurs de gros mots. Avant on éduquait les gens pour qu'ils discutent au lieu de s'entretuer, maintenant on met des détecteurs de flingues à l'entrée des lycées

Avant, on éduquait les gens pour leur apprendre qu'il est bon de tolérer les autres dans toutes leurs différences, aujourd'hui ont interdit de dire "bougnoule". Avant on apprenait la galanterie, maintenant on interdit de dire s...e .

Avant on apprenait que la diversité est une richesse, aujourd'hui c'est interdit de dire "..é".

Autrefois, une partie de l'éducation consistait à apprendre la galanterie, aujourd'hui on est obligé de faire des wagons séparés pour les hommes et les femmes, on progresse à vitesse V. 

Aujourd'hui dire "Ce presse-purée est allemand", c'est être raciste. Donc je signale que j'adore les gens, je pense qu'il faut encourager l'amour entre  les races, surtout entre les hommes et les femmes, mais même entre les hommes de toutes couleurs, même les p..., et de toutes les religions, même les y...ns. Même ceux qui sont tout ça ensemble sont les bienvenus chez moi, je les aime, si possible outrageusement maquillés.

Il faut non seulement se respecter et s'aimer (ça me rappelle trop Freud ce passage) il faut s'entraimer les uns les autres, même les crouillas. (ça fait très ordre nouveau, ça, comme style).

Voilà, il n'y a plus qu'à attendre la police des gros mots de Google. Seulement voilà, moi je suis écrivaine, et je pense que c'est mon droit lorsque j'écris d'aligner les lettres de l'alphabet dans l'ordre que je veux, de choisir les mots que j'emploie, sans risquer la prison (3).

Par exemple, moi si un noir me classait dans animaux/femmes/blanches, ça me ferait mourir de rire. Donc si j'ai envie de classer les gens dans bidules/escargots/jeunes mariées, ça me fait rire, et je ne vois pas pourquoi je serais obligée de vivre avec l'humour standard des robots politiquement pudibonds de Google.

Si quelqu'un veut me classer dans /smartass/sa...es/cas..illes, ça me fera beaucoup rire; et je penserai que cette personne a le même humour que moi, et je m'empresserai de le classer dans tapette/sucrées/

Moi j'aime qu'on me traite de dinde, de pouffiasse et j'affuble volontiers mes meilleures amies du doux qualificatif de s...e, même sur l'oreiller, je trouve que cela a une charge affective certaine; et je ne vois pas pourquoi je me plierais aux règles de nommage d'un pays d'amateurs de spectacles de taureau et de rodéo à cheval.

A propos de casse-couilles, Google m'a encore supprimé une vidéo sur YT. Comme d'ab sans donner de motif autre que " ça viole le règlement de la communauté", lequel peut se résumer à " faut pas faire des vilaines choses". Donc on ne sait pas si on a choqué les oreilles de leur robot plus chatouilleux que des mères supérieures en disant pipi caca, bougnoule, pédé, ou en montrant un bout de sein.

En conséquence de quoi donc, j'en ai marre d'être prise pour une CE2 à qui on confisque ses photos cochon, je suis en train de sauvegarder ce que j'avais mis chez eux, et je vais fermer le compte Natacha. Vous pourrez rester entre vous à regarder les images que Google a décidé que vous pouviez publier, à lire ce qui semble convenable à Google, moi je tire ailleurs, Sénégalais.

Sinon anecdote amusante. Je connais une jeune femme qui prend l'avion comme vous le métro, vous en connaissez bien d'autres. Comme je lui faisais remarquer qu'elle contribuait au réchauffement climatique, elle me répondit que cela impacte d'abord les pauvres, et que vu le nombre qu'il y en a sur Terre, ce n'est pas un bien grand mal que quelques uns disparaissent. le cynisme affiché ne me gêne pas, elle dit juste tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Ce qui me gêne, outre le fait que c'est faux, c'est que c'est compter dans les pauvres les ours polaires, à qui nous faisons subir notre mode de vie, ce qui est déjà assez insupportable, mais passons.

Ce qui n'est pas compté dans son raisonnement, c'est que même isolée dans sa belle maison climatisée, elle risque d'être importunée par les hordes de pauvres, justement, venus chercher asile ici.

Enfin c'est faux parce qu'il faudra mettre la clim tellement fort qu'on ne s'entendra plus, même chez les riches.

Enfin, tant que je suis en mode o tempora, un petit dictionnaire de la novlangue de l'ère Macron, je j'ai piqué à Slobodan Despot, aka The Wolf.


● NE PLUS DIRE
Égalité hommes-femmes
Dire
Égalité femmes-hommes
«Pour une raison toute bête, explique-t-on au ministère des Droits des femmes, c’est par ordre alphabétique. Il n’y a pas de raison que les femmes soient en deuxième position!»


● NE PLUS DIRE
L’école maternelle
Dire
La première école
«Changer le nom en “petite école” ou “première école”, c’est neutraliser d’une certaine manière la charge affective maternante du mot “maternelle”.» (Sandrine Mazetier, députée PS, le 1er février 2013)


● NE PLUS DIRE
Travailler pour le pays
Dire

Faire France

«Il s’agira donc, désormais, de “faire France” en reconnaissant la richesse des identités multiples.» («Refonder la politique d’intégration », 2013)


● NE PLUS DIRE
Bâtir une société harmonieuse
Dire

Faire de l’en-commun

«De la conception à la gestion des espaces publics, comment construire un “en-commun”.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)


● NE PLUS DIRE
Se lancer dans des projets
Dire

Produire des possibles

«Il faut changer de paradigme, proposer une nouvelle forme d’action publique, pour produire des “possibles” à l’intersection des valeurs de la République et du respect des gens eux-mêmes et de leurs capacités à coproduire de l’action publique.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)


● NE PLUS DIRE
La France évolue
Dire

Les dynamiques plurielles de la société

«L’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des “grands hommes” mâles, blancs et hétérosexuels. Il y a donc un enjeu fort à faire évoluer le “panthéon” des figures censées incarner les grands mouvements, les époques et les dynamiques plurielles de la société.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)


● NE PLUS DIRE
Couple homosexuel dans l’impossibilité de procréer
Dire

Confronté à «l’infertilité sociale»

«La présente proposition de loi a pour objet d’ouvrir l’assistance médicale à la procréation à tous les couples infertiles, qu’il s’agisse d’une infertilité médicale ou “sociale”.» (Proposition de loi déposée au Sénat par cinq sénateurs socialistes le 19 juillet 2013)


● NE PLUS DIRE
Être enceinte
Dire

Être en état de grossesse médicalement constaté

«La collaboratrice libérale en état de grossesse médicalement constatée a le droit de suspendre sa collaboration» (Projet de loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes, septembre 2013)


● NE PLUS DIRE
Les parents et les médecins
Dire

Les acteurs impliqués dans la conception

«Aujourd’hui, la filiation biologique n’est plus la seule filiation possible ; il y a une multiplication des acteurs impliqués dans la conception et l’éducation des enfants.» (Dominique Bertinotti, commission des lois, réunion du 18 décembre 2012)


● NE PLUS DIRE
Construire la société française
Dire

Le Nous inclusif et solidaire

«L’enjeu est dès lors de rendre possible l’identification à une communauté politique plurielle, c’est-à-dire une communauté concrètement caractérisée par des identités diverses et hétérogènes – que ce soit en raison d’une histoire faite d’immigration, de colonisation ou tout simplement et plus généralement de la pluralité des identités sociales et politiques et des croyances morales qui traversent la société – mais néanmoins capable de s’identifier positivement à un “Nous”. Ce que nous nommerons un Nous inclusif et solidaire.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)


● NE PLUS DIRE
Donner aux élèves la même éducation
Dire

Bâtir du commun

«Il revient à l’École française de contribuer à bâtir du commun.» (Vincent Peillon, charte de la laïcité à l’école)


● NE PLUS DIRE
L’avenir des jeunes Français
Dire

Leur devenir de citoyen

«Il s’agit d’accompagner les élèves dans leur devenir de citoyen.» (Vincent Peillon, charte de la laïcité à l’école)


● NE PLUS DIRE
Personnel scolaire chargé de veiller à la discipline
Dire

Groupes académiques climat scolaire

«Afin de rendre effective cette lutte contre les violences, des “groupes académiques climat scolaire” sont par ailleurs déjà constitués pour aider localement chaque école et établissement.» (Site du ministère de l’Éducation nationale).


● NE PLUS DIRE
Détruire l’identité sexuée
Dire

Déconstruire les stéréotypes de genre

«La création du programme “ABCD de l’égalité”, qui s’adresse à l’ensemble des élèves de la grande section de maternelle au CM2 et à leurs enseignants, vise à déconstruire des stéréotypes de genre.» (Site du ministère de la Santé, décembre 2012)

Sinon, pour finir en beauté n'oubliez pas que l'art est devenu de l'animation des territoires.(4)





(1) Je pense que les jours de ce compte sont comptés, et que les petits robots m'ont déjà dénoncée. Cela m'embête surtout pour le mail, le carnet d'adresses, et les playlists Youtube. Quand ils suppriment un compte, ils suppriment tout ça...


(2) J'esquisse ici cela de façon expérimentale, mais l'idée me plaît et je compte l'étendre : dans un même article, je dis tout et son contraire, de façon que ce soit inattaquable en justice tellement c'est gloubiboulga, mais les dieux y reconnaîtront très bien les leurs...


(3) A ce propos j'en ai une excellente. Hier un journaliste de France Quelque chose parlait de la Turquie, et prenait une moue de dégoût, des guillemets oraux énormes, se bouchait les narines pour dire que le pouvoir turc avait arrêté des citoyens en les affublant de " l'appellation officielle de terroriste".  

Je m'en suis étranglée de rageo-rire.

Meaning, c'était de braves gens qui se sont fait arrêter, mais " là-bas " dans ces contrées lointaines, n'est-ce pas, on colle l'étiquette terroriste au moindre gêneur. Mais, mon bon, c'est pareil ici. Descendez avec moi sur le trottoir de votre maison de la radio dans le XVIème, donnez-moi 5 mn pour vous déguiser et vous coller une pancarte dans les mains, et vous et votre famille, vous allez être arrêtés vite fait pour association de machin en relation avec le terrorisme.
L'expérience vous tente ? Non, alors, regardez-donc votre poutre et vos Coupats. Vous vous moquez maintenant mais vous avez bien laissé faire à l'époque.


(4) j'en ai encore eu une illustration à hurler il y a deux jours. On va faire un accrochage à Ploukerven les Kermelvo, et en partant, l'artiste remercie le délégué du lieu, truc appartenant à l'Office de Tourisme du coin où avait lieu l'expo, et le gars répond texto lerinn bayetz, et désignant d'un geste large les cimaises récemment garnies :
" Vous avez, ici on a de grands murs blancs complètement vides, alors tant qu'à faire, autant qu'il y it quelque chose dessus, au moins pendant la saison".
Et bim, allez, moi j'aurais été l'artiste, j'aurais tout décroché, mais non, n'est-ce pas, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour avoir une ligne de plus sur son CV.



mardi 12 décembre 2017

Je vous ai violés (brièvement sur le comptoir)

Mais qu'importe mon aveu, puisque vous ne pouvez rien faire.Le pouvoir a changé de stratégie, depuis que la crédibilité se mesure à votre nombre de followers. 

Il suffit que je freine l'accès à votre page, que je trafique les stats, que j'amène quelques illuminati dans vos coms, et avant de basculer dans l'oubli, vous serez classé dans les complotistes un peu fêlés. 

Que m'importe alors que vous ayez démasqué mes scandales, que m'importe que vous ayez mis à jour les mécanismes économiques par lesquels je vous exploite ? Au contraire plus je les exposerai moi-même, plus ils exciteront votre ire, et plus vous les dénoncerez à longueur de temps

Et plus vous passerez pour un idiot qui ressasse ses vieilles lunes. 

Moi je serais les gars de Bilderberg, je ferais doucement fuiter quelques infos prouvant indéniablement l'horreur des collusions entre grands de ce monde pour exploiter le peuple et aggraver la misère humaine, comme ça, ce serait fait, ce serait dit, et alors ?
Qui portera plainte contre un cartel des plus puissants acteurs économiques ? Quel cabinet d'avocat aura à cœur de se mettre à dos les meilleurs clients du marché ? Pour quelle gloire, auprès de qui ? La clientèle des mémés qui vont déposer des fleurs à l'église s'étiole. 

Je pensais à cela en lisant tous ces lanceurs d'alerte et autres, dont le principal effet n'est pas de stopper les mécanismes qu'ils dénoncent, mais finalement, à force d'exposer des crimes impunis, de dégoûter tout le monde du système et de sa justice.

Tiens, je vais faire ma lanceuse d'alerte avec un truc qui date de 2011 :
"
Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a payé cash un milliard cent quatre vingt deux millions à Cheikh Amadou Amar, un Sénégalais établi au Gabon, pour lui acheter son immeuble non bâti de 5435 m2 à Ngor virage (Dakar). Selon La gazette qui révèle cette transaction foncière suspicieuse, l’affaire remonte au mois de novembre dernier.
Tout a été découvert quand Monsieur Amar s’est rendu dans une banque de la place pour déposer plus d’un milliard liquide. Contraint par les autorités bancaires à justifier l’origine, il a révélé que l’argent lui a été donné par Me Wade.
C’est après cela que la banque a accepté le dépôt mais à condition de complémentaire. La pièce complémentaire qu’il présentera est une attestation notariée, certifiant la vente de son immeuble à Wade.
D’après La gazette, c’est un haut dignitaire de l’Etat, parent de Me Wade qui a fait parvenir à Cheikh Amar cette attestation. Cette personnalité est citée dans plusieurs dossiers de blanchiment d’argent en instruction ou en cours d’enquête.
L’acte de vente notarié a été certifié par l’étude de Me Patricia L. Diop. Sauf que nos confrères se sont référés à l’expertise d’un spécialiste des actes notariés. Ce dernier suspecte un blanchiment d’argent parce que le paiement s’est fait hors de la vue de la notaire. Le lieu de paiement n’est pas indiqué dans l’attestation. Donc, dans cette affaire d’acte notarié,
Le journal parle de vice de procédure et d’une attestation de complaisance.
Charles Thialice SENGHOR pressafrik.com

Il faut vraiment être demeuré ou maso, à la fin pour se lever le matin pour 1200 euros par mois, faire deux heures de RER dans la notte, quand on vous met sous le nez sans arrêt les exploits de ceux qui s'enrichissent en exploitant leur prochain. Même machin, s'il a fait volte-face et profil bas depuis, l'avait dit.

Le plus drôle, c'est qu'ils sont tout fiers d'avoir conservé leur emploi où ils se font exploiter 5 jours sur 7 pour une misère :D

Même constat d'impuissance fait par un journaliste à un dirigeant politique ce matin à la radio à propos des Paradise Papers :" Cela fait 20 ans qu'on dénonce et rien ne change. Alors ?"

Alors, rien, comme d'habitude on s'enivre de mots. On se paye de mots.  La dernière trouvaille, c'est la canalisation. Toi, femme, tu vas manifester ici à telle heure. Toi, soutien des migrants, tu iras là à telle heure. Fragmenter les volontés individuelles en une multitude de causes, innombrables petits combats, menés par de petites cellules, faciles à contenir.

Et les Paradise Papers ?  On se préparait à entendre tomber les colonnes du temple de Dagon, et on a eu quoi ? Un cinéaste honteux et confus qui s'excuse auprès du fisc en flageolant des genoux, et deux trois groupes dont on se doutait bien déjà qu'ils volaient ? La belle affaire. Pendant le carnaval, les commerces restent ouverts, plus la musique est forte, mieux le business continue.

Et le tableau d'ensemble, brouillé, devenu invisible. Allez à n'importe quelle réunion de militants, le circuit est toujours le même. Premièrement ils crachent leur venin dans leur secteur. Houuuuu le féminisme c'est bien, les machos c'est vilain, et pas de discrimination envers les minorités, sans oublier les handicapés. Seconde étape vers 20h30, on redevient sérieux, c'est l'emploi, c'est l'image, ce sont les media, le problème est dans la famille. Troisième étape, 21h00 : oui mais tout ça c'est lié, c'est une seule et même exploitation, qui objective les femmes comme elle objective d'autres minorités invisibles.

Quatrième étape 22h00, le constat d'impuissance. Oui, mais là, contre ces grands adversaires impossibles à situer, on ne peut rien faire. Faut du concret. Cinquième étape la fatigue aidant, histoire de ne pas être venus pour rien, on débat du contenu d'un tract qu'on distribuera sur les marchés. La motion proposant une intervention dans un sex-shop sera repoussée.

Résultat : nada, que dalle, nichts, niente. Le complexe militaro-industriel continuera de vous entuber, bien lubrifié par la finance, et maintenant superbement servi par les nouvelles technologies, qui vous traquent et vous interdisent tout écart. Dernier exemple en date : l'interdiction du liquide, qui ne laissera une chance de fraude qu'aux puissants qui ont les moyens de blanchir l'argent.

Réaction de la tranche 14-15 ans du foyer "Oui, mais les gens vont en avoir marre, ils vont se soulever contre tout cela". Alors, ça c'est le coup du grand soir. Je pense que même les militants les plus endurcis du FG n'y croient plus, il n'y a que les ados pour avancer une telle conjecture.

Les classes moyennes se soulèvent. Ils ont le temps et l'argent. Les gens dans les townships, eux, ne foutent pas le feu aux 3 hardes qu'ils ont sur le dos, ou alors c'est un règlement de comptes mafieux. Il faut écraser la population pour lui ôter tout courage de se rebeller, lui faire accepter deux emplois à mi-temps pour qu'elle prenne le RER à pas d'heure, hébétée de sommeil.

Donc j'ai violé Dora, dans la salle de bains, avec le manche de sa brosse à cheveux, j'ai renversé Carie en voiture dans les années 70,  je compte faire des lois liberticides au nom de votre sécurité, et vous exploiter à fonds, au nom de la croissance. Mais rassurez-vous je pourchasserai sans fin les djihadistes et les pédophiles.

Finalement, le propre de l'humain ne serait pas les émotions, nous dit-on, puisque ce serait une question d'hormones, lesquelles, ont le sait, sont aussi à l’œuvre chez l'animal. On pourrait faire un robot qui simule les émotions, ça va sûrement venir, les chinois clonent bien les vaches.

Les premiers robots seront mal réglés, ok. Pas grave, ça nous fera un aspirateur grande folle, avec convulsions du poignet, qui fond en larmes à la moindre occasion. On lui trouvera assez facilement des compagnons humains pour le supporter pendant les tests.
Après, ils vont serrer la vis trop fort dans l'autre sens, et on aura le robot John Wayne, qui casse la gueule au premier qui le regarde de travers dans le bar. Pas facile à vivre, mais là encore je pense qu'on aura pas mal de femmes pour le tester malgré ces inconvénients.

Après, ce sera encore plus facile. Une fois produit le robot parfait, on aura dans les centres commerciaux des terrasses entières de femmes enamourées, le regard perdu dans les lentilles bleues de leur Moulinex qui leur porte les courses, et qui leur fera aussi vibrer l'élastique à l'occasion. Elles n'oseront même plus lui demander de faire le café de peur de le perdre, elles iront le lui chercher avant de lui mettre son chargeur dans les pantoufles.

Remarque si ça se trouve, au lieu de prendre le RER, elles pourront envoyer le robot à leur place. Il faudra un contrat avec Pôle Emploi. En échange, elle devront assurer l'entretien du robot, le nettoyer le huiler par-ci par là, et surveiller la mise à jour de son logiciel. Ouais, c'est pas mal, ça. Pour être sûr qu'elles ne touchent pas deux fois le RSA, on leur mettra un bracelet électronique qui interdit à leur porte d'entrée de s'ouvrir.

A propos de logement, je remercie tous les pauvres qui se serrent encore la ceinture de 3 euros sur leurs APL, faut bien aider la France, allons un petit effort, siouplai. La barre va être dure à redresser, avec ces saletés de chômeurs qui font pencher le bateau.

Par exemple, la gare SNCF de Villedieu-les-Poêles va fermer. Les trains s'y arrêteront encore, mais les seuls interlocuteurs seront des bornes 4G, ou 5G, ou 17G. Fini les contrôleurs qui vous gardaient les gosses deux minutes quand on était retardée pour aller les chercher, qui vous disaient que vous étiez dans une voiture tout devant, qui vous arrangeaient le coup sur des billets compliqués à changer, fini tous ces gens là, dehors, sur le trottoir. Ils n'auront qu'à fracturer la machine à coca pour bouffer.

Dehors, l'humain, dehors. Dors par terre, nous a besoin de business-units rentables. Bon faudra des caméras de surveillance, des vigiles et des chiens, on scannera la rétine des voyageurs avant de les laisser passer les portiques, pas de souci.

Mais le mieux, c'est que la gare ferme le 1er février, et que, début novembre la SNCF n'a toujours pas daigné dire un mot aux agents sur leur avenir. Elle " attend leurs propositions". Le mieux quand on exploite les gens, c'est de le faire à fonds, de tellement les mépriser et se foutre d'eux que ça les démobilise psychiquement.

Bon, après, s'ils se radicalisent, pouf, les bombes et la matraque. Non, mais zéro tolérance, quoi.

Tout cela vous fait rire, mais vous faites quoi ? Nada, que dalle, niente, nichts.

Et n'oubliez pas les gestes qui sauvent, la PLS, les graines germées, de couper votre robinet en vous lavant les dents pour la planète, le gilet fluo pour votre enfant, les photos scannées pour ses documents d'identité et son bracelet électronique pour l'assurance, son billet de train sur son ipad, et de signer la pétition en faveur des orangs-outangs homosexuels surtout. Je vous ai tous violés, mais avouez que vous aimez ça, allez.


Finalement, la CIA va pouvoir avouer les présidents assassinés, les Russes idem, tout le monde s'en fout. Écœuré, le citoyen se détourne de la Polis, tire les rideaux pour ne plus voir ce qui se passe dehors, et regarde son écran de télé. Au moins là on fait semblant d'élire des chanteurs, d'avoir des idées, d'être le meilleur pâtissier. Et les problèmes du monde arrivent amortis par le double vitrage de l'objectif de la caméra, et de la dalle de l'écran de télé. Entre les deux, tout un monde de responsables qui s'affoleraient si c'était vraiment grave.

C'est bon, je vous ai convaincus ? Repentis, vous vous décidez à rétropédaler et à investir 200 euros que vous n'avez pas dans une paire de sandales faites par un artisan français ? Trop tard, y'en a plus :D Je me demande si nous ne sommes pas dans le ce moment où le balancier immobile est suspendu avant de changer de sens. J'ai l'impression que le monde ralentit... Il n'y a plus de " motivation".

Remarque si la libido, moteur de la psyché, suit les lois de l'entropie, les balancements ne feront que diminuer. Paraît que le soleil crache 6300 tonnes de matière à la seconde, donc il y a encore un peu de marge, mais bon, faut se méfier.

Il y a tout de même une question que je me pose avec le temps, c'est comment on peut ne pas secouer le cadre politique dans lequel on évolue. C'est à dire, comment vivre en fermant les yeux, aller à son petit boulot, créer ou monter son petit spectacle, peindre son petit tableau, en feignant d'ignorer le honteux spectacle de déchéance auquel se livre une part de l'humanité. Si ce n'était que de passer à côté d'un enclos où s'ébattent les pourceaux, en pensant à autre chose, ce serait normal.
Si ce n'était que vivre et laisser mourir, ce serait compréhensible.

Mais c'est que c'est là où tout se décide. L'enclos où les pourceaux commettent leur crime, c'est celui où se votent les lois, se prennent les décisions, et surtout, est engloutie la majeure partie du fruit des efforts de l'autre humanité.

Se contenter des miettes, se laisser dépouiller, laisser ruiner tous les systèmes de démocratie mis en place parce qu'on n'a pas envie, ce qui se comprend, de rentrer dans ce cloaque c'est un peu juste.

Le peintre se demande s'il faut mettre du vert ou du rouge, mais laisse les pourceaux l'expulser de son atelier. Je sais, c'est sa noblesse, mais négliger tout ce qui détermine les conditions de possibilité de son art pour profiter de quelques instants de paix en feignant de ne pas voir.

Je sais, en fait pourquoi, c'est par découragement. C'est parce que ceux qui ont tenté les 466 réunions de militants que j'ai décrites ont baissé les bras. Je sais. Et puis le tapis est réellement lourd à soulever. Il faut avoir tenté de dépoussiérer un tapis en le secouant au balcon pour savoir ce que c'est que " changer le système". Tout est trop lié.

De toute façon :

Les citoyens athéniens se réunissaient sur la colline de la Pnyx pour voter. Mais les abstentions devinrent de plus en plus nombreuses. Vint un temps où l'on du user d'un procédé qui s'apparente à la rafle pour réunir 5000 assistants, quorum légal pour certaines séances. C'est ainsi que les citoyens étaient littéralement poussés par les archers qui tendaient, en travers de l'agora et des rues voisines, des cordeaux teints en rouge. Ceux qui s'étaient laissé marquer de rouge ne touchaient pas l'indemnité accordée aux participants à l'assemblée.

D'autre part, j'ai pu, grâce à cette chère Adèle Van Reeth (j'adore quand elle dit " c'est le propriété privée", et l'autre qui dit " oui", pour s'en débarrasser), que Hume avait déjà abordé le thème du consentement tacite envers le contrat originel de l'obligation politique, ce que j'avais intitulée plus simplement " En quoi suis-je concernée par la loi".

Il prend l'image d'un homme ligoté pendant son sommeil, et embarqué sur un bateau. Lorsqu'il se réveille en pleine mer, on lui apprend qu'il est soumis aux décisions du capitaine du navire, et on en appelle à un "consentement tacite", qu'il aurait donné. Le nourrisson est cet homme emmailloté, qui ne peut donner son avis, et qui s'éveille dans un État où il est soumis à la loi.

Où l'on vérifie que depuis Hume, nous n'avons pas progressé d'un pouce.

Donc bon... La Maffia italienne, la vraie, pas la bouseuse de russe, ni la vicieuse d'asiatique, celle qui a des costars 3 pièces et qui se les carre dans le gousset, a passé une annonce sur Monster pour remplacer Toto à la tête des bourreaux. Pendant que le pays d'Alighieri se vautre dans le marasme parce qu'on ne l'a pas invité à jouer au ballon avec les grands, une ex-féministe déclare qu'il faut anéantir l'idée que le désir masculin est irrépressible. " Anéantissement, répression", elle doit avoir une matraque parfumée au -B pour strapon, celle-là.

Bien bien bien, donc je vous laisse, comme on dit au téléfon, je retourne dans la blue zone.que Bolloré a pillé pour payer l'Afrique.


Mais qu'est-ce que tu as mis comme sirop dans ton bidon d'eau, Revenuedetout ?

lundi 16 octobre 2017

A ses pompes et à ses oeuvres.

Après tout, je n'en suis plus à ça près
Comme disait l'assassin près des branches,
Certes je l'ai tringlée, on ne voit pas ça d'un bon œil
Avant de l'étrangler, sous les sapins à Bonneuil

Je me disais qu'au point où on en est, j'aurais pu reconvertir ce blog pour lui faire endosser le costume de l'Armure Toile, mais c'est encore me livrer à Google, à ses pompes et à ses œuvres, chez qui quelque robot censeur estimera que je dépare, sur la toile.

Je vais donc le rouvrir sous Wordpress, comme les autres.

A ses pompes et à ses œuvres, donc.

Je pourrais dire que j'ai lu dans Pour la Science :

" Un élément essentiel de la théorie d'Erik Verlinde est la possibilité que les qubits soient intriqués. Deux qubits forment un système intriqué lorsque leurs fonctions d’onde sont liées, et ce même si les qubits sont éloignés l’un de l’autre. Que se passe-t-il lors de la mesure dans un système intriqué ? Considérons par exemple un système intriqué formé de deux qubits dont les états sont toujours opposés quand on les mesure (si l’un vaut « 0 », l’autre vaut « 1 »). Ainsi, si initialement deux qubits intriqués sont des superpositions indéterminées des états « 0 » et « 1 », et que l’on mesure l’état du premier qubit, sa fonction d’onde est réduite et on obtient une valeur de façon aléatoire. Instantanément, l'état de l’autre qubit prend l’état opposé, même si les qubits sont trop éloignés l’un de l’autre pour avoir le temps d’échanger une quelconque information, même à la vitesse de la lumière. "

---------- Fin de citation

Pour écrire "instantanément", encore faudrait-il pouvoir prouver qu'on a " saisi " la seconde particule au même moment (avant qu'elle ait pu "échanger de l'info" avec sa copine), et donc me montrer les horloges établissant que les deux saisies ont eu lieu au même instant. 

 Eh, ouais, c'est comme ça maintenant, je ne sépare plus les matières, je vomis simultanément sur toutes les longueurs d'onde et dans toutes les disciplines.  I'm naturally, and gracefully nasty.

Sinon pour le truc de Nathan

C'est moi où au bout de trois coups, ça fait une arrivée de migrants de 10 % de 121, ce qui fait que le problème ne veut plus rien dire.

Arrivée jour 2 : 100+ (10% de 100) = 100+10 = 110 migrants
Arrivée jour 3 :110+ (10% de 110) = 110+11 = 121 migrants

Arrivée jour 4 : 121+ (10% de 121) = 121 migrants + 12,1 migrants ?????


Il y a 360 commentaires sur FB là-dessus, pas un seul ne mentionne le problème, je me dis que je suis folle. Sur le site du journal Le Monde, les commentaires semblent vaguement évoquer le problème.

Donc, ça ne veut rien dire, c'est ce qui me semblait. C'est marrant que les énoncés de maths aux examens deviennent le refuge des perles de non-sens...

Ps : j'ai finalement eu des échos du sentiment général par cette phrase " C'est pour ça qu'il faut arrondir", a-t-on daigné me répondre. Bien. Je pourrais demander s'il faut arrondir au migrant inférieur ou supérieur, histoire de déranger encore un peu la fourmilière. 

Je pourrais, mais je m'en fous. 

Je pourrais dire que je marchais dans la campagne l'autre jour et que j'ai réalisé à quel point les routes nous barrent le chemin. Certes elles nous permettent d'aller d'un point à un autre, mais entre deux bifurcations, compte-tenu des fossés, des remblais, et à moins de conduire un char d'assaut, et encore, on ne peut aller nulle part.
La route nous conduit d'un point prévu à un autre, mais nous empêche de prendre tous les chemins entre ces deux points, ce qui est considérable.
En voyageant à pied, on peut, moyennant les barrières électriques idiotes et les aménagements stupides, aller en ligne droite, où l'on veut dans le paysage. Donc considéré le nombre de chemins possibles rapportés au nombre d'embranchements de routes, les routes nous empêchent d'avancer,

Je pourrais le dire, mais j'ai renoncé à Satan, à ses pompes et à ses œuvres.

Je pourrais dire que le métro, ça fait underground, dans la rédaction qui s'autosacre parisienne, ou que après tant d'années passées à emmerder les petites filles, le clergé pourrait nous lâcher. Il faut avoir conscience de ce que les crétins sont encore capables de concéder dans certaines régions du monde pour avoir la plus petite idée de leur arriération mentale. 

Mais je m'en fous. Que les prêtres en profitent, que tout le monde se rince, vous boirez à ma santé.

Les ambassadeurs s'organisent en quinzaines. Une passion témoin, comme un " appartement témoin".

" Rien ne me lasse comme le silence. Il s'y installe des habitudes de cliquetis, des cris d'oiseaux, un monde idéal"
(Ibn Al Mashoud XIème siècle)

Je rêve, parfois.
Frontière,
Et encore...

Mais je m'en fous. J'ai renoncé à désespérer, ça me donne de la sinusite. L'univers d'en-dessous "pète un câble", ils agitent frénétiquement leurs toys en aspirant le Noël final.  Le TSO payé par la CMU, ils astiquent leur non-sens pour s'éblouir l'analogique et le numérique. Hélas, le retraité perdure, c'est le Waterloo des états-généraux, écopons ce qu'il en reste, ça fera toujours des virgules.

On devrait rétablir la demande de dispense au Pape pour divorcer, tiens, ça freinerait la chute. Et par écrit, pas par email. Et à la plume, ça freinerait un peu tout ça.

Je regarde Noël à travers ses avocats, et les branches m'empêchent d'avancer. Les cauchemars fument dans mes veines. Attaturk !


C'est cela ils sont là, à l'intérieur. Au chaud, par delà les neiges, par delà les nuits.  Je passe sous la lune, je suis loin je suis bien.

Je ne suis pas invitée à la fête, mais ce n'est pas grave. Leurs fêtes me donnent la nausée. Mais cela fait longtemps que je n'ai pas parlé à quelqu'un. Il faudrait que je sorte.

Je pourrais dire que j'entends beaucoup dans le poste dire qu'il faut libérer la parole des femmes. Il y en qu'on n'entend pas, des femmes, apparemment parce que leur parole n'a pas été libérée, c'est celles qui ont dit non à Grosporcstein, et donc qui n'ont pas eu de rôle, et qui se battent pour une petite carrière à Hollywood.

Comme elles ne sont pas connues et qu'on ne les entend pas, on ne sait pas combien elles sont, celles qui ont simplement dit non à la corruption, qui sait, elles sont peut-êtres plus nombreuses que les autres ? Mais leur parole n'a pas été libérée, sans doute, c'est pour ça qu'on en entend aucune dire  " Ben moi j'ai refusé de monter dans sa chambre, je savais ce qui allait se passer, comme les autres. Du coup, je n'ai pas eu le rôle".

Leurs fêtes me donnent la nausée. Je pourrais vomir sur la fourmilière, mais je lai déjà fait. Elles adorent ça.

 Je pourrais dire que j'ai ramassé des châtaignes, que j'ai ouvert ces merveilles d'architecture, avec des gants épais de respect, que j'ai découvert un bijou tout mou, tout serré, un amour de beauté avec lequel j'ai fusionné tout entière, me parant de ces coques et de ces épines. Et je le dis.


dimanche 3 septembre 2017

Le texticide

J'aurais pu dire que j'ai constaté avec grand plaisir que France Culture a recommencé sa mission humanitaire d'été. Le thème de cette campagne a pour slogan " Même les gols peuvent comprendre la philo, la preuve Michel Onfray vous l'explique". 

Il en va un peu de la philo comme de la spiritualité à la Mathieu Ricard et autres moines de supermarché avec ouvrages en têtes de gondole, pour deux boîtes de sardines achetées, " Zevaibientouvabien" de Christophe André offert. Mais enfin, il faut bien des goyim pour tenir le commerce de détail, et des vulgarisateurs pour conforter le bourgeois dans ses inquiétudes.

Ce serait drôle si ce n'était pathétique, comme d'habitude, si ce brave homme avait conservé la capote du philosophe, c'est à dire la première précaution hygiénique, celle de douter avant que de véhiculer ses préjugés sur la structure de l'univers et de la réalité, au sujet desquels il n'est pas plus avancé que quiconque, rassurons nos auditeurs.
Le philosophe normal n'en sait guère plus que la moyenne, mais au moins il en doute. Le contre-philosophe, lui, a oublié le principe élémentaire qui est de se dire " Je ne connais rien de la façon dont l'univers est fait, je ne sais rien de plus que mes semblables sur ce qui se passe avant et après la vie, et donc je me tais". 
Freud a rangé depuis longtemps les préoccupations spirituelles au rang des consolations, il n'y a aucun doute là-dessus, on l'a lu. Maintenant pour ce qui est du fonds, personne n'en sait rien, et là où vont les NDE, Onfray n'a rien à en dire de plus que les autres.

Bref, j'aurais pu dire cela mais je m'en fous.

J'aurais pu dire que je me demande si aimer quelqu'un, ce n'est pas avoir une immense faiblesses pour ses défauts. Amoureuse, vraiment amoureuse, ce ne sont pas les qualités de l'autre qui me fascinent mais ses failles, ses ornières dans lesquelles il tombe, obstination que j'ai moi la faiblesse de prendre pour de la grandeur.
Parce que quelque chose quelque part, l'une de leurs dimensions résonnent en moi. Peut-être parce que j'aimerais en être la cause, ou l'objet.
Ou parce que je rêve d'avoir ce défaut. C'est ce qui jette de l'huile sur le feu des scènes de jalousie, ce " mais qu'est-ce que tu lui trouves ? "
Car bien sûr quelque part inconsciemment, on voit le piège. On voit bien que ce qu'on aime est un défaut, qu'on est fascinée par le côté abîmé du fruit, qu'on envie l'abeille qui s'en repaît sans complexe.

J'aurais pu dire cela mais je m'en fous.

J'aurais pu dire que l'amour, comme le disait si bien Lacan d'autre manière, c'est quelque chose qui n'est jamais retourné. Sans doute parce qu'en première instance, la demande vise, avec une inexplicable intelligence des lieux, ce que l'autre ne peut pas donner.
Pour maintenir la tension du désir, l'amour va viser précisément cette région de faiblesse, cet endroit où l'autre, s'il donnait droit à la demande, se sentirait changé.
C'est pour cela que les religions demandent aussi que l'amour de Dieu se plie à ce " qu'Il croisse et que je disparaisse". L'amour mystique est ainsi exclusif des autres, comme l'Amour.

" Ce qu'il ne peut pas me donner ". Voilà ce que je veux, et qui sera, dans les amours de bas-étage, assimilé au sexe, et suffit à maintenir la tension bien assez longtemps pour que la fonction de reproduction y remplisse sa mission.

A la marge de cela, il y a la morale. Les Bonnie & Clyde, tout le romantisme de ceux qui brûlent la vie par les deux bouts. Et puis encore  la marge, un peu plus de morale, ou un peu moins. J'ai vu des gens dénués de morale. En fait, ce n'est pas plus drôle que le reste.
Ce n'est pas de voir brûler le bâtiment qui est jouissif, c'est d'y mettre le feu. Ensuite, détruit pour détruit, que ce soit détruit par la lente déréliction de la vie convenue ou bien par la brutale abolition de la folie, aucune importance.

Il y aurait bien un couple de divinités, se perdant dans cette damnation. Le désir nous domine, la tension du fantasme nous tire toujours plus loin, comme le coureur de Marathon, il nous livre à une course qui nous épuise.

Le désir est un poison dont on se verse à soi-même de grandes lampées, parce qu'on aime aussi son défaut, cette capacité de nous brûler la gorge, de réduire notre temps en cendres, notre vie à néant. Il tire le miroir que nous suivons hébétés.

J'aimerais avoir tes défauts, et ta compagnie me donne l'illusion que je vais devenir toi, illusion de l'identification, mimesis, mais quelle alchimie secrète a présidé à cette adhésion ? Quelle décision nous y pousse ? Pourquoi ressembler à ce qu'il y a de mal et de faible en toi, à ce que je sais être mal et faible ?

Comme si le secret état caché là, dans tes yeux clairs, dans une défaite toujours plus prononcée. Comme si la vraie victoire était ma propre destruction, que je m'humilie pour qu'il augmente, quoi ? Le dieu Amour.


J'aurais pu dire cela, mais je m'en fous.

Suite à une émission d'Adèle Van Reeth (1), j'aurais pu dire que le débat sur le transhumanisme est décidément bien délicat. On pourrait dire que ce qui manque à un robot, c'est la conscience, au sens où, si l'on vous demandait de blesser un enfant, vous répondriez quelque chose comme : " En conscience, je ne peux faire cela", ou bien encore " Je ne peux pas, j'ai une conscience". La conscience morale, donc.

Après Frankenstein, la série des Terminator avant abordé cette question. Si on lui tourne l'interrupteur sur " kill", le robot tue sans se poser de question, et sans possibilité de regard. Il ne peut se changer lui-même. Un robot peut-il décider de désobéir s'il estime que ce qu'on lui demande de faire n'est " pas bien " ? Mais les soldats nazis dans les camps de la mort le pouvaient-ils ?
Et plus près de nous, un policier anti-émeute dans une dictature le peut-il ?

Le robot nous survit dans bien des circonstances, et on ne sait pas qui le contrôle, voilà les deux racines de la peur qu'on peut légitimement éprouver à son égard. Quelqu'un qui vous survit vous contrôle quelque part. Donc vous ne savez pas qui contrôle celui qui vous contrôle et cette sujétion est anxiogène.

Comme d'habitude, le problème se réglera par un manque de régulation, et les robots seront là avant qu'on nous ai donné le loisir d'en discuter.


J'aurais pu dire cela, mais je m'en fous.

J'aurais pu dire que je viens d'apprendre à l'occasion de la rentrée que, dans les collèges, les enfants peuvent demander à déplacer les cours si cela les arrange. Comme d'autres personnes ont aussi ce pouvoir, le bureau du proviseur adjoint est transformé en salle des réclamations, en bureau des plaidoiries pour manque de respect et autres faits de délinquance mineure.

Les locaux de l'administration servant à gérer les doléances de chacun en matière de confort (rappelons au passage que les élèves ont maintenant la possibilité d'exprimer des choix quant à la présence de tel de leur camarade dans leur classe lors de sa composition...) se transforme en cour des miracles.


Ce que je veux dire par là, c'est deux choses. La première c'est que les moyens techniques ouvrent la voie aux changements de mœurs. Si le proviseur ne pouvait pas, via les réseaux électroniques, diffuser la nouvelle de changement d'horaire de cours, que les élèves consultent à l'heure où ces derniers devraient dormir, le proviseur n'aurait pas le loisir de changer les horaires de cour la veille.

La seconde, c'est que lorsqu'on les interroge sur les raisons de ces changements d'horaire, les élèves répondent que c'est pour tasser les cours lorsque des trous se créent. Cela me permet de revenir au gain de temps procuré par le progrès et ses techniques.

Les vendeurs de progrès ont toujours vanté le gain de temps apporté par leurs technologies. Ce qui m'intrigue, c'est que si on mettant bout à bout le temps que nous ont fait gagner la voiture, l'ascenseur, le téléphone, l'ordinateur, Internet, le smartphone, le déplacement de cours express propagé par Twitter, on devrait avoir un tel temps libre cumulé qu'on verrait les gens dormir toute la journée sur la pelouse.

Or il n'en est rien. Ils sont toujours à la bourre sur tout. Que font-ils donc de tout ce temps libre ?
Eh bien ils regardent des Youtubeurs leur expliquer par le menu pendant des heures les quelques conseils qu'un manuel de morale expose en quelques lignes. Mais cela évite d'apprendre à lire, j'avoue. Encore du temps de sauvé.

Ces chamanes des temps modernes, qui dictent aux jeunes filles la couleur de leurs pompes et de leur maquillage, qui disent aux garçons ce qui craint et ce qu'il faut faire domestiquent à eux seuls, gentiment dans leur coin sans qu'on s'en aperçoive, des millions d'ados planqués sous leur couette la nuit.

Ces semi-crétins sortis de rien distillent leurs précieux conseils sous forme de banalités qui se veulent décontractées, d'opinions convenues qui ne véhiculent que les préjugés du temps, c'est pas cool d'être homophobe, faut avoir les mocassins à la mode et les cheveux courts, pien tékachés zur la nuqueee et les danbeee, genre jeunesse hitlérienne, si ce n'était la barbiche proprette.

Ils décident qui est beauf et qui ne l'est pas, ce qui se fait ou pas, tout en restant soigneusement dans le conforme sans un poil qui dépasse pour ne pas se faire virer de Youtube. Les pseudo-guerres de clash ne sont que des conflits d'audience, jamais d'idéologie, puisque le conformisme règne.
Ces crétins regardent sagement sur leur smartphone des vidéos leur expliquant que leurs joujoux technologiques  détruisent leur planète mais peu nous chaut, n'est-ce pas, l'important est d'avoir ces fameuses basket chinoises au bout des pieds. (2)

J'aurais pu dire cela, mais à ma grande honte, je n'ai rien à foutre de cette génération de décérébrés caresseurs de coltan qui se font lessiver le cerveau, qu'ils crèvent.

Non, j'ai plus drôle, en fait :
http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/ariege/foix/ariege-village-du-carla-bayle-repaire-artistes-pas-seulement-1309187.html

Ce site servira de martyre pour les millions d'initiatives de ce genre, et particulièrement celles qui fleurissent l'été dans les villages. Il est très curieux que lorsqu'un village se meurt, ce soit à l'art et à la culture qu'on demande de crier " Non, regardez, je ne suis pas mort, je bouge encore", après que des décennies de conseils municipaux agriculteurs-chasseurs se soient échinés à couper les vivres à la culture, au profit de l'épandage de pesticides et autres poisons sur le maïs à cochons.


Encore heureux. Sinon ce chiendent qu'est la sous-culture de province eût prospéré dans des proportions inimaginables. La sous-culture de province, c'est comme les nichoirs à oiseaux : si on en construit, des oiseaux finissent par s'y installer. Les salles des fêtes, c'est pareil. Si on organise des expos, cela finit par attirer des " artistes".

Le problème de tout programmateur de culture, c'est de trouver des gens suffisamment originaux pour produire quelque chose d'inhabituel pour les incultes qui viendront, mais suffisamment conformistes pour ne choquer personne. Ce sont les " artistes".

De l'autre côté on a " le public". Des gens tellement décérébrés qu'ils s'étonnent sur le mode : " mais où allez-vous chercher tout cela", à la moindre entorse au ronron quotidien, mais assez incultes pour ne pas voir que cela a été fait cent fois.

Et c'est là que le bât blesse. Si " l'artiste " avait pris la peine de lire un petit Que sais-je d'histoire de l'art...

Alors, on me rétorque que peut-être, sans doute, mais que cela lui fait du bien à lui, dans sa problématique à elle et son parcours de vie à elle, ça lui fait du bien de le refaire à sa sauce.
 Certes...

Cela n'apporte rien en soi, et cela ne dialogue avec rien de précédent dans l'histoire de l'art. On est pas obligé de le regarder, d'où le public de retraités désœuvrés de ces lieux de sous-culture.



Que répondre à de tels arguments ? Les jeunes se font lessiver la tête sans se poser la moindre question, mais si c'est important pour eux, il n'y a rien à redire. Les vieux déballent leurs intimités banales sans référence, mais si ça leur fait du bien, il n'y a rien à redire.

D'un côté on a l'art de maternelle produit par des vieux, je ne sais rien mais je m'exprime, et de l'autre des activités d'EHPAD produites par des jeunes, je ne comprends rien à ce que je fais mais c'est important pour moi.

Alors on me dit que l'art ce n'est pas forcément la nouveauté. On me dit qu'à preuve, l'art contemporain est plein de fous qui tentent n'importe quoi, du moment que cela comble une case vide, et que ça n'a aucun sens. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Certes... Que répondre à un tel argument ? Rien de nouveau sous le soleil. Le mieux est donc de se dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et de les laisser vivre.

Voilà, laissons les vivre et faisons un texte texticide, ça va nous ambiancer. Hier soir j'ai vu Bianca de Nanni Moretti. Il fait partie de ces cinéastes qui ne font de films que sur lui-même. C'est une longue autobiographie que son œuvre. Soit on l'aime, soit on déteste son œuvre.

Cela m'a consolée du Vous allez rencontrer... de Woody Allen, que j'ai trouvé un peu au-dessous de la normale de ses films.

(1) Que je descends peu à peu de son piédestal. C'est sympa de voir des jeunes femmes discuter cybernétique alors qu'on invite toujours des vieux birbes sur ce sujet, mais enfin, il ne faut pas que ça tourne à la conversation de salon non plus. Le transhumanisme est un vrai sujet philosophique qui mérite plus que du thé et des petits gâteaux.
La problématique dans Frankenstein n'est pas seulement ce qu'une vague tradition populaire a retenu, à savoir la créature qui se retourne contre son créateur, mais bien la question du bonheur.
C'est une question qui se pose à tout parent, de robot ou autre.

(2) Ce qui est en effet saisissant dans tout cela, c'est bien sûr que tout se déroule dans une hémiplégie cérébrale totale.
Je m'explique. Je ne sais plus qui dans les écrivains ou philosophes français avait un frère. Jeunes lui et son frère se demandaient qui dans sa vie prendrait la voie matérielle et la voie spirituelle.
Aujourd'hui la question n'aurait plus sa place. La moitié spirituelle ayant disparu, un jeune se demande s'il va choisir entre la voie matérielle et la voie matérielle.
Bien sûr cette hémiplégie n'est pas vécue en tant que telle. On croit toujours que notre portion des possibles représente l'ensemble de l'univers. Un jeune choisit aujourd'hui entre chef de produit yaourt et chef de produit savon en pensant qu'il a parcouru l'espace des possibles.
Et c'est ça le drame de ces jeunes Youtubers ignares, c'est qu'ils véhiculent dans l'esprit des jeunes la vision d'un monde qui se limite aux rayons d'un Prisunic.