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samedi 2 avril 2016

Enfin un site de rencontres dédié aux artistes !

On avait exploré toutes les niches, le site pour intellos, pour vieux, pour brutes de la baise, pour CSP++ qu'on été aux écoles, il manquait le site de rencontre pour artistes et enfin c'est fait.


Tenu par un sympathique couple d'artistes de province qui vivotent en attendant que la civilisation tire un bord et pour revenir à un style de vie campagnard, le site offre deux choix principaux selon que vous êtes psychotique ou névrotique.

Mais on aurait tort de s'arrêter à l'aspect dictionnaire des pathologies de ce site. Sous ses dehors plutôt austères, l'interface recèle une mine de boutons farceurs tels que " je vous hais tous", qui vous amène à un salon de gens qui ont souvent en commun de faire un doigt d'honneur sur leur photo de profil.

Une photos taggée " #je vous emmerde" vous conduira directement à la galerie " bienvenue à nos amis borderline".

Bien sûr, les appariements de base sont respectés, et si vous avez coché la case " maso", lors de votre inscription, seuls les profils sadiques vous seront proposés.

Tout cela ne concerne que l''établissement de la fiche et du profil. Le meilleur reste à venir. Car le site propose comme c'est la mode maintenant, de vraies rencontres, et c'est là l'originalité de la formule, non pas sous la forme de canons de bibine dans les bars ou de pseudo spectacles culturels à la moirmoil pour savoir si le monsieur est capable de la garder dans son pantalon le temps d'une représentation.

Pas de ça ici, rappelons-nous que nous sommes sur un site dédié aux rencontres entre artistes. C'est donc sous forme de séminaires, d'ateliers, et de stages que se déroulent les évènements où vous formerez des rencontres enrichissantes à défaut de trouver le pinceau charmant ou le pot de couleur soeur.

Le couple Nevroz'Art et Psykoz'Art n'hésite pas à payer de sa personne en s'impliquant activement dans ces interactions sociales possédant une forte dimension créative.
Madame (je vous laisse deviner qui est qui) anime un conservatoire lui permettant de maintenir vivantes des techniques de broderie traditionnelle, et dispense des cours de crewel; stumpwork, et autres broderies élisabéthaines (5cm de fils fournis, compter environ six mois pour réaliser un ouvrage de quelques centimètres carrés sans trop de culpabilité), tandis que Monsieur propose des relations privilégiées lors de sensuelles séances de coaching, où votre personnalité cosmique trouvera dans le déploiement de votre séduction créative la secrète réalisation à déposer au cœur de l'univers (tissus déchirés, cris, ennuis avec la police possibles).

Tickets restaurants acceptés, pièces jaunes et timbres bienvenus. On peut apporter son cake aux fruits ou une saucisse sèche.

Dernier point clé, les finances. Radins de tous les pays, rassurez-vous, vous ne risquez pas d'être ruiné par les tarifs, car le trait commun à tous ces profils est une haine massive de l'autre, soutenu par un seul désir, qu'ils aillent se faire voir à l'autre bout de la planète avec leur problème dont je me contrefous.
La masturbation solitaire reste donc la solution conseillée à ceux et celles qui iraient jusqu'au bout du processus d'inscription, ce qui est hautement improbable.

En conclusion attendait depuis longtemps un site sur cette niche des artistes, qui plus que d'autres ont du mal à se faire une place dans des relations privilégiées au sein d'une société qui a trop tendance à normaliser les relations à l'aune des valeurs matérielles. Voici une initiative qui rétablit l'équilibre !

Prochains stages et ateliers :

  • Stage " Personne ne m'aime", broderie moldave du XIVème siècle du motif de l'oeil d'un aigle celte, 3698 heures, 10 cm2 de vieux lin froissé, une once de fil noir, l'ouvrage sera enfoui nuitamment dans un tiroir caché au fonds d'un marais en Cornouaille.

  • Séminaire créatif " Flamboyance transgressive de mes pulsions ", vous déchirez fusionnellement avec votre coach des tissus précieux dans une symphonie exubérante de création protéiforme où les frontières de la réalité seront renvoyées au rang d'accessoires euphorisants.

vendredi 1 avril 2016

mardi 29 mars 2016

" Ecarte, c'est Bernie."

Voilà un beau mot de passe pour vos gardes de nuit, qui nous rappelle que nos amis américains ne sont pas en reste quand il s'agit de prouver sa capacité à se montrer ridicule.

A preuve ceci :


Pourquoi ne pas priver de sexe les partisans du candidat ultra-sexiste Donald Trump ? Un couple a lancé le mouvement "Vote Trump Get Dumped" : pas de sexe, pas de datepas de flirt avec les "trumpistes". 

 Un appel à une grève du sexe contre les partisans de Donald Trump. C’est l’idée lancée début mars par un couple d’Américains, Chandler et Blake Smith. Le concept est clair : « Pas de sexe, pas de date, pas de flirt » avec toutes les personnes qui soutiennent le candidat. Car « voter pour Trump, c’est être d’accord avec le traitement sexiste, pervers, humiliant et offensant des femmes », écrivent les initiateurs sur…

De deux choses l'une.

Soit la dame (?) est déjà en couple avec un trumpiste, et c'est qu'elle envisage de ruiner encore plus un couple déjà mal parti, ou alors elle ne l'est pas encore, elle a envie de baiser avec une personne, et s'en prive, réalisant le péché. C'est alors elle-même qu'elle punit. C'est donc débile dans les deux cas, sur le simple plan de l'économie sexuelle.

Quant au reste, on peut suggérer, au vu du logo, un angle d'ouverture des jambes proportionnel à la position politique du partenaire ? Ah ah ah.

Enfin, pour terminer en beauté, rappelons que c'est le genre de posture qui a de quoi exciter un trumpiste au plus haut point, ce qui promet de belles parties de baise entre morons :)

vendredi 25 mars 2016

Langage machine

Ceci témoignant que les propos des gens qui tweetent d'une part, et les machines parlantes d'autre part sont saisissables désormais par la sociologie dans un seul corps puisqu'à la performance des ingénieurs de Microsoft ont répondu des insultes sexistes. L'exploit des uns consiste à avoir pu se rabaisser de façon transparente jusqu'au niveau du discours des autres...

"This was to be expected," said Roman Yampolskiy, head of the CyberSecurity lab at the University of Louisville, who has published a paper on the subject of pathways to dangerous AI. "The system is designed to learn from its users, so it will become a reflection of their behavior," he said. "One needs to explicitly teach a system about what is not appropriate, like we do with children."

Il est d'ailleurs intéressant que la nouvelle n'ait agité que quelques media de geeks (à part les milliers de touiteurs ayant répondu à l'appel de la machine). La plus haute fonction de l'espèce humaine, parodiée par une machine, événement passé inaperçu dans le fracas planétaire de la course aux pétro-dollars.

samedi 12 mars 2016

La Chute, version hystérique

Si j'ai bien entendu Etienne Klein, on peut supposer que le fœtus, au moment de sa naissance, éprouve une sensation d'accélération, puisqu'il ressent pour la première fois la force de gravité terrestre.

Ceci doit se produire au moment de la rupture de la poche des eaux, laquelle précède de quelques minutes à quelques heures le commencement du transit du corps du nourrisson.

Il doit donc se sentir à ce moment là " écrasé " contre la paroi utérine, et ce d'autant plus que les contractions le poussent vers la sortie.
Mais il est écrasé contre le plancher par une force qui le tire " vers le haut". Comme dit Klein, c'est comme si un Titan tirait le corps de sa mère avec une ficelle vers le haut. Ce n'est donc pas une chute mais ce que ce ressentent les parachutistes à l'ouverture de la voile, cette sensation rendue visuellement par les caméras.

Ceci m'a rappelé une image curieuse qui me vient parfois. C'est la sensation d'être comme une personne située à l'intérieur d'un puits, perchée sur une minuscule margelle qui fait saillie à l'intérieur du tunnel. La personne est dos à la paroi du puits, dans une situation assez inconfortable.

En effet, soit elle se tient, le plus possible, plaquée contre la paroi pour éviter de tomber, soit elle abandonne le combat et se laisse tomber dans le vide.

Cette image me semblait parfois refléter la situation de notre psyché, qui habite la paroi intérieure de la peau, et regarde l'intérieur de l'être, c'est à dire le vide inconnu de l'obscurité sans fonds.

La psyché connaît cet épisode et sait qu'elle est " remontée" une fois de ce fonds, pour constituer son être, de cette première chute ex utero. Véritable baptême qu'on voudra faire revivre à l'enfant. Lors de cette catastrophe initiale de la naissance, le ressenti de la chute a coïncidé avec un bouleversement tel des repères biologiques du fœtus qu'on peut le comparer à une sorte d'anéantissement du monde extérieur, donc du monde. En gros, une mort.

Par la récupération progressive des repères biologiques (espace par la vision et la posture), par les expériences de défusion que l'on sait, l'individu va alors " récupérer " sa sensation d'être et constituer son sujet.

Il va alors constituer le petit surplomb qui permet à son être psychique d'habiter son corps, de se ternir à l'intérieur de la paroi de la peau, de la paroi du puits. Pour cela il va coordonner et articuler le sensoriel pour constituer ce " support ontologique".

De là, deux possibilités : soit le sujet plaque le plus possible le dos à la paroi, il habite son corps, mais il reste paralysé, figé par la peur de tomber (donc de mourir), et quelque part, il " vit immobile", paralysé par cette angoisse qui veille sur le moindre de ses mouvements. C'est ce qu'on appelle " l'instinct de conservation".

Mais il existe une autre possibilité, ouverte par la fascination exercée par le vide, fascination qui va grandissant lorsque grandit l'horreur de la certitude que, le corps faiblissant, on tombera de toute façon un jour dans le vide du trou noir, dans le néant, dans ce nouvel abolissement déjà éprouvé à la naissance.

D'où la tentation de sauter volontairement pour en finir, tentation latente à l'état de pulsion de mort, et mise en oeuvre dans le passage à l'acte suicidaire, qui consiste à prendre le taureau par les cornes, et à préférer affronter cette terreur quelques secondes, de la " prendre à bras " le corps, plutôt que de la subir plus longtemps.

C'est le côté ludique de la roulette russe. Le suicide d'appel, ou celui qui en appelle encore à la vie pour exiger quelque chose à propos de l'insatisfaction, diffère en cela il me semble de la fascination à rejouer cette expérience de la naissance en se disant " après tout, la dernière fois, ça s'est plutôt bien passé".

D'où la foi en la résurrection, cette vision de la mort comme un nexus, un siphon, un passage. Qui est effectué par un nocher, à travers l'élément liquide de la poche des eaux, le fleuve des enfers.

 Je sais que ce rêve n'est pas rare, voire très courant, d'une chute continue. Il faudra y revenir. Ce que je voulais dire ici, c'est que les deux possibilités ouvertes ci-dessus, la chute par épuisement physique, ou le saut par épuisement moral, pour échapper à l'anticipation dévastatrice de la première, ces deux possibilités donc peuvent être mis en regard de deux catégories de pensées.

L'erreur
et la faute.

Le simple énoncé des mots ne parvient pas à les désambiguïser. tant elles sont voisines. Mais l'on sait que c'est une faute et non une erreur, qui nous valut l'expulsion hors du paradis.
L'erreur nous vaut la chute, la faute l'expulsion. Pouvons-nous associer l'une au saut volontaire et l'autre à l'épuisement ? Pas facile...

Lorsque la vilaine Guillemette profère " Et si nous étions... l'Erreur", il veut dire que nous serions l'incarnation, la réalisation ontologique de ce qui ne peut pas arriver : la matière se contemplant consciemment en tant que matière.
En effet, il y a deux attitudes logiques : je contemple la matière, mais depuis une conscience qui est pur exprit, et crée la matière (Dieu, au hasard). Ou alors je suis la matière, et je ne le sais pas (le reste de la création). Mais il y avait une catégorie de la création qui résistait à l'instanciation, c'était l'Erreur. Pas d'erreur possible dans la création, c'eût été le grain de sable, qui rayait toute la mécanique.
A moins que, à moins de créer un être tout de matière, tout de chair, et conscient de l'être. La chose qui ne peut théoriquement pas être, et donc capable d'instancier la catégorie de l'Erreur.

A ce moment là, nous entrons dans la conscience, au moment où notre cortex est suffisamment organisé, par un plongement dans le monde en 3D orienté par la gravitation. Et nous y entrons par cette erreur de passer à la vie consciente.
C'est ensuite que cette erreur sera moralisée, en accédant au statut de faute, dans un monde moralisé, orienté par les gradients de la causalité.

D'où le statut de " faute ambiguë " du suicide. Certes répouvé par les instances morales, on le sait cependant de même nature que cet engagement primordial qui nous a donné accès à la vie par la conscience (la vie sans la conscience n'est que de la viande), qui a consisté à sauter dans le vide.

Au moment de la naissance, nous n'avons de toute façon pas la volonté psychique de s'opposer à la descente dans le toboggan, seul un choc traumatique peut verrouiller la psyché à l’intérieur de l'autisme.

Mais n'empêche que nous expérimentons là une sorte d'acquiescement primitif. Au moment de tomber, on met bien les bras en croix, on se positionne et on se prédispose à bien aborder des choses, ou alors on se recroqueville en fermant les yeux.

 Il serait intéressant de voir? en comparant à leur comportement durant l'enfance, si certains enfants ne " refuseraient " pas déjà la naissance en se présentant par le siège etc.

Bien. Du coup, je ne sais plus ce que je voulais dire.

vendredi 4 mars 2016

Sonnette d'alarme

Je disais donc que la Cassandre, fatiguée de s'époumoner sur mon blog, est allée ouvrir le sien. Vous faites comme vous voulez, profitez-en.

vendredi 19 février 2016

Keep it greasy, so we'll go down easy.

France Info aujourd'hui vers 13h, nous fait un quart d'heure sur l'époustouflante aventure d'une bande de boutonneux qui ont eu la chance de décrocher un billet, mieux qu'une attraction Disney, pour aller faire un jeux de rôle avec costume de scaphandrier dans l'Utah.

Vous allez me dire qu'est-ce que ça peut foutre ? Attendez, c'est que ces merveilleux chenapans vont pouvoir pendant deux semaines jouer à faire semblant qu'ils sont cosmonautes sur Mars. L'Utah, où personne ne veut plus venir depuis des siècles, a trouvé un moyen de redorer son blason auprès de 7 touristes. Quelle merveilleuse expérience extraordinaire.

Vous allez me dire qu'est-ce que ça peut nous foutre ? Rien, je suis d'accord, après tout il faut bien qu'ils meublent leurs heures d'antenne, y compris avec une interview du moniteur qui les accompagne.

Ah si, c'est que juste avant, dans un soupir, on avait eu la mention que, ah oui au fait, on a presque oublié d'en parler, ils ont passé un texte de loi qui comprend la perquisition arbitraire et l'interdiction de réunion, mais ça c'est c'est pas grave.

Alors donc on disait, les scaphandres, est-ce qu'ils seront bien lubrifiés pour qu'on puisse descendre facilement sur Mars ?

Vous êtes tellement bêtes que c'est même pas drôle de vous exploiter, c'est trop facile, on se demande comment ça les excite encore, c'est de la nécrophilie, moi baiser du cadavre, ça ne me dirait rien.

mercredi 17 février 2016

Et les mains bien en vue.

Cette injonction immémoriale fait à la jeune fille d'occuper ses mains, liée au présupposé que si l'autorité ne les occupe pas, elle s'en servira pour assouvir des désirs coupables, trouve une nouvelle et tragique illustration dans cet article de l'aimable blog Pièces et Main d’œuvre.

Je m'en vais vous le commenter un peu. En effet, l'auteur est concerné au premier chef, et il ne faut pas tirer sur le lanceur d'alerte. Je voudrais néanmoins qu'on me permette de tenter de montrer que ce charmant jeune homme est peut-être, un peu, déjà endoctriné par la propagande qu'il dénonce.

1 "Tant qu'on n'a rien à cacher, on n'a rien à craindre". Faux

" Nothing to hide is not a privacy concern". Ce vieil adage de la cyber-sécurité outre-atlanticienne pourrait se traduire littéralement par " N'avoir rien à cacher n'est pas un argument du débat sur la vie privée".

En d'autres termes, les défenseurs de la vie privée doivent bien se mettre dans la tête qu'elle ne relève pas du " rien à cacher", mais du " rien à montrer". Ce qu'il faut craindre, c'est de ne plus avoir le choix de montrer. Lorsqu'on est en pleine lumière dans le projecteur de l'hélicoptère, la question ne se pose plus. Il faut comprendre que le but du totalitarisme n'est pas de vous amener à un point où vous n'êtes plus d'accord, il n'en a rien à battre, mais de vous maintenir en un point où vous ne pouvez plus discuter.

La lutte consiste d'abord sur un aspect d'ordre du jour. Si vous pensez que débat sur la vie privée consiste à laisser le pouvoir cliver le corps social entre bons gentils citoyens obéissants et méchants terroristes, vous avez perdu. Car il suffira de modifier les textes de loi, de vous les enfiler comme on fait sans discontinuer en profitant de l'effet bombinette.

L'objet de la lutte est d'empêcher le pouvoir de finir la tâche qu'il a entreprise, de vous amener tout doucement à un point où vous ne pourrez plus débattre de ce que vous avez à cacher, puisque ce simple fait sera classé dans les comportements délinquants.

Ce n'est pas vous qui n'avez rien à craindre, c'est le fascisme qui a à craindre de ce qu'il ne connaît pas encore. Par définition, la menace est inconnue (virus sans vaccin...). Pour le paranoïaque, l'inconnu est menace. Donc tout doit être connu. Donc vous, puisque vous êtes une menace potentielle.


2 " Tant qu'on est en République, on n'a rien à craindre"..Faux

D'abord nous ne sommes pas "en" république, nous en sommes "en route" vers la république. En voie de guérison des fascismes " réels" encore tout frais dont les décombres fument ici et là. Demandez aux militants cop21 qui se sont fait mettre illégalement sous contrôle sous prétexte d'attentats s' ils ont eu la sensation de pouvoir discuter de la légitimité républicaine. C'est a posteriori que la justice leur a donné raison..

Mais les fascismes réels, avec leur local de quartier qui sent la sueur de chasseur, l'anis de la française des jeux, et leur commissaire zélé, c'est du passé. Lorsqu'un drone vous surveillera, il ne s'agira plus de savoir si vous êtes en république ou pas, ou si vous avez quelque chose à cacher, puisque vous n'aurez plus rien à cacher, puisque vous serez à poil sous la caméra thermique du drone, comme le prisonnier d'un camp à poil sous la douche. Vous pourrez toujours vous gargariser avec le jet que vous êtes en république, l'étiquette vous fera une belle jambe, mon pauvre monsieur

Lorsqu'un drone vous surveillera, surveillera l'heure à laquelle vous sortez de chez vous (anormale, pas l'heure de d'habitude, ne va pas au travail ? Ah si le mercredi, c'est dans la base de données), où vous allez (itinéraire inhabituel, suivre la voiture), où vous vous arrêtez (s'arrête dans un lieu déjà répertorié suspect), vous savez que le moindre geste déviant pourra être interprété de travers, vous prendrez soin de bien allumer votre cigarette de façon visible, avec un briquet agréé, et sur l'espace réservé à cet effet de votre balcon, afin que le drone ne prenne pas ça pour un départ de feu, pour votre sécurité, n'est-ce pas.... Où en étais-je ah ben oui, pendant tout ce temps là, vous serez toujours en république.

Si vous saviez le nombre d'états totalitaires de par le monde dont le nom comme par " République Démocratique", ou " People's Republic ", cela vous semblerait un mince rempart.


3 "Tant qu'on n'a pas Marine le Pen au pouvoir, tout va bien " Faux.

Ensuite, le numérique n'attend pas de savoir qui est aux manettes pour lui fournir les outils de contrôle totalitaires. Tout ceux qui ont eu affaire à une coupure internet ou EDF par erreur de la machine savent que le numérique n'a pas d'état-d'âme, et que même si ceux qui le pilotent, eux en ont. quelque reste, ça peut leur donner des idées ou leur fournir des prétextes pour " sauter le pas"..

Tout ceux qui ont eu des contrôles fiscaux " comme par hasard, tous ceux qui savent que le logiciel qu'ils utilisent surveille leur rendement, tous ceux qui savent qu'on empêchera plus très longtemps certaines officines, au prétexte de rentabilité, de rapprocher les ordonnances des achats en pharmacie, détectant ainsi les vilains qui n'achètent pas les neuroleptiques qu'on leur a prescrits. (et à quand la puce dans la pilule, avec prière d'aller chier dans les toilettes connectées ?), bref, tous ceux là savent que le système n'est pas transparent, mais que le numérique lui fournit les outils totalitaires sur un plateau.
Le " pas de côté fasciste " à faire alors, une fois muni des outils de surveillance, devient minime, et l'argument de la rentabilité est toujours au rendez-vous pour justifier les procédures.

Un dernier mot sur la technique du portique. Bien évidemment que cela n'a aucun intérêt. Bien évidemment que les doués feront un faux badge, que les autres feront péter la bombe devant les portiques, là où les gens s'agglutinent. Bien évidemment que ça ne fait que compliquer la vie des moutons, perdre du temps et de la joie de vivre à tout le monde, et surtout, enrichir les vendeurs de barrière.

Alors pourquoi le fait-on ? Outre tous les avantages de flicage qu'on vient d'énumérer, cela permet de faire croire qu'on va augmenter la sécurité, et surtout parce que cela permet de savoir plus clairement quelle assurance devra dédommager les victimes de la prochaine bombe.
Plutôt que de gérer le risque social, on le transfère sur les assurances.

Cela permet surtout au député en campagne de sortir des phrases sur la sécurité, au député qui passe au procès des associations de victimes de plaider qu'il a tout fait, et à tout le monde de se défausser de la responsabilité du malaise social sur un tourniquet électronique.

Maintenant, cet article de PMO souligne le principal danger de cette initiative au collège, c'est celui qui consiste à " habituer les gens " au flicage numérique. Il faut dresser ces animaux rétifs à prendre l'habitude d'être suivis électroniquement en permanence.

Car tout cela n'est qu'une étape. Ensuite on vous dira que la gestion des badges coûte très cher, et que cela déséquilibre le budget du collège. Argument auquel plus rien ne résiste de nos jours. Plutôt que de supprimer les coûteux portiques, la société qui se goinfre en frais de maintenance proposera de mettre une puce dans le bracelet des élèves.
Cela vous fait hurler ? On vous dira " c'est ça ou bien votre enfant ne pourra plus entrer à la cantine". Alors vous ferez oui-oui comme des ânes, et vous cautionnerez.

J'admire cet enseignant qui envisage de démissionner, et j'espère qu'il aura le courage d'aller jusqu'au bout.

Je m'en vais vous en dire une autre bien drôle histoire de finit de vous saper le moral :)

Hier, j'étais à Paimpont, commune au coeur de la forêt de Brocéliande. L'office de tourisme remplissant bien son office, ils ont investi dans un parcours multimédia qui retrace l'histoire et les coutumes des lieux de façon sommaire mais attrayante, exactement ce qu'il faut à cet endroit pour ce public.

Comme on le voit sur la première photo, la pièce du premier épisode du parcours représente la cabane d'un garde-chasse. Le décor comprend une casquette de garde-chasse qui doit être début XXème, peu importe.

La question qui nous importe est la suivante : imaginez. que d'ici une cinquantaine d'années, vous ayez à refaire un semblable montage. Si vous cherchez la casquette d'un garde-chasse, vous tomberez sur le modèle kaki anonyme standard, que portent tout le monde.

C'est à dire que plus rien ne pourra faire signe. Dans un monde d'objets uniformisés (moins chers), plus rien ne signe la fonction, plus de repère, plus d'identification possible.

Ce que je veux dire par là, c'est qu'une caractéristique de la destruction culturelle que nous subissons est son irréversibilité.

C'est un caractère qui donne son exceptionnelle gravité au processus, et qui me motive à chaque fois pour vous sonner la cloche dans les oreilles. Tout le contrat social réelle en république réelle est basé sur la réversibilité, qui est la simple transposition technique de la liberté d'opinion.
Si vous avez un mécanisme actionné par une manette, et que la manette reste sans effet, vous pouvez toujours vous féliciter que la manette soit " républicaine", si cela vous fait du bien, tant mieux.

Mais pour avoir le choix entre plusieurs solutions, encore faut-il pouvoir les voir. En faisant disparaître, au motif de rentabilité, les signes visibles, on fait disparaître les repères qui permettent de choisir entre les choses. L'injonction d'être rentable entraîne celle de choisir le moins cher, donc l'article standard, anonyme, dépourvu de spécificité culturelle, laquelle rend visibles les choix de son contexte.

Afin de rendre critique le choix du moins cher, il faut organiser une économie basée sur etc. etc. vous connaissez le mécanisme, puisque vous y allez pousser votre caddie tous les samedis. 

Je vous recommande dans le même genre ce lien sur ce qui se passe en Bourse, et ce lien, qui vous expliquera pourquoi on vous restreint de plus en plus vos échanges en liquide. Ce qui n'échappe pas à son auteur, je trouve, est une subtilité d'importance. La raison invoquée que le liquide facilite les échanges illicites est bien réelle. C'est la définition d'illicite qui n'est pas partout la même.
A partir du moment où " illicite " désigne une somme qui ne peut pas réellement être totalement démonétarisée, et donc servir de bois dans la chaudière de l'article mentionné précédemment, c'est toute l'économie réelle qui est soupçonnée de " blanchiment".


Enfin, achevons le travail avec cette belle image.




dimanche 14 février 2016

Détente et bien être : visite virtuelle de l'U-boot 41, par Captain Achab

Il n'a pas dû vous échapper que nous subissons l'invasion d'une vague dégoulinante de bonté rose sucrée, toute scintillante de sucre d'orge en licorne arc-en-ciel. Les porte-drapeaux du bonheur dégoulinant des néo dalali-yodelei, présentés par exemple ici avec humour.

Vous avez sûrement vu en vitrine des librairies, entre deux albums d'art-thérapie à colorier (sans dépasser), les livres qui dégoulinent la joie, la puissance de la joie... De mon temps, on appelait ça la méthode Coué. C'est devenu une industrie.

Ce qui est drôle, c'est que l'avant-garde d'une certaine forme de psychologie positive qui fait toujours fureur aux USA, et je me méfie de ce qui me fait fureur, cela me rappelle toujours un certain Adolf, paranoiaque célèbre, interné à l'asile psychiatrique (dommage qu'ils l'aient laissé ressortir...), se renforce ici des bataillons bouddhistes, lesquels ont la haute-main sur le thème de la joie intérieure, cela leur est échu comme la guitare aux Espagnols.

 Vous me direz que ce qui est bizarre n'est pas tant Hitler que le fait qu'il ne se soit trouvé personne pour le ramener à l'asile. Certes.
Je pense au capitaine Achab que les gens suivent alors qu'il les met sous dictature, parce qu'ils sont fascinés par le projet grandiose porté par cet homme à travers sa vengeance individuelle, de venger collectivement l'humanité souffrante (Cf. France-cul mercredi 10 février). Même eux, les opprimés par lui, le soutiennent dans son duel pour prendre la place de Dieu.

D'où que la dictature naît sur le terreau de la misère. D'où qu'elle ne peut être théologique mais seulement cléricale,  car ce serait soutenir l'ennemi. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne peut pas, iniquement, se réclamer de la religion, mais à ses frontières et quitte pour ouvrir un schisme.

La psychologie positive est " l'étude des conditions et processus qui contribuent à l'épanouissement ou au fonctionnement optimal des gens, des groupes et des institutions (Seligman M The president adress, cité par Jacques Leconte, Les 30 notions de la psychologie, Dunod)

Déjà, là, un petit frisson me parcourt l'échine. " Les gens " sont tous pareils, ils " fonctionnent " (Cela me rappelle une militante pour l'égalité des droits disant que les femmes sont pénalisées dans leur carrière parce qu'elles doivent " fabriquer " des enfants, arg), on peut leur trouver, à tous, en bloc, un fonctionnement optimal, lequel semble emboîté dans les " groupes " et les institutions... Bref, pour être fonctionnellement optimal, faut que les gens sourient en groupe. Arg, je m'étrangle, mais poursuivons.

Les différents thèmes abordés par la psychologie positive correspondent à ces trois niveaux de l'être humain, comme le montrent les quelques exemples suivants :

Au niveau individuel : bien-être,bonheur, créativité, ( NdA :on retrouve le débilité dégoulinante...), sentiment d'efficacité personnelle (mesurée à l'aune du logiciel ?), humour (lequel ?), sens de la vie (ie. du programme sportif du Partei ?), optimisme (agiter un drapeau lors du passage des cortèges ?)

C'est curieux comme, déjà dans l'individuel, il n'existe que des notions qui renvoient à des valeurs qui sont mesurées par le groupe. Le groupe, c'est les autres, mais il y a toujours des leaders à un groupe.

Au niveau interpersonnel (comme s'il n'y avait d'autre rapport interpersonnel que le groupe. Personnellement, je parviens, ô exploit, à ne former un groupe avec aucune des personnes que je fréquente..) : altruisme (mmm, admettons...), amitié et amour (oui, certes...), coopération (au Partei ?), empathie (pour le Duce ?), pardon (mmmm...) etc.

Au niveau social et institutionnel (c'est là que ça se gâte) : courage (contre les CRS à NDDL ?), engagement militant (dans les altermondialistes ?), médiation internationale (dans l'invasion en Palestine ?), justice restauratrice etc.

Nous y voilà, faut cautionner le groupe, s'y engager. Coopérer avec le trio milice-police-justice n'est pas très loin. Ce n'est pas encore une injonction, mais déjà une valeur positive, et surtout, une condition du bonheur. Si tu ne fais pas ça, c'est que tu ne veux pas être heureux. Et si tu ne veux pas être heureux, tu veux ruiner l'ambiance, démoraliser les troupes, dénigrer le groupe et ses objectifs, bref, il faut t'envoyer en camp de rééducation.

C'est pas fini : " Ainsi la psychologie positive peut tout aussi bien concerner l'épanouissement des élèves dans un collège, les bonnes relations au sein d'une équipe de travail, ou encore le mode de communication entre diplomates élaborant un traité de paix ".

Si ce n'est pas se foutre de la gueule du monde que de laisser croire que la psychologie positive va (comme les tablettes) remplacer le manque de moyens humains pour l'épanouissement des jeunes à l'école, si ce n'est pas se foutre de la gueule du monde de dire que dans le monde du travail, l'équipe idéale, c'est un pack de robots, alors effectivement, ce n'est pas se foutre de la gueule du monde que de laisser penser aux gens que la psychologie positive a quelque chose à voir dans le règlement des conflits de pouvoir entre les egos des canailles au pouvoir, le grand chef (le vainqueur) et le petit (qui a réussi à prendre un morceau)

Tous deux, le petit et le grand chef, sont en fait dans le même camp, ceux des exploiteurs qui ont réussi à faire avaler aux gens de s'engager dans un camp, de militer militairement pour la conservation d'un territoire dont ils ne savent rien, et pour des intérêts qui ne concernent que les gens pour qui ils meurent.

La psychologie positive ne cherche que les moyens de s'intégrer au groupe, mais nulle part on ne trouve trace des moyens de discuter du programme du groupe, c'est curieux.

Donc pour moi la psychologie " positive " qui concerne " les gens "...  elle a un petit relent de fascisme latent qui n'en est pas encore à s'organiser.

Je retrouve cela aussi dans certains films pour enfants comme dans je ne sais plus quel épisode de La fée Clochette. Si tu es malheureuse dans la vie, c'est que tu n'as pas trouvé ta place et ta mission dans le groupe pour servir les intérêts communs, pas d'autre issue que de faire le deuil de ses rêves individualistes. Arg

Je comprends bien qu'il faut préserver le tissu social, mais si c'est pour en faire des chemises brunes, je demande examen des mesures votées.

Lorsque je vois comment le bon peuple français s'est fait enfiler l'état d'urgence dans la constitution, lorsque j'entends sur France Cul (Journal de l'état d'urgence du mardi 9 février 2016) que les voisins ont dénoncé le pauvre type qui s'était amusé à mettre un drapeau pirate à sa fenêtre, et que nombre de ses amis lui ont dit qu'il " l'avait bien cherché" (ach pas de vague pendant l'état d'urgence, pas un bruit, halt's maul), je me dis qu'on ne va pas tarder à avoir l'aigle au dessus du drapeau, nous, tiens.

Qu'on ne pense pas que je tienne là pour les bandes de décérébrés qui se distraient de leur misère en vendant les beautés de leur 80zetré pour s'acheter des voitures. Dans la même émission, on entend une pauvre fille en foyer nous démontrer si besoin était que les gens revendiquent sous la bannière de la liberté le droit de faire ce qu'on leur a imposé, sans qu'ils le réalisent. Quand on ne sait pas à quoi on est soumise, on ne sait pas à qui on obéit. Et les gens qui déculturent les femmes relevant de toute obédience textiles l'ont bien compris.

 Ce qu'on leur a "imposé", pas tout à fait. Lorsque le marketing est bien fait, l'évangélisation et la propagande font que l'individu consomme tout seul les bonnes valeurs, et ce en pensant exercer sa liberté. C'est là que l'aliénation est totalement réussie. Le seul tunnel dont on s'est arrangé pour que le rat voie la lumière au bout. Il faut affoler les gens pour qu'ils appellent de leur vœux le dictateur qui va rétablir l'ordre. Le pire c'est que cela fait des siècles qu'on sait cela.

D'où l'intérêt, comprenez-vous mes amis, de diriger la population, vers une inculture générale, sans langue autre que le M2, sans autre support que les tablettes, ni autre contenu que du texte à DRM gérés par les multinationales, comprenez-vous, mes amis, que la culture est l'ennemi du fascisme, et que la technologie propriétaire est l'ennemie de la culture ?

Vous dites " oui oui", vous opinez du bonnet comme des ânes, mais vous achetez quand même des tablettes et des liseuses pour lire dans le TGV. Ben oui, c'est plus pratique, le fascisme, en fait. Une fois les portiques de sécurité anti-pauvres passés, dans le tunnel du TGV le nez sur ta tablette, sous l'oeil de la caméra pour ta sécurité, ça va pas être simple, de se rebeller.

Je sais, vous allez me dire que cela ne fait que connoter mon individualisme forcené. Certes. Mais cela me rend d'autant plus sensible à certains signaux faibles dont on peut se défier, à l'occasion. C'est le seul avantage des extrêmes, c'est qu'ils amplifient des inquiétudes encore diffuses.

Au lieu de les brocarder en s'en tapant sur le ventre, on ferait mieux de s'inquiéter un peu, de se demander si elles ne seraient pas le signe avant coureur de quelque sourde angoisse en train d'infiltrer la société.

Les images sont toujours " travesties par des gueux pour exciter des sots ", comme disait Rudyard Kipling, mais un jour ou l'autre, quand le sot est bien excité, le gueux n'a plus aucun mal à voter fasciste, on n'a plus aucun mal à lui faire prendre les armes.

Ce qui nous arrange bien, on a des Rafale à leur vendre.

Cela vous fait peut-être rire, mais quand je vois l'énergie déployée (projection sur l'Arc de Triomphe, dramatisation du suspense de l'heure) pour tenter de donner un écho à ce non-événement qu'est le dévoilement du logo de la candidature de Paris à un éventuel circenses, je me demande si un jour cette béance sera devenue si grande que nous serons pas " priés " de descendre en survêtement dans la rue avec des T-shirts ornés du dit logo, et de tendre le bras en criant un slogan...Et les absents aussi mal vus alors que les farceurs au drapeau d'aujourd'hui.

Tiens, il y en a une que je ne peux pas résister de reproduire, c'est extrait de Techrepublic :

"
It turns out that no one knows what the heck big data is, and about the same number of companies are actually doing anything meaningful with it, according to a new study from Dresner Advisory Services.

Surprised?

You shouldn't be. After all, despite years of big data prognostication, most companies still struggle to even put little data to use.

This isn't to suggest that big data isn't a big deal, or that companies aren't deriving massive value today from their data. It is and they are. But, to get value from big data, companies first need to get real. "

C'est encore plus savoureux avec le titre de l'article :


Big data's big problem? Most companies don't realize they're already using it

Companies are already actively using big data. They just don't call it that. While the phrase has problems, the technology is becoming more intrinsic to business.


Tiens j'en rajoute deux dernières pour la gourmandise :

Le chasseur français sur la vitesse :



extrait d'un article du Monde sur la bourse-casino, ça vaut son pesant de canard laqué. Quand tu penses qu'ils ont 26 réacteurs nucléaire en route, en revanche, ça fait un peu peur.

Bon, maintenant qu'on s'est distraits un peu, on va réattaquer dans le dur. En effet, il faut montrer que plus les populations sont déculturées, moins elles comprennent le fascisme numérique dans lequel on les anesthésie doucement.

jeudi 11 février 2016

L'art textile, ça dépend.

En guise d'étrennes, je m'en vais vous offrir mon opinion sur une partie du petit monde de l'art textile, et certains des œuvres présentées  Je ne vise pas les artistes, bien sûr, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Je disais donc que ce qui m'a frappé lors de ce balayage, c'est la pauvreté récurrente de l'inspiration, qui aboutit à des productions répétitives dans le propos, et donc bien sûr dans la forme. En gros, c'est donc " toujours la même chose".

Mais on peut soulever le couvercle des apparences et espérer un discours qui nous révèle des intentions cachées qui n'auraient pas su se frayer un chemin jusqu'à l’œuvre. Las, du côté de la médiation, c'est pire, l'indigence fait qu'on recouvre pudiquement la nudité ainsi dévoilée.

Lors de cette exposition présentée comme un parcours initiatique vous serez à même de vous interroger sur la démarche de portrait de l’artiste et le résultat du fruit de son travail. "

N'est-ce pas ? " Le résultat du fruit de son travail"... Ça envoie du lourd, tout de même.

Si on prend les productions présentées dans l'ordre, on assiste à un défilé affligeant de gens qui " s'inspirent d'objets ou de notions du quotidien", qui " s'appuient sur une pluridisciplinarité des techniques. ", résumés de démarches où règne la tautologie " des séries qui se comprennent par le nombre et la répétition", d'une désespérante banalité " où les notions d'universalité et d'individualité sont intimement liées.".

Je passe sur les " ça bouscule/joue avec " les codes. Les pauvres, ils sont nerveux comme un unijambiste à un concours de botteurs de cul.

On sait que c'est la loi du genre que de n'avoir rien à dire. Il est d'autant plus triste que cela renvoie au vide des productions elles-mêmes. Malgré la volonté affichée, il s'agit toujours d'artisanat, de travaux de dames qui pensent qu'il est osé de broder un zizi parce que c'est " ancré dans son temps", demi-vulgaires comme il y eut jadis des demi-mondaines, qui se disent que cette hardiesse leur ouvrira les colonnes de la presse friande de croustillant (la bite est le dernier moyen de promotion pour une femme), à défaut de les élever au rang d'artiste, comme les peintres l'on fait il y a un siècle lors de l'émancipation de la représentation figurative. Créer, on ne voit pas bien ce que c'est, mais choquer, ça peut rapporter un peu. Si on peut faire les deux d'un coup...

  A travers mon processus de création, je montre une de mes préoccupations sur la frontière entre l’artiste et l’artisan, en ouvrant « des ponts » entre ma recherche artistique et la tradition ancestrale que suscite le travail de broderie. Je m’approprie la tradition en la modifiant, en lui donnant comme résultat une création complètement inattendue, c'est-à-dire que j’invente de nouvelles techniques basées sur le métissage et la fusion. Bien que l’on y voit une conduite vers une pratique féminine traditionnelle, cette technique domestique n’est pas l’unique intérêt de ma démarche. En effet celle-ci m’a permis aussi de mettre en valeur ce qui est habituellement marginal, c’est-à-dire le travail artisanal. C'est une recherche qui conjugue alors les techniques traditionnelles et la création contemporaine.

Certes, mais à part travailler avec des matériaux de rebut et grapiller des références dans quelques traditions funéraires précolombienne, en quoi consistent la " recherche ", " l'artistique", et le " contemporain " ?

Dans les ISBA, ils ont plus de moyens, ils font des zizis en porcelaine, c'est ravissant.

On aurait aimé faire une exception pour Certaine, pour qui on avait une tendresse grâce à son dîner de famille, mais si je tombais d'accord avec ce genre de propos : " Elle me permet de réinvestir une pratique domestique longtemps cantonnée au rang d'artisanat, liée à l'histoire de la condition des femmes. Loin des revendications féministes menées par les artistes femme du XXème face à la domination des hommes dans l'histoire de l'Art, ma pratique de la broderie tend à jouer avec cette image surannée de la femme d'intérieur occupée à de menus travaux tout en la déplaçant et en l'inscrivant dans une recherche artistique contemporaine.", ce serait à condition qu'on me montrât en quoi consiste la recherche artistique censée circonscrire la pratique artisanale. Dire n'est pas faire, en la matière.

Remarquez le déplacement de "  la domination des hommes dans l'Art " vers " la domination des hommes dans l'histoire de l'Art ". Le crime devient commis par celui qui relate.

Et là, on atteint au coeur du système. Car s'il se trouvait quelque esprit avisé parmi mes lectrices, ne me dirait-elle pas : " Mais ce que vous fustigez là n'est il pas votre programme ? Ne pourriez-vous pas reprendre la citation ci-dessus à votre compte ? ".
 
Si fait, c'est pour cela que je fouille la plaie, c'est bien pour trouver la frontière, la ligne de démarcation, entre la question rhétorique bourgeoise, dans laquelle se complaît (inconsciemment) une partie des artistes, et la vraie question, celle qui n'a pas de règle, comme le dit la dame, et vous pouvez vous abonner à la chaîne, c'est cool.

Évidemment, on pourrait inventer que c'est à quel point l'artiste est hanté par son œuvre, habité, ce qui peur se dire que le sujet est accaparé par le signifiant de l'Autre, livré à la construction de son délire protecteur.

" Que nous reste-t-il ? ", me direz-vous. Hélas pas grand chose. Je serais curieuse de savoir ce que Ben Vautier pense aujourd'hui de ses propres propos. Il assignait en 1994 à l'art un programme de d'auto-néantisation assez général, qui a d'ailleurs été fidèlement suivi quant à la destruction des objectifs. Ce qui est assez curieux, c'est que lorsqu'on lui demande ce que Fluxus n'est pas, il répond en gros " le carriérisme".

Si l'art n'a plus aucun objectif aujourd'hui, et au sens de Hervé Fischer, son histoire a disparu, l'essentiel reste bien de faire carrière sans objectif, et en cet objectif, Fluxus a échoué à imposer ses vues. Il a été englouti dans l'auto-destruction assignée comme programme. Le terroriste a sauté avec sa bombe.

Mais comme Ben le dit lui-même, c'était prévisible. Il n'y a pas de retour après le point de non-retour d'une néantisation. Ce qui paraissait à nos ancêtres de la plus haute importance, ce qui n'était exécuté que par les hautes instances de la société, ce de quoi dépendait l'avenir, la confiance, le bonheur et la prospérité, la bienveillance des dieux, et son rite associé, le sacrifice humain, n'ont aujourd'hui plus aucun sens.
Le sacrifice animal, sa version soft pour chef de tribu, a presque disparu, n'en subsiste plus que le gigot du dimanche et la dinde de Noël. Possible qu'il en soit de même pour l'art d'ici quelques années.

Qu'après un paroxysme dans une période associée aux élites, puis sa démocratisation dans les tribus de province, il n'ait plus aucun sens. Il est dans sa nature de le prévoir, et c'est peut-être ce qui s'opère sous nos yeux, à voir les glaneuses et les électroniciens s'emparer des miettes du festin, aller râcler dans tous les coins des raisons de faire de l'art.

Et c'est peut-être là que les paroles de Ben étaient prophétiques, que sa résurrection soit dans le non-professionnalisme. Si l'art par mail est une coquetterie, la pratique reste, malgré sa volonté de tuer le grand ancêtre Duchamp à placer à côté de cet annonciateur de la métamorphose, du déplacement du centre de gravité de l'art depuis l'objet vers le geste (le mouvement, chose qui a lieu " entre").

La figure étant le big-bang, le nexus, l'oeil de Soron, la porte des étoiles. Toutes ces petites mains exécutent sagement les prédictions de Filliou et de son grand prêtre Ben. L'avant-garde est à la frange, évidemment, puisque nous l'éclairons rétrospectivement en tant qu'avant-garde, une fois l'histoire de l'art accomplie. Son Annonciation se trouvait nécessairement quelque part.

La question que cela pose, en tout cas à moi, c'est la suivante : " Si on admet qu'il est difficile qu'un mouvement d'esprit individuel échappe au modèle d'une figure de style, peut-on en dire autant des mouvements collectifs ? "

Je reformule. Prenons la liste des tropes " de base " (inversion, complément, etc.) .Peut-on imaginer voir un propos ou une pensée exécuter un mouvement qui ne relèverait pas peu ou prou d'une de ces figures ? Paraphraser, se contredire, filer la métaphore, généraliser, peuvent être vus comme des faits de discours qui illustrent ces tropes.

Maintenant si nous prenons les mouvements collectifs, peut-on dire que ces mouvements suivent la même logique, c'est à dire qu'ils ne sauraient fonctionner autrement qu'en suivant l'un de ces modèles : succession des modes = brûler ce qu'on a adoré = adopter l'attitude contraire, inversion etc.

Pour poursuivre la question, je dirai " A-t-on besoin, et si oui qui, que l'art et son histoire aient une suite ? Est-ce que cette question doit se poser dans la perspective d'une figure de style (négation...) ? Ceux qui pensent que la réponse est "non" peuvent effectivement en conclure que l'art, et donc son histoire sont terminés.

" Que nous reste-t-il ? ", insisterez-vous. Peut-être une mise au jour conscience de ce que nous avons refoulé grâce à l'art. Ce que l'art a permis de faire passer du côté inconscient, la scène étant non dicible parce que débordant la capacité d'encaissement brute, la médiatisation immédiate qui aurait permis de la laisser telle quelle dans la conscience, ou parce que la scène n'était pas encore dicible, faute de savoir la mettre en mots.

La scène c'est quoi ? C'est un phénomène social. C'est un signal que la société envoie à ses membres (les individus, à travers leurs corps sociaux constitués) sous forme d'une représentation, qui en tant que message, est toujours à interpréter, même si le message à interpréter, c'est qu'un contenu non-déchiffrable (ou non encore déchiffrable, ou rendu comme tel par une volonté supérieure) peut aussi faire l'objet d'un message.

J'ai parfaitement le droit d'envoyer un télégramme ayant pour texte " dkjfsjqsdfqsg" , toute la problématique de l'herméneutique se mettra en marche, en bloc, comme pour n'importe quel autre contenu.

Le tout est de ne pas se décourager. Ou bien si, vaut-il mieux finalement se décourager ?

mardi 26 janvier 2016

De la distance de soi aux autres III (énergie psychique absorbée dans le conflit)

Cet article fait suite à celui-ci, qui creusait la question de l'incidence sur la représentation de la réalité dans sa dimension sociale, en particulier dans l'impact sur la soumission à la loi.

Il n'y a d'ailleurs pas, dans le domaine anthropologique, de soumission à la loi, il n'y a que l'oppression du plus fort, qui ne laisse pas d'autre choix. La soumission est en effet, pathologique en dehors d'un tel cadre, c'est une évidence.

Mais restons festifs tant que nous ne sommes pas derrière les barreaux, ça s'arrose.

Je me situe bien à l'intérieur du conflit énoncé par Freud, mais non pas le conflit entre le ça et le moi, pas plus que dans les relations entre le surmoi et le moi. Je suis plutôt sur la frontière créée par deux zones, celle de ce qui est perçu comme réel et ce qui ne l'est pas, au sens qu'elle est la frontière du déni. Et ce qui est rejeté dans le déni ne peut entraîner ni adhésion, ni empathie, ni construction, il n'existe pas.(1)

C'est à dire : la frontière du réel ne peut être autre pour moi que la frontière que ma psyché lui assigne, et cette frontière correspond à celle du " hors-soi". Les échanges au niveau de cette frontière sont réglés par les mécanismes du langage. Lesquels disent " ce qui est vrai".

" Il est vrai que la frontière de la réalité est ici " veut dire : " Ce qui en deça de cette frontière (en moi), c'est moi qui en décide, ce qui est au delà de cette frontière (du côté des autres), c'est eux qui en décident, en en définissant les contours par l'instrument qu'est l'énonciation de la loi. "

C'est d'ailleurs une manœuvre courante que de déplacer les bornes d'une frontière ou d'un cadastre pour faire tomber la portion de territoire ainsi délimitée sous ma juridiction, et ma juridiction fait que sera redéfinie la réalité de ce territoire, à travers le langage qui définit les liens qui relient les " acteurs " de cette réalité (ou plutôt les marionnettes, les comédiens, que je manipule sur la scène intérieure et qui ont les costumes des personnages de la réalité extérieure)

Il suffit que le déplacement de cette frontière soit opéré inconsciemment et c'est toute une portion de la réalité qui tombe de facto " sous le coup " (de la loi, qui met "en coupe réglée") d'un autre langage qui la réorganise.
Alors que les autres, qui, n'ayant pas repéré le déplacement opéré par le sujet (autre pour eux), pensent que la frontière est toujours le long de l'ancien parcours, et donc la portion de réalité  de jure " sous le coup " d'une autre législation.

Avant de repartir sur un autre exemple, disons l'idée semble donc acceptable que, tant qu'on ne se sera pas mis d'accord sur la réalité, inutile d'attendre une société en paix, et ressassons une dernière fois le cadre d'exercice de ce conflit.

Pour rebondir encore et circonscrire la chose, prenons par exemple trois type de consignes : " le feu rouge ", " les chasseurs ", et " le salut aux mouches".

Pour ce qui est du feu rouge, il vous semblera évident que je m'y conforme par raison. Il semble préférable de passer alternativement au carrefour, que tous ensemble. Pourtant, il suffit d'avoir voyagé dans quelques pays pour réaliser que c'est culturel, comme choix.

Et que donc ce qui pousse les gens à s'arrêter au feu rouge. peut être relié à " l'efficacité personnelle perçue", vecteur du changement psychothérapeutique. Cette idée est proche de la théorie de Martin Seligman (1975) et sa " learnt helplessness" ( " résignation acquise, ou mieux " impuissance apprise") : en situation de non-contrôle, le sujet finit par réagir selon trois dimensions :
  • Une difficulté progressive à faire le lien entre les actions et leur conséquences
  • Une forte diminution de la motivation
  • Une augmentation des sentiments liés à la " déprime".

Ainsi, l'impuissance apprise, et la perte d'efficacité personnelle mèneraient à quelque chose de l'ordre de la psychopathologie (stress, anxiété, dépression). Le changement psychothérapeutique ne peut s'opérer que lorsque le sujet se pose à nouveau dans une certaine attente de résultats.

En d'autres termes, soigner les populations consiste pour partie à leur apprendre à cesser d'obéir. On les a en effet amenés à cet état d'impuissance apprise. Pour cela il a fallu les amener à déprimer, à perdre tout espoir de contrôle de leur vie et de leur avenir.
Soumis, parce que résignés à l'idée que de toute façon, " c'est comme ça, on n'y peut rien", ils voteront pour n'importe quel parti fantoche et seront d'autant mieux contrôlés par les media qu'on veillera à leur fournir via l'allocation de rentrée, de quoi acheter un nouveau téléviseur grand écran (la captation de l'espace visuel et sonore favorise l'hypnose)

De plus, une fois cet état dépressif acquis par l'appareil de pouvoir politico-médiatique, la collectivité est plongée dans une apathie entretenue par l'hébétude de chaque individu.

Elle ne se réveille plus que " sur ordre " de l'hypnotiseur, quand il claque des doigts pour lui ordonner de se rassembler place de la Bastille, armé de bons sentiments seulement bien sûr. Pour les autres, ce sera la matraque, comme d'ab.

Le travail psychothérapeutique de réveil et de reprise de soi ne peut plus s'engager, puisque le patient n'attend plus rien. Il ira se cogner la tête dans le labyrinthe des jeux vidéo, où lui seront offertes éternellement de nouvelles vies virtuelles.

Bien, revenons au feu rouge, qu'on peut à ce détail près considérer comme le canon de la consigne appartenant à une réalité commune. Je me garderai bien de créer une notion du genre MCSR, la " Most Common Shared Reality", dont nos amis anglo-saxons sont friands, mais qui gèle encore la pensée. Disons donc, une zone de réalité " suffisamment bien partagée."

Prenons maintenant l'exemple des chasseurs. Ces individus semblent se conformer à la loi. Pourtant, les lois qui leur délivrent permis légal de tuer des animaux moyennant finances fait qu'ils se permettent, par là-même, de tuer des animaux.

Et là pour moi il y a hiatus entre la loi et la réalité. Penser qu'une loi, fut-elle de la République, permet, parce que le texte en fut écrit sur du papier, légitime de tuer un être vivant me semble relever de l'appartenance à une réalité psychotique délirante (2)

Ce sont les gens qui respectent la loi, qui me semblent eux-mêmes iniques et dépravés, comme vous paraissent toujours ceux qui violent ces lois naturelles qui nous semblent sous-tendre les lois des hommes, ou du moins devraient. Il me semble relever de l'assistance à personne en danger que d'aider un animal en position de légitime défense, en faisant subir au chasseur avec son fusil des actes que même la morale réprouve.

La personne qui vit dans une réalité où il est normal de tuer des animaux pour son plaisir me semble atteinte de troubles graves, sa vision de la réalité me semble pathologique, et les lois qui lui donnent le droit de passage à l'acte de cette pathologie me semblent iniques.

Venons-en au troisième volet, le " salut aux mouches". Le salut au mouches est l'obligation de saluer chaque mouche que vous rencontrez, et ce en vous déshabillant. Imaginez qu'une loi vous contraigne à appliquer ces trois consignes : s'arrêter au feu rouge, tuer des animaux avec un fusil dès que possible, saluer les mouches tout le temps.

Il est évident qu'il existe un gradient de " politically correct", du premier exemple (le feu rouge FR) au troisième (le salut aux mouches SM), le second du chasseur psychopathe étant sujet à débat (CP).

Nous avons un gradient " d'évidence " (la loi colle à la réalité) : FR ---------> CP -------> SM

Imaginez maintenant une personne qui vive dans une réalité où le gradient est inverse, une planète exotique où il est impératif de saluer les mouches, de bon ton de massacrer des animaux innocents, et si le coeur vous en dit, vous arrêter au feu rouge.

SM ---------> CP -------> FR

Chacun voyant midi à sa porte, vous allez " vous retrouver " avec cette personne sur la zone médiane, celle où on massacre les animaux innocents si bon vous semble, il suffit de payer un peu.

Sauf que si vous allez vivre sur sa planète, vous serez arrêté pour défaut de salut aux mouches, et vous serez regardé de travers parce que vous ne transpercez pas assez le ventre des animaux avec un fusil le dimanche. Sans compter votre voiture écrasée à l'arrière.

Et il reste que, à moins que vous prétendiez connaître parfaitement l'économie générale de l'univers, vous ne pouvez pas être sûr qu'il n'est pas plus important de saluer les mouches que d'encombrer plus longtemps encore les maisons de retraite de la planète Terre.

Voilà un petit exemple pour vous montrer que tant que vous n'avez pas convaincu une personne d'adhérer à la même réalité que vous, il est vain d'espérer obtenir une société harmonieuse. Et que la décision qu'une réalité " vaut mieux " qu'une autre relève au mieux du consensus, au pire de l'orgueil.

On pourra aussi se référer utilement à cet article, qui borne les choses du côté de l'expression de l'oppression, si j'ose  me permettre cette métaphore zythologique. Puisqu'en effet, ce qui est réalité passe par la représentation du langage (sans que l'originaire et le primaire au sens d'Aulagnier ne soient effacés), nous sommes bien dans la question de l'aire du JE.

On en revient là aux Fleurs de Tarbes. Si  à quelqu'un qui vous parle de patrie, d'honneur, de devoir, on répond " Tout cela ne sont que des mots", et que l'autre répond " Pour vous peut-être", nous avons d'un côté des convictions intérieures qui emporteront engagement par adhésion volontaire, et non par contrainte.

De l'autre côté, nous aurons une personne qui pourra se plier temporairement pour ne pas avoir d'ennuis, mais qui désertera à la première occasion. Les illusions d'autrefois ne fonctionnent plus, non pas par ce que le surmoi est devenu impuissant, mais parce que ce dernier ne peut étendre son emprise (mordre) que sur une extrémité de la partie de la réalité, bien ou mal, mais intégrée à la représentation psychique, non à ce qui en est rejeté à l'extérieur.



Pour enfoncer le clou, vous pouvez édicter en 2016 une loi qui interdit de franchir les frontières de la Neustrie, elle aura peu de chance d'être respectée. Et ce pour la raison que des milliers de gens violent tous les jours cette loi en franchissant sans le savoir les frontières de la Neustrie. La Neustrie n'appartenant pas à leur réalité, ils n'ont pas conscience d'en franchir les frontières. Et tant qu'elle n'existera pas à leurs yeux, vous aurez des émeutes bien avant que votre loi ne soit appliquée, ces émeutes seront le signe que vous aurez tenté de moraliser quelque chose qui n'est pas perçu.  Une loi qui ne porte pas sur une réalité consciente ne peut être appliquée, parce qu'elle ne sera pas comprise, parce qu'elle ne sera pas lue, aussi peu que si elle était écrite en sanscrit. (On peut dire inversement, que la loi dessine le contour de la réalité perçue par la culture à laquelle elle s'applique, en pointillés (3))

Les gens  peuvent faire semblant de se plier à la loi, mais quand je dis ils " déserteront " à la première occasion, c'est que sans même le savoir ils frauderont. Ainsi le " malade " fautera et refautera car on lui propose des frontières qui n'existe pas dans sa réalité.

L'homme d'aujourd'hui ne " croit pas ", ou plus, à la patrie, cette dernière est devenue " patrie", un mot retombé dans la marmite des suites de lettres sans saveur. Je vous invite bien sûr également à suivre les travaux de la Vilaine Guillemette pour avoir une idée du sous-bassement linguistique de mes élucubrations constitutionnelles.

On s'est fort réjoui en un temps que les gens ne souhaitassent plus mourir pour Dieu, avant de réaliser plus récemment que de pauvres gens étaient encore accablés de cette manie. Mais c'est exactement la même carence qui va toucher l'adhésion du citoyen à la société, et ce n'est pas parce que cette dernière se taxe de démocratique que cela va arranger grand chose.

On peut certes profiter au maximum des sursauts des quelques jours qui suivent les attentats, qui ressoudent un peu le corps social, pour faire passer en catastrophe plus de coercition encore dans les lois, mais c'est comme le post-it, ça a ses limites, comme procédé, de tenter de recoller la société en lui tapant dessus chaque fois qu'elle se décolle.

C'est pourquoi je pense d'utilité publique de tenter de penser des choses plus pérennes. C'est à dire revenir au gré à gré dont je parlais précédemment. Le gré à gré, c'est discuter sur les bases d'une "réalité" qui se discute.

Il faut admettre l'idée qu'exiger de quelqu'un qu'il se comporte conformément à une réalité imposée, et non pas conformément à une réalité qu'il partage est une violence faite à l'individu. Que cette violence engendrera en retour une violence de non-acceptation difficile à juguler, et dont les coûts sociaux sont masqués parce que cette façon inégalitaire de conduire la société profite à une classe qui fait perdurer ce système.

Il faut admettre que toute réalité non discutée, non adoptée par l'autre est une réalité psychotique qu'on cherche à imposer à l'autre, exactement ce que les sectes imposent à leurs membres en détresse psychique, y compris les enfants. Il faut admettre que l'imposer de force à ceux qui souhaitent la remettre en question est un viol.

Il faut admettre que pour aller vers une société plus harmonieuse, on doit cesser de violer de façon répétée un certain nombre de ses membres, afin qu'ils acceptent la vision que voudrait leur imposer une classe minoritaire de la société.

Bien que cette oppression perdure depuis des millénaires, et qu'il est vraisemblable qu'elle perdurera encore longtemps,  par la bonté même des victimes, qui préfèrent la paix de leur asservissement à la guerre de la liberté, tout ce que j'écris restera lettre morte. Mais peu importe, les choses ne peuvent aller que dans le bon sens, et je vais m'autoriser de cette forte parole pour proposer mes petites recettes.

L'idée est donc de tester, sur un individu, la sensibilité à la réception, puis l'acceptation par cette personne d'une réalité construite par autrui et proposée, voire imposée de l'extérieur.

Ceci se base sur l'idée que la réalité construite par autrui arrive avec armes et bagages, comme un invité " m'as-tu-vu " dans un hôtel. Il s'agit de sentir si la personne va développer une contre-poussée importante à cette irruption puis à cette pression, et comment elle va gérer le conflit.

On peut schématiser grossièrement les deux extrêmes des comportements possibles. Soit la personne est en recherche de structuration totale, et elle va adhérer, fascinée, à cette structuration " pain béni " qui lui vient de l'extérieur, identification. C'est une des figures paroxystiques du stagiaire qui idéalise son maître : il laisse l'intrus envahir tout l'hôtel, fasciné par tant d'aisance et ce déploiement de superbe qui lui fait tant défaut, allant jusqu'à offrir sa misérable chambre à l'effronté qui a déjà annexé les meilleures suite pour y loger son personnel.

A l'autre extrémité, la personne se hérisse devant l'intrus, et selon sa combativité, elle entre en conflit de pouvoir avec elle ou s'enfuit pour lui laisser la place. On a le self-made man, rétif à l'adoption de toute règle qui lui semble une insupportable ingérence dans " sa façon de faire", parfois doublée d'une inquiétude de dépossession de ses secrets de fabrication.

Je passe bien entendu sur la palette des nuances intermédiaires.

Pour maîtriser un peu le déroulement de l'histoire, et c'est là que j'en viens à mon propos, on peut imaginer un scénario basé sur la création en art textile. C'est à dire qu'on va bâtir un jeu, un peu à la façon des séances du Gepalm, au cours duquel la poussée créatrice, venant de l'intérieur, va servir de support à la poussée personnelle, comme l'onde porteuse véhicule la modulation.

L'accompagnant va alors également organiser la poussée depuis l'extérieur. Ainsi en régulant le jeu entre les deux poussées, dans le but d'enregistrer le déplacement des frontières, va-t-elle repérer dans le comportement de l'accompagné, les signes d'adhésion et de résistance.

Il reste à supposer ensuite, mais c'est là un travail ultérieur travail d'évaluation de la qualité du modèle dans ce registre, que ces signes constituent un reflet fidèle du comportement plus général de l'individu concerné vis-à-vis des lois qui lui sont, ou seront, dans le cas des jeunes, imposées par la société.

Il reste aussi à tempérer ce que j'ai désigné par " maîtriser le déroulement de l'histoire". On ne part pas sur un terrain complètement vierge en matière de docilité, et même aussi tôt qu'en CE2, un enfant a déjà une longue histoire derrière lui quant à la gestion des contraintes qu'on lui impose.

Il reste qu'à cet âge, l'expérience en matière de création artistique reste en principe assez limitée. On a donc un champ d'investigation qui n'est pas trop encombré. Pas trop encombré, mais déjà bien structuré puisque les activités plastiques constituent à l'école et à la maison, et c'est heureux, une bonne part des activités réalisées par l'enfant. Il s'agira de le placer dans une dimension plus étoffée de ce champ, avec des statuts d'auteur et d'acteur plus importants.
Bien sûr, en avançant en âge, viendront s'ajouter toutes les couches bien connues de contrôle, d'inhibition, etc. qui dépendant largement du contexte social, familial et culturel de l'individu.

Il reste que je vois là un champ d'expériences immense, et des perspectives enthousiasmantes pour des profits individuels et collectifs, que je tenterai de préciser plus tard. Ce n'est pas tout de proposer un remède au mal identifié, encore faut-il annoncer les bénéfices qu'on en attend.

N'oublions pas qu'il ne s'agit pas d'évaluer le comportement face à loi, c'est à dire à une loi intégrée dans un équilibre de forces contradictoires " vu en face". Il s'agit de comprendre la manière qu'a la personne d'accueillir une réalité qui diffère de celle qu'elle a construite, et à l'intérieur de laquelle se joue déjà, dans un théâtre conscient, le jeu des résignations, des maintien du moi et des compromis. Il s'agit de comprendre par quels mécanismes est accueillie la légitimation de cette réalité extérieure qui se propose comme la réalité, alors qu'elle n'est que la projection d'une autre construction a priori étrangère à celle déjà en place.

Ce que le nouvel arrivant dans l'hôtel amène avec lui, c'est un système de légitimation extérieur de cette autre réalité, système qui on l'a vu, n'a pas de fondement réellement justifiable par autre chose qu'une auto-référence propre à cet extérieur, une fermeture qui emporte avec elle un refus de la remise en cause des prémisses et des axiomes, pour la bonne raison qu'ils ne sauraient ne pas être tautologiques.

C'est face à cette tautologie, à ce bloc d'altérité se présentant comme la  réalité, que va devoir se confronter la réalité déjà construite. Aucune des deux ne pourra abdiquer purement et simplement, sous peine d'aboutir à une des deux impasses que nous avons vues dans les précédents articles.

On ne peut pas chasser la réalité des autres de l'hôtel, elle y revient avec l'insistance des faits, au risque de manquer d'un projet de société. On ne peut pas non plus attendre une dissolution de la réalité en place, sous peine de détruire l'individu, d'obtenir une société d'hôtels désertés de ses habitants, d'où toute créativité aura disparu face à la réalité hégémonique de l'occupant.

Et la société ne survit que par la créativité des individus qui la composent.
Par quels mécanismes est-ce que je parviens à comprendre peu à peu cette " autre " réalité, cette "alter-réalité", à l'inscrire en moi, à l'ingérer pour la faire mienne et en recomposer mon vrai moi, voilà l'équilibre déjà largement en cours au moment où nous arrivons dans la vie de l'individu. Il est au travail depuis sa naissance.

La paix basée sur une apparente compliance pour faire lisse, pour faire " comme si" débouche, nous l'avons montré, sur les pires crimes, cela ne fonctionnera pas. Alors comment améliorer la compréhension mutuelle entre l'individu et la société, pour apporter dans chacun une meilleure harmonie ?
Non pas la suspension du conflit, le cessez-le-feu permanent et remis en question tous les jours, dont nous nous satisfaisons aujourd'hui, mais une vraie paix, qui ne sacrifie ni les nécessités de la vie en commun, ni les aspirations de chacun ?

Peut-on dire que la nature de cette apparence peut-être  analysée dans la façon dont elle se joue, et son caractère fictionnel décelé par l'analyse du langage appliqué à cette réalité ?

Je sais que les psychanalystes, autant que le commun des mortels :) le font depuis longtemps, et détectent la paranoia derrière le discours délirant. le discours présente la façon dont j'ai réorganisé la réalité, en un lieu où elle aurait dû être soumise au discours de l'assemblée, parce que j'ai pris les barrières et que j'ai déplacé la frontière.

Ce que je tente de définir, c'est dans quelle mesure l'art textile peut se prêter à cette analyse, comme tout langage artistique, un langage de l'à-côté ou Je se raconte. Mais peut-être pas tout à fait " comme les autres langages ".
Parce que l'art textile est éminemment un art " du soi vers l'autre ". Je ne vais pas alourdir avec ce point, j'y reviendrai.

C'est à dire comment on peut détecter à travers la pratique de l'art textile, le déplacement de ces frontières, et là nous sommes bien évidemment " avant " (temporellement et spatialement) l'apparition de la pathologie (4), tant il est vrai que nous professons que c'est strictement le même mécanisme de corrections qui est à l'oeuvre dans le cas réussi de l'équilibrage dynamique des mêmes forces en présence, que dans le cas de l'échec de cet équilibrage, et de la compensation du territoire ainsi ouvert (lors du déplacement des barrières) par le remplissage à l'aide du discours délirant.

Je pense que très tôt, bien avant l'apparition d'une pathologie définie comme telle, sont perceptibles dans la conservation de l'équilibre dynamique réduisant le conflit, les contradictions, les efforts entrepris par le sujet.
Je pense que la pratique orientée des arts textiles permet de " faire parler ", de " laisser affleurer" les tensions à l'oeuvre.

Et ceci à un moment de la vie où ce conflit ne génère pas encore trop de souffrance pour le sujet, où il ne va pas le pousser à des actes douloureux sur lui-même ou sur son entourage.

Détectées tôt, ces oppositions qui sont néanmoins éprouvantes pour le sujet, et peuvent être épuisantes, parce qu'elles absorbent beaucoup d'énergie psychique, ont alors une chance d'être mises au jour, avec possibilité d'apparition à la conscience, de distanciation, d'objectivation et de mise en mots, ouvrant ainsi la voie à un apaisement du conflit.

Je vais essayer de montrer (et , au préalable, de trouver :) comment la pratique des arts textiles peut constituer un outil pour aider ce travail à se passer au mieux pour l'épanouissement de chacun et le mieux-être du tous.

Je sais que j'ai mis quelques pages à exposer cela, mais je pense que c'est un point de départ important.

(1) Ceci suppose que l'intériorisation de la loi ne puisse avoir prise (en tant qu'outil d'auto-coercition) sur la partie perçue comme réelle de ce que le moi enfreindrait, ce dont je ne suis pas sûre, bien que cela me semble assez intuitif. Mon surmoi peut-il tenter d'inciter mon moi à se restreindre l'accès à une zone, qui pour ne pas être perçue comme réelle... ( préalable à ce qui pourrait être intégré dans le territoire de l'interdit) est déjà par essence, inaccessible ?


(2) Je répéterai jusqu'à l'événement qui surviendra le premier, ma mort, ou bien que des avocats se saisissent sérieusement de cette question...

Cette question, c'est qu'on ne saurait accorder droit sur ce qui ne vous appartient pas. Or il me semble que la vie des animaux du territoire n'appartient pas à la commune. Il me semble que la commune n'a pas acheté les droits de supprimer une vie qu'elle n'a pas créée, ces droits ne lui ont pas été cédés à titre gratuit, elle n'en a pas hérité, je ne vois pas en vertu de quel titre de propriété elle les vend ou les négocie.

(3) C'est pour cela que la Loi est bien écrite par les autres, pour les autres, pour d'autres qui ne seront jamais un moi. La Loi ne peut pas être écrite " pour moi". D'où la tentative avortée que j'avais esquissée, et je fais toujours un appel aux juristes, même si je commence à deviner la réponse : La Loi ne peut pas être soumise aux lois du discours, et en particulier du dialogue. Elle s'exprime par le langage mais constitue une exception en cela qu'elle viole une des conventions de l'usage du langage : elle n'est pas, contrairement à toutes les autres parties du langage, soumise à la remise en question du langage (alors que la loi divine le fut !).
Il n'y a pas de réponse au " pourquoi dois-je obéir à la loi ? ", parce que la seule réponse possible serait " parce que la personne qui a édicté les lois qui te sont applicables est plus forte que toi". Et qu'en démocratie, cette réponse n'est pas donnable.
Il n'y a pas de " justification " à la Loi et elle ne doit pas être soumise à justification. Elle peut être soumise à débat dans l'assemblée de tous, et avant, antérieurement à sa formulation, mais une fois promulguée, la loi ne peut plus être remise en question dans ses termes. Cela nous paraîtrait un non sens. Elle "force le langage", comme le reste du monde, à se plier à ses énoncés.
Il n'y a pas de réponse à " Pourquoi ne puis-je proposer ce plaisir à ta femme", s'adressant au père, puisque cette question ne peut pas avoir d'autre réponse que " parce que tu dois obéissance".
Admettons que de nos jours, étant donnés les moyens de contrôle de la conception, le risque de naissance consanguine est totalement écarté. Le tabou perdure au delà de tout support rationnel. Le conflit qui est risqué est en fait pire, puisqu'il concerne en réalité la circulation des femmes.
Du coup, il existe bien une question qui ne doit pas être posée (puisque la réponse est incorrecte) donc il existe une question qu'on ne doit pas poser.

Mais il y a bien quelqu'un qui incarne ce " on ", et à qui on ne dit pas que c'est à lui que s'adresse l'interdiction de poser la question, à qui on ne dit pas que le droit entier repose en fait sur cette interdiction.

C'est pour cela qu'on ne trouvera pas de réponse à ma question dans le droit, parce que la réponse qui devrait y figurer est " Tu ne dois pas poser cette question, et tu dois te taire sur cette interdiction".

Comme la pointe d'un casque est censée dévier tous les coups d'épée, de même ce point aveugle est celui dont on doit détourner tous les regards.

La raison en est que le plus fort n'a pas besoin de loi, il se sert. Tous les participants à  l'édifice social (professionnels de santé compris, puisque le reste est en prison, sont au service de cette norme qui consiste à faire admettre sans discussion de se soumettre à la loi sans discussion.

Alors que cette loi n'empêche pas la loi de la jungle, elle l'organise différemment, au profit d'autres classes que le plus musclé.

Pour ce faire, la loi réussit ces deux exploits d'emprunter jusqu'à la logique du discours, sans s'y plier, et de réduire chacun au silence au nom de l'intérêt de tous. 

Et le pire c'est qu'il doit en être ainsi, et il ne saurait en être autrement. La loi ne peut être soumise à la remise en question du sens d'un seul sous peine de voler en éclats depuis cette ligne de fracture. Puisque la définition de la loi est d'être le langage du sens de tous, celui qui se communique " à sens unique " depuis l'assemblée vers l'individu. C'est la frontière, commune à personne, et que chacun s'attend à trouver conscientisée chez l'autre de quelque manière, entre le soi et le hors-soi.

(4)  Je réitère mon appel aux psychothérapeutes intéressés pour donner une suite concernant le " pendant".

dimanche 24 janvier 2016

Petites choses éparses

Des remarques en passant.


  • " Un MOOC (Massive Open Online Course) est une formation gratuite, en ligne et ouverte à tous. Chacun peut travailler à son rythme de chez soi, quand les enfants sont couchés, lors d'une pause au travail, en vacances..." 
Et pendant les vacances, on a le droit de s'arrêter de travailler pendant les pauses ? Ou bien faut torcher le coucher des enfants parce qu'on a du boulot après toute la nuit  pendant les pauses des vacances ?

J'en profite pour rappeler que la vie d'un enfant, et notamment son équilibre psychologique est en partie conditionnée par les rapport qu'il aura avec sa mère pendant les 52 premières semaines de cette vie, et que la durée du congé postnatal est de dix semaines..

Bien entendu, vous avez le droit de bosser pendant ce temps-là et de l'emmener chez le psy ensuite, c'est tout ce que les labos pharmaceutiques attendent de vous, bonne fille, va.

  • "    La fin de l'Histoire de l'art ne signifie nullement la mort de l'art. Au contraire. Car en échappant à l'illusion historicienne et au mythe prométhéen du progrès en art, nous redécouvrons ses liens avec le mythe faustien : l'art est une expérience-limite de lucidité, pour éclairer l'image du monde.
  •     La fin des avant-gardes s'est accomplie à notre insu pendant les années 70. Le thème réel et commun à toutes les avant-gardes, après la découverte de l'idée d'Histoire au XIXe siècle, apparaît aujourd'hui par-delà toutes les images réalistes, abstraites, aléatoires, conceptuelles ou corporelles : c'est le désir pulsionnel d'être des créateurs d'HISTOIRE de l'art. 
    Crispation sexuelle du mythe prométhéen, symbole activé de la "création" capitaliste ou révolutionnaire.
        Maïs aussi : morbidité des avant-gardes fascinées par la logique inéluctable de leur fin, emprunts exotiques ou sursauts réactionnaires, tel le kitsch, promu style officiel de notre époque par André Malraux, néo-rétro, rien n'a manqué à l'épopée prométhéenne, pas même le bec rongeur de l'aigle/nouveauté, ni l'automutilation de l'artiste.
        Redécouvrir la fonction anthropologique de l'art - en s'aidant de la sociologie interrogative et de la mythanalyse -, c'est fier mythe, art et liberté, et renouer avec l'origine de l'art : un art post-historique."
     
    Hervé Fischer 
    L'histoire de l'art est terminée. France : Balland, Éditeur, 1981, 219 pages. 
Si c'est moi qui l'aurait dit, on ne m'aurait pas crute.

  • Surprise de voir les journalistes (du journal le Monde et ailleurs) proposer les films hédonistes tels que Pattie... comme remède aux attentats terroristes, disons de voir l'un offert comme fétiche exorciste de l'autre.
Un peu étonné également, le metteur en scène à qui l'on suggère cette instrumentalisation de son film comme étendard de " nos valeurs " face " l'acte barbare ", et qui répond " Bof enfin, oui... mais eux en face ils n'ont pas de valeurs, ils sont juste dans la barbarie et le nihilisme".

Erreur commune, mais grave. Erreur d'abord parce que la méthode qui consiste à assimiler différence et nullité, qualité et quantité, est à la base de toutes les discriminations.

Le sauvage, le noir, l'étranger, différent de moi, est moins que moi, il n'a pas . (d'intelligence, d'économie de son milieu), il attend passivement que l'homme blanc envoyé par Dieu vienne lui dire quoi faire.

La femme, différente de moi, est moins que moi, elle n'a pas (d'âme, de cerveau...) elle attend que l'homme lui dise quoi faire de sa vie.

Celui qui a des valeurs en dehors du scope des miennes n'en a pas... Ce crétin attend que le consommateur blanc lui dise quoi acheter pour être heureux...

Erreur grave, parce que si on sait que l'intégrisme religieux progresse sur le terreau d'une misère qui a toujours l'inculture pour corollaire, réduire toute idéologie politiquement incorrecte à un " no mans land des idées", et ceux qui en ceux victimes à des abrutis parfaits, des barbares assoiffés de sang, c'est juste se préparer à se prendre la réalité en pleine face, avec bonus de boulons et de clous.

Pour revenir à notre culture dont nous devenons fiers dès qu'on l'interdit., envoyer une comédienne jouer la sorcière possédée et se trémousser devant le curé intégriste pour le faire enrager, cela permet de recenser son camp dans la cour de récré de la culture, mais c'est un peu juste comme programme politique.

Proposer le coup de bite salvateur comme thérapie à ce qui fonde cliché de la mère de famille parisienne fatiguée et inhibée, cela fonctionne. En faire la clé des solutions aux crises de civilisation du XXème siècle, c'est un peu ambitieux.

Et franchement, Charlie Hebdo, c'est pas le pied comme journal, ça se lit par devoir. Ce sont eux qui en parlent le plus, de ces crétins de religieux.

Un jour d'ailleurs, il faudra que je me fatigue à tenter de tailler un costar définitif à la religion. Je sais que Marx et Freud s'y sont essayé, et que ce truc repousse comme le pire des chiendents sur la misère humaine, mais il ne faut pas cesser le combat. 

  • Aux enfants qui sont sur le fauteuil du dentiste, on passe un dessin animé de Walt Disney. 
C'est prendre le risque que dans la suite de leur vie, toute médiation de la réalité ne puisse plus se faire sans la présence d'un dessin animé de Walt Disney. Un peu comme la Bible, mais en plus niais, et avec des droits d'auteur sur les descendants d'Abraham, ça fait un joli magot.

  • Aux enfants qui sont sur le fauteuil du coiffeur, on passe un dessin animé de Walt Disney
C'est . prendre le risque qu'ils confondent pour la suite de leur vie un garçon coiffeur et un héros de cinéma. De mon temps, on avait au moins une référence en matière de conversation, on pouvait apprécier une personne dont les propos sortaient de la conversation de coiffeur.

Le mieux serait sans doute de passer aux gens des dessins animés de la naissance à la mort, et des robots les tripoteraient tranquillement pendant ce temps là.
On pourrait même faire des économies, en mettant aux petites filles des robes de princesse et en les maquillant, il suffirait de mettre la caméra pointée dans le salon de coiffure, et ils se regarderaient dans l'épisode intitulé " Loana va chez le coiffeur". Ce serait trop hyper méga génial.

  • Vu cette vidéo de bonne année de la chaîne Gulli, pour enfants. 
La façon dont les animateurs se démanchent le cou en gesticulant pour appuyer le moindre mot (cf " te propose " et autres), histoire de faire "ludique et convivial" (on est sur une chaîne pour enfants) nous donnent à penser que bientôt ils se taperont le cul par terre en guise de communication.  Une aspiration à parler la langue des signes, sans doute.

  • Vu un petit dessin animé sur des êtres à tête de pastille Valda, malmenés par les planètes, et dont pas un seul ne nous regarde.
Les jeunes sont vraiment paumés, ils dessinent n'importe quoi qui tourne en rond, pour le plaisir de faire un zizi.
  • Entendu que l'Inde achète les avions de guerre par paquet de douze. 
Le continent d'une sagesse millénaire, berceau du bouddhisme, le pays de la non-violence. Les vieux sont vraiment paumés. C'est bien ce dont le peuple indien a besoin, d'avions de chasse. C'est à pleurer.
  • Entendu que les Wittgenstein se livreraient aussi aux pitreries fiscales à la mode dans la haute société et les familles royales, tentant ainsi, par le moyen de son niveau de corruption, de s'élever au rang des gouvernants de tous les pays, unissez-vous. 
C'est bien faire honte à la mémoire de Ludwig que de revenir à une attitude de petit épicier voleur. Les riches sont vraiment paumés.
  • Entendu la trame narrative de l'Ordre des Quatre, histoire soutenant les nouveaux développements du jeu Minecraft. Toujours les mêmes histoires de tempête dévastatrice et d'élu qui sauve le monde in extremis avec son épée-pénis-baguette magique.
Entre le Seigneur des Anneaux et Harry Potter, comme beaucoup de ce que le multimedia produit, rien de neuf depuis Arthur. Toujours le porteur de bite qui sauve le monde du chaos dans lequel ses collègues l'ont plongé
  • Entendu un reportage sur un district industriel chinois, "Hiu", spécialisé dans les bondieuseries de pacotille. Tel quartier fabrique les tapis de prière, tel autre les effigies du pape, qui les masques africains rituels. Le marché de gros les vend en palettes. Il coûterait moins cher d'acheminer l'un des 24000 conteneurs que peut contenir un cargo, depuis la Chine jusqu'en Afrique, que ne coûte son trajet du port du Havre à Paris.
Le sacré n'est plus ce qu'il était, on va le retrouver dans le ventre des poissons tout de même.
  • Entendu ceci, et cela.Cela m'interpelle vachement au niveau du vécu, comme on disait. Le mec le cul dans la boue (surtout le premier), et qui fait du jazz oklm. Le second, j'aimerais bien que quelqu'un qui s'y connaît me confirme, il est en duo avec un autre qu'on entend à l'arrière-plan, non ? Sinon toute la page est .
Si vous avez de quoi me payer un peu de bois, je suis preneuse.
  • Été sollicitée pour signer ceci. Devoir signer pour prolonger de six mois une situation qui devrait être gérée et prise en charge au long terme depuis toujours... J'en profite pour rappeler qu'il serait temps de réaliser l'importance qu'aura, pour le développement de l'enfant, la qualité des interactions mère-enfant durant les premiers mois de la vie. 
Rapportez cela aux dix semaines de congé maternité postnatal, et calculez l'ampleur de la catastrophe.

  • Lu l'exploit de l'année :


Et les gens qui apprendent à parler le français, c'est pour quand ?

D'ailleurs si j'étais un homme, je pourrais dire que ce que j'aime dans certains états c'est qu'ils me rendent " épars", présent dans la constellation des choses.

Et ne me dites pas que je ne fais que râler. Voilà une chose fort belle et qui prouve que l'humanité continue, ailleurs.

Cela vient d'un ami de François Bihorel, peintre aventurier, de retour de Naples. Il nous a raconté des fêtes sauvages où l'on danse la tarentelle toute la nuit dans des cours d'immeubles.

 Tout ce que j'aime. Cela me réconforte, de savoir qu'il reste une humanité qui résiste à la régression numérique et la connerie sécuritaire, dans ce cocktail incroyable qui ne peut pas ne pas rappeler une liturgie (surtout à Naples !), les gens, la musique, ce spectacle avec le célébrant, et l'assemblée qui répond, les rires, la musique, toujours sur le point de partir et de cesser, qui monte comme une houle dans les voix, c'est magnifique, merci.

Je donnerais cher pour savoir d'ailleurs exactement ce qui se trame (une tombola ?)  et ce qui se raconte dans ce truc entre le profane et le sacré.... Cette couche huileuse où se tient le spécifiquement humain.