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vendredi 27 juin 2014

Codicille d'une enfant malade

In mémorial Abdel

C'était à St Antoine, faubourg de Versailles, dans l'épicerie des Saoud,
Abdel, respectable vieillard grisonnant, et pourtant commis du magasin,
Impeccable, toujours tiré à 4 épingles sous son pull à col en V
Officiait aux pluches, et parfois en bouchait l'évier, pourtant géant.
Combien coûtait dans ce quartier la barquette de carottes râpées ?
Je ne me souviens plus, mais toujours est-il que tu couchais dans l'arrière-boutique
Il devait y avoir une douche quelque part, du moins je l'espère encore.
Tu n'avais à toi que la valise au pied du compresseur, dans la cave.

Je ne t'ai jamais connu d'autre fantaisie qu'un café et une cigarette, de temps en temps
On discutait gentiment, de tout et de rien, du temps et de la santé.
Et puis tu t'es plaint de douleurs aux dents, ça ne passait pas, tu te tenais la mâchoire.
Cela empirait au fil des jours, on ne disait trop rien, on n'y pensait pas plus que ça
On se disait qu'ils s'occuperaient de toi, tout de même.

Un soir tu es allé te coucher tôt, tu avais vraiment trop mal, et le lendemain matin
Doudja nous a dit que tu étais mort, comme ça, dans la nuit, septicémie machin.
Mort. Comme la vraie, la grande.
Il y a quelqu'un en Algérie qui a dû avoir du chagrin, pas grand bruit
Une vie sans bruit, sans tambours ni trompettes, une mort sans voile
Passé, puis effacé, Abdel, une tonne de carottes à son actif.
Bouffées.
Une vie qui trace dans le ciel comme une hirondelle,
Encore une chose que j'ai écrite, et qui ne sert à rien
Qu'à "me faire plaisir", comme disent mes ennemis.

Ainsi périt Abdel, pour n'avoir pas touché la Sécu.

mardi 3 juin 2014

(projet non réalisé)

Ce dimanche a failli voir se tenir à Fougères une expo Pierre Huyghe  comprenant les projets suivants :



 La bambina (projet non réalisé)

Dans une cabane désaffectée de la banlieue de Rome, des acteurs jouent Macbeth en costumes d'ours. Des intermittents du spectacle, venus pour un casting de la même pièce, ajoutent leurs répliques à celles des comédiens.
A 1327 (date de naissance de Shakespeare) km de là dans le Milwaukee, des arbres sont abattus à chaque changement de scène, et l'enregistrement du bruit des tronçonneuses est incorporé à la bande son du mixage, qui est diffusé dans la banlieue de Moscou, tandis que les téléspectateurs sont invités à badigeonner l'écran de sang de bœuf en souvenir de la mort de Pasolini.


Dancing around a nightpaper cup (projet non réalisé)

Dans dix localités slovènes tirées au hasard, des pompiers en feu sont tassés dans des boîtes aux lettres. Les chaussures des habitants sont reliées à des interrupteurs par des ficelles de colis abandonnés collectés à la poste centrale de New-York
Ces interrupteurs déclenchés par le saut dans la boîte aux lettres sont connectés à des tubes aux néons qui réveillent les baleines du Marineland de Cannes, remettant ainsi en cause la toute-puissance du cinéma américain sur les productions artisanales du cinéma d'auteur de l'ex-union soviétique, et nous invitant à une relecture de l'irruption de la fiction dans la réalité.



Roll my finger (projet non réalisé)

Dans un bus désaffecté de la banlieue de Pékin, des enfants jouent à cache-cache, la tête recouverte de paquets de chips qui ont été consommés par des prisonniers chinois. Le bus est filmé, et ce film est projeté dans des salles de cinéma désaffectées des camps militaires de Brindisi, tandis que des prostituées se livrent à une parodie du film Le dortoir des grandes, dans la salle, imitant non pas le personnage de l'héroïne mais la façon dont elle dort après l'amour.

 


Les photos, homemade :)

Tiens, toujours dans les signes des temps, je tombe sur ceci sur Facebook :




Je me dis : " Ah enfin une indication, on va voir à quoi ressemblent les tableaux les plus achetés sur ALM.", donc je me rue sur mon cliquoir, et je clique.




Donc, en fait oui, il y a encore, et toujours peu à espérer de ce côté là. Vous allez me dire que je n'ai qu'à peindre cela pour vendre, mais j'en suis bien incapable, hélas.

Le côté petit-fours et pince-fesses des galeries me fait sortir des plaques rouges partout, le côté gnangnan et dégoulinant des expos de copines de province me fait pleurer de tristesse, le côté embroqué mondain du microcosme me fait vomir.

Il me resterait le couvent, qui me fait suer d'avance, surtout à cause du manque de grasse mat' sous la couette (quoique, si j'arrive à simuler une prière intense, mais le doux ronflement est prompt à révéler la supercherie), et puis alors, tout le blabla convenu, non, ça soûle.


Il faut pouvoir crier n'importe quoi, tout de même, non ?


Au fait, anecdote amusante, depuis des semaines que les pauvres jeunes précaires du marketing téléphonique m'appelaient, je décrochais et criais un " God bless America " bien appuyé dans leur oreille en me disant qu'ils allaient se lasser. Point du tout.
Hier changement de stratégie, je prends une vois hyper plombée, genre Jeanne Moreau en plus grave, et je dis au mec d'un ton chelou " Et si tu m'enlevais de ta liste de numéros, chéri ? " Et là " - Oui, Madame, c'est noté ce sera fait."


Comme quoi, le call-center a une défense impénétrable, mais pas toujours par l'endroit qu'on pense.

Il me resterait le trottoir, qui laisse comme un arrière-goût de mégot, surtout avec les pépés à petite b

Il me resterait la serveuse de restaurant, ce qui revient à la case précédente assez rapidement, comme au jeu de l'oie, pour cause que je danse cela d'assez mauvaise grâce, et que ça affleure assez rapidement.

mardi 27 mai 2014

Repères France-culturels

D'une part dans ceci, que vous pouvez réécouter en direct ici : " Pourquoi on s'enferre dans des logiques économiques et sociales qui sont destructrices".

Pourquoi ce lien, parce qu'il me donne l'occasion de revenir par la fenêtre, au galop, et répéter une n-ième fois, " Culture et environnement, même combat". C'est à dire qu'on pourrait traiter la question de l'action culturelle comme celle de la protection de l'environnement, c'est à dire passer d'une position passive figée dans l'incertitude de la peur à une gestion active du risque.

A condition de réaliser que la richesse culturelle irrigue la prospérité. Et de s'en convaincre aussi sûrement qu'espérer le contraire aboutira à assécher les deux. A rester au bord de la culture, à attendre que le champ de l'économie, situé en aval, la nourrisse, nous ne verrons aucune des deux crever, nous serons morts avant que les fleuves ne remontent à leur source.

Secondement, je vais mettre une image :



Pour dire que décidément, après l'écoute de cette émission, les concepts d'un courant que j'appelle de mes vœux et qui viendrait rafraîchir notre attirail conceptuel par un apport d'idées plus liées au mouvement, au transit, à ce qui est entre les choses, qu'aux choses elles-mêmes, il se peut que de tels concepts soient à aller chercher de ce côté là, simplement afin d'éviter de réinventer la roue.

Je termine par cette page du Carnet du libraire, un roman argentin où il est dit que  :

"  [... face au ] danger constant que le réel perde sa consistance, les indiens portent sur leur épaules cette responsabilité écrasante, à travers chaque geste, à travers chaque parole, de constamment maintenir le sens du monde "

Sans que je comprenne bien pourquoi, cela me parle. Peut-être parce qu'il y aurait ici la réintégration dans un mythe, précisément la prise de conscience, à travers la responsabilité collective, que le " sens du monde " est une construction collective. Et que ce serait une sorte de définition " psychanalytique " de la culture, peut-être, que le sens du monde n'est rien d'autre que l'enveloppe collective en nous, l'autre en nous, mais au sens  " culturel-collectif " .

Je sais, tout cela est un peu décousu... Mais je tâche à le recoudre...


dimanche 27 avril 2014

Angle de coïncidence

Or ne voici donc pas que lorsque Ruth se fut enfuie du pays des Cananéens...

Ah non, pardon, je confonds toujours ce blog avec les moments où j'écris les versets de la Bible. On ne le sait pas, mais je suis le nègre de Jésus, enfin sa négresse puisqu'on dénie à une femme le droit d'être auteur, elle doit rester à sa place d'auteure.
C'est moi qui tient sa plume, si vous voulez. Quand il dit " En vérité je vous le dis", c'est une sorte de sceau pour dire que c'est bien issu de son secrétariat.
A l'origine, j'ai commencé à bosser pour son père, Yahvé quand je suis sortie de Pigier (mes parents habitaient la Rift Valley).
Mais comme je n'ai pas fini à temps l'Ancien Testament quand le nouveau a commencé, j'ai le droit de recommencer là où je veux dans ces imbroglios du Pentateuque, ça me fatigue, j'ai des tonnes de fiches partout.
Mais comment puis-je réécrire des versets ? Ah ne vous inquiétez pas, le Vieux modifie toutes les éditions de la Bible dès que je valide une version. Toute la suite des commentaires (au sens talmudiques et autres blablas patristiques), enfin de " vos " commentaires change évidemment en conséquence de mes ratures.

Bon, revenons à nos moutons en cyber miroir pour narrer une anecdote amusante. Or ne voici donc pas que j'allais répondre à Kwarkito qu'en lieu et place de la fenêtre de commentaire, j'avais une fenêtre entière de blog, fonctionnelle, dans le rectangle qui aurait dû être blanc.
Bug de Blogger !

Vicieuse comme je suis, je m'empresse donc de cliquer sur le second blog, apparu DANS la fenêtre, pour retrouver le commentaire sur " Les montreurs de marionnettes". Cela marchait aussi au second niveau. Et au troisième !

Je vous livre donc la capture d'écran de ces fenêtres imbriquées où Kwarkito répond qu'il réfléchit à cette histoire de doubles. J'ai mis tout en bas une fenêtre avec l'image du kaleidoscope.

Univers, réponds !

En fait, cela répond également à l'article Angle de contingence. J'allais répondre à Kwarkito qu'il avait touché juste, puisque l'extase était bien la suivante : Après avoir pris sous d'improbables angles ce qui n'est que le pas de ma porte sous la grêle, et modifié un peu ces images de façon à ce qu'elles ressemblassent à des images " abstraites", j'en ai sélectionné avec le logiciel un rectangle que j'ai décoloré. Ce rectangle est devenu instantanément " à plat ", dans le plan de l'image à plat sur mon écran, mais plus dans aucun des plans de la réalité photographiée.

J'ai " isolé", volé, découpé à la réalité un rectangle dont les points lui appartenaient, certes, mais sans former alors un rectangle, et plus important encore, avant qu'ils ne formassent un rectangle (ni quoi que ce soit d'ailleurs), pour la bonne raison que c'est moi qui l'ai formé.
Dès l'instant où j'ai décoloré ce rectangle, il ne lui appartenaient plus, bien que je n'aie rien fait d'autre que les isoler, les désigner par une couleur différente, et donc les nommer. C'est exactement ce que j'entends par structure lorsque j'en parle sous l'angle linguistique.

Les illustrateurs qui incrustent du texte dans un bandeau en perspective sur une photo connaissent bien ce problème de trouver la bonne inclinaison qui ne laisse pas voir la supercherie.

Toute la question est donc dans l'exercice de la réalité. Et c'est là où nous revenons au bug de l'interface Blogger sur les commentaires. L'univers répond à condition qu'on exerce sur lui une "action de réalité".

De la même façon que la roche ne soutient les piles d'un pont qu'à partir du moment où on les y pose, et leur oppose seulement alors une contre-force de soutien en sens opposé, de même l'univers fictionnel ne répond que lorsqu'on met en œuvre la mécanique de sa réalité.

Encore une fois, je prends la liberté de dépasser Farrugia : il ne s'agit pas uniquement lors de l'interprétation que l'univers est fiction, mais bien également lors de sa constitution. Il n'y a pas de " socle " disparu, enfoui sous les interprétations, résiduel. Tout est créé.

C'est donc parce que Kwarkito a accepté de réfléchir sur le concept d'un espace de discussion sur le dédoublement qu'il a par là-même ouvert un espace de réalité.
L'acceptation, la plupart du temps inconsciente et tacite, faite par des millions d'être humains, d' " incorporer " dans leur conscience, d' " héberger en tant que réalité " des doubles qui n'existent pas sinon par les traces qu'on en voit sur son écran, par là-même, ouvre notre conscience à la réalité d'une pluralité, d'un possible de cette pluralité, et par là-même, la fait advenir.

Cette " densité de probabilité de présence " modifiée, disons malléable plus que la traditionnelle coïncidence, qui ne pouvait plus relever du hasard, il fallait lui trouver un nom, et c'est ce qui fut fait avec " synchronicité".

Tous les gens qui découvrent les synchronicités ne les découvrent qu'en les vivant, qu'à l'épreuve du réel, et conviennent toujours au moment de la découverte que les synchronicités étaient là bien avant eux, et que ce sont eux qui se sont ouverts à elles et non l'inverse.
C'est une façon de rendre au réel ce qui lui est dû, à travers un événement qui remet en cause le statut qu'il avait par le passé.

Enfin, "par le passé"... Il faut le dire vite. On peut se demander s'il n'y pas eu une sorte de " tunnel pauvre en esprit " en Europe ces derniers siècles...

samedi 19 avril 2014

Will the circle be unbroken ?

Grâce à France Culture, je connais la nuit rêvée, qui me permet de découvrir celle de Gaëlle Obiégly, écrin au sein duquel on trouve niché un petit joyau offert par Philippe Langlois et Franck Smith, à savoir Edouard Levé lisant ses oeuvres, Maison en l'occurrence.

3:45 - 05:05
Atelier de création radiophonique - Maison
Par Edouard Leve
Réalisation Marie-Christine Clauzet
1ère diffusion : 29/01/2006

A retrouver pour se régaler tout doucement, longtemps, lentement.

Série Amérique, Entrée de Paris, 2006 © Edouard Levé – galerie Loevenbruck

mardi 25 mars 2014

Poésie de printemps

Oui, comment dire le soleil qui frappe,
Le temps des fleurs,

Au cœur de la pierre, encore et encore
Figée fragile, impossible
Encore Flore, encore le vent,
Cet étourdissement, cet emportement

Imperceptible.

Mon pied,

Devant l'autre.

Au cœur du lierre, ces applaudissement, ces tempes sourdes
De me voir dedans.
J'y circule.
Et relevant la tête, surprise
Ouvrir la bouche pour...

Nulle tristesse,
Mais pourquoi, non, ce n'est pas cela que je voulais,
Pourquoi expliquer ?
Je voulais dire, pourquoi ce chantage, cette violence ?

Argent contre parole
Et misère au silence
Qui nous envahit d'or.


Au moindre souffle

vendredi 14 mars 2014

Angle de contingence

Malgré,

Et contre



Nos constructions,


Ce que nous découpons de la réalité




N'est plus 

Dans le plan de la réalité








Fût-ce un simple orage de grêle


lundi 10 mars 2014

Les Montreurs de Marionnettes, call for papers

Je vais préciser un peu ce qu'est le projet des Montreurs de Marionnettes.




Initialement, il s'agissait d'un roman dont les personnages seraient mes avatars sur Internet. Ainsi leurs répliques étaient constituées, de facto, par ce que ces avatars écrivaient sur leur page Facebook et autres.

Étant une zélote de la secte du moindre effort, je parvenais ainsi à écrire un roman dont les répliques, ainsi que l'histoire, s'écrivaient en quelque sorte " toutes seules".

On me dira que ce terme de " toutes seules" est un peu ironique pour une fille qui a autant de monde dans sa tête, considéré que c'est moi qui écris tout de même toutes leurs répliques, à ces braves gens (mes avatars).

Certes, mais ce qui est " gratuit", c'est le déroulement de l'intrigue, puisqu'elle se crée de facto par les réponses que se font mes avatars.

En attribuant par exemple à mon avatar un nom de héros de roman masculin (Jehoël), je renvoie directement au titre du roman, l'Ensorcelée, je deviens ainsi, en face de l'abbé posé par ce nom, l'amoureuse en question, et je crée par là-même le début d'une structure en miroir, comme le disait John Moullard, cet immense plasticien du XXIème siècle.

D'autre part, certaines personnes non prévenues, répondant aux répliques de mes avatars, entrent dans la danse et me fournissent de réelles répliques "gratuites". Ils augmentent le roman qui devient de facto à plusieurs voix, dont certaines ne savent pas qu'elles sont auteur.



On voit quelle place est tenue, en tant que dispositif de soutien, par les espaces offerts par Internet à ce jeu de miroir. Je pratiquais déjà ces démarches du temps de la machine à écrire, mais les blogs et les avatars, permettant de créer gratuitement autant de miroirs narratifs que nécessaires, rendaient les possibilités multipliable à l'infini.

Entre la nécessité de la création des instances que sont les avatars, et la gratuité de l'infini, a émergé ce territoire de la légitimité du jeu. S'il m'arrive encore, beaucoup plus rarement, de créer un personnage, c'est pour rendre compte du déplacement d'un autre, parce que mon planétarium est pourvu, maintenant.

Et c'est dans cette légitimité que s'est développée la seconde phase du projet des Montreurs de Marionnettes.

Si j'ai créé ces différents univers, ce n'est pas gratuitement. Même si les besoins se sont étoffés depuis l'origine.

Tout est parti du temps (on écrivait encore à la main à l'époque) où je m'entrainais à écrire indifféremment au masculin ou au féminin sans me raturer. J'ai ensuite étendu ces tentatives à toutes les formes d'intériorité visées par des discriminations : militaires de carrière, prêtres, juifs, etc.

Tout comme le Zelig de Woody Allen, je devenais chacun d'eux par l'écriture. On devine la fête que fut le passage au multimedia puis à l'Internet.

Mes créations artistiques ont naturellement suivi ce mouvement. Je les distribuais dans un horizon qui était incompatible avec une réception par des gens toujours plus ou moins prisonniers d'un regard, d'une communauté, d'une culture, ce qui restreignaient leur capacité à encaisser la cohérence d'un flux aussi large d'incohérences.

L'incapacité des lecteurs de maisons d'éditions à suivre cet apparent manque de cohérence, m'avait averti de ne pas poursuivre dans cette voie pour les œuvres d'art. Il était proprement inconcevable pour eux de relier un tel ensemble à une seule personne.




Il était également plus simple pour moi de déléguer certains thèmes à certaines instances en moi de la créatrice, cela facilitait le classement et les filiations.

Je me suis alors dit qu'il devait exister d'autres auteurs réunissant ces caractéristiques :
  • Ne pas pouvoir montrer à telle partie du public telle facette de leur personne, avoir donc besoin d'un autre personna.
  • Que l'espace d'expression de cet autre personna soit réellement différent, et incapable, per se, d'accueillir les débordements du précédent pour des raisons de cohérence narrative. Et cependant que ces débordements créent en soi, un nouvel univers capable d'accueillir le nouveau personnage. 

  •  Que ces espaces aient si possible entre eux des liens. Peu importe la nature de ces liens, mais qu'ils permettent des jeux et des répons entre les espaces. Si totalement cloisonné me va aussi, j'aime qu'il y ait des jeux de miroirs.

  • Utilisation éventuelle des possibilités offertes par Internet à ce jeu : réseaux sociaux, blogs, espaces virtuels type "second life", espaces de présentation graphiques, sonores, ou multimedia, bref, tout ce à quoi on se connecte par un login et un password.
J'ai pensé qu'il pouvait être intéressant de réunir des artistes que la monotonie d'un seul créateur ennuie. Il ne s'agit pas de la bonne vieille technique mixte. Beaucoup d'artistes ont de tous temps éprouvé le besoin de s'exprimer à travers différentes matières, peinture, terre, écriture...

Il s'agit précisément du contraire. Un de mes avatars ne pourrait pas peindre ce que peint un autre. Il ne pourrait décemment pas.

C'est au sein de cette décence que je m'ennuie, et je pense que nous sommes nombreuses à ressentir cela. Je n'ai rien à faire de peindre impressionniste ou cubiste ou pas du tout, ce que je veux avoir la liberté de faire c'est être blanche et noir, en étant chacun d'elles tour à tour, puis tour à tour de leur cracher dessus.

Je veux pouvoir cracher sur mes propres tombes sans m'encombrer de la fameuse cohérence qui régit ce dont le bourgeois dispose en matière de goût pour l'art, c'est à dire pourvu qu'il le puisse comprendre.
Même si on le lui explique patiemment, bien sûr, et que cela rassure la partie de son porte-monnaie qu'il a mise dedans.

On me dira " Quid de votre style personnel, là dedans".  Il est simple à comprendre dans ce contexte que la notion ne rencontre pas vraiment d'écho en moi, justement. J'avoue que le style Keith Haring, reconnaissable à un kilomètre, m'est étranger. Recommencer deux fois la même manera ne me viendrait pas à l'idée.

Le premier objectif d'un espace commun (type Groupe Google fermé, avec une page FB pour ratisser les impétrants) est de nous permettre de discuter boutique, ce que nous ne pouvons pas tellement faire à l'extérieur avec ceux qui sont fiers de peindre à plat ou en volume ou du bleu ou flou ou pas fait ou mal fait...


Mais attention, il faudra montrer patte blanche, patte noire, patte grise, patte à pois, et patte écossaise. Sans être intégriste, il ne suffit pas de tenir un blog de chasseur du dimanche ou de s'appeler Josianedu77 sur un site de rencontres coquines pour faire quelque chose d'intéressant. Il faut au moins les deux :)

Cette démarche de miroirs intérieurs doit accompagner une vraie recherche, une sorte de "tendance mystique au pas-de-côté", version moderne du doute philosophique fondateur, et qui plus est en matière ontologique.

Les Montreurs de Marionnettes est aussi un lieu de réflexion sur les relations entre la fiction et la narration, mais en ce qu'elle entre en collision avec la réalité, non pas frontale mais au contraire dans la portière passager, pour la pousser du côté du jardin potager des univers parallèles.

Pour revenir au territoire de l'exercice, il ne s'agit pas non plus de figurer au livre des records du serial-writer qui a créé le plus d'avatars inutiles.

Voilà. Si le programme vous intéresse, vous savez où me trouver " en mp", évidemment. Après il faudra définir les modalités de fonctionnement en interne, mais je ne vais pas tout faire toute seule :D

Il ne serait peut-être pas inintéressant non plus de réfléchir à quelques mesures de sauvegarde concernant l'aspiration de la culture par l'Internet. Je sais que je vais agiter là de tristes chiffons, et que vous allez fuir pour retourner à vos frigos et micro-ondes, mais il le faut.

La possibilité d'être un autre anonyme a été exploitée sans délai et dans une large mesure par un grand nombre de gens. Cela a créé selon moi un nouvel au-delà culturel qu'il est impossible de ne pas prendre en compte pour expliquer la prétendue crise économique de l'Occident, mais c'est un autre sujet.

En parallèle, ce possible surmoi virtuel compte dans ses conditions déterminantes le libre accès à une culture, disons une bibliothèque virtuelle immense, cf. Wikipedia.

Que se passerait-il si un jour ces ressources devenaient plus rares parce que payantes, c'est à dire confisquées au profit de ceux qui peuvent en payer l'accès ?

Que se passerait-il si ces ressources en lignes devenaient plus difficile d'accès alors même que la version papier du savoir aurait disparu, tué par la même " crise économique", au profit des media en ligne ?

Imaginons par exemple que tous les éditeurs papier, presse, dictionnaires, manuels scolaires, aient disparu, fait faillite ou se soient reconverti dans le " numérique", et qu'on ne trouve plus du tout de dictionnaires ni de livres "papier", de livres d'art, mais uniquement les versions en ligne et " liseuses " de ces textes.
Imaginez ensuite que les fameux " ayant-droits" de ces œuvres ferment doucement le robinet gratuit, en le faisant payer de plus en plus cher.
Alors pour voir un tableau, pour lire un livre, pour consulter un dictionnaire ou prendre connaissance d'une critique, il faudra disposer d'un accès Internet et payer.

Certes me direz-vous, on va mettre en place des tarifs sociaux de l'Internet. Mais comme le contenu sera facturé au volume, ce seront des choses qu'on ne pourra " plus s'offrir".

 Vous me direz aussi que les médiathèques sont gratuites, et les bibliothèques, désertes. Certes mais elles existent encore.

Cela laisserait sur le carreau une partie de ceux qui poursuivent l'évolution anthropologique de l'être humain par son versant culturel. Tous y participent également bien sûr, et personne n'en est propriétaire. Mais nous sommes peut-être quelques uns à jeter là-dessus un regard, sinon inquiet, du moins maternel, parce que ce n'est pas aussi solide, ni aussi fragile que cela.

Cela est plus qu'on pourrait le penser dans le sujet qui nous occupe. Si instaurer un autre dans l'opération artistique devient une nécessité, à la fois pour rendre compte que notre "nature" désormais est sociale en tant qu'elle est humaine, et donc "culturelle", et à la fois pour rendre compte des découvertes, contemporaines aux précédentes, des disciplines " psy", alors on doit avouer qu'on est en face de deux courants culturels : le courant qui se répandra chez les gens ayant accès au dédoublement et à la multiplication offerts par les technologies de l'Internet, et le courant qui circule chez les gens dont la culture est encore " papier", ou orale, et donc avec des caractéristiques différentes (vitesse de propagation notamment).

Inversement d'ailleurs, il n'est pas impossible que d'autres aspects de la culture Internet produisent des individus différents (plus " en surface " qu'en profondeur etc.)

La question qui m'intéresse est de savoir comment, notamment mais pas seulement dans les domaines de l'écrit, c'est à dire dans le domaine de la production artistique en général, le fait de pouvoir être de facto plusieurs, ce qui n'était offert qu'à titre individuel à l'auteur par son pseudo, ou au comédien par son nom de scène, irrigue et nourrit maintenant, et plus largement encore que la création artistique, une mutation culturelle humaine.

Mener cela par une réflexion purement intellectuelle serait renier l'essence même de ce projet. C'est à travers la création multiple que ce type de démarche peut exposer ses propres voies. Ce n'est qu'en les faisant exister que nous pourrons " décalquer " la structure de nos projets, et tenter de voir comment cette structure entre en écho plus largement avec la sociologie, la psychanalyse, et même d'autres questions plus larges sociologiquement (Cf. L'artiste pluriel etc.)



jeudi 20 février 2014

L'envers du monde

L'envers du monde, c'est lire et écrire sur une tenture translucide, dont le pli touche le sol, sur un fin voile qui a deux épaisseurs. Une face remonte derrière.
Nous lisons et nous écrivons sur la face " consciente", image perçue par l'adulte, alors que l'image du monde réside derrière, sur l'autre pan de la tenture, celui que nous voyons enfant.
Les images semblent les mêmes, car elles se superposent, mais elles sont représentations de deux réalités différentes.
" Lire et écrire" comprenant sentir, agir et tout le reste. Nous écrivons, nous peignons sur l'envers du monde.

(Nous n'agissons pas sur le monde : nos regards rebroussent chemin avant)

Le Temps les a faits, j'en ai rêvé.

Dans la pâte du temps, on trouve, inclus sous forme de minuscules soldats durs, armés et casqués d'acier, piquants, les " vainqueurs".
Ils peuvent être par exemple d'humbles paysans, mais arrière grand parents de ceux qui feront tomber l'emprereur.
Les soldats durs, minuscules, sont là pour rester, car leur postérité doit exister. Faut-il alors représenter cette postérité ?
Si oui, on anticipe sur l'avenir, mais sinon, comment expliquer cette certitude de rester, ou cette "adamantine fortitude" qu'on leur prête ?

Le manifeste des fées

A fin de restructurer la pyramide en vue de l'établissement des Montreurs de Marionnettes, et de minimiser les coûts liés à l'achat de noms de domaines, Le Gravier Saumon a disparu.

On a enfin découvert le gène du gâteau chez la femme

Il est possible qu'une éventuelle suite voie le jour sur les Defixiones Tabellae*. Mais je me tâte encore pour faire de ces tabellae quelque chose de plus "hard" que Le Gravier Saumon, ce qui impliquera peut-être de le rendre invisible, en fonction des exigences de Wordpress sur le contenu.

Le problème vient du fait que je suis incapable de situer précisément ce qui choque mes contemporains, donc de prévoir ce qu'il convient de publier, et de larges erreurs d'appréciation dans un sens comme dans l'autre me condamnent par précaution à verrouiller l'ensemble*.

Que ce soit là ou ailleurs, il faudra remonter la piste à partir de Azail Aydyeing.








Comme cela entraîne la disparition du www, le site statique sur les goslos et autres, s'il y en a qui sont intéressés par les archives me contacter, je verrai ce que je peux faire. Mais pour les trucs d'art cinétique, c'est basé sur du javascript, il faut donc que vous ayez un serveur http pour les installer en local.


  Idem pour les morillons



Sabrina Base

Sabrina Bootstrap

Also, hertzliche grüsse mes poulettes, sail away, sweet sisters.


* Finalement, dans le doute, je préfère encore en faire un blog privé. Cela me désole d'imposer une fois de plus ces méandres d'inscription à l'insignifiante poignée de mes lecteurs, mais je n'ai pas envie de me prendre le chou avec des angoisses de publication.

Dans le sujet des mises à jour, je signale que la vilaine Guillemette a transféré Le cercle bleu, la suite de Formesens.

* En fait non. Je garde Juegos y Regalos pour les trucs un peu moins soft, et les tabellae ne seront ouvertes que sur invitation. Personne ne mettra son nez là-dedans. On peut rire de tout, mais avec personne, comme disait Desproges.

vendredi 14 février 2014

jtm

L'importance de la néoténie pour la biologie humaine a été étudiée par Desmond Morris (par exemple dans son célèbre ouvrage : Le Singe nu 2), notamment pour expliquer la désirabilité des caractères juvéniles chez la femme (voir "attirance sexuelle").



Par ailleurs, on distingue chez les animaux une tendance à la conservation de caractères juvéniles lors de la domestication. Par exemple, les chiens remuent la queue et aboient comme le font les louveteaux, mais conservent ce comportement toute leur vie alors que les loups l'abandonnent à l'âge adulte. 



Rien d'étonnant donc à ce que les modèles sociaux de femme (pop-stars, mannequins de photos) de l'ère numérique soient de plus en plus " lisses"....



De plus en plus " juvéniles", 




C'est l'expression du franchissement d'une nouvelle étape dans l'au-delà que le culturel impose au biologique.

St Valet de nuit protégez moi des rides

Quant à l'art, " Viractualism strives for an understanding and depiction of an anti-essentiality of the techno-body, so as to allow for no privileged logos. Here, flesh is undone by digital disturbances they cannot contain. Here, thought detaches itself from the order and authority of the old signs and topples down into the realm of viractual reverie."                                                                    Joseph Nechvatal

Il n'est pas impossible en effet que le numérique ouvre un nouvel espace, aussi " réel " que l'autre.

mardi 11 février 2014

Je n'ai pas d'actions Radio France

Puisqu'il n'y en a pas. Et pourtant, j'en ai, puisqu' elle m'appartient un peu.

J'ai juste un intérêt particulier pour, et dans le service public. (Oh my god, le gros mot, ça sent la dette, les agences de notation vont dégrader mon blog).

Il n'y a que qu'on peut, qu'on ose ouvrir la fenêtre pour nous proposer d'autres manières de penser, notamment la mienne et il est vraiment temps. Je ne vais donc pas me gêner pour faire de la pub à ma radio, et annoncer des énoncés de l'invité du jour, Pierre Bayard.

"J'aime produire des énoncés qui me laissent moi-même perplexe".
"La théorie des univers parallèles permet de construire certains faits auxquels on n'aurait pas été sensible autrement".
"On peut imaginer que ces étrangetés en nous tiennent à d'autres vies que nous menons dans ces univers parallèles".


C'est marrant d'entendre à la radio des trucs qu'un écrivain de science-fiction n'aurait pas osé imaginer il y a quelques années, et qui vous conduisaient encore à l'asile récemment.

Ou alors j'ai changé d'univers.







Explication de texte

Commentant la chronique précédente sur la belle santé de l'économie nord-américaines, les intervenants de cette charmante émission vous éclaireront sur le principal problème du capitalisme américain, à savoir qu'il n'investit plus dans l'éducation, laisse l'enseignement secondaire en déshérence, et cherche à transformer les universités en entreprises, laissant le champ de " l'innovation " aux usines à inégalités de la Silicon Valley, qui transforment le paysage socio-économique de façon insoutenable.

Nous avons la chance de suivre ce chemin vers le gouffre avec quelques années de retard, aussi proposé-je de les mettre à profit pour inverser la tendance avant d'en arriver à la situation de blocage total du politique par le financier et ses vues court-termistes.

Et ne me dites pas que c'est en cherchant à gagner ce genre de concours de connerie que nous trouverons des solutions autres que la fuite en avant.

mercredi 5 février 2014

English as a grammar

Par ce titre, j'entends " English as a grammar for french language", ou bien encore " English as a grammar for french".

C'est à dire l'idée (esthétique s'il en est) que la langue anglaise puisse servir de grammaire générative à la langue française. Si cela vous paraît pimenté de saugrenu, ou saupoudré d'incongru, sachez que c'est exactement ce que je ressens à l'idée que quelque système que ce soit pût être la grammaire générative de quoi que ce soit, sinon lui-même.
J'ai autant de mal à imaginer une quelconque série d'opérations qui rendît possible la génération d'une langue que de mal à concevoir la martingale qui pourrait bien par magie, par une quelconque twisted et wicked fonction, " multiplier " l'étendue de la langue anglaise pour en faire la langue française.
Encore une fois, ce serait faire comme les cuisiniers qui retournent une crêpe en l'envoyant voler au-dessus de la poêle, sauf que la crêpe a l'étendue du Royaume, y compris ses dominions. Alors, qu'on ne me passe plus l'éponge sur le lave-vaisselle avec cette histoire, j'ai trop goûté la soupe.

Bien.

Une fois de plus, je vais rendre hommage à France Culture, et ici en particulier à l'émission le Gai Savoir pour cette session.

Il y a plein de choses passionnantes, mais je retiendrai ce qui m'arrange, comme d'habitude, en partant de la phrase à propos de nos opinions, sur " l'origine de la croyance que nous en avons, que cette croyance soit ou non vraie est tout à fait secondaire.", et à propos de Nietzsche :
"Il remplace une question sur l'être des choses par une question sur le rapport que l'humain entretient à l'être des choses"... Il s'agit  pour Nietzsche, qui est le père de l'idée généalogique, qui sera celle de la psychanalyse [...], pour s'opposer à la recherche du fondement Or pour Nietzsche, toute réalité est déjà prise dans le schème d'une interprétation... il ne s'agit pas de savoir si ce qu'on dit ce qui est vrai, mais il s'agit de savoir ce qui en nous fait que nous le disons, ou que nous y croyons."

Bien sûr comme la possibilité en est mentionnée au début par Raphaël Enthoven, je tirerai à moi l'origine de la croyance individuelle comme une archéologie " à la Foucault" (collective, je maintiens), et sans doute plus fortement encore. Puisque je dirai que nous y croyons parce que nous le disons, et que ce qui en nous fait que nous le disons, c'est ce qui sert nos intérêts sociaux, notre intégration dans le clan, bref...

Et ici j'ajouterai qu'on retrouve ici dualité entre "l'art pour moi", et "l'art que je propose". En rapprochant les formes, à ma guise, ou sur commande, je propose une nouvelle taxinomie (nouvelle en termes de poids relatifs des formes, et barycentre).
Si le rapprochement " tire " trop, fronce trop le tissu sémantique, je peux le proposer, mais il faudra une médiation culturelle pour faire comprendre aux autres pourquoi ma biographie, ou mes œuvres précédentes, justifient ce rapprochement, et rendent l'écart supportable.
Si je veux me socialiser, soit je vais cautionner les taxinomies par des tautologies plus ou moins déguisées, soit si je veux me poser en créatif, je vais distendre légèrement les taxinomies tout en ayant l'air un peu fantaisiste afin d'exciter le pèlerin tout en rassurant le client.

D'où la réputation de misanthrope de certains excellents penseurs :
"A négliger de penser contre soi-même... on expose les idées qu'on défend à n'être que les alibis des opinions qu'on a. "(Op. cit.)
En effet, lorsqu'on est capable de se servir à soi-même de bonnes grosses louches de remise en question, lorsqu'on en a fait une esthétique de scierie (ie. énorme), qu'on jette des grumes par dessus bord, on n'a que faire des chicaneries de fin d'arborescence petit-bourgeois.

Je garde également, suite à une allusion à Merleau-Ponty :
" La philosophie, [...] c'est un art qui a la délicatesse, la gentillesse, de prendre la peine, de détailler un peu les étapes de ses fulgurances. Mais c'est un art "

Si c'est pas du miel à mes oreilles, ça... Sauf que bien sûr, j'ai ambition de tenter de détailler pourquoi Homère a écrit l'Odyssée, et d'exposer, comme dans une galerie, la vision artistique qu'est la théorie de Newton.
L'impudente !

Tout cela pour en arriver à quoi ? Qu'on a beau voir en soi-même les germes anciens de ses idées, il me semble que, si on va jusqu'au bout de ce chemin, fût-ce de " ce qui en nous fait que nous le disons, ou que nous y croyons", il y a bien annihilation, ou, pour rendre hommage à MMP, "néantisation".

Et donc, que si je respecte mes prémisses, cheminer à rebours dans l'examen des prémisses conduit à cesser d'adorer à la fois le langage et la conscience, qui sont pour moi en gros * une même chose, et retourner en traversant le crépuscule du langage, à l'état préconscient (selon Piaget), possibilité qui nous serait conservée, comme une porte ouverte, par la bicaméralité, (et là je remercie encore Pacôme Thiellement pour son intervention dans la Fabrique de l'Histoire, voir à partir de 32:15).

Ouverte, c'est vite dit. L'art, une voie royale, mais une porte étroite. Le passage du Nord-Ouest.

J'ai conscience que cela mérite un petit éclaircissement.

* Il vous faudra revenir sur ce gros, ma bonne dame, il a bon dos.